Cuisine
Dire que l’Américain moyen mange mal et trop est à la fois vrai et simpliste. Aucune hygiène alimentaire n’est apprise à l’école ou à la maison. Seule la quantité importe. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de
cuisine américaine. Dès qu'on s'intéresse à un État en particulier, on
s'aperçoit des différences culinaires et même des antagonismes entre régions.
Cuisine cosmopolite (française, asiatique, mexicaine...) et branchée (bio et
végétarienne) en Californie, viandes grillées à l'honneur dans les États du
Sud, en sauce et avec beaucoup de légumes dans le Tennessee et la Georgie,
cubaine en Floride, créole en Louisiane, cosmopolite et débridée à New York...
On trouve de tout et à tous les prix, du snack vendu à tous les coins de rue au
restaurant gastronomique inspiré du modèle français.
Breakfast
Le breakfast made in America est l'un des meilleurs
rapports qualité-quantité-prix que l'on connaisse. Pour les Américains, c'est
souvent un vrai repas, copieux et varié (qui inclut des plats salés) et qu'ils
prennent souvent dehors.
Un peu partout, vous trouverez des restos qui servent le petit déjeuner
(certains ne font même que ça), des cafétérias, des diners, des coffee-shops...
La carte est souvent longue avec, au choix, jus de fruits, céréales, hash
browns (pommes de terre râpées et grillées), pancakes ou pain perdu
que l'on appelle ici French toast, et puis, bien sûr, des œufs, servis
brouillés (scrambled), en omelette (omelette en anglais dans le
texte) ou sur le plat (fried). Sur le plat, il peut être ordinaire (sunny
side up) ou retourné et cuit des deux côtés comme une crêpe (over). Les
œufs peuvent également être pochés (poached), mollets (boiled) ou
durs (hard boiled). Le fin du fin, les eggs Benedict :
pochés, allongés sur un petit pain toasté et nappés de sauce hollandaise. On
peut aussi y ajouter du jambon, du bacon, des saucisses, beaucoup de ketchup,
quelques buttered toasts, des French fries (« frites françaises »).
Ne pas oublier les muffins, aux myrtilles, à la framboise,
à la banane, etc., moelleux et délicieux, qu'on trouve surtout dans les coffee-shops.
Beaucoup d'Américains mangent des donuts (beignets en forme d'anneau, un peu gras forcément) ou, bien meilleurs à notre avis et surtout beaucoup plus digestes, des bagels (petits pains ronds troués au milieu), traditionnellement tartinés de cream cheese.
Attention, dans les petits déjeuners ou les brunchs tout compris à prix défiant toute concurrence, la boisson chaude n'est pas incluse.
Brunch
Les samedis et dimanches matins, les Américains ont l'habitude de
bruncher. Après la grasse matinée, il est un peu tard pour le petit
déjeuner, mais on a trop faim pour attendre l'heure du déjeuner.
Ainsi,
bon nombre de restaurants servent, de 10 ou 11 h à 16 h en général, le
brunch, qui contient des plats à mi-chemin entre le breakfast et le lunch, à accompagner d'une boisson chaude, ou parfois d'un cocktail genre Bloody Mary ou autre.
On
trouve souvent des formules de brunch arrosé au champagne (mieux vaut
alors ne pas y aller trop tôt...). En général, on en a pour sa faim ;
ne négligez donc pas cette option qui peut vous faire 2 repas en 1.
Le lunch et le dinner
Dans la plupart des restos, le lunch est généralement servi de 11 h
à 14 h 30. Puis les portes se ferment pour rouvrir vers 17 h. En dehors des
grandes villes, on dîne tôt ; rien de plus normal que de se rendre au restaurant
à partir de 18 h 30. D'ailleurs, après 21 h 30 en semaine, vous aurez le plus
grand mal à mettre les pieds sous une table. Heureusement, les chaînes de restauration
ferment bien plus tard.
- La carte n'est pas la même le midi et le soir. Au déjeuner, elle est souvent plus réduite et moins chère, avec principalement des salades, sandwichs, pizzas et autres burgers. Le soir, en revanche, les plats (que l'on appelle entrees en américain) sont plus élaborés et les prix plus élevés. Mieux vaut donc bien manger le midi et se contenter d'un repas plus léger le soir.
Ou alors, si, à cause du décalage horaire, vous avez faim en fin d'après-midi, profitez des tarifs early bird (spécial couche-tôt) : pour étendre leurs heures de service et faire plus de profit, certains restaurants ouvrent dès 17h-17h30 et proposent, pendant 1h ou un peu plus, des prix spéciaux pouvant atteindre - 30 % sur une gamme de plats.
