Jours fériés
ATTENTION : en Alsace, le Vendredi saint et le 26 décembre (Saint-Étienne) sont des jours fériés du fait du droit local. Tout est évidemment fermé... Mais en général, les 24 et 25 décembre, de nombreux commerces le sont également.
Un autre particularisme local : les boulangers des deux départements ne fabriquent pas de pain le dimanche (à de rares exceptions près, notamment en saison touristique).
Langues régionales
En Alsace, l'alsacien est toujours très populaire. Ce dialecte ayant permis la diffusion de la littérature a la carrure d'une langue. Né par fusion des idiomes alaman et franc, il cousine avec l'alémanique suisse.
En 1945, retour de bâton. Comme pour se faire « pardonner », certains Alsaciens délaissent l'alsacien. La TV et les journaux aplanissent.
C'est donc un miracle qu'on le parle encore. La langue alsacienne a vigoureusement résisté aux pressions du pouvoir central. Non seulement les hommes de plus de 30 ans, mais beaucoup d'enfants se révèlent dialectophones. Il arrive qu'on s'emmêle dans les langues : une phrase commencée en dialecte est conclue en français. L'Alsacien se réfugie derrière le dialecte en présence de Français, mais parle le français devant des Allemands.
Entre 1870 et 1914, le dialecte était une arme contre l'occupant. Aujourd'hui, il véhicule une affectivité.
Aujourd'hui, le dialecte alsacien est différent selon qu'on le parle dans le Bas-Rhin ou dans le Haut-Rhin.
Religion
L'Alsace est un pays de petits saint et plutôt confit en dévotions. En gros, les protestants sont au nord, les catholiques au sud. Et, parmi eux, les églises œcuméniques. Ceux qui sont au milieu font comme ils peuvent... On cite Sainte-Marie-aux-Mines, pour moitié catholique et francophone, pour l'autre protestante et alsaco. Mais chaque village dispose ses quartiers par religion.
Selon les valses de l'histoire, chacun a reçu des coups. Pour la guerre de Trente Ans, Suédois et Habsbourg se sont réparti les rôles. Mais, sauf frénésie persécutrice, les chamailleries n'allaient pas loin. Longtemps, chaque communauté assista aux célébrations de l'autre.
Le Concordat est conclu en 1801 entre Napoléon et Pie VII : les prélats sont rétribués par l'État. La France l'a supprimé en 1905, lors de la séparation de l'Église et de l'État. Mais comme l'Alsace, à l'époque, était aux mains des vilains Allemands, le Concordat y est resté... Curés, pasteurs et rabbins sont donc rémunérés par l'État. Idem pour le financement de leurs lieux de culte, sauf ceux bâtis après 1919 - c'est-à-dire sous le « régime français » -, et qui sont en fait nombreux...
Villes et villages continuent de séparer quartiers catholiques et protestants. La bonne société de Strasbourg et de Mulhouse reste protestante, celle de Colmar catholique...
Noël en Alsace
- Le sapin de Noël : le sapin de Noël naquit un jour en Alsace. Il y eut même, auparavant, les « jeux de paradis », genre de mystères joués devant les églises la veille de Noël. Le sapin avec des pommes accrochées aux branches figurait le pommier, l'arbre de la création. Quand les mystères cessèrent, le sapin ainsi décoré fut adopté dans les salles de réunion des corporations, se métamorphosant du coup en arbre de Noël. Aux pommes vinrent s'ajouter des hosties, symboles de la naissance du Christ, puis des friandises, des fleurs de papier, etc.
Progressivement, l'arbre de Noël entra dans la tradition familiale. Des gâteaux (bredele) remplacèrent les hosties. Le sapin de Noël s'exporta en Allemagne et en Scandinavie, puis en France. De nombreux Alsaciens, fuyant l'annexion, le popularisèrent dans l'Hexagone. Puis, il gagna l'Angleterre, le Nouveau Monde...
Mais c'est le marché de Noël qui symbolise le mieux la tradition en Alsace. Il existe depuis 500 ans et on en trouve plus d'une cinquantaine aujourd'hui. C'est une orgie de lumière, d'animation, de couleurs scintillantes, d'effluves chauds et odorants. On vient y faire emplette de son sapin, de guirlandes, friandises, pains d'épice, gâteaux de Noël, crèches et santons, jouets en bois.
- Le personnage du Christkindel : la mythologie de Noël en Alsace compte, outre le bon saint Nicolas (patron des écoliers, entre autres) et le méchant Hans Trapp (père fouettard), un troisième personnage : le Christkindel ou l'Enfant Jésus. Son origine est à chercher dans la Réforme protestante qui, à la fin du XVIe siècle, « boycotta » la fête de Saint-Nicolas dont les cortèges étaient jugés trop païens.
Nicolas fut remplacé par le Christkindel, qui devait rappeler ce don de Dieu fait aux hommes : la naissance du Christ. La tradition voulait que, le soir de Noël, les enfants attendent la venue du Christkindel qui, pour fêter son arrivée sur terre, leur distribuait des cadeaux.
C'est sous la forme d'une gracieuse jeune fille vêtue d'une robe blanche (référence à la fameuse sainte Lucie des pays scandinaves) que le Christkindel se chargeait de cette mission. Il était accompagné du Père Fouettard qui punissait les enfants désobéissants. Cette tradition disparut progressivement.