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![]() Itinéraires conseillés ArménieDurée du voyageVue sur la carte du monde, l’Arménie fait un peu l’impression
d’un mouchoir de poche. Elle n’est certes pas très étendue,
mais ne sous-estimez pas le temps nécessaire aux trajets. Entre les nids
de poules, les poules, les cols, les épingles à cheveux, les pannes
(de bus), les arrêts incessants (de bus) et les énormes poids lourds
qui avancent à la vitesse d’un vélo, on sait quand on part
(et encore...), jamais vraiment quand on arrive. ErevanDisons les choses franchement : Erevan n’est pas une belle ville. Rien
de très étonnant après trois générations
passées sous la botte soviétique et une transition économique
désastreuse, mais mieux vaut être prévenu. Aux abords de la capitaleSi Erevan ne fait pas rêver, elle fait néanmoins une base idéale pour visiter les sites superbes de la région. À vrai dire, la moitié du pays peut être parcourue à force d’excursions quotidiennes depuis la capitale ! Destination phare : le temple hellénistique de Garni (Ier siècle), à vingt kilomètres à l’est, scrupuleusement reconstruit par les archéologues soviétiques - un peu trop, sans doute, mais le site en bord de ravin est superbe, surtout en fin de journée. De là, la route remonte le long du torrent jusqu’à l’exceptionnel monastère de Geghard, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. À notre avis le plus beau d’Arménie. Ce chef-d’œuvre de l’architecture médiévale aurait été fondé au IVe siècle. Centre de pèlerinage réputé, composé de plusieurs églises rupestres, il présente une ornementation spectaculaire : de grands hauts-reliefs semblent surgir des parois, tandis que des centaines de khatchkars (croix finement ciselées) ont été taillées sur la roche. La chambre funéraire du prince Prosh Xalbakean, troglodytique, est veillée par ses armes - deux énormes lions enchaînés et un aigle. Au sud d’Erevan, le monastère de Khor Virap s’amarre à un promontoire rocheux entouré de vignes, au pied du mont Ararat : l’une des plus jolies images d’Arménie. Pas le plus bel édifice, mais on peut voir le puits où, si l’on en croît la légende, le roi Tiridate IV enferma saint Grégoire l’Illuminateur, l’évangélisateur du pays. Une échelle de 27 marches en dévers descend au fond du trou : un pèlerinage que s’offrent tous les Arméniens malgré l’inconfort de la situation. Le week-end, l’église principale est envahie par les habitants d’Erevan venus faire bénir moutons ou poulets avant leur pique-nique dominical. À l’ouest, les ruines de la cathédrale de Zvartnots datent du VIIe siècle. Il ne reste malheureusement pas grand-chose de la superbe église ronde à trois niveaux (Unesco), réputée en son temps comme l’une des plus belles au monde, mais on peut s’y arrêter en chemin vers Etchmiadzine, la capitale religieuse du pays - dont plusieurs édifices ont eux aussi été classés. Tous les sanctuaires anciens, cathédrale incluse, ont été remodelés au XVIIe siècle, perdant de leur patine, mais le lieu reste symbolique. Ceux qui ont du temps pousseront jusqu’à Metsamor, un site néolithique et de l’âge du bronze, et éventuellement jusqu’au champ de bataille de Sardarapat (Armavir). C’est ici que les troupes arméniennes sont parvenues, in fine, à arrêter l’avancée turque en 1918, préservant le pays de l’annihilation. Un lieu de pèlerinage pour tous les Arméniens. Au nord-ouest d’Erevan, la petite ville d’Achtarak conserve quelques églises très anciennes, comme Karmravor (VIIIe siècle), où ne tiennent pas plus de quatre ou cinq personnes ! De là, on peut remonter le long des gorges de Kasagh vers Mughni (belle église XVIIe entourée d’un paisible jardin), puis les ruines évocatrices des monastères d’Ovanavank et Saghmosavank, perchées sur le rebord du canyon. Beaucoup de superbes khatchkars. Ceux qui sont motorisés s’offriront une belle grimpette sur les hautes pentes du mont Aragats (4 090 mètres) où, l’été, paissent les troupeaux des bergers yézidis. Le sommet est facilement atteint et on peut en profiter pour faire un détour par la superbe forteresse d’Amberd (XIe), dont les tours rondes et les murs cyclopéens en partie éventrés se perchent sur un piton étroit dominant la confluence de deux torrents. Superbe ! Le reste du paysL’Ouest est, à notre sens, la région la moins attrayante. Plateaux dénudés et villages naufragés parsèment la route en direction de Gyumri, la deuxième ville du pays (140 000 habitants), en majeure partie rasée par le tremblement de terre de 1988. Pour le fun, il faut jeter un coup d’œil à la statue dressée en remerciement à l’un des principaux donateurs : Charles Aznavour. Pas très physionomiste, le sculpteur... Dans la région, on peut voir le monastère de Marmachen (à dix kilomètres), aux jolies églises à la pierre ocre rouge, et éventuellement celui de Harichavank, dont le séminaire est en cours de restauration. Dans le bourg poussiéreux de Mastara, grosse église fortifiée du VIIe siècle surmontée d’un dôme spacieux, carrément ambitieux pour l’époque. De Gyumri, ceux qui ont le temps peuvent s’inscrire pour une excursion jusqu’au point de vue d’Ani. L’ancienne capitale arménienne (au Xe siècle) étant désormais en territoire turc, on ne fait que l’apercevoir depuis la rive opposée de la rivière Akhurian. Dommage, car le site est grandiose. Vers l’an 1000, la ville « aux 1 001 églises », peuplée par plus de 100 000 habitants, rivalisait avec les plus belles cités du Moyen-Orient. La zone étant sous contrôle militaire, on ne peut s’y rendre librement. Moment fort du voyage, le nord du pays est cisaillé par les gorges de
