Faut-il ou non aller au Myanmar ?
En septembre 2007, des manifestations
anti-gouvernementales ont eu lieu dans les principales villes du pays. La
violente répression contre les manifestants qui s’est ensuivie, notamment entre
le 26 et le 30 septembre, a fait plusieurs victimes.
Ces manifestations ont cessé, mais les
principales villes du pays sont maintenues sous le contrôle des forces de
l’ordre. Le couvre-feu a été levé le 20 octobre dernier. Toutefois, de nouveaux
incidents ne sont pas à exclure.
Le ministère des Affaires étrangères
recommande aux voyageurs de se faire connaître des services de l'ambassade en
cas de voyage en Birmanie. Il est également conseillé de s’informer sur les conditions de sécurité dans les secteurs à visiter.
Il faut impérativement éviter de photographier ou de
filmer les forces de l’ordre et tout endroit susceptible d’être considéré comme
stratégique.
Rappelons que Aung San Suu Kyi (chef de file de l'opposition birmane et prix Nobel de la paix en 1991) a longtemps appelé au boycott des intérêts de la junte, donc du tourisme car ce dernier en fait partie. D'un point de vue économique, ce boycott peut effectivement affaiblir le régime militaire et nous respectons totalement ce point de vue.
Nous pouvons aussi penser qu'il est important de pouvoir témoigner de la situation dans le pays et de sensibiliser l'opinion publique internationale à ce sujet.
En outre, si une partie de l'argent que vous dépenserez sur place ira dans les caisses du gouvernement (ce qui est inévitable car l'État a des intérêts partout), la plupart de vos dépenses profiteront directement aux gens du peuple : les cafés, les petits restos, les pensions familiales, les commerces populaires, les artisans, les taxis, les guides indépendants, les compagnies de bus privées.
Boycott ou non du tourisme au Myanmar ? La question mérite en tout cas d'être posée et nous vous laissons choisir en votre âme et conscience.
- Un conseil : si vous décidez de vous rendre dans le pays, tâchez
au moins de boycotter les hôtels et organismes de classe internationale, véritables
pompes à devises qui ne profitent qu'à quelques nantis, proches du pouvoir,
et aux organismes touristiques d'État (agences, compagnies, hôtels, etc.). Ces derniers
pratiquent des tarifs exorbitants pour le pays et leurs revenus servent directement
à renflouer la dictature sans que les habitants en profitent.
S'il y a vraiment
un pays où il faut voyager “ en routard ”, c'est bien le Myanmar. C'est la meilleure façon de toucher directement la population. Non sans risque toutefois, car les Birmans ne travaillant pas dans le tourisme peuvent être
inquiétés par un simple contact avec les Occidentaux. Il est notamment
recommandé d'éviter de parler politique avec eux en public, pour
ne pas leur attirer des ennuis. Sachez que les " miliciens de quartier
" sont partout...
Carte d'identité
- Superficie : 676 577 km².
- Population : 53 millions d'habitants (estimation).
- Densité : 70,6 hab./km².
- Régime politique : dictature militaire depuis 1962.
- Capitale : Naypyidaw, depuis 2006.
- Chef de l'État et du gouvernement : général Than Shwe (depuis
1992).
- Religion officielle : bouddhisme Theravada.
- Devise : "Le bonheur se trouve dans une vie harmonieusement disciplinée."
- Langues : birman, anglais, dialectes des diverses minorités
ethniques.
- Monnaie : le kyat.
- Salaire mensuel moyen d'un fonctionnaire : 50 US$.
- Groupes ethniques : les Birmans représentent 69 à 72 % de la
population totale, les Shan 11 %, les Karen 7 %, puis viennent par ordre décroissant
: les Môn, les Kachin, les Rohingya, les Chinois, les Indiens.
- Organisation administrative : le pays est organisé administrativement
en 7 divisions (tain) à dominance birmane et en 7 États (pyi)
représentant plus ou moins les principales minorités. Ces États et divisions sont subdivisés en districts
(khayain), communes (myonei), groupes de villages (kyay ywa
oksu), et villages (kyay). À chacune de ces subdivisions est affecté
un bureau gouvernemental du CEPD.
- Régions ouvertes et régions fermées : la plupart des régions
sont ouvertes, avec plus ou moins de restrictions. Officiellement,
on peut se rendre partout du moment qu’on en obtient l’autorisation auprès du
ministère du tourisme à Yangon. C'est le cas de l’État chin limitrophe du Bangladesh et de l’Inde. En revanche, Loikaw dans l’État kayah, à la frontière thaïlandaise, et la ville de Mogok
sont pour l'instant inaccessibles. Quant aux régions montagneuses, elles sont sporadiquement inaccessibles pour des raisons de sécurité.
Se renseigner systématiquement auprès d'organismes spécialisés et sur place à l'ambassade de France à Yangon.
- Économie: près des trois quarts de la population vivent
encore directement de l'agriculture, qui représente 35 % des exportations et la moitié du produit national brut annuel. Les principales cultures
sont le riz, le coton, le maïs, les hévéas (arbres à caoutchouc), le tabac,
la canne à sucre, le sésame, le blé, les arachides. Les infrastructures industrielles
sont très limitées : tissage de la soie, taille du jade, brasserie,
distillerie, manufacture d'allumettes, engrais, travail de l'argent, chaussures. Les richesses naturelles sont immenses (bois exotiques, tungstène,
nickel, étain, plomb, cuivre, marbre, pierre à chaux, gaz et pétrole) mais leur mise en valeur pose problème. À une notable exception près : le Myanmar est
l’un des pincipaux producteurs de teck, puisque le pays recèle 90 % des
réserves naturelles de ce bois précieux.
Pourquoi le nom Myanmar ?
L'« Union du Myanmar » (on ne prononce pas le « r ») est le nom choisi en 1989 par la junte militaire afin de couper définitivement les liens avec le passé colonial. Ce terme remplace celui d'« Union de Birmanie » d'origine anglaise. Myanmar fut le nom du pays au XIIIe siècle ; il signifie « les premiers habitants du monde ». Le pouvoir actuel renoue donc avec le passé « glorieux » précédant l'occupation anglaise. De nombreuses villes ont également changé de nom dans le même état d'esprit.