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Carte d’identité Birmanie

Faut-il ou non aller au Myanmar ?

Aung San Suu Kyi (chef de file de l'opposition birmane a appelé au boycott des intérêts de la junte, et donc du tourisme, jusqu'à la levée de son boycott en juin 2011. Le tourisme représenterait environ 12% des revenus de la junte. N'oublions pas non plus que les généraux n'ont pas hésiter à déplacer des populations ou à avoir recours au travail forcé pour remodeler certains sites touristiques... Certes, aujourd'hui, la junte semble se radoucir, mais rien n'indique que la fenêtre tout juste entrebâillée ne sera pas brutalement refermée. Le régime birman reste encore l'un des plus répressifs de la planète. On peut cependant penser, et c'est notre position, qu'il est important de ne pas isoler le pays plus qu'il ne l'est déjà. Et si une partie de l'argent que vous dépenserez ira dans les caisses du gouvernement, la plupart de vos dépenses profiteront directement aux gens du peuple.
- Un conseil : tâchez au moins de boycotter les hôtels et établissements de classe internationale, pompes à devises qui ne profitent qu'à quelques nantis, proches du pouvoir, ou les complexes touristiques d'État, qui pratiquent des tarifs exorbitants pour le pays et dont les revenus servent à renflouer la dictature.

À signaler : l'association Info Birmanie a publié en mars 2011 un rapport sur les liens entre le développement tourisme en Birmanie et les violations des droits de l'homme dans le pays.

Carte d'identité

- Nom officiel : République de l'Union du Myanmar.
- Superficie : 676 577 km².
- Population : 55 millions d'habitants (estimation).
- Densité : 70,6 hab./km².
- Capitale : Naypyidaw (depuis 2006).
- Chef de l'État et du gouvernement : Thein Sein (depuis mars 2011), premier président civil du pays depuis 1962 (mais ex-militaire toutefois).
- Régime politique : dictature militaire depuis 1962 en réalité, mais officiellement République depuis 2011.
- Religion officielle : bouddhisme Theravāda.
- Langues : birman, anglais, langues et dialectes des diverses minorités ethniques.
- Monnaie : le kyat.
- Salaire mensuel moyen d'un fonctionnaire : 50 US$.
- Régions ouvertes et régions fermées : lofficiellement, on peut se rendre partout du moment qu'on obtient, si nécessaire, l'autorisation du ministère du Tourisme à Yangon. Dans la pratique, ça dépend des régions, du mode de transport et du contexte politique.
Restez conscient que seuls sont accessibles les lieux que le gouvernement consent à vous montrer. En conclusion, devant le flou entretenu, il faut se renseigner systématiquement sur place auprès des agences de voyages sérieuses et de l'ambassade de France à Yangon.

Pourquoi le nom Myanmar ?

L'« Union du Myanmar » (on ne prononce pas le « r ») est le nom choisi en 1989 par la junte militaire. Officiellement, il s'agissait de couper les liens avec le passé colonial, en cessant d'utiliser le mot « Birmanie » (Burma), d'origine anglaise.
Le pays s'était déjà appelé Myanmar au XIIIe siècle, nom signifiant « les premiers habitants du monde ». Le pouvoir actuel cherche donc à renouer avec ce passé « glorieux » précédant l'occupation anglaise. Idem pour certaines villes, qui ont également été rebaptisées, comme Rangoon devenue Yangon. Quant à la nouvelle capitale,  Naypyidaw, son nom signifie « demeure des rois ».

Droits de l'homme

ONG, journalistes, diplomates : peu d'observateurs s'attendaient à une telle évolution en aussi peu de temps. D'où la méfiance que vous pourrez encore sentir dans les différents commentaires, tant les précédents « signes de bonne volonté » adressés à la communauté internationale par la junte birmane avaient été suivis de retours en arrière tragiques et décevants. Mais cette fois-ci, les mesures adoptées étonnent par leur ampleur. Libération de milliers de prisonniers politiques, mise en place en mars 2011 d'un régime « mixte » (civil et militaire), annonce de la mise en place d'élections libres en 2012. Libérée en 2010, Aung San Suu Kyi, désormais totalement libre de ses mouvements et de ses rencontres, a été élue aux dernières élections législatives, ce qui constitue une véritable avancée démocratique dans le pays. Cette élection a entraîné la levée partielle des sanctions économiques par l'Union européenne. La « dame de Rangoun » semble totalement convaincue de l'évolution du régime et a affirmé – au moment de la visite historique d'Hillary Clinton en novembre 2011 – que la Birmanie était sur « la voie de la démocratie ». Le parlement a même voté la liberté d'association et de manifestation. Cependant, ce vent nouveau qui souffle sur le Myanmar est à modérer. Certaines pratiques perdurent (arrestations arbitraires, torture...) en toute impunité et le système policier demeure omniprésent. Mais des négociations seraient en cours entre des représentants des nombreuses minorités ethniques du pays (Karen, Shan, Kachin...), jusque-là discriminées et persécutées. Selon le président Thein Sein, ces discussions concerneraient même sept des huit mouvements armés qui combattent le régime depuis des années. Si cette évolution devait être confirmée, près de 500 000 réfugiés majoritairement hébergés dans des camps à la frontière thaïlandaise pourraient être concernés par un retour prochain en Birmanie...