la rivière Debed. La région regroupe certains des plus beaux édifices
sacrés du pays, classés par l’Unesco. Près d’Alaverdi,
il faut absolument voir deux monastères fondés au Xe siècle
par la même reine : Sanahin et Haghpat. Du XIe au XIIIe siècle,
près de 500 moines, théologiens et érudits se partageaient
entre les deux lieux. On a un faible pour Sanahin, plus verdoyant et adossé
à un grand cimetière envahi par les herbes et les fleurs. La station d’altitude de Dilijan s’ancre aussi dans la forêt, théoriquement protégée par une réserve naturelle. On venait jadis de toute l’URSS y prendre les eaux. On y vient surtout aujourd’hui pour de jolies balades rafraîchissantes. Et pour voir, à l’est, deux autres monastères : Haghartsin (XIIe) joliment perché dans la forêt, et Goshavank (XIIe-XIIIe) dominant de hautes collines boisées. L’ornementation sculptée de ses quatre églises et chapelles est superbe. Un sentier conduit rapidement à une chapelle dressée sur la colline voisine, d’où se révèle un superbe panorama. Bien plus difficile à atteindre, le beau monastère de Kirants s’ancre à l’approche de l’ancienne frontière azérie. Véritable mer intérieure, le lac Sevan s’anime surtout en été sur les plages proches de la ville du même nom (pour aller d’un lieu à l’autre, c’est un peu la galère si l’on n’est pas motorisé). Rien d’extraordinaire, mais une animation sympa. Dominant les lieux de son promontoire terminant une longue péninsule (une ancienne île), le monastère de Sevanavank offre un panorama imprenable sur le lac et les montagnes qui l’enserrent. D’autres églises et monastères dotent les rives dénudées du lac en direction du Sud, en particulier à Aïravank (Xe). Peu après, le village de Noratuz vaut le détour pour son vieux cimetière regroupant quelque 500 khatchkars (XIIIe-XVIIe) et monuments funéraires. En forme de petits sarcophages, ils sont gravés de scènes qui évoquent la vie des défunts. En direction d’Erevan, la station de ski de Tsakhkadzor possède une bonne infrastructure, de belles balades et un autre monastère (Kecharis). Le sud du pays est plutôt moins visité. C’est pourtant l’une des régions les plus attachantes, très différente des autres. Coincées entre la poche du Nakhitchevan (appartenant à l’Azerbaïdjan) à l’ouest et le Haut-Karabakh à l’est, elle est reliée à Erevan par une unique route vitale. D’une vallée à l’autre, le paysage change du tout au tout : aride, voire semi-désertique aux environs d’Areni, il prend des airs de steppe au-delà de Sissian. Première halte aux abords d’Areni. Au programme : vignobles, champs de pêches et d’abricots sur les rives de l’Arpa, église Astvatsatsin (Notre-Dame) perchée en nid d’aigle au-dessus du bourg et, parmi les plus beaux de tous, monastère de Noravank (XIIIe-XIVe) ancré dans le repli d’une gorge étroite aux parois rougeoyantes. Dans l’enclos se dressent deux splendides églises, Astvatsatsin (1339) avec une tour clocher ajourée et un splendide portail, et Saint-Karapet (1227), au dallage inégal fait de pierre tombales. Deux d’entre elles sont gravées de figures d’homme-lion. Les montagnes avoisinantes se couvrent de mille vestiges, forteresses, églises et monastères en ruines. Le caravansérail du col de Selim (2 240 mètres), en route vers le lac Sevan, a été très bien restauré. Bâti au XIIIe siècle sur la route de la Soie, il s’orne de superbes bas-reliefs. Là, mieux vaut être motorisé ou s’en remettre au stop. La préfecture de Syunik est la plus méridionale de l’Arménie. Sissian s’y s’ancre sur un haut plateau à l’air de steppe dans une zone habitée depuis le néolithique. À proximité, le site mégalithique de Zorats Karèr possède les vestiges d’un observatoire préhistorique - réputé pour être l’un des tout premiers au monde. À voir aussi : tombe-tour d’Aghitu (VIIe) et monastère de Vorotnavank. Si vous n’avez pas trop de temps, filez directement (façon de parler, vu l’état de la route) jusqu’à Tatev. Le monastère fortifié s’amarre avec majesté sur le rebord d’un canyon, que l’on doit franchir pour y accéder. Tatev fut un grand centre culturel jusqu’au XIIIe siècle avec une bibliothèque, une école et un atelier de miniatures. À droite de la basilique Saint-Pierre-et-Paul, un étonnant obélisque haut de dix mètres, coiffé d’un joli khatchkar ajouré, est réputé capable d’annoncer les séismes ! Plus loin, il n’y a guère que Meghri, sur la frontière iranienne. On en parle sur le forum Arménie |
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