Carte d'identité Afrique du Sud

- Superficie : 1 220 000 km² (plus de deux fois la France).
- Population : 55,9 millions d’habitants (estimation 2016).
- Capitales : Pretoria (administrative), Cape Town (législative), Bloemfontein (judiciaire).
- Régime : république parlementaire.
- Président de la République : Jacob Zuma (depuis mai 2009).
- Monnaie : le rand.
- Peuples et ethnies : 80 % de Noirs, 8,4 % de Blancs (Afrikaners et Blancs d'origine britannique), 8,8 % de métis (coloured people) et 2,5 % d'Indiens. La population noire est composée de plusieurs ethnies : Zoulous, Xhosas, peuples Sothos du Nord et Vendas...
- Langues : 11 langues officielles, dont l'afrikaans, le zoulou et l'anglais. Et aussi le ndebele, le sotho, le swazi, le tswana, le venda, le xhosa (la plus parlée avec le zoulou).
- Symboles nationaux : la protea (fleur typique d’Afrique du Sud) et le springbok, l’antilope.
- Croissance économique : 0,3 % (estimation 2016).
- Chômage : environ 26,5 % (estimation 2016).

- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : les sites des hominidés fossiles de Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai et environs ; uKhalamba / parc du Drakensberg ; Robben Island ; le parc de la zone humide d’iSimangaliso ; les aires protégées de la région florale du Cap.

Économie

L’Afrique du Sud a longtemps été la première puissance économique du continent, mais elle s’est fait dépasser par le Nigeria en 2014 avant de reprendre la première place en août 2016 et de la reperdre en octobre de la même année. Bref, les deux pays se tiennent et tout dépend de la hausse ou de la baisse de leurs monnaies respectives.
Elle demeure néanmoins à la première place pour le PIB par habitant. La province du Gauteng (1,5 % du territoire) crée environ 35 % du PIB du pays.
L'Afrique du Sud est un poids lourd dans l'économie régionale. Elle est présente sur tout le continent, tant en matière de programmes TV que de développement (bâtiments et travaux publics).
À l’échelon international, elle appartient depuis 2011 au BRIC, un petit club réunissant les grands pays émergents, même si nombre d’économistes considèrent qu’elle n’y a pas sa place et qu’on l’y a intégrée car il fallait un pays représentant l’Afrique.

L’héritage économique de l’apartheid

Dans les années 1960 et 1970, l'Afrique du Sud blanche était riche. Elle bénéficiait d'une économie mondiale centrée sur les matières premières et ne faisait pas encore l'objet des sanctions et des boycotts de l'ONU. C'est durant ces années que la politique d'apartheid fut la plus dure, que les inégalités furent les plus marquées.
Le premier gouvernement démocratique a dû composer avec une population quasiment analphabète, ce qui explique en partie le taux de chômage évalué autour de 40 % dans les townships. La période de lutte contre l’apartheid a produit une génération sacrifiée. Afin de promouvoir les chances des plus déshérités de trouver un travail, les charges patronales ont été réduites à un niveau plancher.

Le gouvernement a néanmoins prévu de créer un salaire minimum de 3 500 R par mois, qui doit entrer en vigueur en mai 2018, une première en Afrique.

Une amorce de changement

Dans les grandes villes, cependant, les effets de la transition démocratique sont bien visibles. La middle class colorée existe bel et bien, elle est très importante et étale sa réussite. Pour elle, les réalités économiques bougent à une vitesse fulgurante, et la place prise par ces jeunes Noirs tout juste sortis de l’université témoigne de ce nouveau dynamisme.

Si la ségrégation raciale semble avoir cédé le pas, sur le plan économique, le fossé se creuse (l’Afrique du Sud serait ainsi le 2e pays au monde en termes d’inégalité des revenus), et les plus déshérités restent encore largement en marge de la nouvelle société sud-africaine. Une misère qui touche aussi , à un degré moindre, une frange de la population blanche, la couleur seule ne protégeant plus du chômage.