- Les today's specials (ou specials tout court, ou encore specials of the day) sont les incontournables plats du jour, servis en fait midi et soir. Si vous optez pour un special, vous aurez parfois droit en prime à une soupe.
- Un bon truc assez économique, rapide et plutôt sain : les salad bars dans les deli-sections des supermarchés. Un choix de crudités, de salades, plats cuisinés et desserts à consommer sur place (for here) ou à emporter (to go). Il suffit de remplir une barquette et de passer à la caisse ; vous assaisonner ensuite à votre façon. On vous donne même des couverts en plastique, une serviette, du sel et du poivre.
- Certains restos proposent des formules buffets appelées all you can eat (ACE, « tout ce que vous pouvez manger »). Pour une poignée de dollars, vous pouvez vous en mettre plein
la lampe. La fraîcheur est garantie, la qualité un peu moins. Dans les grandes
villes, certains restos pratiquent cette formule une fois par semaine, le jour
le plus creux. Sympa et pas cher.
- La plupart des bars proposent des happy hours (généralement de 16 h à 19 h). La nourriture est souvent proposée à prix réduits si l'on a consommé une boisson. L'idée des happy hours, c'est donc de boire et de grignoter avant le dîner, ce qui explique que, souvent, un restaurant soit adjacent au bar.
Spécialités
- La viande : la viande de bœuf est de premier ordre. Pour nous, le meilleur morceau (et le plus tendre), est le prime rib. La tendreté de la viande américaine provient aussi de sa découpe, différente de celle des bouchers français.
- Le hamburger (ou burger) : le mythe américain ! Apparu vers 1900, il désignait à l’époque un bifteck consommé surtout par des immigrés allemands de la région de Hambourg. Depuis quelques années, il est en perte de vitesse dans les fast-foods, sans doute parce qu’il est associé à la malbouffe engendrant l’obésité.
- Les salades : les Américains sont les champions des salades composées. Toujours
fraîches, appétissantes et copieuses, elles constituent un repas sain et
équilibré. La star est la Caesar salad, à base de romaine, parmesan
râpé, croûtons et d’une sauce crémeuse, aux anchois et à l’ail. En version deluxe,
elle s’accompagne de poulet grillé ou de grosses crevettes (shrimp).
- Les sauces (dressings) : impossible d’évoquer les salades sans le cortège de sauces qui vont
avec. Les plus populaires sont la Ranch, relevée d’ail et de poivre, la Blue
cheese, parfumée au bleu, la Thousand Island, de couleur rosée (un
peu l’équivalent de notre « sauce cocktail ») avec des cornichons et
des œufs durs hachés, et la Caesar, au parmesan et à l’ail, qui
accompagne la Caesar salad.
- Les sandwichs : celui que nous connaissons en Europe s’appelle en américain cold sandwich. À ne pas confondre avec les hot sandwiches, qui sont de véritables repas chauds avec frites et salade, donc plus chers.
- Le pop-corn : si vous achetez du pop-corn, précisez si vous
le voulez avec du sucre, sinon ils vous le serviront salé.
- Le peanut butter : ou beurre de cacahuètes.
- Les glaces : il y a des milliers de glaciers comme Dairy Queen, une chaîne nationale, Baskin Robbins ou Ben & Jerry's. On vous conseille le frozen yogurt (yaourt glacé), un peu plus léger en matières grasses tout en ayant une texture onctueuse. Les smoothies (cocktails de fruits
mélangés à du yaourt, du lait ou de la glace, un autre délice) remportent un
gros succès.
- Les desserts : les plus connus sont les carrot cakes (gâteaux
aux carottes), les cheese cakes mais aussi les chocolate cakes, apple
pies, pecan pies, pumpkin pies à l'automne (tarte au potiron),
etc.
Boissons
Alcool
Le rapport des Américains à l'alcool n'est pas aussi simple qu'en France. L'héritage de la Prohibition et bien sûr les lobbies religieux n'y sont pas pour rien. Si vous paraissez un peu jeunot, on vous demande quasiment toujours une pièce d'identité quand vous achetez une simple bière ou une bouteille de vin au supermarché !
Il est impératif de sortir avec ses papiers (ID) car de nombreux bistrots, bars et boîtes de nuit les exigent à l'entrée. Enfin, dans certains counties (comtés), il est même impossible d'acheter de l'alcool le dimanche dans les supermarchés, voire tous les jours dans les dry counties.
- Âge minimum : le drinking age est 21 ans. On ne vous servira pas d'alcool si vous n'êtes pas majeur ou si vous ne pouvez pas prouver que vous l'êtes.
