Artisanat
Les Burkinabés sont d'admirables artisans et artistes : les objets en bronze, obtenus grâce à la technique de la cire perdue, ont fait la renommée des cours royales. Certains artistes créent des batiks merveilleux et originaux, à mille lieues de ces classiques scènes villageoises avec des baobabs et autres éléphants que l'on trouve en général sur les marchés à touristes.
La sculpture sur bois, particulièrement les masques, est l'une des plus intéressantes d'Afrique de l'Ouest. Grande variété selon les ethnies.
La vannerie, la poterie, les objets en peau méritent aussi d'être vus.
La fabrication des instruments de musique (balafon, djembé), notamment à Bobo-Dioulasso, contribue pour beaucoup à la variété de l'artisanat local. Préférez visiter les ateliers des artisans plutôt que d'acheter les objets au marché.
Les griots
Ce sont des musiciens ambulants, professionnels presque de naissance - ils
font partie d'une caste -, qui vont de village en cour royale chanter les louanges
d'un lignage et de ses descendants.
Certains atteignent la célébrité, d'autres
font le tour du quartier, surtout à l'occasion d'une fête où l'on ne peut pas
refuser leur présence. Ils se plantent bien droit à l'entrée devant le maître
de maison, avec ou sans kora, leur instrument de musique, et, selon
l'argent qu'ils espèrent gagner, récitent toute la saga ou en chantent une bribe.
Aussi, quand un griot est signalé dans le quartier, souvent le maître de maison
se cache, en espérant ne pas se faire prendre, car le griot est à la fois paria
et respecté pour ses connaissances. Il fera rire tous les voisins avec une bonne
chanson aux dépens du radin.
Certains griots sont attachés à la religion musulmane et récitent les louanges des saints ou des marabouts.
Musique et danse
Afrique rime avec musique. Cependant, il ne faut pas s'attendre à parcourir ce continent au rythme de cette musique, dont le moindre reportage vante les attraits. Ces danses et chants, qui évoquent aussitôt l'Afrique dans nos esprits, ne se produisent que lors de cérémonies bien précises ou alors sur l'incitation mercantile de quelques organisations touristiques.
En revanche, il arrive souvent que, à la nuit tombée, sur la place du village, au milieu d'échoppes, les gens dansent au son du djembé et du balafon, instruments typiques, ou écoutent le griot qui, accompagné de sa kora (dont la musicalité fait penser à la harpe), chante les hauts faits de telle ou telle famille, surtout au Mali.
Base de la vie en société presque autant que la religion, la musique occupe une place toute particulière. Très exubérante et festive, elle puise ses racines mélodieuses dans des traditions ancestrales. Aussi bien en ce qui concerne le choix des instruments que celui des paroles et des sujets des chansons.
Sons pluriels
Il faut parler au pluriel des musiques. Chacune est un dialecte, et chaque instrument est accordé à son propre dialecte. La musique, comme la danse, traduit la complète communion de l'homme et de la nature. L’instrument traduit les intonations, les tons, les sons de la langue. Tout est instrument, y compris les voix de gorge, le nez pincé, ou encore les coups résonnant sur la jambe ou le ventre.
L'instrument de musique a partout une valeur symbolique : pour tous les assistants, il représente leur cosmogonie, ou l'acte sexuel, ou l'accouchement, ou la vie, et chacun reconnaît la valeur de chaque détail ainsi que sa signification profonde.
Vous pourrez entendre souvent les chants de travail qui rythment les activités des champs (l'origine du jazz !) et surtout les jeux musicaux rythmiques des enfants.
Maintenant, la musique ne se cantonne pas à la brousse. Dans les grandes villes, les gens avaient fêté l'indépendance sur les rythmes venus de Cuba (notamment le mérengué). Ceux-ci continuent d'ailleurs d'électriser les boîtes de nuit. Les instruments et les sonorités de l'Amérique noire, ou ceux propagés par la world music, ont également beaucoup de succès.
En France, pour aborder l'Afrique en spécialiste ès musique, rendez-vous tous les jours sur les ondes d'Africa n° 1 (107.5 FM),pour connaître les musiciens ou les morceaux à la mode.
Médias
Radio
Comme dans de nombreux pays d'Afrique,
la radio est le moyen le plus simple et le plus répandu pour être
informé au Burkina Faso. Plusieurs stations privées diffusent des
journaux d'informations, de la musique et des débats. Quelques-unes,
dont Horizon FM, ont eu des problèmes avec l'État à cause de
leur trop grande liberté de ton. Les autorités n'apprécient notamment
pas les programmes qui donnent la parole en direct à des auditeurs.
Bien souvent, ceux-ci sont très critiques envers la politique
gouvernementale et n'hésitent pas à s'en prendre directement à tel ou
tel haut responsable.
Les grandes radios internationales, RFI en tête, émettent en FM dans la capitale et à Bobo-Dioulasso.
Télévision
La Télévision nationale burkinabé (TNB)
diffuse l'information officielle et accorde une place importante aux
sports et cultures locales. Les télévisions privées tentent aussi des
percées dans le paysage audiovisuel burkinabé, mais souvent
l'expérience tourne court, faute de financement suffisant...
Journaux
Un quotidien d'État (Sidwaya), 3 quotidiens privés (Le Pays, Le Journal du soir, L'Observateur) et une demi-douzaine d'hebdomadaires ou de bimensuels (Bendré, L'Événement) : il y en a pour tous les goûts. Il existe également une presse satirique, vigoureuse et insolente (Le Journal du jeudi). Les analyses politiques et les éditoriaux engagés se mêlent aux reportages de terrain et aux longues interviews.
La
publicité, prédominante dans certains titres, est la condition d'une
indépendance financière, garante elle-même d'une relative liberté
éditoriale.
Les problèmes de distribution sont les mêmes que dans
toute l'Afrique de l'Ouest. Les grandes villes sont bien
approvisionnées, mais dans certaines régions reculées, les journaux
arrivent avec plusieurs jours de retard.
Les plus gros tirages ne dépassent pas 10 000 exemplaires et varient considérablement selon l'actualité.
Liberté de la presse
La
presse écrite est relativement libre au Burkina Faso. Le ton de
certains titres est très critique, et les caricatures du président et
des autres personnages influents de l'État sont légion. Pourtant,
depuis l'assassinat, en décembre 1998, du journaliste le plus connu et
le plus respecté du pays, le climat est particulièrement lourd.