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La terre et les hommes AlpesLes parcsLes parcs nationauxIls ont été créés pour protéger de vastes espaces naturels particulièrement riches sur le plan de la géologie, de la flore et de la faune. À cet impératif s'ajoute un autre objectif : le développement d'un tourisme lié à la connaissance de la nature. Ils se composent d'un grand territoire inhabité, réserve naturelle où il est strictement interdit de perturber faune et flore, et de zones habitées par l'homme, qui font l'objet d'une surveillance très stricte en matière d'environnement et d'une mise en relief culturelle toute particulière. Le territoire alpin englobe 2 des 6 parcs nationaux. Les parcs naturels régionauxCe sont de vastes zones habitées par l'homme. Les parcs régionaux ont été créés pour protéger un environnement, mais aussi pour développer les activités locales et initier les touristes à la nature. On compte trois parcs régionaux dans les Alpes : La floreLa végétation dépend de plusieurs facteurs : l'altitude, l'exposition, le climat et la nature du sol. Généralement les cultures grimpent jusqu'à 1 500 m. Au-dessus, les conifères sont rois. Les alpages prennent ensuite le relais de 1 800 à 2 500 m. À partir de 2 800 m les rochers sont dénudés, laissant juste quelques lichens s'accrocher. Les arbres- Le sapin : il est très présent jusqu'à 1 500 m, puis se fait
plus rare. Les fleurs
La flore de haute montagne constitue un jardin unique en France par sa variété
: 52 espèces d'orchidées en Chartreuse, 1 750 plantes dans les Écrins, soit
le tiers de la flore hexagonale... La fauneSur les pistes, pas beaucoup de chance de rencontrer un chamois. Le randonneur
ou le skieur de fond aura certainement plus de chance d'en croiser un. Il y a quelques années,
la faune alpine semblait en perdition. Depuis la création des réserves et des
parcs, la menace semble s'enrayer. Mais hors des parcs naturels où elle est
véritablement protégée, elle voit régulièrement son espace vital réduit et son
espace sonore perturbé. Le passage d'avions à basse altitude et le transport
de skieurs en hélicoptère ne sont pas très appréciés par nos amis à plumes et
à poils. Les pays et les hommesLes Alpes du Nord tiennent sur quatre départements. Autant dire une simple
boule de papier froissé, mais qui, une fois dépliée, pourrait aisément doubler
sa surface et former une région à elle seule, sans plus être cannibalisée par
Lyon. En attendant, personne n'a envie d'obéir au capitaine Haddock, qui suggérait d'aplatir les montagnes : les Alpes françaises possèdent le toit de l'Europe - le mythique Mont-Blanc -, et quelques autres massifs de première force (les Écrins...) ou de grande beauté (les Aravis, la Vanoise...). De quoi les consoler de n'avoir pu, au contraire de la Suisse ou de l'Autriche, développer - par l'art, l'architecture ou les coutumes - une vraie civilisation montagnarde. La faute en incombe, sans doute, à la perméabilité de cette forteresse, à la proximité de régions fortes (Lyon, Genève, la vallée du Rhône...), aux excès du ski à tout prix ainsi qu'à sa position - un angle mort - dans l'Hexagone centralisateur. Les Alpes françaises avaient beau former un monolithe cohérent, les chirurgiens de la régionalisation les ont sectionnées sans état d'âme, attribuant chaque tronçon - en guise de combles - à une région différente. Une chaîne récente Il est vrai que cette chaîne, qui sépare l'Europe du Nord de celle du Sud, est
d'histoire récente. Il a fallu 72 millions d'années pour séparer l'Europe de
l'Afrique en ouvrant la Méditerranée. Il y a 110 millions d'années, pourtant,
l'Afrique revient pousser le sud de l'Europe : un arc de montagnes bourrelle
bientôt le Vieux Continent. Axé nord-sud près de son point d'impact (Alpes du Sud), puis est-ouest dans sa longueur (Europe centrale), cet arc, ici saisi dans son coude, adopte l'orientation sud-ouest/nord-est. Dans ce mur, les glaciers du quaternaire ont pris plaisir à creuser de larges gouttières (vallées de l'Arve, de l'Isère, de l'Arc...) et des lacs (Léman, le Bourget, Annecy...), pour l'épanouissement de l'homo sapiens. Verticales et horizontales
L'union de deux provinces trop longtemps rivales, la Savoie de Chambéry et
le Dauphiné de Grenoble, a rendu sa cohérence à l'arc alpin, qui se donne à
lire verticalement autant qu'horizontalement. De 800 à 1 000 m, ce sont les
vallées et les plateaux couverts de prés et de vergers. Jusqu'à 1 800 m, les
prés alternent avec les forêts. Les arbres rabougrissent dans les 200 m suivants
(rhododendrons, bruyères...), où débutent les pelouses des alpages. Plus haut commence la haute montagne, avec son cortège d'éboulis, de chaos, de neiges et de glaciers. Aux amples vallées des massifs cristallins (Mont-Blanc, Belledonne...) s'opposent les précipices et les falaises inaccessibles des massifs calcaires (Chablais, Chartreuse, Vercors...), qui culminent péniblement à 3 000 m. Malgré leur allure sauvage et leur altitude, les Aravis ne sont ainsi que des Préalpes, de même que la Chartreuse forestière, ou les Bauges, perchés par-dessus les lacs d'Annecy et du Bourget. Au sud, la Vanoise des glaciers et des dents rocheuses - encadrée par deux vallées majeures, la Maurienne et la Tarentaise - donne la réplique aux Écrins, dont le charivari affûté offre sans doute l'un des plus beaux spectacles de la chaîne. Les pays et les hommes
Reliées par le sillon alpin, des microrégions - chacune jalouse de ses particularismes
- s'étagent du nord au sud. Les collines du Genevois, au bord du Léman, s'adossent
aux aimables montagnettes du Chablais - région d'Avoriaz, de Morzine et du Val
d'Abondance. Plus au sud, de petites industries, telle l'horlogerie à Cluses,
se sont développées dans la grandiose vallée de l'Arve, qui conduit le Faucigny
jusqu'au Mont-Blanc. Ces hauteurs persistent mal plus à l'ouest, malgré les 3 227 m des Grandes Rousses : le département de l'Isère - qui n'est autre que l'ancien Dauphiné - est le royaume des Préalpes, aussi pures et dures que modestes dans leur altitude (Chartreuse, Vercors...). Elles dominent ce qui n'a cessé d'être la capitale industrielle de la région, Grenoble, ville ouvrière (gants, chimie, métallurgie...) qui, via la recherche scientifique et les industries de pointe, peut sans doute affronter l'avenir. |
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