Jineteras, jineteros
Sujet délicat et vaste problème que celui du jineterismo. Une jinetera,
c'est une « cavalière ». Autrement dit, une fille qui accompagne un
garçon. Vous remarquerez la pudeur du terme, tout en nuances, pour ne pas parler de prostitution. Véritable phénomène de société apparu avec l'explosion du
tourisme, les jineteras semblent être partout, notamment à La Havane et dans les villes touristiques.
Sous ce terme de jineteras se cachent deux types de phénomènes. D'une part, la prostitution claire et évidente. D'un autre côté, il y a la « rencontre » plus classique. Cette jinetera-là offre son corps pour accéder aux biens de consommation inaccessibles aux Cubains, mais elle rêve de mariage, de billet sans retour pour une vie en dehors de Cuba... Pour la majorité, les jineteras sont de simples jeunes filles en quête de quelques pesos convertibles pour survivre et aider leur famille.
Mais au-delà de l'aventure ou des devises faciles, draguer un Européen se révèle bien souvent une échappatoire dangereuse, car elle peut coûter 2 ans de prison à la « cavalière » si le touriste déclare ne pas la connaître. Et une jeune fille qui se rend avec un étranger dans une casa particular, tout comme dans un hôtel, doit être enregistrée sur le livre de police, ce qui lui garantit une convocation ultérieure et de probables ennuis si ce n'est pas la première fois.
À la jinetera correspond son pendant mâle, le pinguero. À ne pas confondre avec le jinetero, dont le terme est réservé aux garçons qui profitent aussi des touristes, mais par le biais de petites entourloupes.
Religions et croyances
Les rapports entre les catholiques et le régime castriste furent rapidement tendus. La hiérarchie religieuse, refusant le communisme, fut accusée de jouer le jeu des impérialistes et des réactionnaires. Le catholicisme perdit beaucoup de sa force.
Ce n'est qu'au milieu des années 1980 que Castro amorça une ouverture en direction de l'Église catholique. Aujourd'hui, il y a une revitalisation de la pratique religieuse.
Les temples protestants sont peu nombreux mais, comme dans toutes les Caraïbes, les églises d'origine américaine (pentecôtistes, adventistes, etc.) se développent.
La santería
La santería est, pour Cuba, l'équivalent du vaudou haïtien, du candomblé et de l'umbanda brésiliens, c'est-à-dire un syncrétisme étonnant entre les croyances et pratiques animistes, les rituels africains et le catholicisme.
Santería, mode d'emploi
D'abord pratiquée à La Havane et à Matanzas, la santería est maintenant aussi présente dans l'Oriente (Santiago, Guantánamo). Avec la crise économique, les détresses personnelles et familiales, l'incertitude du lendemain, elle a considérablement augmenté son influence, gagnant même progressivement les Blancs. On pense que la moitié de la population à Cuba est impliquée dans la santería. C'est même devenu, dans beaucoup de cas, la solution pour résoudre la plupart des problèmes. Il y a pratiquement un orisha pour chaque problème.
Les prêtres de la santería sont les santeros (ou padrinos), que l'on consulte régulièrement.
Le santero officie également lors de cérémonies en l'honneur des saints. Certaines sont ouvertes au public. Cérémonies largement teintées de spiritisme.
Vous découvrirez ainsi combien la santería est une religion où la beauté des rituels fait partie de la fête.
Les cérémonies et fêtes ont pour but de faire se manifester ces divinités parmi les vivants.
En dehors de ces cérémonies et fêtes, toute une série de pratiques entretiennent une convivialité permanente avec les dieux.
Les autorités cubaines ont judicieusement compris que la santería était également un moyen intéressant de maintenir la paix sociale.
En conclusion, pour beaucoup de Cubains, l'adhésion à la santería est un bon moyen de conserver leur identité culturelle. C'est aussi la reconnaissance de leurs racines africaines. Il apparaît que le vide spirituel qui frappe la société cubaine est vraiment important.
Savoir-vivre et coutumes
Malgré leur apparente nonchalance, les Cubains n'en sont pas moins respectueux
des règles de politesse. Très tolérants à l'égard des étrangers, ils attendent
en retour un comportement correct. Voici une petite liste (non exhaustive) des
gaffes à éviter et des habitudes à respecter.
- Évitez le monokini sur les plages.
- Portez une tenue correcte dans les restaurants chic et les cabarets.
- En arrivant dans une file d'attente, demandez quelle est la dernière personne arrivée (¿ El último ?), et placez-vous derrière sans chercher à doubler.
- Si vous fumez, pensez à offrir des cigarettes autour de vous, c'est toujours bien vu, surtout si ce sont des américaines...
- N'hésitez pas à ponctuer vos phrases de petits mots gentils, du genre compañero pour un homme ou compañera pour une femme.
- Ne vous offusquez pas des sempiternels « Pssit-psssitt ! » que lancent tout le temps les gens dans la rue pour vous appeler : c'est une pratique courante à Cuba.
- Ne prenez pas mal les compliments que pourront vous lancer des inconnu(e)s.
- Gardez le sourire en toute circonstance, car il n'est pas bien vu de perdre son calme...
Cadeaux
Cadeaux les plus appréciés : savon, dentifrice et lessive (depuis peu, ces produits ont été retirés de la libreta, le « livret » mensuel octroyé chaque mois par l'État), mais aussi parfum, rustines et colle pour chambre à air des vélos et des voitures, piles, lampes de poche, fil et aiguilles, T-shirts, chemises, shampoing, chaussures, voire clés USB...
Pour les enfants : vêtements, fournitures
scolaires (stylos, feutres, cahiers, gommes), chewing-gums (chiclé), balles de tennis.
Pour les fournitures scolaires, il est toujours préférable de les donner directement
dans une école, à la maîtresse ou à la directrice. Si vous décidez (avec raison)
d'apporter ce genre d'articles, en prendre suffisamment pour pouvoir fournir
une classe entière.
Les plus généreux apporteront des médicaments pour les hôpitaux, où ils font cruellement défaut.