Coutumes
Le mariage
À l'origine, 6 rites jalonnaient le mariage : le choix de la mariée, la demande
du nom (comparaison des thèmes astraux afin que les destinées des futurs époux
soient compatibles), l'envoi de cadeaux par la famille du jeune homme, la proclamation
des fiançailles, la détermination de la date du mariage (astres favorables)
et, finalement, le grand jour (entrée publique dans la maison du mari) !
Aujourd'hui, les entremetteuses qui présidaient autrefois au choix de l'épouse
sont remplacées par les collègues ou les agences matrimoniales. Le rouge, symbole
de bonheur et gaieté, couleur d'autrefois, est maintenant taquiné par le blanc,
petite coquetterie occidentale qui n'empêchera pas la belle d'afficher un peu
plus tard une splendide qipao fendue jusqu'à mi-cuisse.
Dernier trait d'union
entre présent et passé, dernier rite de cette journée festive, le naofang
: les amis accompagnent les mariés jusque dans la chambre nuptiale et
les chahutent un bon moment avant de leur laisser la fin de la nuit.
Les funérailles
Dans l'Antiquité, lorsqu'un homme mourait, on lui glissait dans la bouche quelques
fils de soie pour vérifier s'il respirait encore. Puis on procédait au rappel
de l'âme, au bain et à l'habillement du cadavre. On le plaçait dans le cercueil
avec de la nourriture ou un morceau de jade (afin de protéger le corps). L'âme
du mort était amenée au dieu du sol et honorée de prières régulières. Des prêtres
bouddhistes étaient conviés. Ce n'est que 49 jours après le décès que la tablette
funéraire était finalement placée sur l'autel familial.
Aujourd’hui, le blanc a remplacé les tissus naturels beige brut ou écru sans
ornement ni couture qui se devaient de représenter la mort.
Fêtes et jours fériés
Fêtes
- Nouvel An chinois ou fête du Printemps (Chunjie) : il reste
la plus grande fête traditionnelle chinoise. Fixée la 2e lune après le solstice
d'hiver, elle fait partie d'un cycle de douze années (12 rameaux terrestres),
chacune correspondant à un animal : rat, bœuf, tigre, lièvre, dragon, serpent,
cheval, bélier, singe, coq, chien et porc. À cette occasion, on traverse tout
le pays pour rendre visite à ses proches. Rassemblement familial placé sous
le signe de la couleur, de l'animation, du recueillement et du renouveau.
- Fête des Lanternes (Yuanqiaojie) : quinze jours après le Nouvel
An (15e jour du premier mois lunaire), la fête des Lanternes célèbre
la première pleine lune de l'année. Pour l'occasion, les familles décorent leur
porche de lanternes et se réunissent afin de déguster ensemble des boulettes
de riz glutineux. Fourrées aux sésames, aux cacahuètes ou aux haricots, elles
représentent la lune. À la nuit tombante, des feux d'artifices et pétards sont
tirés.
- Fête des morts (Qingming) : en ce jour de Qingming désormais
fixé les 4 et 5 avril (autrefois le 15e jour du 3e mois lunaire), on célèbre les morts.
Les Chinois se rendent sur les tombes de leurs ancêtres afin de les nettoyer,
procèdent à des offrandes et brûlent du papier-monnaie, façon symbolique d'envoyer
de l'argent ou des présents aux défunts.
- Fête des Bateaux-Dragons (Duanwujie) : si la fête des Bateaux-Dragons
(5e jour de la 5e lune) possède une origine extrêmement ancienne, évoquant un
peuple ayant pour totem le dragon, aujourd'hui, la version consacrée fait référence
au poète Qu Yuan (340 av. J.-C.), figure importante du royaume de Chu. Chaque
année, pour commémorer son souvenir, on prépare des zongzi, gâteaux de
riz glutineux triangulaires fourrés de jujubes, marrons, noix, cannelle... et
enveloppés dans des feuilles de bambou. On organise aussi tous types de festivités,
dont des joutes de bateaux-dragons.
