Traditions et coutumes Cuba

Jineteras, jineteros

Sujet délicat et vaste problème que celui du jineterismo. Une jinetera est une « cavalière ». Autrement dit, une fille qui accompagne un garçon. Vous remarquerez la pudeur du terme, tout en nuances, pour ne pas parler de prostitution. Véritable phénomène de société apparu avec l'expansion du tourisme, les jineteras ont été omniprésentes un peu partout, notamment à La Havane et dans les villes touristiques : dans les halls d’hôtels, les discothèques, à l’entrée des cabarets, sur les trottoirs, les plages ou tout simplement dans les restaurants... De nos jours, elles sont beaucoup moins visibles dans la rue, le phénomène existe bel et bien mais il est de moindre ampleur.

Sous ce terme de jineteras se cachent deux types de phénomènes. D'une part, la prostitution claire et évidente. Évidemment, ce n’est pas pour votre charme mais plutôt pour le contenu de votre portefeuille. D'un autre côté, il y a la « rencontre » plus classique. Cette jinetera-là offre son corps pour accéder aux biens de consommation inaccessibles aux Cubains, mais elle rêve de mariage, de billet sans retour pour une vie hors de Cuba... Pour lbeaucoup d'entre elles, les jineteras sont de simples jeunes femmes en quête de quelques pesos convertibles pour survivre et aider leur famille.

Mais au-delà de l'aventure ou des devises faciles, draguer un Européen se révèle bien souvent une échappatoire dangereuse, car elle peut coûter 2 ans de prison à la « cavalière » si le touriste déclare ne pas la connaître. Et une jeune fille qui se rend avec un étranger dans une casa particular, tout comme dans un hôtel, doit être enregistrée sur le livre de police, ce qui lui garantit une convocation ultérieure et de probables ennuis si ce n'est pas la première fois.

À la jinetera correspond son pendant mâle, le pinguero. À ne pas confondre avec le jinetero, dont le terme est réservé aux garçons qui profitent aussi des touristes, mais par le biais de petites entourloupes.

Religions et croyances

On s'en doute, malgré les études de Fidel chez les jésuites, les rapports entre les catholiques et le régime castriste furent rapidement tendus.
La hiérarchie religieuse, refusant le communisme, fut accusée de jouer le jeu des impérialistes et des réactionnaires. Les collèges religieux furent nationalisés et les bonnes sœurs invitées à quitter les hôpitaux. Le pouvoir priva l’Église cubaine de plus de 300 établissements scolaires et universitaires et, bien sûr, d’une source de revenus très importante. Toute instruction religieuse en dehors des lieux de culte fut interdite.
Dans ces conditions, alors que le Cubain n’était déjà pas une grenouille de bénitier, le catholicisme perdit beaucoup de sa force et végéta quelque peu. Ce qui explique en grande partie la liberté de mœurs des Cubains aujourd’hui.

Ce n'est qu'au milieu des années 1980 que Castro amorça une ouverture en direction de l'Église catholique, pour se ménager une autorité religieuse trop longtemps hostile à sa politique. Aujourd'hui, il y a incontestablement une revitalisation de la pratique religieuse, les églises sont rouvertes. De même, dans les endroits les plus touristiques, l’État prend en charge la rénovation des sanctuaires coloniaux ou de la république présentant un intérêt architectural.

Fidel Castro est allé encore plus loin dans la voie de la normalisation. Il a rencontré le pape Jean-Paul II au Vatican, en 1996, et celui-ci lui a rendu la politesse lors d’une visite très attendue par les Cubains, en janvier 1998. Son successeur, Benoît XVI, s’est aussi rendu à Santiago en mars 2012 pour rendre hommage à la Virgen del Cobre, la sainte patronne de l’île.
En 2010, Raúl Castro a ouvert un dialogue avec l’Église catholique qui a débouché sur la libération de quelque 130 prisonniers politiques et l’élargissement de l’espace social développé par l’Église.
À noter également, l’État cubain est en train de lui restituer peu à peu les biens qui lui avaient été confisqués en 1961 par le régime révolutionnaire.
Le pape François a joué un rôle essentiel entre 2012 et 2015 pour rapprocher Cuba des États-Unis afin de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays, rompues depuis 1962.

Les temples protestants sont peu nombreux, mais, comme dans toutes les Caraïbes, les églises d’origine américaine (pentecôtistes, adventistes, etc.) se développent.

La santería

La santería est, pour Cuba, l'équivalent du vaudou haïtien, du candomblé et de l'umbanda brésiliens, c'est-à-dire un syncrétisme entre les croyances et pratiques animistes, les rituels africains et le catholicisme.

Santería, mode d'emploi

D'abord pratiquée à La Havane et à Matanzas, la santería est maintenant aussi présente dans l'Oriente (Santiago, Guantánamo). Aujourd'hui, on estime que la moitié de la population à Cuba est impliquée dans la santería.

