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Traditions Estonie

Fêtes et jours fériés

Placée au fil de son histoire sous la botte danoise, germanique, suédoise et russe, l'Estonie a survécu en s'attachant à ses racines. Mieux encore : elle en a fait le fer de lance de ses revendications identitaires, en particulier sous le régime soviétique.

Festivals de chant et de danse

Au milieu du XIXe s, les revendications nationales fleurissent chez les minorités centre et est-européennes. En Estonie, c'est par le chant qu'elles s'expriment. En juin 1869, le premier festival de la chanson est organisé à Tartu, la capitale universitaire du pays. Six autres suivent jusqu'en 1910, attirant un nombre sans cesse croissant de participants et de choristes.
Renouant avec les chants populaires de leur lointain passé, inspirés d'un quotidien ardu, les Estoniens redéfinissent leur identité. La guerre, puis la période soviétique n'arrêtent pas le mouvement. C'est l'année 1988 qui voit le plus grand rassemblement de tous les temps : profitant du vent nouveau de la perestroïka, les Estoniens chantent à tue-tête leur envie d'indépendance.
Tous les 5 ans se tient le festival de danse folklorique (prochaine édition en 2010). D'autres événements similaires se déroulent dans l'intervalle. Parmi les plus renommés, le festival Baltica a lieu dans l'un des trois pays baltes à tour de rôle : Lettonie en 2009, Estonie en 2010 et bien sûr Lituanie en 2011. Internet : www.folk.kul.ee.

Fêtes estivales

- La Saint-Jean (Jaanipäev) : en Estonie, où le climat est rude, on est très attaché à la célébration des solstices. C’est au moment de la Saint-Jean que la fête est la plus belle. On quitte les villes pour gagner un bord de rivière ou de lac. Des feux de joie sont allumés lors de la courte nuit du 23 au 24 juin et on recherche la fleur de fougère qui porte bonheur.
- Autres fêtes estivales : nombreux festivals de musique tout l’été, mais aussi des beach parties. Le 2e week-end de juin, Tallinn célèbre ses racines médiévales lors des Fêtes de la vieille ville. Fin juin, Tartu fait de même avec les Hansa days.

Jours fériés et fêtes traditionnelles

- 1er janvier : Nouvel An.
- 24 février : fête de l’Indépendance de 1918, célébrée par une grande parade militaire à Tallinn.
- Avril : fête de Pâques (vendredi saint).
- 1er mai : fête du travail et du printemps.
- Mai / juin : Pentecôte.
- 23 juin : Voidupüha, jour de la victoire (sur les troupes allemandes en 1919).
- 24 juin : fête de la Saint-Jean (célébrée dans la nuit du 23 au 24 juin).
- 20 août : fête de la restauration de l’Indépendance (en 1991).
- 25 et 26 décembre : Noël.

Langue

Comme tous les peuples menacés dans leur existence, les Estoniens se sont férocement attachés à leur langue. Celle-ci, plus que toute autre chose, les distingue des autres pays baltes et les rapproche de leurs cousins finlandais - qu'ils peuvent comprendre en tendant un peu l'oreille. De racines finno-ougriennes, l'estonien est aussi lié au hongrois, au lapon et à quelques idiomes sibériens. À peine plus d'un million de personnes le parlent.
Langue complexe, l'estonien ne possède ni articles, ni masculin, ni féminin, mais... deux infinitifs. L'ordre des mots est très souple dans la mesure où le sens est essentiellement indiqué par le cas de déclinaison choisi - et le choix est vaste, puisqu'il en existe 14 ! L'alphabet compte 18 consonnes et 9 voyelles autochtones, dont certaines assez peu communes (õ, ä, ö, ü). Celles-ci peuvent d'ailleurs s'enchaîner sans presque laisser d'espace aux consonnes... D'autres lettres courantes chez nous sont inconnues, comme le b ou le c, par exemple.