- Fête du Double-sept (Qixi) : cette fête fait allusion à la légende
du Bouvier et de la Tisserande, époux maudits punis par l'empereur céleste.
Autorisés à ne se voir qu'une fois l'an, le 7e jour du 7e
mois lunaire, on raconte qu'en ce jour le Bouvier traverse la « Rivière céleste
» (la Voie lactée) sur un pont de pies pour rejoindre son épouse, la Tisserande.
Très populaire, cette légende a de tout temps inspiré les lettrés.
- Fête de la Mi-Automne (Zhongqiujie) : lors de la fête de la
Mi-Automne (15e jour du 8e mois lunaire), équinoxe d'automne, on admire la lune,
particulièrement ronde et brillante, symbole de l'unification familiale. Surtout,
il est de coutume de se régaler de gâteaux de lune (yuebing), en souvenir de
Chang'e, femme de l'archer Hou Yi, qui but l'élixir de longue vie avant de se
réfugier dans le palais lunaire.
- Fête du Double-Neuf (Chongyang) : la fête du 9e jour de la 9e
lune (Double-Neuf) résonne de façon fort symbolique en Chine où le neuf est
un chiffre particulièrement vénéré. Chiffre yang, à la fois emblème de l'empereur
et homophone du mot éternité.
- Fêtes ethniques : excepté les Han, ethnie majoritaire, les nombreux
peuples qui composent le pays ont également des traditions festives originales
: joutes galantes, fêtes religieuses ou commémorations diverses. Elles sont
l'occasion d'admirer les danses, les concours de chants et de découvrir les
différents instruments de musique de ces régions. Des combats de buffles, courses
de chevaux et spectacles d'opéras y sont souvent associés.
Jours fériés
- 1er janvier : jour de l'an.
- Nouvel An chinois : 3 jours fluctuant entre la mi-janvier et
la mi-février.
- 8 mars : fête internationale de la Femme (1910).
- 12 mars : journée nationale de reboisement.
- 1er mai : fête internationale des Travailleurs (1889).
- 4 mai : fête de la Jeunesse chinoise (1919).
- 1er juin : fête des Enfants (1949).
- 1er juillet : anniversaire de la fondation du Parti communiste
chinois (PPC) (1921).
- 1er août : anniversaire de l'Armée populaire de libération de
Chine (1927).
- 1er octobre : anniversaire de la dfondation de la république
populaire de Chine (RPC, 1949).
Religions et croyances
Difficile de parler de religions dans le monde chinois. Philosophies, manières
de vivre et superstitions se confondent derrière un terme bien trop rigide pour
l'Empire du Milieu. Trois doctrines se mêlent (bouddhisme / taoïsme / confucianisme),
associées à tout un ensemble de croyances populaires et de superstitions locales.
À l'aube des temps : traditions religieuses et religions
populaires
Depuis l’Antiquité, deux principes régissent le bon fonctionnement de l'univers
: un principe yin (ombre, froid, humidité, femme, lune, obscurité, etc.), un
principe yang (chaleur, homme, soleil, etc.). Opposés sans être antagonistes,
ils se complètent et œuvrent à la bonne marche de l'univers.
Confucianisme
Né au Ve siècle av. J.-C. et créateur d'une morale politique, il met surtout
l'accent sur le civisme et l'homme de bien, qui doit sans cesse se perfectionner
par l'étude et éprouver sa rectitude intérieure par le respect des rites. D'après
Confucius, l'homme peut toujours s'améliorer.
Taoïsme
Mystique et naturaliste, le taoïsme se distingue du confucianisme d'essence
éminemment sociale. Le sage taoïste cherche la Voie, qui ne peut s'énoncer car
elle représente une forme de réalité absolue et cependant indicible. Le taoïsme
est donc par essence ambigu.
