Religions et croyances
Les rapports entre les catholiques et le régime castriste furent rapidement tendus. Ce n'est qu'au milieu des années 1980 que Castro amorça une ouverture en direction de l'Église catholique, pour se ménager une autorité religieuse trop longtemps hostile à sa politique.
Les temples protestants sont aussi peu nombreux.
La santería
La santería est un syncrétisme étonnant entre les croyances et pratiques
animistes, les rituels africains et le catholicisme.
Mode d'emploi
La santería est, pour Cuba, l'équivalent du vaudou haïtien, du candomblé et de l'umbanda brésiliens, c'est-à-dire un syncrétisme étonnant entre les croyances et pratiques animistes, les rituels africains et le catholicisme.
À l'origine, les esclaves furent contraints d'adopter la religion de leurs maîtres. Les esclaves africains venaient de pays où l'animisme était profondément ancré. Arrivés à Cuba et dans les autres pays de la région (Haïti, Saint-Domingue, etc.), ils furent soumis à un sauvage processus de destruction de leur identité culturelle : interdiction de parler les langues africaines, de maintenir coutumes et croyances. Nations, ethnies, tribus et familles furent systématiquement dispersées.
N'ayant plus le droit de pratiquer leurs religions, les esclaves dissimulèrent leurs divinités derrière les saints de la mythologie chrétienne, y trouvant d'ailleurs souvent un détail qui les leur rappelait.
Ces divinités, très nombreuses, représentent des forces bien précises, dont on trouve les origines dans les éléments du terroir africain et dans la nature.
À Cuba, ces divinités ou esprits sont appelés orishas.
Les autorités cubaines ont judicieusement (et tardivement) compris que la santería était également un moyen intéressant de maintenir la paix sociale. Signalons qu'il n'y a aucune contradiction à être bon catholique et adepte de la santería en même temps.
Le panthéon de la santería
- Ochún : c'est la déesse des eaux douces, assimilée à la Vierge de la Caridad del Cobre.
- Chango : dieu de la guerre, du tonnerre, du feu.
- Yemayá : déesse noire de la mer. Très vénérée, puisqu'elle symbolise la vie.
- Orula : mari d'Ochún, ce cocu bienheureux est l'un des orishas
les plus demandés et estimés de la santería. Il est celui qui prédit
l'avenir, que l'on consulte avant d'entreprendre quelque chose.
- Obatalá (Ochalá) : divinité de la création, il possède beaucoup de qualités.
- Ogun : un des plus populaires. Dieu du fer, de la sagesse et des montagnes.
- Oddua : dieu des morts et des esprits. Invoqué pour ressusciter les moribonds.
- Obba (Oya) : déesse des lacs, symbole de la fidélité conjugale.
Savoir-vivre et coutumes
Malgré leur apparente nonchalance, les Cubains n'en sont pas moins respectueux
des règles de politesse. Très tolérants à l'égard des étrangers, ils attendent
en retour un comportement correct. Voici une petite liste (non exhaustive) des
gaffes à éviter et des habitudes à respecter.
- Évitez le monokini sur les plages.
- Portez une tenue correcte dans les restaurants chic et les cabarets.
- En arrivant dans une file d'attente, demandez quelle est la dernière personne arrivée (¿ El último ?), et placez-vous derrière sans chercher à doubler.
- Ponctuez vos phrases de petits mots gentils, du genre compañero pour un homme ou compañera pour une femme.
- Ne vous offusquez pas des sempiternels « Pssit-psssitt ! » que lancent tout le temps les gens dans la rue pour vous appeler : c'est une pratique courante à Cuba.
- Ne prenez pas mal les compliments que pourront vous lancer des inconnu(e)s.
- Gardez le sourire en toute circonstance, car il n'est pas bien vu de perdre son calme...
Jineteras, jineteros
Sujet délicat et vaste problème que celui du jineterismo. Une jinetera, c'est une « cavalière ». Autrement dit, une fille qui accompagne un garçon. Véritable phénomène de société, apparu avec l'explosion du tourisme, les jineteras semblent être partout, notamment à La Havane et dans les villes touristiques. Dès la nuit tombée, elles partent en chasse.
La jinetera d'aujourd'hui n'a rien à voir avec la prostituée d'avant la Révolution. Certes, elle offre son corps, mais aussi son sourire et son indéniable charme pour accéder aux biens de consommation inaccessibles aux Cubains.
Si la jinetera se contente parfois d'une invitation à aller en discothèque ou au resto, d'offres de vêtements ou de cadeaux, c'est qu'en réalité son désir est ailleurs. Elle rêve de mariage, de billet sans retour pour une vie en dehors de Cuba...
À la jinetera correspond son pendant mâle, le pinguero. À ne pas confondre avec le jinetero, dont le terme est réservé aux garçons qui profitent aussi des touristes, mais par le biais de petites arnaques.
Cadeaux
Cadeaux les plus appréciés : savon, parfum (des échantillons), rustines et
colle pour chambre à air des vélos et des voitures, T-shirts, chemises, shampooing,
chaussures... Même si vous ne fumez pas, sachez qu'une simple cigarette (américaine
de préférence) est toujours appréciée. Pour les enfants : vêtements, fournitures
scolaires (stylos, feutres, cahiers, gommes), chewing-gums, balles de tennis.
Pour les fournitures scolaires, il est toujours préférable de les donner directement
dans une école, à la maîtresse ou à la directrice. Si vous décidez (avec raison)
d'apporter ce genre d'articles, en prendre suffisamment pour pouvoir fournir
une classe entière.
Les plus généreux apporteront des médicaments pour les hôpitaux qui en manquent
cruellement. Ou encore du lait en poudre pour les maternités.
Fêtes et jours fériés
Il y a de grandes chances pour que votre séjour coïncide avec un des jours
de commémoration, en grand nombre à Cuba.
En outre, de plus en plus de festivals sont organisés. Le rendez-vous le plus
prestigieux est celui du Festival international du Cinéma latino-américain en
décembre. Très réputé aussi, le Festival national de Théâtre qui se déroule
en février, ainsi que les festivals internationaux de Théâtre et
de Danse de La Havane, le festival Jazz Plazza en décembre chaque année,
le festival du Boléro en juin, la foire internationale du Livre en février,
la biennale d’Art contemporain…
Mais le plus spectaculaire, ce sont les fêtes de carnaval. En août, celui de
la vieille ville, à La Havane, défile tous les week-ends durant trois
semaines...
7 jours fériés légaux dans l'année
- 1er janvier : anniversaire du Triomphe de la Révolution.
- 1er mai : fête du Travail.
- 25, 26 et 27 juillet : fête nationale, anniversaire de l'assaut
de la caserne Moncada à Santiago.
- 10 octobre : anniversaire du début des guerres d'Indépendance
(appel de la Demajagua).
- 25 décembre : depuis le passage du pape Jean-Paul II
à Cuba en 1998, la tradition de Noël s’est réinstallée.