Cultures amérindiennes
Bien avant l'arrivée des
Conquistadores, le Pérou fut habité par plusieurs civilisations, dont
nous pouvons admirer de nombreux vestiges architecturaux, mais aussi
des poteries et des bijoux conservés dans des musées. Aujourd'hui
encore, notamment dans la région de Cuzco, les descendants de ces
grands peuples préservent leurs traditions et leur langue. Le quechua
et l'aymara sont encore parlés par 10 millions de personnes.
Hormis
les dites « grandes civilisations », il y en eut de nombreuses «
petites » qui s'entremêlèrent. Chacune est passionnante, ayant laissé à
la postérité de nombreux objets d'art, des édifices... et pas mal
d'énigmes.
Petit historique des civilisations amérindiennes
- 3000-2000 av. J.-C. : premières civilisations autour du lac Titicaca. Uru Chipaya. Civilisation wankarani au nord de La Paz.
- 2000-1000 av. J.-C. : début de la civilisation tiwanaku sur le rivage du lac Titicaca. Début de la civilisation chavín dans la cordillère Blanche.
- 1000-100 av. J.-C. :
expansion de Tiwanaku et de Chavín. Civilisation paracas sur la côte
péruvienne, début de la civilisation Vicus au nord du Pérou.
- An 1-1000 : apogée
de Tiwanaku. Fusion avec la culture wari originaire d'Ayacucho au
Pérou. Tiwanaku constitue le premier grand empire de la région. Cette
civilisation construit la base du réseau de routes qui connecte les
Andes avec l'Amazonie, connues aujourd'hui comme « chemins de l'Inca ».
À partir de l'année 400, début des civilisations de Lima, Nazca, Moche
et Cajamarca. Expansion de la civilisation moxos en Amazonie. Grands
travaux hydrauliques dans la plaine du Béni.
- 1100 :
un changement climatique provoque l'effondrement de Tiwanaku et de
Moxos. Plus au nord, début des civilisations chimú et chincha.
- 1200-1300 : période de guerres de clans. Le manque de direction provoque l'anarchie dans le Pérou et la Bolivie actuels.
- 1300 : début de l'Empire inca.
- 1527 : début des explorations de Pizarro et de la conquête du Pérou.
Les Incas, le peuple-empereur
On
ne connaît pas l'origine exacte des Incas. Certaines théories les font
venir des hautes plaines de l'Amazone, tandis que la mythologie voit
dans le lac Titicaca la matrice de ce peuple mystérieux.
Les Incas ont fondé, vers 1200, Cuzco (« le nombril du monde » en quechua). Le grand temple du Soleil sert aujourd'hui de fondation au monastère Santo Domingo. Les chroniqueurs rapportent que leur chef était un certain Manco Capac : la légende rejoint ici la réalité...
Douze
dynasties incas se seraient succédées à Cuzco. Atahualpa appartiendrait
à la treizième. Le premier Inca historique (le neuvième dans la
mythologie) est Pachacutec-Inca-Yupán (1438-1471). Son nom signifie «
renversement de l'ordre du monde ». Il rebâtit la ville de Cuzco, telle
que les Espagnols la découvrirent.
Grands traits de la civilisation inca
Du temps de leur splendeur, les Incas dominaient un immense
territoire couvrant largement le Pérou, la Bolivie, l'Équateur et un
bon morceau de la Colombie et du Chili d'aujourd'hui : l'Empire inca.
De nos jours, les traces de cette civilisation sont partout, dans les
musées et les ruines, mais aussi dans la vie quotidienne, avec 10
millions d'indigènes parlant le quechua (déjà parlé avant les Incas).
Leur domination a duré moins d'un siècle, de 1438 à 1532, soit de Charles VII à François Ier. Leur grand apport se situe dans l'agriculture et l'architecture :
en effet, c'est bien à eux que l'on doit les ouvrages parfois colossaux
réalisés à partir de pierres taillées souvent impressionnantes et si
bien ajustées qu'on ne peut glisser la lame d'un couteau entre deux
blocs ! Les constructions extraordinaires datent de cette même période,
dont les plus célèbres se trouvent sur les crêtes dominant la vallée de
l'Urubamba : Machu Picchu, Pisac, Sacsahuamán...
La puissance des Incas résidait surtout dans leur faculté d'assimilation et d'unification des civilisations antérieures.
Non
contents d'imposer une langue unique (le quechua), les Incas
agrandirent - jusqu'à 11 000 km ! - le réseau routier déjà mis en place
par les Chimús. Il était composé de deux axes longitudinaux ; l'un
suivait la côte, l'autre la cordillère.
Un élément important dans la civilisation inca était le tissu. Autre point important caractérisant la civilisation inca : les sacrifices rituels,
beaucoup moins fréquents que l'on croit, étaient pratiqués sur des
enfants quand un grave danger menaçait une région, l'éruption d'un
volcan par exemple.
