Médias
Depuis l'indépendance, la presse est très vivante en Estonie, avec près d'une centaine de titres.
Les quotidiens les plus importants, diffusés chacun entre 20 000 et 70 000 exemplaires, sont Postimees (Le Courrier), Eesti Päevaleht (Le Quotidien estonien), SL Õhtuleht (Le Journal du soir) et Äripäev (Le Quotidien des affaires).
Eesti Ekspress (Express estonien) et Maaleht (La Campagne) sont les deux hebdomadaires les plus lus.
Le pays compte une trentaine de stations de radio :
Eesti Raadio (Radio estonienne) appartient au service public.
Il y
a trois chaînes de télévision nationale : ETV
est publique, Kanal 2 et TV3 sont privées. Le câble et le satellite sont en plein développement.
Littérature
La littérature estonienne naît en opposition au pouvoir tsariste et accompagne le réveil du sentiment national au XIXe siècle. Friedrich Reinhold Kreutzwald est le fer de lance des lettres estoniennes avec son épopée nationale, Kalevipoeg (Le Fils de Kalev) (1857-1861). En 1905, le mouvement « Jeune Estonie » autour de Gustav Suits ou Friedebert Tuglas, perpétue cette veine identitaire et indépendantiste.
Le romancier Anton Hansen-Tammsaare (1879-1940) est sans doute l'un des
meilleurs témoins de la vie du pays durant l'indépendance
(1918-1940), en particulier dans les cinq volumes de son chef-d'œuvre,
Töde ja öigus (Vérité et justice,
1926-1933). Pendant la même période, Oskar Luts écrit sa
trilogie Printemps, Été et Automne, devenue un classique
de la littérature estonienne.
Sous le joug soviétique, de nombreux écrivains, qui ne sont pas adeptes du réalisme socialiste, choisissent l'exil. Avec l'indépendance de 1991, la littérature estonienne renaît de ses cendres. Les romans de Jaan Kross (Le Fou du tsar, La Vue retrouvée, L'Œil du grand tout…) sont traduits dans une dizaine de langues, dont le français.
Musique
Les Estoniens adorent la musique et le chant qui, depuis le XIXe siècle, est le véhicule de l'identité et des revendications nationales estoniennes. Ainsi, la dernière phase de la lutte pour l'indépendance à la fin de l'ère soviétique est qualifiée de « révolution chantante ». Et, quand l'Estonie remporte le concours de l'Eurovision en 2001, l'événement est salué par les commentateurs comme le signal de l'entrée du pays dans l'Union européenne (qui a lieu en 2004).
Aujourd'hui encore, il existe de nombreux festivals de musique et de chanson à travers le pays. La tradition des fêtes du chant, dont la première a eu lieu il y a 137 ans, relève du patrimoine culturel de l'Unesco et n'a rien perdu de sa popularité parmi les Estoniens.
Un musicien contemporain estonien est aujourd'hui universellement connu.
Il s'agit d'Arvo Pärt, dont le style
minimaliste, tintinnabulie (inspiré de la clochette) et profondément
spirituel, a inspiré notamment de nombreux cinéastes comme Gus
Van Sant (Gerry). En butte à la censure dans les années
1970, Pärt s'est exilé à Berlin où il réside
toujours.