- La châtaigne : jusqu'au XXe siècle, le châtaignier était l'arbre Boutières. On engrangeait pour l'année, on moulinait ça et ça donnait, et ça donne toujours, une farine qui fait un pain solide, goûteux, qui tient au corps. Et puis dans ces temps, on prenait, on prend encore, une poignée de châtaignes que l'on fait griller dans un feu de genêts.
- La crème de marrons : excellente.
- Les marrons glacés : élaborés à partir des plus grosses châtaignes sucrées et confites, occupent une place à part dans l'univers des confiseries. Consommé presque exclusivement à l'occasion des fêtes de Noël et du Nouvel An.
- La soupe de châtaignes : deux oignons, de l'huile des Vans, des châtaignes sèches, trois bouillons, le coup de main. Mais attention, la cousina ne se prépare jamais avec de la farine de châtaigne (comme en Corse), mais avec les fruits entiers et séchés.
Lla châtaigne d’Ardèche a obtenu en 2006 l’AOC. Cette reconnaissance apporte une garantie de qualité et d’origine pour un fruit issu du savoir-faire traditionnel des castanéiculteurs ardéchois. De mi-octobre à mi-novembre, l’Ardèche vit au rythme des castagnades. Ce sont les fêtes de la Châtaigne.
- La pomme de terre : dans le temps, elle s'appelait ici la truffole. C'était le tubercule ancêtre de la patate. On l’appelle aussi en patois ardèchois la pastenaille. Il faut distinguer plusieurs sortes de pommes de terre : la rosa du plateau ardéchois qui sert à faire la poêlée (ou la padelade), la pomme de terre de Villeneuve-de-Berg, moelleuse et sèche à la fois, parfaite pour la crique et la caillette à la pomme de terre, et enfin la pomme de terre de la vallée intervient dans l’élaboration de la bombine.
- La mique : c'est une boulette de pomme de terre cuite à l'eau, mélangée avec de la tomme et de la crème, et cuite au four.
- La crique : c'est une galette de pommes de terre râpées, salées et poivrées, cuite à la poêle dans un peu de beurre. Elle doit être bien croustillante.
- La bombine : c'est aux jours de la tuade (le temps où l'on tue le cochon), alors heures de fêtes et d'agapes. La bombine, c'est des patates, des cèpes, une côte de porc ou un filet mignon, plus le tour de main et des proportions gardées secrètes.
Et la pomme de terre a ça avec la tuade qu'elle dit l'hiver, les réunions de famille ou de voisinage. Atmosphère chaude, un peu sacrée.
- On essaiera le pourcher : pot-au-feu où le jarret de bœuf est remplacé par un cou de cochon plongé encore tout chaud dans le bouillon...
- La maouche : cuite dans un estomac de porc. C'est une farce à base de légumes (souvent des choux) avec de la viande de porc hachée. Et voilà pour le repas d'hiver.
- La caillette : en Drôme et Ardèche, il s'agit d'un petit pâté de viande de porc agrémenté d'herbes.
- Le picodon de l'Ardèche : un vrai chèvre moulé à la louche.
Le goudoulet est à base de lait cru de vache et le coucouron un bleu fort doux, trop doux.
Cochon écarté, à égalité de gibier et de venaison, la Drôme reste une terre « carnassière », où l'on trouve de bonnes viandes.
- Les viandes : l'agneau des hauts du Diois, le chevreau de Bourdeau, le chapon du confins du Dauphiné ou encore une caille d'élevage, un pintadeau de fond de Drôme, un lapin de plein air.
- Les légumes : il y a de tout au marché des bourgs des Drômes : des pommes de terre rattes aux melons de Montoison, de l'asperge de Saint-Donat-sur-l'Herbasse au cresson des torrents.
La Drôme est un pays de vergers. Il y a là tous les fruits de France et même d'ailleurs.
- Les arômes : en gros, il y a quatre constantes : l'herbe aromatique, l'olive, la truffe (le diamant noir) et la noix. Ah, l'olive des Baronnies à partir de laquelle on fait de la tapenade ; ah, la truffe rabasse du Tricastin ; ah, les plantes aromatiques (le tilleul de Buis-les-Baronnies) et les noix drômoises.
