La littérature sud-africaine (de tradition afrikaner et anglaise) s’est largement
inspirée de la lutte contre l’apartheid. On connaît bien André Brink, J.-M.
Coetzee ou Nadine Gordimer, dont la plume décrit admirablement la vie sous le
régime ségrégationniste et le cheminement de la conscience blanche entre ignorance
des faits, culpabilité et parfois engagement dans la lutte pour l’égalité. Nombreux
freedom fighters (résistants) firent du verbe leur arme principale, dispersant
aux quatre vents l’écho de la souffrance de leur peuple. Enfin, il existe une
littérature zouloue, une littérature sotho, etc.
Musique
La musique d’Afrique du Sud connaît deux courants majeurs
issus des traditions musicales ethniques et à partir desquelles se sont développées
de nombreuses tendances : le mbube et le mbaqanga (ou township
jive, le jive des bidonvilles).
Le mbube, aux origines zouloues, se chante a capella. Il est
issu des compétitions de danses et de chants qui avaient lieu dans les foyers
de travailleurs. Le groupe Ladysmith Black Mambazo est certainement le
plus connu des groupes de mbube.
Le mbaqanga s’est développé dans les bars et shebeen (bars de
fortune des bidonvilles) des ghettos de Johannesburg. Des groupes tels que The
Jazz Maniacs mélangeaient jazz américain, swing et musique traditionnelle
(comme le marabi) pour créer une fusion unique qu’on surnomma township
jive.
Ces deux traditions musicales ont marqué toute une génération d’artistes et
on retrouve leurs influences dans leurs compositions. Miriam Makeba (The
Click Song) et le trompettiste Hugh Masekela en sont deux exemples probants.
Johnny Clegg forma quant à lui le groupe Savuka, mélangeant mbaqanga
et rock, avec le succès international qu’on lui connaît.
À l’ère de la musique électronique, plusieurs tendances nouvelles ont vu le
jour, notamment le très populaire Kwaito et le son électro-house aux
influences indiennes de Durban. La nouvelle génération a embrassé rapidement
et avec talent les techniques du dj’ing et l’Afrique du Sud compte de nombreux
artistes aux styles aussi divers que sur la scène internationale.
Art et artisanat
Il souffle en Afrique du Sud un esprit de débrouille qui semble révéler bien
des talents ! L’artisanat est florissant, notamment parce que les voyageurs
s’y intéressent de très près. Au vue du chômage galopant, certains ont donc
choisi de se débrouiller en bricolant des objets divers : le travail des perles,
la sculpture du bois, le tie-dye, les objets en fil de fer, en fil de téléphone
ou à base de matériaux de récupération en sont quelques exemples.
les grandes villes comme Le Cap et Durban, par exemple, concentrent une bonne
partie de l’art africain à l’échelle du continent.
Le pouvoir d’achat étant plus important que dans d’autres
pays du continent, on retrouve dans les African Markets, outre l’ensemble
des produits artisanaux d’Afrique du Sud, des objets provenant de Côte
d’Ivoire, du Mali, comme du Nigeria.
Il faut dire que l’Afrique du Sud est un véritable vivier d’artistes de toutes
les couleurs, de toutes les cultures et de tous les milieux ! Le festival national
d’art du Little Karoo (Klein Karoo National Arts Festival) leur rend
honneur. Il a lieu à Oudtshoorn vers la fin du mois de mars. C’est l’occasion
de découvrir les œuvres de peintres et de sculpteurs. Mais, pour suivre l’actualité
du théâtre, de l’art graphique et de la musique, c’est à Grahamstown qu’il faut
se rendre. La ville accueille, fin juin, un festival étonnant : le National
Arts Festival de Grahamstown.
Médias
Les médias d’Afrique du Sud font partie des « grands » du continent et la pléiade
de diffusions télévisuelles, radiophoniques et de presse reflètent bien la diversité
culturelle du pays – au moins autant que ses efforts pour promouvoir tolérance
et réconciliation au sein de la population.
La presse s’exprime en toute liberté dans toutes les langues de
l’arc-en-ciel : le Sunday Times et le Mail & Guardian sont les
plus diffusés en langue anglaise et Beeld est le plus répandu en langue
afrikaans. Enfin, le Sowetan est réputé pour ses propos engagés.
Les deux courants majeurs de la télévision sont les chaînes hertziennes de SABC
(État) et leur concurrente commerciale E-TV. SABC 1 se donne à fond dans
son rôle d’éducateur et de représentant de toutes les ethnies. Sa maxime : «
Simunye, we are one » (« nous sommes unis »).
Les radios sont légion et nombre d'entre elles se captent dans
tout le pays, tant qu'on reste sur les grands axes. Parmi elles, citons SAFM
(équivalent France Culture), High Veld Stereo et 94.2 (type RTL 2 et Europe2),
Kaya FM (Radio urbaine et branchée essentiellement sur Johannesburg, remarquables
émissions de musique africaine le soir), Y-FM (beaucoup de kwaito, sorte de
hip-hop des townships). À noter : 702 sur fréquence AM, bon révélateur des préoccupations
sociales du pays avec des talk-shows en continu.