Animisme
Cette croyance reconnaît l'existence d'une force vitale dans les êtres
naturels, que ce soit l'homme, l'animal, un arbre ou une rivière. Les
rites animistes cherchent à capter ces forces vitales qui habitent
l'univers.
Bien qu'il existe un Dieu tout-puissant, mais finalement
peu préoccupé du sort des humains, les animistes lui préfèrent des
divinités secondaires, en général les forces de la nature personnifiées
et les esprits (parmi lesquels ceux des ancêtres). Dans les grands
moments de la vie, elles sont consultées, et des animaux leur sont
sacrifiés pour assurer la force, la richesse et la fécondité du groupe.
La
notion judéo-chrétienne de péché n'existe pas, mieux vaudrait parler de
transgression d'interdits. La maladie, la sécheresse, la faim sont
toujours ressenties dans l'esprit des animistes comme les conséquences
d'une faute grave.
L'attachement aux croyances traditionnelles est
encore très vif dans la population. Même les fidèles musulmans ou
chrétiens sont nombreux à perpétuer des rites animistes ancestraux.
Religions et croyances
La religion dominante des Béninois est l'animisme. Mais le christianisme (catholiques, protestants, sans parler des nombreuses églises apostoliques dissidentes, dont les chrétiens célestes que l'on voit beaucoup en se promenant au Bénin) est pratiqué par près de 25 % de la population et l'islam par 15 à 20 %, chiffres qui ne signifient pas grand-chose dans la mesure où l'on peut très bien être à la fois chrétien (ou musulman) et pratiquer effectivement le culte vaudou.
Le Bénin est le berceau du vodoun, culte voué à un ensemble de divinités présentes partout et en tout, qui s'est ensuite développé aux Antilles et au Brésil avec l'arrivée des esclaves. C'est plus précisément la moitié sud du pays qui a vu naître le vodoun, le Nord ayant ses propres religions, également animistes mais sensiblement différentes.
Les dieux du vodoun forment un panthéon riche de plus de 250 divinités, très organisé, avec son dieu créateur des hommes et de l'univers, et une ribambelle de dieux aux attributions diversifiées et précises. On a fait remarquer que ce système religieux évoquait un peu celui des Grecs de l'Antiquité : même mélange de familiarité et de terreur vis-à-vis des dieux.
Ces divinités ont leur territoire. Il existe çà et là dans le pays des sortes d'îlots de forêt dense, vierge, non détruite : ce sont en fait des forêts sacrées car un fétiche y habite.
La tontine
Pratique symbolisant bien l'esprit d'entraide des Africains, la tontine
est une sorte de caisse d'épargne entre amis ou voisins. Depuis longtemps, les
paysans se mettaient ensemble pour défricher les champs ; celui dont c'était
le tour offrait le vin de palme. Aujourd'hui, elle est surtout très pratiquée
dans les pays d'émigration.
Les membres d'une tontine mettent en commun une
certaine somme d'argent et chacun à son tour en fin de mois en empoche la totalité.
Cet argent sert en général à monter ou à renflouer une affaire. Aucun papier
n'est signé, toutes les relations sont fondées sur la confiance. Et puis on se
connaît : on appartient à la même famille, au même village ou quartier.
Tonti,
le banquier italien du XVIIe siècle qui lui a donné son nom, ne pensait pas
qu'un jour son « invention » se retrouverait en Afrique, à une grande échelle.
Ce qui est intéressant dans cette pratique, c'est que, plus qu'une épargne forcée,
c'est avant tout un état d'esprit, l'occasion de se retrouver, de s'épauler.
La tontine peut aussi prendre en charge des initiatives à caractère social,
comme l'école d'un village. Elle remplit également le rôle de la sécurité sociale
: aucun membre ne sera laissé seul en cas de maladie ou d'accident.
Cette entraide est fondamentale. Il est fréquent de voir la famille
des malades faire la cuisine dans les cours des hôpitaux publics où les
repas ne sont pas pris en charge. Elle les assiste, elle reste proche.
Les Africains ne comprennent pas les Européens qui confient leurs
parents à l'hospice ou à la maison de retraite.