En 1992, la Fondation Paribas et la maison lorraine de disques K 617 lancent
un projet ambitieux mais pour le moins farfelu. Il s’agit de tout un programme
de redécouverte de ce mouvement culturel (le baroque) que l’argent du Cerro
Rico fait naître d’abord près de son domaine puis dans les Amériques, le Vieux
Continent et même au-delà. « Les Chemins du baroque » naissent ainsi.
La Bolivie est le pays le plus baroque de l’Amérique latine, à travers son art
richissime, sa musique, ses tableaux, ses églises et ses sculptures.
Quelques éléments pour profiter au maximum de cette richesse :
Visites
- À Potosí : la Casa de la Moneda, le couvent de Santa Teresa,
le portail de San Lorenzo...
- À Sucre : l’église de la Merced, l’église de San Francisco,
le Musée universitaire, l’université de Sucre, l’église de San Miguel, le couvent
de Santa Clara, la Recoleta, la cathédrale et, pour finir en beauté, les bijoux
de la Vierge de la Guadalupe.
- À La Paz : la maison des Comptes d’Arana (le Musée
national d’Art), l’église de San Francisco. Ne pas oublier l’église de Copacabana
avec sa coupole en azulejo, ni le circuit des églises baroques de l’Altiplano.
- Entre La Paz et Oruro se trouve la route des églises de
Carabuco, Sica Sica et Curahuara. Elles sont situées sur le chemin du Camino
Real, celui qui reliait Potosí, la place financière de la vice-royauté du
Pérou, à Lima, la capitale administrative
- Missions jésuites : San Javier,
mais encore Concepción, Santa Ana, San Miguel et la fabuleuse église de San
José de Chiquitos constituent l’extraordinaire ensemble de 75 ans de présence jésuite en Amérique du Sud. L’art baroque des Missions boliviennes, mélange
d’art des tribus amazoniennes et des missionnaires suisses et autrichiens, est
un régal pour la vue et l’ouïe.
- Au Béni : San Ignacio de Moxos ; ne pas manquer la
fête du 31 juillet, au cours de laquelle les musiciens sortent les bajones,
les flûtes de Pan les plus grandes du monde.
- Pour lestableaux, voir le musée d’Art de La Paz,
la Casa de Murillo de La Paz et la Casa de la Moneda de Potosí.
Musique
Pour les amoureux de la musique andine, la vraie, la Bolivie demeure
le berceau de la kena, de la zampoña et du charango. La
musique baroque, doublée de la musique contemporaine de la Bolivie, celle qui
commence à se former dans les tranchées de la guerre du Chaco, suivra un long
et tortueux chemin avant d’arriver à sa reconnaissance définitive dans les années 1990,
grâce au travail de plusieurs groupes, dont les plus représentatifs sont Los
K’jarkas, Musica de Maestros et les inoubliables Los Jairas qui regroupent la
« crème des crèmes » des musiciens du XXe siècle :
Yayo Joffré, Gilbert Favre, Alfredo Dominguez, Ernesto Cavour et Fernando Jimenez,
parmi les plus éminents qui ont enfilé le « poncho » du groupe.
Lambada (ou comment llorando se fue devint chorando se
foi)
Vous souvenez-vous de la Lambada ? Ce fut l’un des disques
les plus vendus de l’histoire. Avec un rouleau compresseur marketing, des jupes
courtes et une très jolie chanson, le groupe brésilien Kaoma acquit une renommée
mondiale en 1989... à un détail près. En fait, la chanson originale avait été
subtilisée au groupe bolivien Los K’jarkas, les stars de la musique andine en
Amérique latine. Après un procès peu médiatisé en France, les droits d’auteurs
revinrent au groupe de Cochabamba, et surtout leur nom apparut sur les pochettes
des disques.
Cinéma
Avec une moyenne d’un film tous les trois ans, le cinéma bolivien gagne régulièrement
des prix aux quatre coins du monde, ce qui lui permet, grâce aux bourses et
aux aides diverses, de compenser les faibles moyens financiers disponibles dans
ce pays pour la culture.
