Médias
Le Sénégal a souvent été considéré comme l'un des pays africains les plus respectueux de la liberté de la presse, hormis en Casamance, région pleine de tabous et régulièrement déstabilisée par des mouvements de guérilla, où les conditions de travail des journalistes sont difficiles.
Les interdits persistent, notamment lorsque les questions de la sécession de la Casamance ou certaines affaires de corruption touchant le chef de l'État et son entourage sont abordées. La police et la justice réagissent alors immédiatement. Les procès pour diffamation sont légions.
Pourtant, certains titres sont prêts à tout pour vendre de la copie et la presse à scandale fait florès.
Radio
Les radios privées sénégalaises ont acquis leurs lettres de noblesse pendant l'élection présidentielle de 2000. À l'époque, tout le monde a reconnu la grande qualité de leur travail et leur rôle primordial dans la prévention des fraudes électorales.
Résultat, leur audience a augmenté et on a assisté à l'émergence d'une multitude de petites stations privées nationales ou locales. Ces radios ont gagné en puissance et leurs relations avec le gouvernement se sont détériorées.
On peut également capter Radio France Internationale en FM à
Dakar et dans plusieurs villes du pays.
Télévision
Les deux chaînes de la Radio-télévision sénégalaise (RTS1 et RTS2) proposent des programmes variés. Mais n'escomptez pas y trouver une information de qualité : les journaux télévisés sont les bureaux de communication des ministres, du Président et de sa femme.
Peu à peu, de nouvelles chaînes privées d'information ont pu faire leur apparition, comme Canal Info RDV et Walf TV.
On peut également recevoir plusieurs chaînes privées internationales par satellite en s'abonnant à l'un des deux bouquets opérationnels actuellement en service dans le pays.
Journaux
Les Sénégalais ont le choix. La presse people a connu un essor considérable. Les organisations professionnelles et les autorités ont dénoncé certains manquements graves à l'éthique et à la déontologie professionnelles. Mais ces journaux se vendent très bien et concurrencent dangereusement la presse d'informations générales qui a, du coup, tendance à s'adonner au sensationnalisme, elle aussi. Des observateurs locaux estiment qu'une partie du lectorat est fatiguée des informations politiques.
Liberté de la presse
Face au tollé provoqué, en 2004, par l'incarcération du journaliste Madiambal Diagne, le président Abdoulaye Wade avait promis de réformer la loi sur la presse. Les journalistes sénégalais attendent encore. Et la situation ne s'est pas améliorée, au contraire.
En 2005, les locaux de la radio Sud FM à Dakar ont été fermés de force par un commando de la police à cause de l'interview d'un chef rebelle dont le groupe sévit en Casamance.
La presse indépendante, qui avait porté aux nues « l'alternance » lors de l'arrivée au pouvoir du président Wade en 2000, est devenue de plus en plus méfiante à son égard, pour ne pas dire de plus en plus critique.
Musique et danse
Les danses et chants qui évoquent aussitôt l'Afrique dans nos esprits ne se produisent que lors de cérémonies bien précises, ou alors sur incitation mercantile. En revanche, il arrive souvent que, à la nuit tombée, sur la place du village, au milieu d'échoppes, les gens dansent au son du djembé et du balafon, instruments typiques, ou écoutent le griot qui, accompagné de sa kora, chante les hauts faits de telle ou telle famille.
À la base de la vie en société presque autant que la religion, la musique occupe une place toute particulière. Très exubérante et festive, elle puise ses racines mélodieuses dans des traditions ancestrales, aussi bien en ce qui concerne le choix des instruments que celui des paroles et des sujets des chansons.
Sons pluriels
Chaque musique est un dialecte, et chaque instrument est accordé à son propre dialecte . L'instrument traduit les intonations, les tons, les sons de la langue. Tout est instrument.
La musique, comme la danse, traduit la complète communion de l'homme et de la nature. Elle sert aussi à transmettre des messages. On ne cherche pas toujours à faire joli, on traduit simplement la vie.
L'instrument de musique revêt partout une valeur symbolique.
Maintenant, la musique ne se cantonne pas à la brousse. Dans les grandes villes, les vieux avaient fêté l'indépendance sur les rythmes venus de Cuba (notamment la mérengué). Ceux-ci continuent d'ailleurs d'électriser les boîtes de nuit. Les instruments et les sonorités de l'Amérique noire ou ceux propagés par la world music ont également beaucoup de succès.
Griots
Les griots, ces musiciens ambulants, professionnels presque de naissance - ils font partie d'une caste -, qui vont de village en cour royale chanter les louanges d'un lignage et de ses descendants, sont une caractéristique de bon nombre de sociétés traditionnelles d'Afrique de l'Ouest.
Ils jouent un rôle social particulier, puisqu'il n'y a pas d'interdit pesant sur eux. Ils sont en effet les seuls à pouvoir dire aux puissants ce que le peuple pense d'eux. Mais les griots chantent bien plus souvent les louanges de leur employeur, rappelant les hauts faits de leurs ancêtres à travers des récits épiques et jouant le rôle de conseiller. Ils s'accompagnent de leur instrument de musique.
Aujourd'hui, ce rôle a évolué, mais les griots continuent à trouver leur place dans la vie moderne. Certains atteignent la célébrité, d'autres font le tour du quartier.
Aujourd'hui, beaucoup de chanteurs et musiciens faisant une carrière commerciale rappellent qu'ils sont issus d'une lignée de griots, même si leur activité s'est éloignée de la tradition.