Géographie
L'Andalousie est la région d'Espagne qui a été le plus marquée par l'ouverture sur le reste du monde ; le détroit de Gibraltar ne fait que 14 km de large.
L'Afrique est aussi évoquée par les paysages, particulièrement au sud-est où, d'Alicante à Almería, règnent un climat subdésertique et de vastes étendues steppiques piquetées de palmiers. Et que dire des Alpujarras et de leurs sommets enneigés, sur le versant sud de la sierra Nevada, où des villages blancs aux toits plats couverts de sable gris, séparés par de profonds ravins et entourés de champs en terrasse, rappellent furieusement l'Atlas marocain ?
Mais la géographie de l'Andalousie, à l'instar du pays, demeure une région où déserts et vertes prairies, montagnes et plaines se côtoient.
L'organisation générale est assez simple. Il s'agit d'un vaste amphithéâtre orienté vers le sud-ouest et dont les gradins seraient constitués :
- au nord, par la sierra Morena, montagne peu élevée et dépeuplée que l'on franchit, venant de Madrid, au col de Despeñaperros ;
- au sud, par les chaînes Bétiques qui s'étendent sur 800 km du détroit de Gibraltar au cap de la Nao, en passant par la serranía de Ronda, très verte et couverte de chênes-lièges, et la sierra Nevada, qui abrite le point culminant de l'Espagne continentale au Mulhacén ;
- à l'ouest, par les sierras de Ségura et de Cazorla, très sauvages.
Et la scène de l'amphithéâtre ? C'est la vallée du Guadalquivir, qui s'élargit au fur et à mesure que l'on se dirige vers l'ouest et l'océan, à proximité duquel s'étendent de vastes zones marécageuses, les marismas. C'est aussi là que se situe l'axe majeur de communication du sud de l'Espagne.
Climat
En Andalousie, le climat se caractérise par des hivers doux sur la côte mais plutôt froids dans les terres, des étés secs, prolongés (de mai à octobre) et très ensoleillés. Dans le Sud-Est, les pluies sont rares.
Les époques de voyage les plus favorables pour l'Andalousie et l'Espagne du Sud sont le printemps ou l'automne. On y bénéficie de températures agréables, sans la foule. Au printemps, il peut encore faire frais en soirée et la baignade s'apparente au bain glacé (température de l'eau avoisinant les 16 °C).
Environnement
Il y a d'abord le problème de la côte, pas mal défigurée par une urbanisation à outrance peu soucieuse de la préservation des paysages et des équilibres naturels. En la matière, le comble de l'horreur est atteint à Torremolinos, sur la Costa del Sol.Mais ce type d'urbanisme touristique est surtout le fait des années 1960-1970.
Depuis, la région se tourne vers un tourisme plutôt haut de gamme en privilégiant les petits bâtiments collectifs et l'habitat individuel au sein d'urbanizaciones, lotissements plus ou moins luxueux où des communautés d'Européens du Nord vivent parfois en vase clos.
Et puis il reste encore des portions de côtes préservées, comme le cabo de Gata, à l'est d'Almería. Cela dit, même là, les menaces persistent.
L'autre casse-tête environnemental est celui de l'eau. Hormis la sierra de Grazalema, très arrosée, la pluviométrie est déficitaire, surtout dans la région de Murcie et d'Almería où le climat est carrément subdésertique. Or, les besoins sont énormes, notamment pour les golfs, et surtout pour l'agriculture où les anciennes et les nouvelles huertas sont très gourmandes en eau.
Les solutions adoptées sont diverses, mais toutes ont un impact à plus ou moins long terme sur l'environnement : la création de retenues dans les montagnes, la désalinisation de l'eau de mer, le pompage des nappes phréatiques, et, désormais, des nappes très profondes ; enfin, remède le plus spectaculaire, la dérivation d'une partie du débit d'un fleuve bien alimenté vers un fleuve déficitaire.
Le scandale des « champs » de fraises
La région de Huelva s'est spécialisée dans la culture intensive de ce fruit très rentable pour ses producteurs.
Il n'y aurait rien à redire à cela si, sur plusieurs plans, cette monoculture ne constituait un vrai problème social, une menace pour la santé publique et une atteinte à l'environnement.
Les conditions d'exploitation posent de vrais problèmes. Sur le plan social d'abord : les producteurs faisaient appel à une main-d'œuvre saisonnière, fragile et peu consciente de ses droits.
Deuxième observation : le respect de l'environnement. Après avoir gagné le terrain sur la forêt, les entrepreneurs préparent les plastiques pour la fraise. Ils s'emparent en fait de la forêt de type méditerranéen, la convertissent en terrain agricole et, après 3 ans, selon la politique du fait accompli, ils en obtiennent l'autorisation d'exploitation.
Le plus inquiétant est à venir : les enquêtes de la TSR (Télévision suisse romande) ont démontré que des pesticides se retrouvent présents dans des barquettes de fraises importées de la région de Huelva.
Les tunnels de plastique doivent régulièrement être remplacés. Ces plastiques imprégnés de pesticides sont alors entreposés dans des décharges à ciel ouvert. Les fumées de combustion génèrent une contamination par la dioxine et les métaux lourds.
L'arrière-pays se met aux énergies renouvelables
Face à la pression populaire - et surtout aux directives de Bruxelles -, l'Espagne s'efforce depuis quelques années de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L'Andalousie n'est pas en reste et devrait porter sa production d'énergie renouvelable à plus de 18 % en 2013 (contre 10 % en 2010).