Les salles de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz sont bien équipées. Mais
les bons films sont toujours diffusés à la cinémathèque de La Paz, dans
les maisons de la Culture et les Alliances françaises, et à l’Institut de Coopération
espagnole à Santa Cruz.
Artisanat
La Bolivie possède un artisanat très riche. Souvent, les
artisans du pays font honneur à cet esprit de créativité. Vous trouverez dans
la rue Sagarnaga à La Paz et dans les boutiques de Santa Cruz un échantillon
de ce qui se fait de mieux dans le pays. Cependant les pièces les plus belles,
que ce soient des reproductions de peinture baroque, des poteries ou des œuvres
en bois de missions de Chiquitos, ne se trouvent souvent que sur leur lieu de
production. Le marchandage se pratique dans les marchés. Le sésame, c’est "rebajame
casero", casero étant le mot qui lie chaland et vendeur
en Bolivie. Les tarifs boliviens (dans l’absolu et sur le plan qualité-prix)
restent parmi les meilleurs d’Amérique latine.
- Aguayo : l’art textile bolivien a failli disparaître à
jamais à cause du pillage de certains « ethnologues » américains et
canadiens peu scrupuleux. Aujourd’hui, plusieurs projets permettent d’établir
un équilibre entre art et commerce. Du surréalisme des tissus de Potolo (à Sucre)
à l’élégance de ceux de Macha à Potosí, en passant par l’extravagance des tissus
de Tarabuco. Les bijoux en laine sont en vente à la Casa Capellanica
à Sucre et à l’Ingenio San Marcos à Potosí.
- Ll’uchus (bonnets) : comme au Pérou ;
on a le choix entre ll’uchu aymara, plus simple mais ça couvre la tête,
et le quechua, plus beau mais qui reste au-dessus du front.
- Alpaga : des beaux pulls, beaucoup de producteurs, concurrence
exacerbée, le marchandage est de rigueur ! N'achetez en aucun cas de peaux de vicuna (vigogne), espèce protégée, à moins de vouloir des ennuis à la douane ! - Angora : pour aller dans le Salar et le Lipez, vous aurez besoin de sous-vêtements thermiques en angora sport. C'est évidemment une laine haut de gamme mais, vu les prix, on vous conseille de l'acheter même si vous n'allez pas au Salar.
- Antiquités : à moins de dénicher par hasard un tapado,
c’est-à-dire un des trésors cachés par les Espagnols au cours du XVIIIe siècle
dans les demeures de Potosí et Sucre, il faut payer très, très cher pour avoir
des pièces originales. De toute manière, vous ne pourrez pas les exporter à
moins de demander l’autorisation auprès du ministère de la Culture.
- Art baroque: de belles répliques de peinture
baroque sont en vente à La Paz et à Cochabamba. Des pièces taillées en
bois de facture extraordinaire (détails des Missions jésuites) vous sont proposées
par les artistes qui ont restauré San Javier, Concepción et Santa Ana.
- Bijoux en argent : paradoxalement, Potosí n’offre pas un
grand choix. Vous les trouverez à La Paz, au marché au bijou sur la plaza
de los Heroes. - Bois : des pièces taillées représentant des Indiens
Aymaras et Quichuas. D’étonnants jeux d’échecs en bois précieux de l’Amazonie.
- Chapeau melon et bottes de cuir : les chapeaux melon, très
british, connus sous le nom de « Borsalino », des Cholitas
de La Paz ou les très beaux chapeaux Charcas Glorieta de Sucre
si vous voulez quelque chose de classe.
- Diables et autres masques : la Bolivie possède une panoplie
de masques digne de ses danses. Vous les trouverez sur la calle de La Paz
à Oruro et à La Paz évidemment...
- Figurines en céramique : les fameux dioremas, des
miniatures des personnages typiques boliviens. Vous les trouverez à La Paz.
- Instruments de musique : il y en a énormément. Seulement, n’achetez pas les charangos
fabriqués en quirquincho, le tatou des Andes.