Une gronde sociale qui coûte cher

Pour garder de bonnes relations avec ses alliés étrangers, l’ANC s’est toujours refusé à nationaliser les grandes entreprises aux mains des Blancs. Pourtant, une partie des capitaux a peu à peu été transférée à des investisseurs noirs. Peu soucieux d’améliorer les conditions de travail, ces notables sont devenus le symbole de la trahison des élites envers le peuple.

Les années 2012-2014 resteront marquées du sceau de la contestation. Mais c'est le massacre par la police, en août 2012, de 34 grévistes dans la ville minière de Marikana, à l’ouest de Pretoria, qui a révolté le pays. Le secteur minier entre alors en ébullition, d’une part pour réclamer la libération des 270 manifestants mis sous les verrous, d’autre part pour faire valoir ses revendications. Lassés de travailler pour à peine 450 € par mois dans des conditions périlleuses, avec chaque année des dizaines de morts à la clé, les mineurs entament une série de grèves pour réclamer le doublement des salaires.

De nouvelles grèves ont touché les mines de platine en 2014. Brandissant le spectre de la faillite, les compagnies minières en profitent pour licencier plusieurs milliers de grévistes, tout en réfléchissant à une automatisation de la production.
L’arrêt de l’exploitation a fait perdre plusieurs milliards de dollars à l’économie nationale, provoquant une chute des exportations, et l’inquiétude des investisseurs, ce qui a entraîné une forte dépréciation du rand.

Des perspectives assez sombres

Après avoir bénéficié d’une croissance supérieure à 5 % dans les années 2004-2007, l’économie sud-africaine a fortement ralenti : pas plus de 1,5 % de croissance en 2015, et 0,3 % en 2016.
La production d’or est en net recul.

Heureusement pour le pays, sans même parler des diamants, les autres ressources minières permettent de voir venir, mais le pays doit diversifier sa production et ne pas se contenter de vivre sur ses acquis.

Les politiques sociales, qui permettent, dans le système clientéliste existant, de maintenir le mécontentement à un niveau relativement bas, coûtent cher au budget de la nation.

Droits de l'homme

Les affaires de corruption qui ont atteint le président Zuma ont fortement terni l’image du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994. Des accusations de détournement de fonds publics, notamment, qui constituent une « violation de la Constitution » pour la justice.
Chose positive, celle-ci a su faire preuve d’une réelle indépendance durant tout le processus.

L’exaspération des Sud-Africains aboutira-t-elle à une réelle transition politique? Rien n’est moins sûr.

L’ANC, parti historique de la lutte anti-apartheid, est présent à tous les niveaux de l’État, et conserve un réel soutien dans la population. Mais certains membres du parti, dont les vétérans de son ex-branche armée, Umkhonto we Sizwe (« la pointe de la flèche »), se sont clairement désolidarisés de Jacob Zuma et de son clan. Un signe avant-coureur, selon certains, de bouleversements politiques à venir.

Mais Nelson Mandela a d’autres raisons de se retourner dans sa tombe. En dépit de l’émergence d’une classe moyenne noire, voire riche, le pays demeure très inégalitaire : 62% des Noirs vivent toujours sous le seuil de pauvreté, contre 1% des Blancs. La généralisation de la mixité raciale dans les écoles et les administrations n’a toujours pas permis de briser certaines barrières culturelles. Les frustrations générées sont également à l’origine de poussées de violences xénophobes à l’encontre des populations immigrées (Zimbabwéens, Somaliens...), qui font de nombreuses victimes chaque année.

Les femmes comptent parmi les premières victimes de cette insécurité, avec un triste record en matière de viols, qui se déroulent la plupart du temps au sein des familles. Des condamnations lourdes ont enfin été rendues dans des cas de « viols correctifs », suivis parfois de meurtres, perpétrés à l’encontre de femmes lesbiennes.
Le gouvernement a mis en place, à ce titre, des structures locales pour améliorer la transmission des informations en cas d’agressions homophobes.

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