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![]() Culture ArménieDiasporaAvant même d’être des exilés, les Arméniens sont de grands voyageurs. Dès après la disparition du royaume au XIVe siècle, ils s’aventurent vers des terres lointaines et inconnues. On les retrouve bientôt en Perse, en Inde, où des artisans arméniens semblent participer à la construction du Taj Mahal. Des églises arméniennes sont construites dans l’actuel Bengladesh au XVIIIe siècle, à Singapour dès 1835, en Éthiopie... Le génocide de 1915 propulse subitement des dizaines de milliers de
survivants aux quatre coins de la planète : Russie bien sûr, mais
aussi Jérusalem, Syrie et Liban dans un premier temps, avant le réveil
du nationalisme arabe, qui les repousse en partie plus à l’ouest,
en Grèce, en France, aux États-Unis, Canada, Mexique, Argentine...
Partout des communautés se forment. Aznavour, Agassi, Balladur (Édouard), Cher (de son vrai nom Cherilyn Sarkissian),
Devedjian (Patrick), Gorky, Manoukian, Prost (Alain), Veber (Francis), Verneuil
(Henri), de son vrai nom Achod Malakian, Zouloumian (Garnik) alias Carzou (le
peintre)... les Arméniens et leurs enfants ont essaimé avec succès
dans le monde entier et dans toutes les sphères. GénocideTout débute au XIXe siècle lorsque, dans l’Europe entière, les empires s’effritent et les nationalismes se réveillent. Partagés entre Russie tsariste et Turquie ottomane, les Arméniens fondent des associations, puis des groupes d’intérêt, revendiquant généralement pacifiquement, parfois les armes à la main. La Grèce, la Serbie, la Bulgarie viennent alors de reconquérir leur liberté. Entre 1894 et 1896, les paramilitaires kurdes affidés au sultan se rendent
responsables d’une première série de massacres : 100 000
à 300 000 Arméniens sont tués, soulevant l’indignation
en Occident - mais rien de plus. Des centaines de milliers d’Arméniens sont chassés de chez
eux, leurs biens usurpés, les familles déportées à
marche forcée vers les camps de concentration installés à
la hâte dans le désert syrien. La plupart meurent en route -
ce qui semble le but avoué de la manœuvre. NationalismeComme tous les peuples longtemps opprimés, dont le territoire a été maintes fois dépecé, les Arméniens sont fortement nationalistes. Née au XIXe siècle, la FRA (Fédération Révolutionnaire Arménienne) demeure encore active de nos jours, présente au Parlement arménien comme dans les diasporas - avec des antennes dans quelque 200 pays ! Son credo : reconnaissance internationale du génocide et réparations financières. Plus inquiétant, la FRA se fait aussi l’avocate d’une Grande
Arménie basée sur les découpages du Traité de Sèvres,
imposé à la Turquie moribonde au lendemain de la Première
Guerre mondiale. L’Arménie dessinée à cette occasion
s’étendait vers l’ouest au-delà de Trébizonde
et d’Erzurum. Plus récemment, le nationalisme arménien s’est exprimé
au Haut-Karabakh, une enclave autonome d’Azerbaïdjan peuplée
majoritairement d’Arméniens qui, dans le sillage de l’éclatement
de l’URSS, proclama son indépendance. La guerre qui s’en
suivit, sur fond de pogroms, a vu combattre des volontaires arméniens
de toutes les diasporas. En février 1992, leurs forces se sont rendues
responsables d’un massacre d’au moins 200 civils azéris dans
le village de Khodjali (et peut-être 600). On en parle sur le forum Arménie
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