Figures
- Hans Arp : l'un des plus grands
sculpteurs du XXe siècle, mais aussi un poète qui trouva dans
les Vosges l'inspiration de ses derniers instants.
- Bartholdi : le
Colmarien Frédéric-Auguste Bartholdi (1834-1904) reste l'Alsacien le plus célèbre
aux États-Unis car il est le créateur (avec l'ingénieur Gustave Eiffel) de la
fameuse statue de la Liberté.
- Alfred Dreyfus : patriote francophile,
né à Mulhouse, le capitaine Dreyfus a le tort d'être juif. Accusé d'espionnage,
expédié au bagne et réhabilité douze ans plus tard.
- Jacob Amman : fondateur du mouvement amish, une
minorité religieuse puritaine.
- Goethe : Goethe,
ce n’est pas seulement Weimar. À 21 ans, il fait le potache à
Strasbourg. Il flashe surtout sur la cathédrale, où il voit l’exemple
le plus achevé du « génie allemand » ! Ce chaud lapin prend le temps de
draguer la fille d’un pasteur. Cela fait, il plante les études et la
chérie.
- Gutenberg : né à Mayence et exilé à
Strasbourg, il crée 25 caractères en plomb et une presse. Mais ces «
fantaisies » le mettent sur la paille. Saisi, il retourne à Mayence et
commence à publier là-bas. Les créanciers allemands ne sont pas plus
tendres. Ils saisissent la presse et publient, à leur compte, la
fameuse bible dite à 42 lignes.
- Rouget de Lisle : en 1792, il passe la nuit à son
piano et compose... la Strasbourgeoise. Repris par les volontaires de
Marseille, « Allons enfants » devient La Marseillaise.
- Sainte Odile : patronne de l'Alsace.
- Victor Schœlcher : né en
1804, promu aux Colonies après la révolution de 1848, il fait abolir l'esclavage
le 18 avril. Il luttera pour l'émancipation des femmes et l'abolition de la
peine de mort. Ses cendres sont au Panthéon.
- Albert Schweitzer : prix
Nobel de la paix.
- Tomi Ungerer : dessinateur colmarien. L’album
L'Alsace en torts et de travers, est à lui seul tout un programme.
- Louise
Weiss : elle travailla après 1918 avec Aristide Briand et milita dans l'entre-deux-guerres
pour le vote des femmes. Elle fut élue en 1979 au Parlement européen - dont
elle devint la doyenne.
Habitat
Les maisons de plaine, aux toits interminables cuirassés de tuiles en « queue
de castor », charpentent leurs torchis par d'étranges assemblages de poutres.
Insoupçonnable de l’extérieur, une vaste cour intérieure joue les places publiques
domestiques, avec ses hangars, granges, étables et quelques pièces spécifiques
comme le fumoir à viande, la distillerie, la cave à vin ou la cave à pommes
de terre... Au rez-de-chaussée, la Stub, salle commune chauffée par un grand poêle en faïence, concentre l’activité sociale
Cloîtrés dans leurs remparts, les villages viticoles, eux, sont
des villes en miniature qui cultivent la prospérité depuis le XVIe
siècle. Les blasons à grappe et serpette affichent fièrement la corporation du propriétaire auteur des plus beaux bâtiments de la ville. Les loggias, fenêtres à meneaux, portes sculptées dans du grès rose, l’enduit ocre ou blanc, proclament qu’on est chez un notable. Plus tard, les toits adopteront un style Régence. Devant tant d'opulence débridée, la maison vosgienne joue les Cendrillon.
Austère et trapue, adossée à un pan de roche, ses moellons recouverts d'enduit
ont pour seul colifichet le linteau de la porte cochère. Le hêtre charpente,
le chêne meuble.
Jours fériés
ATTENTION : en Alsace le Vendredi saint et le 26 décembre (Saint-Étienne) sont des jours fériés du fait du droit local. Tout est évidemment fermé...
Un
autre particularisme local : les boulangers des deux départements ne
fabriquent pas de pain le dimanche (à de rares exceptions près,
notamment en saison touristique).
Langues régionales
En 1945, retour de bâton : le dialecte se rapproche trop de
l'allemand. Comme pour se faire « pardonner », certains Alsaciens le
délaissent. La TV et les journaux aplanissent. C'est donc un miracle
qu'on le parle encore.
La langue alsacienne a vigoureusement
résisté aux pressions du pouvoir central. Non seulement les hommes de
plus de 30 ans, mais beaucoup d'enfants se révèlent dialectophones.
Si
tout le monde comprend le français, à quelles occasions parle-t-on le
dialecte ? Réponse inconnue. Il arrive même qu'on s'emmêle dans les
langues : une phrase commencée en dialecte est conclue en français.
L'Alsacien se réfugie derrière le dialecte en présence de Français,
mais parle le français devant des Allemands.
Entre 1870 et 1914, le dialecte était une arme contre l'occupant. Aujourd'hui, il véhicule une affectivité.
Religion
L'Alsace est un pays plutôt confit en dévotions. En gros, les protestants sont au nord, les catholiques au sud. Et, parmi eux, les églises œcuméniques. Ceux qui sont au milieu font comme ils peuvent... On cite Sainte-Marie-aux-Mines, pour moitié catholique et francophone, pour l'autre protestante et alsaco. Mais chaque village dispose ses quartiers par religion.
Selon les valses de l'histoire, chacun a reçu des coups. Pour la guerre de Trente Ans, Suédois et Habsbourg se sont réparti les rôles. Mais, sauf frénésie persécutrice, les chamailleries n'allaient pas loin. Longtemps, chaque communauté assista aux célébrations de l'autre.
Le Concordat est conclu en 1801 entre Napoléon et Pie VII : les prélats sont rétribués par l'État. La France l'a supprimé en 1905, lors de la séparation de l'Église et de l'État. Mais comme l'Alsace, à l'époque, était aux mains des vilains Allemands, le Concordat y est resté... Curés, pasteurs et rabbins sont donc rémunérés par l'État. Idem pour le financement de leurs lieux de culte, sauf ceux bâtis après 1919 - c'est-à-dire sous le « régime français » -, et qui sont en fait nombreux...
Villes et villages continuent de séparer quartiers catholiques et protestants. La bonne société de Strasbourg et de Mulhouse reste protestante, celle de Colmar catholique...