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La terre et les hommes Bretagne

Géographie

Poing du continent européen tendu vers l'Atlantique, la Bretagne apparaît sur le globe terrestre comme une péninsule, grande comme la Belgique (27 208 km²) et pas très haute : 384 m au Tuchen Gador, le sommet de cette chaîne montagneuse qui va de Brest à Lamballe. Parallèles à la côte sud, les Montagne Noires vont de Locronan à Malestroit en s'aplatissant. Entre les deux, une succession de cuvettes : Châteaulin, Loudéac, Rennes.
Le Massif armoricain est aussi vieux que les Vosges ou les Ardennes. Les schistes constituent les deux tiers de sa surface. Le granit et le gneiss, le micaschiste, le quartzite forment le reste d'une croûte terrestre aux formes très arrondies, mais parfois bien marquées. Les petites routes tortueuses de l'Argoat en sont la conséquence. On n'est jamais à plus de 100 km de la mer, dont l'influence se fait sentir partout.
La côte, battue par les marées, supporte un marnage de 10 à 12 m en Manche et de 5 à 6 m en Atlantique. Le littoral a connu des variations du niveau de la mer à plusieurs reprises au cours des âges géologiques. La dernière transgression marine, dite « flandrienne », n'est pas si ancienne, puisque la mer a noyé des sites déjà occupés par l'homme, par exemple le quai du Conquet près de Brest. Les zones basses du Mont-Saint-Michel ont été noyées. Les estuaires des fleuves, désormais envahis par la mer, pénètrent loin dans les terres. Caps et plages alternent sur une côte en festons qui fait tout le charme du littoral breton.

Climat breton

Nulle part ailleurs le ciel ne change aussi rapidement, et nulle part ailleurs le ciel n'a d'aussi belles couleurs. Car ici, le temps marche avec les marées et suit les cycles de la lune.
Contrairement aux idées reçues, il tombe moins de pluie à Rennes qu'à Toulouse, à Brest qu'à Biarritz. Entourée par deux mers, la Manche et l'Atlantique, la péninsule armoricaine jouit d'un vrai climat océanique, doux et tonique. Il ne fait jamais très froid, ni trop chaud. L'air du littoral est si riche en iode que le seul fait de le respirer est déjà une cure de bien-être. Allez-y en arrière-saison, si vous le pouvez. Vous aurez un temps souvent exceptionnel. C'est en hiver que la Bretagne subit ses plus fortes tempêtes.

- La côte nord connaît moins de 15 jours de gelée par an. Les vents dominants viennent du nord-ouest sur la côte du Finistère, avec des secteurs abrités comme l'île de Bréhat, où passe le Gulf Stream, un courant chaud favorable à la création de microclimats.
- La côte sud possède un climat plus ensoleillé, plus chaud, plus sec que sur la côte nord. À Carnac (Morbihan), il y a seulement 128 jours de pluie en moyenne par an et 2 055 heures de soleil. Par comparaison, Biarritz compte 177 jours de pluie par an. La température moyenne dans le Morbihan est de 18 °C en été. La côte sud du Finistère jouit aussi de ces avantages avec des microclimats : Pays fouesnantais, Pays bigouden.

Les Bretons et la mer

Bizarrement, dans beaucoup de régions côtières de Bretagne, les autochtones furent longtemps étrangers à l'univers maritime. Très peu d'îles bretonnes se consacrèrent à la pêche. Pour beaucoup de Bretons, la mer ne peut être que source de malheur.
Aussi, lorsqu'au début du XXe siècle commence à apparaître la vogue des sports nautiques, et en particulier la voile, cela ne se traduit guère par un grand mouvement d'adhésion populaire.
Dans les années 1950, la plaisance à voile et le dériveur deviennent une véritable mode dans les beaux milieux. Seulement voilà : en 1964, Éric Tabarly, jeune Nantais, devient non seulement une gloire nationale mais, vis-à-vis des médias, le symbole d'une certaine identité bretonne.
Voilà le déclic. Tous les Bretons se sentent concernés. Et d'autres gloires bretonnes suivent, prises dans le mouvement : les Kersauson, Poupon, Riguidel, Caradec, Morvan ou Peyron peuplent les années 1970 et 1980 de beaux rêves pour les petits Bretons. Transats, tours du monde, records mythiques...

Les Bretons et la mer, c'est aussi la pêche à pied. Autrefois un des moyens de subsistance pour des populations pauvres, cette activité est devenue un loisir pour autochtones et touristes. Mais attention, cette pêche demande de l'expérience.
Le vrai pêcheur prélève avec parcimonie ce que la nature lui offre et entretient son « jardin » en laissant grandir les coquillages avant de les pêcher, en remettant en place les rochers retournés...