Population

L'histoire a joué bien des tours à l'Estonie. Colons allemands, envahisseurs tatars et polonais, marchands juifs, travailleurs russes et des autres républiques de l'URSS, les minorités forment une composante essentielle de l'identité du pays. Aujourd'hui encore, seuls 68 % des habitants de l'Estonie sont estoniens.
La plus forte minorité est russe : elle représente 23 % de la population, et jusqu'à 100 % dans certaines localités de l'est comme Narva. Cette communauté a été constituée après l'annexion soviétique de 1940, puis lors d'une opération bien orchestrée (qu'on qualifierait aujourd'hui d'épuration ethnique ?) durant les 40 années d'occupation d'après-guerre. Elle représenta près de 40 % de la population de la république. Ce chiffre baisse doucement depuis l'indépendance, au fil de l'émigration et de la naturalisation des Russes d'Estonie - même si beaucoup tardent à changer de passeport et si certains refusent encore d'apprendre l'estonien !
Le nombre de « non-citoyens » est tombé de 32 % en 1991 à 10 %, grâce à un programme d'encouragement à la naturalisation.

Les Vieux Croyants

Tous les Russes d'Estonie ne sont pas arrivés après 1945. Les Vieux Croyants (aussi baptisés raskolniki) se sont installés en Estonie au XVIIe s pour fuir les persécutions dont ils étaient victimes dans les grandes villes de l'Empire. Réfractaires à la réforme de la liturgie orthodoxe ordonnée par le patriarche Nikon, ils fondèrent des communautés libres sur les berges du grand lac Peïpous, où ils vivent encore selon leurs traditions. On estime leur nombre à environ 10 000 personnes.

Les Setus

Peuple finno-ougrien, proche des Estoniens, les Setus s'en distinguent par leurs croyances : ils ont adopté la foi orthodoxe à l'époque où le pays était aux mains du tsar. Une certaine renaissance culturelle est observée depuis l'indépendance, et la langue setu est à nouveau enseignée.

Les Allemands

Maîtresse de l'Estonie pendant plus de six siècles, l'aristocratie terrienne allemande, issue des croisés et des marchands installés à partir du XIIIe s, a joué un rôle majeur dans l'histoire du pays. C'est elle qui a introduit le luthéranisme. Les conquêtes suédoise puis russe n'ont pas modifié sa mainmise sur l'économie et la politique. Vers 1900, un gros millier de domaines agricoles appartenant à la minorité allemande contrôlait près de la moitié des terres arables du pays...
Jamais, pourtant, la communauté ne dépassa 6 % de la population ! Une partie des Allemands émigra après l'échec de la conquête germanique des pays baltes en 1919, les autres en 1939, à la veille de l'invasion soviétique.

Les Suédois

L'une des plus anciennes minorités d'Estonie, les Suédois, se sont installés sur les îles et la côte occidentale dès la fin du XIIIe s. Paysans et pêcheurs vivant dans des zones isolées, ils échappèrent d'abord au servage, puis s'y trouvèrent contraints... alors même que l'Estonie était passée aux mains de la Suède ! Leur situation ne s'améliora qu'avec l'indépendance du pays.
En 1944, craignant l'arrivée de l'Armée rouge, la plupart prirent la mer pour regagner une mère patrie inconnue. Seul un millier resta. Les îles devinrent bases militaires et furent interdites à la navigation, les écoles suédoises fermées.
Aujourd'hui, les survivants de l'émigration et leurs enfants reviennent sur les traces de leur passé.

Religions

L'Estonie, comme les autres pays baltes, a été christianisée tardivement (vers le milieu du XIIIe s). Le luthéranisme s'est installé aux XVIe et XVIIe s sous la coupe suédoise. Aujourd'hui, le pays est divisé en deux communautés principales : Estoniens luthériens d'une part, russophones orthodoxes de l'autre. Avec, à mi-chemin, le cas particulier des Setus, un peuple ethniquement proche des Estoniens, qui a adopté la foi orthodoxe... Pour compliquer les choses, certains orthodoxes répondent au patriarche de Moscou, d'autres à celui de Constantinople !
Ajoutons encore le cas des Vieux Croyants, des Russes orthodoxes réfractaires à la réforme de la liturgie, qui ont fui sur les marges de l'empire russe à la fin du XVIIe s pour échapper aux persécutions.
Les catholiques sont très peu nombreux, au contraire des églises évangélistes protestantes, assez bien implantées.





 

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