Les chemins du baroque
En 1992, la Fondation Paribas et la maison lorraine de disques K 617 lancent
un projet ambitieux mais pour le moins farfelu. Il s’agit de tout un programme
de redécouverte de ce mouvement culturel (le baroque) que l’argent du Cerro
Rico fait naître d’abord près de son domaine puis dans les Amériques, le Vieux
Continent et même au-delà. « Les Chemins du baroque » naissent ainsi.
La Bolivie est le pays le plus baroque de l’Amérique latine, à travers son art
richissime, sa musique, ses tableaux, ses églises et ses sculptures.
Visites
- À Potosí : la Casa de la Moneda, le couvent de Santa Teresa,
le portail de San Lorenzo...
- À Sucre : l’église de la Merced, l’église de San Francisco,
le Musée universitaire, l’université de Sucre, l’église de San Miguel, le couvent
de Santa Clara, la Recoleta, la cathédrale et, pour finir en beauté, les bijoux
de la Vierge de la Guadalupe.
- À La Paz : la maison des Comptes d’Arana (le Musée
national d’Art), l’église de San Francisco. Ne pas oublier l’église de Copacabana
avec sa coupole en azulejo, ni le circuit des églises baroques de l’Altiplano.
- Entre La Paz et Oruro se trouve la route des églises de
Carabuco, Sica Sica et Curahuara. Elles sont situées sur le chemin du Camino
Real, celui qui reliait Potosí, la place financière de la vice-royauté du
Pérou, à Lima, la capitale administrative
- Missions jésuites : San Javier,
mais encore Concepción, Santa Ana, San Miguel et la fabuleuse église de San
José de Chiquitos constituent l’extraordinaire ensemble de 75 ans de présence jésuite en Amérique du Sud. L’art baroque des Missions boliviennes, mélange
d’art des tribus amazoniennes et des missionnaires suisses et autrichiens, est
un régal pour la vue et l’ouïe.
- Au Béni : San Ignacio de Moxos ; ne pas manquer la
fête du 31 juillet, au cours de laquelle les musiciens sortent les bajones,
les flûtes de Pan les plus grandes du monde.
- Pour les tableaux, voir le musée d’Art de La Paz,
la Casa de Murillo de La Paz et la Casa de la Moneda de Potosí.
Musique
Pour les amoureux de la musique andine, la vraie, la Bolivie demeure
le berceau de la kena, de la zampoña et du charango. La
musique baroque, doublée de la musique contemporaine de la Bolivie, celle qui
commence à se former dans les tranchées de la guerre du Chaco, suivra un long
et tortueux chemin avant d’arriver à sa reconnaissance définitive dans les années 1990,
grâce au travail de plusieurs groupes, dont les plus représentatifs sont Los
K’jarkas, Musica de Maestros et les inoubliables Los Jairas qui regroupent la
« crème des crèmes » des musiciens du XXe siècle :
Yayo Joffré, Gilbert Favre, Alfredo Dominguez, Ernesto Cavour et Fernando Jimenez,
parmi les plus éminents qui ont enfilé le « poncho » du groupe.
Lambada
Vous souvenez-vous de la Lambada ? Ce fut l’un des disques
les plus vendus de l’histoire. Avec un rouleau compresseur marketing, des jupes
courtes et une très jolie chanson, le groupe brésilien Kaoma acquit une renommée
mondiale en 1989... à un détail près. En fait, la chanson originale avait été
subtilisée au groupe bolivien Los K’jarkas, les stars de la musique andine en
Amérique latine. Après un procès peu médiatisé en France, les droits d’auteurs
revinrent au groupe de Cochabamba, et surtout leur nom apparut sur les pochettes
des disques.
Cinéma
Avec une moyenne d'un film tous les trois ans, le cinéma bolivien gagne régulièrement des prix aux quatre coins du monde, ce qui lui permet, grâce aux bourses et aux aides diverses, de compenser les faibles moyens financiers disponibles dans ce pays pour la culture.
Il y eut Jorge Sanjinés, devenu célèbre par Le Sang du condor qui raconte l'arrivée des Peace Corps américains venus stériliser les femmes de l'Altiplano (ce fut grâce au film qu'on découvrit ce méfait), ou Antonio Eguino qui signa Chuquiagú, le chassé-croisé des existences des différentes peuplades de La Paz. Plus récemment, Juan Carlos Valdívia a sorti son étonnant Jonas et la baleine rose, alors que Question de Foi, un vrai « road movie », a remporté un prix au festival international de Biarritz en 1995. La montée en puissance de ce cinéma aux moyens réduits est due à la créativité et à l'énergie artistique des Boliviens, en particulier au scénariste Oscar Soria et plus encore à Luis Espinal, le jésuite espagnol assassiné par la dictature en 1980.
Les salles de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz sont bien équipées. Mais les bons films sont toujours diffusés à la cinémathèque de La Paz, dans les Maisons de la culture et les Alliances françaises, et à l'Institut de coopération espagnole à Santa Cruz.