Routard.com, guide voyage en ligne

Alpes

La terre et les hommes

Les pays et les hommes

Les Alpes du Nord tiennent sur quatre départements. Autant dire une simple boule de papier froissé, mais qui, une fois dépliée, pourrait aisément doubler sa surface et former une région à elle seule, sans plus être cannibalisée par Lyon.
En attendant, personne n'a envie d'obéir au capitaine Haddock, qui suggérait d'aplatir les montagnes : les Alpes françaises possèdent le toit de l'Europe - le mythique Mont-Blanc -, et quelques autres massifs de première force (les Écrins...) ou de grande beauté (les Aravis, la Vanoise...). De quoi les consoler de n'avoir pu, au contraire de la Suisse ou de l'Autriche, développer - par l'art, l'architecture ou les coutumes - une vraie civilisation montagnarde.

La faute en incombe, sans doute, à la perméabilité de cette forteresse (même les éléphants d'Hannibal ont passé le col du Grand-Saint-Bernard), à la proximité de régions fortes (Lyon, Genève, la vallée du Rhône...), aux excès du ski à tout prix ainsi qu'à sa position - un angle mort - dans l'Hexagone centralisateur. Les Alpes françaises avaient beau former un monolithe cohérent, les chirurgiens de la régionalisation les ont sectionnées sans état d'âme, attribuant chaque tronçon - en guise de combles - à une région différente.
Il est vrai que cette chaîne, qui sépare l'Europe du Nord de celle du Sud, est d'histoire récente. Il a fallu 72 millions d'années pour séparer l'Europe de l'Afrique en ouvrant la Méditerranée. Il y a 110 millions d'années, pourtant, l'Afrique revient pousser le sud de l'Europe : un arc de montagnes bourrelle bientôt le Vieux Continent.
Axé nord-sud près de son point d'impact (Alpes du Sud), puis est-ouest dans sa longueur (Europe centrale), cet arc, ici saisi dans son coude, adopte l'orientation sud-ouest/nord-est. Dans ce mur, les glaciers du quaternaire ont pris plaisir à creuser de larges gouttières (vallées de l'Arve, de l'Isère, de l'Arc...) et des lacs (Léman, le Bourget, Annecy...), pour l'épanouissement de l'homo sapiens.

L'union de deux provinces trop longtemps rivales, la Savoie de Chambéry et le Dauphiné de Grenoble, a rendu sa cohérence à l'arc alpin, qui se donne à lire verticalement autant qu'horizontalement. De 800 à 1 000 m, ce sont les vallées et les plateaux couverts de prés et de vergers. Jusqu'à 1 800 m, les prés alternent avec les forêts. Les arbres rabougrissent dans les 200 m suivants (rhododendrons, bruyères...), où débutent les pelouses des alpages.
Plus haut commence la haute montagne, avec son cortège d'éboulis, de chaos, de neiges et de glaciers. Aux amples vallées des massifs cristallins (Mont-Blanc, Belledonne...) s'opposent les précipices et les falaises inaccessibles des massifs calcaires (Chablais, Chartreuse, Vercors...), qui culminent péniblement à 3 000 m. Malgré leur allure sauvage et leur altitude, les Aravis ne sont ainsi que des Préalpes, de même que la Chartreuse forestière, ou les Bauges, perchés par-dessus les lacs d'Annecy et du Bourget. Au sud, la Vanoise des glaciers et des dents rocheuses - encadrée par deux vallées majeures, la Maurienne et la Tarentaise - donne la réplique aux Écrins, dont le charivari affûté offre sans doute l'un des plus beaux spectacles de la chaîne.

Reliées par le sillon alpin, des microrégions - chacune jalouse de ses particularismes - s'étagent du nord au sud. Les collines du Genevois, au bord du Léman, s'adossent aux aimables montagnettes du Chablais - région d'Avoriaz, de Morzine et du Val d'Abondance. Plus au sud, de petites industries, telle l'horlogerie à Cluses, se sont développées dans la grandiose vallée de l'Arve, qui conduit le Faucigny jusqu'au Mont-Blanc.
Au sud-ouest, la Savoie proprement dite agence de grands massifs (Belledonne, les Bauges...) autour de la cluse de Savoie, ce couloir plat qui relie Genève à Grenoble en égrenant les principales villes régionales : Annemasse, dont les frontaliers travaillent souvent à Genève ; Annecy la bourgeoise, dont les ouvriers fabriquent des machines à tisser et des briquets Dupont ; Chambéry l'aristocrate, mémoire des montagnes, ville universitaire dynamisée par ses PME, et qui commande l'accès à la cluse d'Albertville. À l'est, bornés par la vallée de Tarentaise et celle, plus industrielle (centrales hydroélectriques, aluminium...), de Maurienne, les massifs de la Vanoise et du Beaufortain déroulent de hauts pâturages d'où l'exquis beaufort est issu.

Ces hauteurs persistent mal plus à l'ouest, malgré les 3 227 m des Grandes Rousses : le département de l'Isère - qui n'est autre que l'ancien Dauphiné - est le royaume des Préalpes, aussi pures et dures que modestes dans leur altitude (Chartreuse, Vercors...). Elles dominent ce qui n'a cessé d'être la capitale industrielle de la région, Grenoble, ville ouvrière (gants, chimie, métallurgie...) qui, via la recherche scientifique et les industries de pointe, peut sans doute affronter l'avenir.

