Cuisine
La cuisine en Guyane est à l’image de ceux qui la font : cosmopolite,
et pimentée bien sûr ! À ce propos, le célèbre piment de Cayenne, aussi
appelé poivre de Cayenne, est originaire d’Amérique du Sud et fut découvert
par les compagnons de Christophe Colomb en arrivant dans les Caraïbes. Tout
rouge, petit, mais costaud, il entre notamment dans la composition de sauces
relevées comme le Tabasco.
Pour le côté cosmopolite, chaque communauté a apporté ses recettes avec elle.
On mangera aussi bien des plats créoles que français ou encore asiatiques :
pas de problème pour déguster des nems ou de la soupe aux nouilles !
Entrées
Il y a notamment les accras, ou marinades,
de morue ou de crevettes, le boudin guyanais, etc.
Plats de résistance
On trouvera dans son assiette des poissons et gibiers
locaux aux noms souvent inconnus des métropolitains :
- Poissons et crustacés : ici, les crevettes sont reines.
De taille raisonnable, ou géantes (les " shrimps "), on
les consomme en brochettes, en beignets ou encore en blaff (court-bouillon
relevé à base de céleri, d’oignons, de clous de girofle, de piment...). Les
poissons de mer, comme d’eau douce, sont légion :
l’acoupa à la chair blanche et tendre, le machoiran, le mérou, le coumarou,
le vivaneau, le requin, sans oublier le piraye, nom local du piranha !
On les mange aussi en blaff, ou bien grillés et accompagnés de jus de citron
ou d’une sauce au lait de coco.
- Pour le gibier, c’est incontournable, il sera servi en fricassée,
la spécialité locale. Cette sorte de ragoût accommode aussi bien la viande blanche
que rouge, la volaille que le porc. Il est accompagné de riz, de haricots rouges
ou de couac (grains de manioc torréfiés).
Avis cependant aux routards en quête d’exotisme : certaines
espèces sont rigoureusement interdites de chasse et donc de consommation (tortues
marines, chien bois, tatous géants, rapaces, etc.), ce qui n’empêche malheureusement
pas leur commerce illégal. Seule la vente et la consommation au restaurant d’un
nombre restreint d’espèces de gibier est autorisée, notamment l’agouti, le tatou
à neuf bandes, le maïpouri (nom local du tapir), l’agami ou l’iguane. Mais là
aussi, ce n’est pas parce que ces espèces ne sont pas protégées qu’elles ne
sont pas en danger : libre à chacun d’en débattre avec sa conscience, mais
nous, on préfère les observer vivantes...
- Poulet et poisson se mangent aussi boucanés, c’est-à-dire
fumés au feu de bois, éventuellement accompagnés d’une salade de couac, le tout
à noyer généreusement dans une sauce " chien " (à base d’eau,
huile, un peu de vinaigre, oignon, ail, cive, échalote, persil, citron, piment,
sel, poivre).
- Enfin, il faut citer le " plat national ", que l’on sert
traditionnellement à Pâques, mais qui se prépare des jours à l’avance :
le bouillon d’awara. Il s’agit de faire mijoter ensemble, pendant
des heures, moult déclinaisons porcines (jambon cru, lard fumé, queue de cochon),
chou, concombres, aubergines, haricots, morue dessalée, poisson boucané, poulet
farci, crevettes... Et l’on en passe pour épargner les âmes sensibles. N’empêche
que le résultat est un tel délice que d’après la légende locale, tout étranger
qui y goûte n’aura de cesse de revenir en Guyane...
Desserts
C’est l’occasion de se rafraîchir après un repas
copieux. Les fruits que l’on trouve ici sont proposés en tartes, en flans, en
gâteaux, et surtout en délicieux sorbets : citron, mangue, maracudja, comou
(un palmier), corossol, goyave, etc.
Boissons
- À table, les vins sont inévitablement importés (et chers, donc).
Par une telle chaleur, un petit côtes du Rhône ou un beaujolais sont probablement
ce qui passe le mieux, mais pas de quoi s’extasier de toute façon, car le vin
ne supporte pas bien le voyage.
- Autant se mettre tout de suite à la boisson locale : le rhum !
Qu’il soit baptisé Cœur de Chauffe, La Belle Cabresse ou encore
La Cayennaise, il avoisine les 55 °. De quoi laisser un souvenir
impérissable aux néophytes, mais sa fougue peut être tempérée en le buvant sous
forme de planteur (accompagné de jus de fruit, de sirop de sucre, de muscade
ou de cannelle...) et surtout de ti’punch.
- La recette du ti’punch : presser un quart de citron vert
et laisser le zeste dans le verre, recouvrir de sirop de sucre de canne, puis
de rhum. Pas de glaçons, sacrilège ! Dans les foyers où l’on confectionne
son propre sirop, chacun a sa formule magique, mais le secret est jalousement
gardé. Tout juste avons-nous réussi à découvrir que certains y ajoutent du sirop
d’oseille de Guinée, petite fleur de couleur rouge au goût légèrement acide...