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Traditions Guadeloupe

Religions et croyances

Adventistes, baptistes, méthodistes, témoins de Jéhovah... Une insularité en appelle une autre. Comme en Polynésie, les micro-églises sont ici chez elles. Pour beaucoup d'Antillais, en effet, la ferveur importe plus que le chemin.
Dans les villages, la messe est suivie avec conviction : femmes en coiffe, messieurs endimanchés.
Les temples hindous, en revanche, vous feront regretter Bénarès. Le shivaïsme originel s'est corrompu au contact des chrétiens créoles. La grande fête s'appelle tout simplement Bon Dieu Cooli (le coolie, c'est l'Indien). Quatre jours de sacrifices (un mouton, un coq) et de danses rituelles en habits bariolés, qui peuvent aller jusqu'aux transes sacrées sur le tranchant d'un sabre.
Les premiers colons ont introduit le catholicisme et l'ont imposé aux esclaves marqués par leurs croyances africaines. Celui-ci, teinté de superstitions, leur a permis de conserver leurs croyances animistes en intégrant la religion des maîtres. Cependant, vos chances de croiser un gadédzafé guadeloupéen ou encore un quimboiseur qui pratique le mauvais sort sont minces. Les Guadeloupéens qui ont besoin de leurs services savent où les trouver.
Les Antillais entretiennent également un rapport étroit avec leurs morts. Les veillées mortuaires (qui se raréfient) servent à accompagner le mort jusqu'à sa dernière demeure, pour qu'il ne revienne pas, courroucé, tourmenter les vivants. Ils vont parfois rire et chanter. Ils vont manger et aussi boire du rhum. Avec, à chaque verre, une goutte versée à terre pour le mort.

Les rastas

Né à la Jamaïque, ce mouvement religieux a gagné les autres villes anglophones. Contraction de Ras Tafari, titre de noblesse donné à l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié, le rasta obéit à la doctrine fondée dans les années 1920 par le « prophète » noir américain Marcus Garvey. Ce leader nationaliste voua sa vie au peuple noir exilé, lui transmettant la connaissance de ses ancêtres et la nécessité de lutter contre l'asservissement. Les descendants de ceux qui furent déportés d'Afrique comme esclaves au XVe siècle se sont donc mis à potasser la Bible, seul ouvrage autorisé aux Noirs. C'est ainsi que naquit une nouvelle religion, le « rastafarisme ».
Cette mystique particulière aux Antilles aura au moins eu l'intérêt de donner à la musique l'un de ses genres les plus originaux : le reggae. Et son chanteur-prophète le plus doué, Bob Marley, a pris la place d'Hailé Sélassié dans le cœur des jeunes rastamen. Chantant l'exode de ses ancêtres, prêchant la pauvreté et vilipendant les représentants de Babylone la corruptrice, Marley a permis à des millions de Noirs exilés de comprendre que « Dieu est homme » et qu'« un homme sage ne parle pas trop ».
Les rastas, non violents, croient au pouvoir pacificateur de la musique, observent un régime alimentaire très strict et préfèrent vivre sans travailler. Ils mènent leur existence dans une extase permanente, à l'écart de la société de consommation.
Si la marijuana a, aux yeux des rastafaris, de nombreuses vertus, aux Antilles françaises, il est illégal de fumer tout dérivé du cannabis...  

Vêtement traditionnel

Pour être belle, autrefois, il fallait casser sa tirelire : superbe jupon de broderie anglaise, corsage décolleté, jupe ample en madras (un tissu mordoré à carreaux, acclimaté ici par les Indiens), foulard triangulaire, grande robe chatoyante pour les fêtes, sans oublier un arsenal de bijoux en or (collier-chou, chaîne-forçat, etc.). Adieu foulards, adieu madras...
Ce costume superbe a disparu du paysage, mais se porte toujours pour les cérémonies, les fêtes (comme celle des cuisinières) et le carnaval.
Les femmes antillaises, qui adorent s'habiller pour les grandes (et petites) occasions, arborent fréquemment leurs boucles d'oreilles... créoles, comme on les appelle. Autrefois, ces parements étincelants étaient enroulés de fil noir en période de deuil.



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