La végétation

Elle dépend de plusieurs facteurs : l'altitude, l'exposition, le climat et la nature du sol. Généralement les cultures grimpent jusqu'à 1 500 m. Au-dessus, les conifères sont rois. Les alpages prennent ensuite le relais de 1 800 à 2 500 m. À partir de 2 800 m les rochers sont dénudés, laissant juste quelques lichens s'accrocher.

Les arbres

- Le sapin : il est très présent jusqu'à 1 500 m, puis se fait plus rare.
- L'épicéa : on le trouve jusqu'à 2 200 m. Il aime être exposé au froid.
- Le pin sylvestre : on le trouve plutôt dans les Alpes du Sud et pas au-delà de 2 000 m. Il s'implante surtout sur les « adrets » et affectionne les cônes de déjection.
- Le mélèze : il est apprécié et protégé car la chute de ses aiguilles en hiver permet à la lumière de passer et favorise ainsi la pousse des pâturages.
- Dans les Alpes du Nord, c'est le royaume du hêtre ; dans les Alpes du Sud, celui du chêne pubescent, des landes de genêts et de buis.

La flore

La flore de haute montagne constitue un jardin unique en France par sa variété : 52 espèces d'orchidées en Chartreuse, 1 750 plantes dans les Écrins, soit le tiers de la flore hexagonale...
L'edelweiss représente le symbole de la flore alpine. Il ressemble à une étoile très blanche au milieu de laquelle de petites fleurs sont blotties. Il apprécie le gazon ensoleillé, les failles des rochers et l'altitude (jusqu'à 3 400 m).
Vous trouverez au cours de vos pérégrinations la gentiane printanière, la soldanelle des Alpes, la lavande-vraie, l'arnica, le lis martagon, le rhododendron ferrugineux et bien d'autres encore.

La faune

Sur les pistes, pas beaucoup de chance de rencontrer un chamois. Le randonneur ou le skieur de fond aura certainement plus de chance d'en croiser un. Il y a quelques années, la faune alpine semblait en perdition. Depuis la création des réserves et des parcs, la menace semble s'enrayer. Mais hors des parcs naturels où elle est véritablement protégée, elle voit régulièrement son espace vital réduit et son espace sonore perturbé. Le passage d'avions à basse altitude et le transport de skieurs en hélicoptère ne sont pas très appréciés par nos amis à plumes et à poils.
- Le chamois : ses petites cornes recourbées le rendent facilement reconnaissable. Très agile et rapide, il est à l'aise dans les passages difficiles et sur les rochers peu accessibles. Il se déplace souvent en harde, se nourrit d'herbage l'été et d'écorces d'arbre l'hiver.
- Le bouquetin : le bouquetin était menacé de disparition. Le roi Victor-Emmanuel, en créant la réserve du Grand Paradis, sauva l'espèce. Les actions de protection qui suivirent ont éloigné le danger.
Et aussi : le lynx, le lièvre variable, la marmotte, l’aigle royal.

Les parcs

Les Parcs nationaux

Ils ont été créés pour protéger de vastes espaces naturels particulièrement riches sur le plan de la géologie, de la flore et de la faune. À cet impératif s'ajoute un autre objectif : le développement d'un tourisme lié à la connaissance de la nature. Ils se composent d'un grand territoire inhabité, réserve naturelle où il est strictement interdit de perturber faune et flore, et de zones habitées par l'homme, qui font l'objet d'une surveillance très stricte en matière d'environnement et d'une mise en relief culturelle toute particulière.

Le territoire alpin englobe 2 des 6 parcs nationaux.
- La Vanoise, en Savoie : premier parc national français, avec 53 000 ha, jouxtant le parc italien du Grand Paradis, et s'étageant de 1 200 à 3 855 m.
- Les Écrins : le plus grand parc français, avec 98 000 ha dont un tiers en Isère et le reste dans les Hautes-Alpes et de nombreux sommets dépassant les 3 000 et 4 000 m.

Les Parcs naturels régionaux

Ce sont de vastes zones habitées par l'homme. Les parcs régionaux ont été créés pour protéger un environnement, mais aussi pour développer les activités locales et initier les touristes à la nature.

On compte trois parcs régionaux dans les Alpes :
- Le parc naturel régional du Vercors : il regroupe sur l'Isère et la Drôme 62 communes, environ 150 000 ha dont 16 000 en réserve naturelle.
- Le parc naturel régional du Queyras : il s'étend sur 65 000 ha et une dizaine de communes des Hautes-Alpes ; réserve naturelle du Val d'Escreins, et prolongement sur l'Italie.
- Le parc naturel régional de la Chartreuse : il regroupe, sur l'Isère et la Savoie, 63 communes sur 86 000 ha.
- Le parc naturel régional des Bauges : le petit dernier. Sur une superficie de 80 000 ha, il regroupe 58 communes, entre la Savoie et la Haute-Savoie, et abrite une réserve nationale de chasse de 5 400 ha.





 



Accès rapide : Contact, Recrutement, Photos de voyage, Billet d'avion, Hôtels, Maroc, Italie, Portugal, Paris, Espagne, Tunisie, Madrid, Chine, Thaïlande, Egypte, Canada
Marrakech, Etats-unis, Barcelone, République Dominicaine, Sénégal, Cuba,Vietnam, Mexique, Madagascar, Berlin, Toulouse, Turquie, Venise, New-York, Seychelles, Japon
Paris, Budapest, Bretagne, Corse, Amsterdam, Bruxelles, Vienne, Québec, Ile Maurice, Réunion, Normandie, Australie, Lyon, Nice, Marseille, Croatie