- Vente et consommation surveillées : dans la plupart des États, il est strictement interdit de boire de l'alcool (bière comprise) dans la rue. Vous serez surpris par le nombre de gens cachant leur canette de bière dans un sachet en papier. Il est interdit d'avoir des bouteilles ou canettes d'alcool dans la voiture ; elles doivent impérativement être dans le coffre en cas de contrôle par la police. Certains États sont plus permissifs, mais il vaut mieux respecter cette règle. Les horaires de fermeture des boîtes sont aussi fixés par décret dans chaque État.
- Les bières : vous aurez l'embarras du choix mais on ne saurait trop vous recommander de privilégier les micro-brasseries (microbrewery). Grande variété de pale ale, lagers, bières ambrées, blondes, plus rarement des stouts, filtrées ou pas, et portant des noms parfois rigolos ou même historiques. Ces bars spécialisés sont évidemment repérables aux grands fûts métalliques trônant derrière le comptoir. Bref, c'est l'occasion de goûter de nouveaux parfums et de nouvelles saveurs pour tous les amateurs de bière. Attention en repartant, cependant...
- Les vins : ce n'est plus une surprise, on trouve désormais de très bons vins californiens qui enchanteront la curiosité des amateurs. Les progrès des vignerons sont considérables depuis quelques années, et certains crus n'ont plus à rougir de la comparaison. On pense notamment aux vins d'exception de grands domaines comme Beringer ou Mondavi. Cela dit, la plupart des wineries vinifient des vins souvent faciles à apprécier, mais généralement sans complexité...
Seule véritable ombre au tableau, les crus, même les moins élaborés, sont proposés à des prix toujours très élevés (goûter au célèbre Opus One relève même du fantasme !). Il en va de même pour les vins français ou italiens, bien représentés également sur les cartes de certains restaurants (dans les grandes villes). Le vin au verre se pratique de plus en plus mais à des tarifs peu démocratiques.
- Les cocktails : les plus répandus sont le Manhattan (vermouth rouge et bourbon), le cocktail Martini (gin et vermouth mélangés dans un shaker avec des glaçons), le Bloody Mary (vodka et jus de tomate), la Margarita (tequila, cointreau, jus de citron vert, auquel on ajoute souvent de la glace pilée), le Mojito, la Caipirinha (citron vert, sucre et cachaça, l'alcool de canne à sucre brésilien), le Cuba Libre (à base de rhum, bien sûr) et le Mimosa (champagne, jus d'orange et Cointreau ou triple-sec), servi à l'heure du brunch.
- Le bourbon : impossible de passer sous silence le bourbon, ce whisky américain (whiskey) dont le Kentucky fournit une bonne moitié de la production. Cette région s'appelait autrefois le Bourbon County, dont le nom fut choisi en l'honneur de la famille royale française. C'est ainsi que, depuis 1790, le célèbre whisky américain porte le nom de bourbon. Pas étonnant non plus que la capitale du bourbon s'appelle Paris !
- Happy hours : beaucoup de bars attirent les foules après le travail, généralement entre 16 h et 19 h, en leur proposant de fortes réductions sur certains alcools.
Boissons non alcoolisées
- L'eau glacée : Dans
les restaurants, la coutume est de servir d’emblée un verre d’eau
glacée à tout consommateur. Quand on dit glacée, ce n'est pas un
euphémisme.
- Le thé et le café : Dans de nombreux restos et cafés, on peut redemander le café de base (regular ou American coffee) autant de fois qu'on le désire. Le café américain est très allongé. N'oubliez pas de préciser black coffee (café noir), sinon on vous le sert automatiquement avec du lait ! En matière de thé, beaucoup de restos servent du Lipton. Heureusement, le Chai Latte (thé sucré et épicé, avec du lait) a de plus en plus la cote.
- Les cream sodas : Encore
une expérience culturelle à ne pas manquer ! Il s'agit d'un soda
mélangé à de la glace à la vanille. Hyper-sucré et assez bon
finalement.
- La root beer : Ce breuvage au goût de chewing-gum médicamenteux est très apprécié par les kids américains, mais il n'a rien à voir avec de la bière.
- Habitudes : Les Américains consomment des sodas sucrés à longueur de journée ! Dans de nombreux restaurants de chaîne, fast-foods, coffee shops et petits restos, les sodas sont souvent à volonté. Soit on se sert soi-même « à la pompe », soit on demande un free refill. Autre habitude de plus en plus en vogue : les energy drinks,
ces boissons à base de caféine, parfois de guanara. Ces boissons
énergisantes ont souvent un goût chimique assez... improbable.