Certes, d'après de récents sondages, 73 % (94 % officiellement) des Espagnols se reconnaissent de confession catholique, ce qui laisse peu de place pour les autres. Mais ce chiffre cache une baisse prononcée de la fréquentation des églises, notamment lors de la messe dominicale, et surtout chez les jeunes. 22 % des Espagnols s'affirment agnostiques ou athées. Se déclarer catholique ne signifie pas forcément avoir la foi, mais plutôt être de culture catholique.
Le baptême, la communion, le mariage à l'église sont autant d'événements sociaux incontournables dans la vie des Espagnols. Leur fonction consiste plutôt à étaler sa prospérité et à impressionner sa famille et ses voisins qu'à manifester sa foi.
En fait, la religion reste souvent le meilleur prétexte pour faire la fête.
Et les non-catholiques dans tout ça ? Eh bien, comptez un peu moins d'un million de musulmans dans tout le pays, issus pour la plupart de l'immigration, bien que se développe un îlot de nouveaux convertis à Grenade. Les quelques protestants et mormons (environ 310 000) sont également pour moitié des immigrés, en provenance de l'Europe du Nord. Les juifs seraient environ 50 000. Quant aux sectes, elles paraissent peu implantées, et souvent liées aux mouvements d'extrême-droite.
- Au restaurant, le service est compris, mais pas l'éventuel pourboire. Certes, celui-ci n'est pas obligatoire, mais il est courtois de laisser quelque chose (jusqu'à 10 % de l'addition).
- Il est un rituel que l'on retrouve dans toute la péninsule Ibérique, celui du paseo (littéralement la promenade). Vers 19h-20h, avant le dîner, les Espagnols ont l'habitude de déambuler dans les rues de la ville, le long des promenades de bord de mer par exemple, en famille ou entre amis. L'élégance est de mise. C'est un moment très convivial, souvent ponctué de retrouvailles. On finit par s'asseoir sur un banc pour regarder les autres passer... Un spectacle à ne pas manquer.
- Il y a peu de toilettes publiques, mais on peut plus facilement qu'en France utiliser les toilettes des cafés et restos.
Toutes les excuses sont bonnes en Espagne pour organiser une fête. Bien sûr, tous les saints y passent mais aussi les escargots, les ânes, les récoltes, les taureaux ! On a compté plus de 25 000 fêtes par an !
L'origine de ces fêtes est avant tout religieuse. Le christianisme naissant a récupéré toutes les fêtes païennes pour se faire accepter et, contrairement au protestantisme de l'Europe du Nord, est resté attaché à toutes les commémorations et à tous les vieux rites.
Fait paradoxal, la chape de plomb franquiste une fois levée n'a pas eu d'effet sur la ferveur festive. Les Espagnols l'affirment eux-mêmes : au-delà de la religion, c'est leur identité qu'ils célèbrent.
La vie nocturne espagnole est certainement, il faut le dire, l'une des plus développées d'Europe, voire du monde. Après 23h, à la sortie des restos, la rue appartient aux noctambules qui tournent de bar en bar, puis de boîte en boîte - qui fourmillent dans les quartiers les plus animés.
La tournée des bars à tapas est un art (de vivre) espagnol auquel on se doit de rendre hommage...
D'où
vient la tradition des tapas ? Les premiers affirment que l'origine des
tapas est d'émanation royale. En effet, pour lutter contre
l'alcoolisme, un roi aurait obligé les débits de boissons à poser une
assiette avec un en-cas sur le verre de vin. Les Modernes, eux,
soutiennent que les tapas auraient été créées dans un but utilitariste :
pour éviter que les mouches ne tombent dans le verre de vin. Comme ça
faisait un peu tristounet, une soucoupe vide, on ajouta une olive pour
faire joli.
Dans une théorie comme dans l'autre, tapear signifiant « boucher », l'en-cas prit rapidement le nom de tapas.
Avant, le prix des tapas était toujours compris dans la boisson. C'est encore souvent le cas dans les campagnes et les petites villes, plus rarement dans les grandes - à l'exception des olives et cacahuètes servies parfois gracieusement avec la bière.
Les Espagnols ont l'habitude de téléphoner à leurs potes pour « aller de tapas en tapas » (ir de tapeo).
On mange debout en s'essuyant le coin du bec avec une serviette en
papier cigarette, c'est souvent plus économique et moins formel qu'un
restaurant.
Pour les néophytes, il ne faut pas avoir peur d'insister
auprès des serveurs. Ils sont souvent débordés et il leur arrive
d'oublier carrément la commande. Animation garantie, sauf à l'heure de
la sieste (entre 15h et 18h-19h environ), où tous les bars sont
fermés.
Ces amuse-gueules, selon l'inspiration du patron, vont
des anchois sur toast aux tranches de chorizo, des lamelles de jambon
aux salades composées, des minipaellas aux sardines, des champignons à
l'ail aux boquerones (anchois frais) à l'huile...
Généralement préparées le matin et vendues au fil de la journée, il arrive aussi qu'elles soient préparées à la commande - le nec plus ultra. Dans les bars chic, certaines prennent des airs de haute cuisine miniature.
Les prix sont habituellement indiqués au-dessus du comptoir, ça permet de ne pas dépasser son budget. Quand ils ne le sont pas, gare aux arnaques ! Quant à l'addition, on l'inscrit encore parfois à la craie grasse sur le bar. En général, trois ou quatre tapas constituent un repas léger. Les prix pratiqués sont sensiblement les mêmes partout, allant d'un bon 1,50 € pour les classiques (tortilla, etc.), à 8-12 € environ pour une assiette de jambon cru ou de fromages (ración).
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