L'eau, voici le maître mot. Elle semble figée, et pourtant elle guide nos pas,
partout. Plus de 1500 ponts courbent l'échine pour l'honorer. À Amsterdam,
on ne change pas de trottoir facilement. Il faut contourner l'eau pour aller
chercher un pont plus loin. L'eau, partout canalisée, dicte notre parcours.
Et on se laisse séduire. Autour de ses canaux, des milliers d'étonnantes demeures
qui se penchent doucement en murmurant : « Canal, suis-je toujours
la plus belle du quartier ? » Promeneurs, vous vous trouvez devant
l'une des plus extraordinaires vitrines du temps.
Amsterdam est une ville ouverte sur son histoire
comme sur son futur. Ici pas de volets ni de barreaux aux fenêtres. Il n'y
a rien à cacher. On s'y promène comme dans un gros village. On s'y perd facilement,
mais d'instinct on retrouve son chemin. Et c'est toute la magie de cette capitale
que de s'offrir sans détour ni faux-semblant.
Voici une ville souriante et humble
à la fois, toujours aimable, presque aimante. Amsterdam, on l’aime car on ne peut
faire autrement. On voudrait lui trouver au moins un défaut : mais voici
qu'un bouquet de jeunes filles passe à vélo, le dos droit, le guidon haut, suivi
par un cortège de rires ; mais voici qu'un vieux café sans âge nous appelle
de ses dizaines de petites bougies qui scintillent en vitrine. Pas besoin d'évoquer
les musées, la rue elle-même a tant à offrir.