Les prêtres de la santería sont les santeros (ou padrinos), que l'on consulte régulièrement. On en dénombre au moins 10 000 dans le pays, contre moins de 300 prêtres catholiques.
Le santero officie chez lui mais également lors de cérémonies en l'honneur des saints. Certaines sont ouvertes au public, donc au touristes. Cérémonies largement teintées de spiritisme. La musique y joue bien entendu un grand rôle. On appelle les orishas en leur faisant également des offrandes, fleurs, nourriture, fruits, etc. La cérémonie se pare des couleurs de l’orisha. C’est alors que certains participants entrent en transe.

Chaque orisha est caractérisé par de nombreux traits : objets, matières, jours de la semaine, couleurs, parures, ornementation, bijoux, préparations culinaires, chants, etc.

À signaler qu’il n’y a aucune contradiction à être bon catholique et adepte de la santería en même temps. Au contraire, la hiérarchie catholique s’est complètement adaptée à cette situation. D’ailleurs, devenir babalao nécessite d’être... baptisé !

Savoir-vivre et coutumes

- Une des premières choses qui surprend visuellement en arrivant à Cuba, c’est l’absence de... publicité, hormis les slogans révolutionnaires bien sûr !

- Cette Cubaine vétue de blanc et fumant le cigare installée à un angle de rue à La Havane vous rappelle quelqu’un ? De fait, on croise dans la capitale des « personnages » qui gagnent un peu d’argent en prenant la pose, le plus souvent en tenue folklorique... Et on les retrouve sur toutes les brochures touristiques.

- L’ouverture – toute relative – du pays aux télécommunications offre un spectacle plutôt insolite : des groupes de Cubains attroupés avec leur téléphone portable autour des bornes wifi gratuites, désormais disponibles dans certaines grandes villes de l’île.

- Vous serez surpris en empruntant les routes de l’île du très faible nombre de véhicules. Embargo oblige, le parc automobile à Cuba est particulièrement restreint. Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser un char à bœufs ou des piétons qui circulent au bord des grands axes.

- Il est de mise de porter une tenue correcte dans les restaurants « chic » et les cabarets. À Cuba, la cravate et la veste, inexistantes, sont remplacées par la guayabera (une chemise traditionnelle).

- Évitez le monokini sur les plages, ce n’est pas dans la culture cubaine. En revanche, le naturisme est toléré sur les cayos Largo et Santa María.

- En arrivant dans une file d’attente, demandez quelle est la dernière personne arrivée (¿ El último ?), et placez-vous derrière sans chercher à doubler.

- N’hésitez pas à ponctuer vos phrases de petits mots gentils, du genre compañero (pour un homme) ou compañera (pour une femme).

- Ne prenez pas mal les compliments (piropos) que pourront vous lancer des inconnu(e)s. Mais comme pour la cuisine à Cuba, c’est dans les casas particulares que vous aurez l’occasion de goûter à la plus grande variété de fruits tropicaux.
Les Cubains en prodiguent très facilement, sans que cela prête forcément à conséquence.

Cadeaux

Les Cubains manquent de tout, et même de l’essentiel. Pourtant, rares sont ceux qui demandent directement des cadeaux, excepté quelques personnes dans les endroits touristiques. Bien qu’il soit toujours difficile de refuser, ne distribuez pas inconsidérément.
Donnez plutôt aux Cubains avec lesquels vous aurez de réels contacts et avec lesquels vous sentez que la relation n’a pas été pervertie par une attente.

- Évitez de donner à tous les gens qui vous tendront la main. En revanche, il est normal de remercier ceux qui vous rendent un service... Donnez plutôt aux Cubains avec lesquels vous aurez de réels contacts et avec lesquels vous sentez que la relation n’a pas été pervertie par une attente.

- Cadeaux les plus appréciés : savon, shampooing, dentifrice et lessive (produits retirés de la libreta, le « livret » mensuel octroyé chaque mois par l’État), mais aussi parfum (les échantillons de parfum français sont un must !), chocolats, T-shirts, chemises, chaussures, voire clés USB... Les musiciens manquent aussi de partitions, cordes, anches... elles seront les bienvenues.

- Pour les enfants : vêtements, fournitures scolaires (stylos, feutres, cahiers, gommes), chewing-gums (chiclé), bonbons, etc. Pour les fournitures scolaires, il est toujours préférable de les donner directement dans une école. Si vous décidez (avec raison) d'apporter ce genre d'articles, en prendre suffisamment pour pouvoir fournir une classe entière.

- Pour les vêtements, n’hésitez pas à en emporter un sac plein, que vous, ou vos enfants, neveux, ne mettez plus. Dans les campagnes, arrêtez-vous chez des paysans, entamez la discussion et proposez-leur quelques vêtements. C’est vraiment dans les campagnes que les gens manquent de tout.

- N'hésitez pas à emporter des médicaments pour les hôpitaux, où ils font cruellement défaut.

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