- La raviole : c'est le ravioli italien sans la viande. Il y entre du fromage frais, un brin de persil, de l'œuf et de la feuille de rave. Une seconde version indique qu'il s'agirait en réalité d'un plat inventé pour le Carême, puisqu'il ne nécessite aucune viande pour sa préparation. On la fabrique essentiellement près de Romans.
- La caillette de Chabeuil : petit pâté de foie et d'échine de porc, c'est une charcuterie qui embaume aux mille herbes.
- La brouillade de truffes du Tricastin : c'est ce qui se fait de meilleur sous le ciel drômois avec quand même peut-être un gigot d'agneau des Préalpes.
- La tomme de chèvre : qui a de fins arrière-goûts du repas de la chèvre ; en l'occurrence, toutes les herbes du soleil.
- Le picodon drômois : c'est un petit galet, une petite pâte molle, qui a un petit goût charmant de bouc lavé.
- La pogne de Romans : c'est une pâtisserie de roi en forme de couronne. Une poignée de froment, trois gouttes de fleur d'oranger, un œuf et deux sucres. Il y a aussi le saint-genis, c’est une pogne mais avec des pralines à l’intérieur.
- Le suisse : pâte sablée appétissante. On le déguste le dimanche des Rameaux.
- Le nougat de Montélimar : l'incontournable de la région. Il se déguste chez l'un des derniers fabricants artisanaux. Notre préféré, ça reste Soubeyrand qui utilise le miel du pays.
On appréciera aussi un chocolat de Tain-l'Hermitage, une couve, ce sablé crestois à l'écorce d'orange que l'on mange à Pâques, la pangée, pâtisserie aux amandes, au miel et à l'abricot, un pavé de nougat de Montélimar et une croquette aux amandes.
Certains crus ici rivalisent avec les seigneurs de Bordeaux ou les grands-ducs de Bourgogne.
- Le cornas : il pousse sur le granit. Il porte solidement le fruit et l'épice. C'est un vin charpenté. Un cornas arrosant un cuissot de chevreau du pays de Bourdeaux, c'est le trip.
- Le saint-joseph : nous voici en vue des gorges du Doux. En rouge, superbe de robe, léger, au goût de framboise. En blanc, il est plus gras quoique accueillant avec un bouquet de fleurs. Un vin de famille.
- Le saint-péray : un grand ardéchois. Un temps froid, un sol riche donnent un vin sec, peu alcoolisé. Sous cette appellation, on trouve l'un des meilleurs vins effervescents de l'Hexagone.
- Le condrieu : ce blanc à la robe d'or pâle, capiteux et onctueux, pointe le bout de son nez tout au nord du département, sur la commune de Limony. On le retrouve en Haute-Loire et dans le Rhône.
- Et puis, le côtes-du-vivarais, là où les hauts plateaux pierreux filent à la rencontre de la garrigue languedocienne et provençale. À Vogüé, Alba, Balazuc ou Saint-Montant, vous pourrez déguster un viognier, vin généreusement fruité pêche et abricot. Des vins aux prix sages. Et pour être complet, autour de Bourg-Saint-Andéol, le côtes-du-rhône-méridional fait parler de lui.
- L'hermitage rouge : ce vin prend corps et force sur un cépage syrah. C'est un vin de garde, une garde qui ne se rend que 10 ans plus tard.
- L'hermitage blanc : un roi sur cépage de roussane ou de marsanne. Un roi qui, à 15 ans, a le goût du foin coupé dans des arômes de noisette et de miel d'acacia.
- Le crozes-hermitage : le petit frère du roi hermitage. Un monsieur qui porte les mêmes arômes et aussi armé en variétés et en vertus.
- Le coteaux-du-tricastin : c'est un vin issu de cépages grenache et syrah, tannique, avec du fruit rouge dans l'âme.
- On n'oublie pas la clairette de Die. Ça sent le muscat et l'heure de l'apéro. C'est un blanc de blanc qui a moins de noblesse qu'un champagne.
Et puis pour les jours ordinaires, il y a d'excellents vins de pays dans les collines rhodaniennes, dans les fonds des Baronnies et dans le comté de Grignan.
Dans le Royans et dans le Diois, c'est la noix, qui donne une liqueur à ravir une fin de repas. On essaie une petite poire d'Upie, d'Anneyron ou de Moras. Demain, on essaiera une liqueur d'Aiguebelle, dont les moines détiennent le secret de fabrication. Et après-demain, on dégustera une poire williams d'Ardèche.
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