Champagne
Ce sont les Romains qui ont apporté la vigne lors de la conquête de la Gaule (pour la région, environ en 57 av. J.-C.).
L'apparition
du vin effervescent de Champagne - fruit d'une seconde fermentation
spontanée au printemps suivant les vendanges - est attestée au moins au
début du XIVe siècle : les vins blancs sont alors appréciés pour leur
pétillement naturel. On trouve probablement là l'ancêtre du champagne.
En 1493 apparaît le terme de « vin de Champagne », désignant le vin produit sur le territoire de l'entité géographique et administrative de la généralité de Châlons.
À la fin du
XVIIe siècle, si Pierre Pérignon (1638-1715), le fameux moine cellérier de
l'abbaye d'Hautvillers, près d'Épernay, plus connu sous le nom de dom Pérignon,
n'a jamais été « l'inventeur » du champagne, son talent a sans doute
consisté à pratiquer l'assemblage des meilleurs vins dont il disposait
afin d'obtenir une qualité irréprochable.
Début XVIIIe siècle, les
Champenois apprennent à faire mousser artificiellement le vin. Le 8
mars 1835, une ordonnance royale officialise l'apparition de la
bouteille de champagne.
Architecture et habitat
L'assemblage composite de façades, clochers et tours qui constitue, du nord au sud, le paysage architectural de la Champagne-Ardenne pourrait faire croire qu'il n'existe pas de style champenois.
Faux ! Plus que d'autres sans doute, la région a été exposée aux invasions, aux guerres et aux incendies. Chaque destruction a été l'occasion de reconstruire en intégrant les progrès techniques de l'époque. Ce hasard malheureux a favorisé l'évolution de l'architecture régionale champenoise, qui s'est toujours appuyée sur les matériaux disponibles localement
L'architecture à pans de bois, plutôt concentrée à l'est, dans la Champagne humide, contraste avec les monuments édifiés en craie, et accessoirement en brique de terre crue, sur le reste du territoire. La pierre jaune de Dom, qui prend au soleil des teintes dorées, donne aux places ardennaises des allures méridionales. L'ardoise extraite dans les Ardennes depuis les XIe et XIIe siècles coiffe la plupart des maisons. Dans la Marne, l'Aube et la Haute-Marne, la tuile d'argile s'est répandue sur les toits après l'abandon du chaume, qui fut si longtemps la tradition dans cette région céréalière.
De l'architecture monumentale qui s'est développée en Champagne dans l'Antiquité sous l'influence de Rome, il reste de riches fragments dans la plupart des musées des villes, et deux témoignages sur pied à Langres et surtout à Reims.
Le Moyen Âge est une période d'intense activité pour la construction de châteaux forts, conçus d'abord pour la protection puis le confort des habitants. Tous n'ont pas été détruits ou démantelés.
L'édification des églises, à laquelle a conduit la christianisation des villes, prend aux XIe et XIIe siècles un tour roman, sans caractère régional très marqué.
Après cette époque de transition (fin XIIe-XIVe siècle), l'art ogival explose. Voisine de l'Île-de-France et de la Picardie, la Champagne manifeste un même goût pour le gothique.
Les guerres successives ont tant et si bien frappé les villes qu'il reste peu de pans entiers de l'architecture urbaine régionale au nord de la Champagne-Ardenne. C'est au sud qu'on trouve encore des ensembles significatifs.
Mais on ne peut parler architecture sans s'arrêter sur Reims. La Première Guerre mondiale l'a mise en miettes. Sa reconstruction entre 1920 et 1930 a inscrit ses maisons et ses bâtiments publics dans l'Art déco.
Artisanat
De l'artisanat est née l'industrie... Si les
orientations de l'économie moderne ont mis à mal l'industrie régionale,
la Champagne-Ardenne cultive aujourd'hui ces éléments patrimoniaux.
Le
haut fourneau du domaine de Vendresse, dans les Ardennes - le dernier
du département -, est classé Monument historique. Six siècles de métallurgie ardennaise y sont mis en scène à travers un spectacle son et lumière.
À Nogent, dans la Haute-Marne, et dans les 22 villages du Bassin nogentais, on produit toujours des couteaux. Le musée de la Coutellerie à Nogent témoigne de ce savoir-faire.
Fayl-Billot, au sud de la Haute-Marne, est la capitale française de la vannerie,
c'est-à-dire de la culture et du tressage de l'osier. La Maison de la
vannerie est le centre de référence technique, culturel, historique et
commercial de la profession.
À Mouzon, dans les Ardennes, se trouve un musée unique en Europe : le musée du Feutre de laine, le plus vieux textile du monde, inventé voici presque... 8 000 ans !
À
Troyes et à Romilly-sur-Seine, dans l'Aube, les musées de Vauluisant et
le musée vivant de la Bonneterie font revivre l'histoire du textile, qui fit la gloire du département.
À Troyes encore, il faut s'intéresser à l'art du vitrail, dont la tradition consacre depuis le Moyen Âge la capitale auboise comme la « ville sainte du vitrail ».
Pour rester dans une thématique pas très éloignée, à Écordal, dans les Ardennes, on trouve le Moulin à couleurs, une étonnante fabrique de pigments naturels et bio, l'une des deux dernières en France.
Enfin, on ne saurait passer dans l'Aube sans se rendre à Bayel, où l'on travaille le verre depuis le règne de Philippe le Bel. Les maîtres verriers de la Cristallerie royale de Champagne y façonnent le cristal à la main.