Parmi les méthodes préconisées par les taoïstes, la quête du Dao, le
non-agir (Wuwei) et la pratique du paradoxe sont primordiaux. Ne pas
agir ne veut pas dire être passif mais s'essayer à une forme d'action en lien
avec le monde, non contre lui. Quant au paradoxe, il vise à retrouver l'unité
primordiale présente au cœur de chaque chose, à l'image du yin et du yang qui
ne s'opposent pas mais se complètent. Cet Un, origine de tout, deviendra un
élément central de la mystique taoïste. L'idéal est de faire corps avec le Dao.
Bouddhisme
Base de toute la philosophie bouddhiste, les Quatre Nobles Vérités partent
du principe que la vie est souffrance et tentent de remonter l'origine de cette
souffrance afin de s'en extraire. Pour cela, l'homme doit faire cesser la douleur
en se libérant de ses désirs, du karma et suivre le « noble sentier octuple
» préconisé par le bouddha. Trois principes fondamentaux sont la non-permanence
de tous les éléments, la souffrance inhérente à tous les éléments et l'absence
d'ego de tous les éléments. Moralité, méditation et sagesse doivent être pratiquées
simultanément.
À noter
La Chine compte également plus de 30 millions de musulmans, 10 millions de
catholiques et 14 millions de protestants.
Savoir-vivre et coutumes
L'aventure chinoise est un jeu éprouvant où patience, observation et discernement sont les maîtres mots d'un pays dont la logique se recompose à chaque pas. S'énerver, batailler, s'obstiner peut être une solution. Parfois, vous obtiendrez gain de cause. Parfois, vous repartirez bredouille. Vivez toute mauvaise expérience comme une aventure supplémentaire.
En revanche, il est utile, voire très utile, d'apprendre quelques mots de chinois. Les autochtones sont d'une curiosité redoutable.).
- Si vous êtes invité dans une famille : la ponctualité est de rigueur. Pensez à apporter un petit cadeau. Évitez de vous gaver de riz à la fin du repas. Cela signifierait que vous avez encore faim.
- Ganbei : au moment de trinquer avec vos hôtes, il est de coutume que, un à un, chacun vous invite à un toast. Le plus élevé dans la hiérarchie commence, et ainsi de suite. Puis ganbei : cul sec !
- Il faut vraiment en faire beaucoup pour choquer un Chinois, qui sait parfaitement que vous n'êtes pas toujours au fait des coutumes locales.
- Ne jamais faire perdre la face à un Chinois. La face, c'est la sensibilité, la fierté, l'amour-propre et la dignité d'un Chinois. C'est une marque de respect et de grande attention pour l'autre, une leçon d'oubli de soi pour s'ouvrir à l'autre afin de ne pas lui faire de mal.
- Ne jamais humilier quelqu'un. En Chine, les variantes de cette règle morale sont partout. Adoptez donc le langage subtil et hyper-sensible de l'art chinois, mettez en accord vos paroles et vos actes et ne craignez jamais d'être trop gentil ou généreux, pour la beauté du geste.
- On doit souvent rendre ce que l'on vous a donné d'une manière ou d'une autre. Si l'on donne un cadeau ou un sentiment à une personne, celle-ci sera très touchée sans nécessairement exprimer d'une manière débordante sa joie ou son bonheur. Si un Chinois ou une Chinoise vous fait confiance, en vous offrant son amitié ou son amour, ce sera le test pour vous : ce qui est donné avec le cœur doit être accepté avec le cœur. Rien ne s'oublie, surtout pas les liens entre les êtres. La tricherie, la tromperie ou la trahison conduisent toujours au désastre. Aussi le sourire, l'humour, l'enthousiasme seront les bases de toute rencontre.
- À la campagne, les vieux apprécieront toujours la cigarette tendue ; les femmes, curieuses, se régaleront à découvrir cartes postales ou photos de famille. Vous pouvez aussi laisser de menus souvenirs, mais attention à ne pas vexer vos hôtes par des cadeaux inconsidérés ou inutiles.