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Pourquoi faire du vélo (VTT) le long du canal entre les 2 mers : latéral à la Garonne de Bordeaux à

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Facteur4
Facteur4  
le 17 mars 2007 à 11:21 dans Itinéraires Vélo
Pourquoi faire du vélo (VTT) le long du canal entre les 2 mers : latéral à la Garonne de Bordeaux à Toulouse, du Midi de Toulouse à la Méditerranée ?
Ce canal ayant étant créé pour relier la Méditerranée à l'Atlantique sans faire le tour de l'Espagne, a sur toute sa longueur un ancien chemin de halage (pour tirer les barges).
Comme ce chemin est interdit à la circulation (sauf aux véhicule de service des Voies Navigables de France), il n'y circule pas d'automobile (c'est dangereux, bruyant et çà pue).
Le canal d'entre les 2 mers a été réalisé pour le transport de marchandise, il traverse donc un grand nombre de villes que vous pouvez découvrir sans vous intégrer dans la circulation. Vous pouvez vous y ravitailler ou y dormir. Vous découvrirez les paysages variés de la campagne toujours dans la sérénité apportée par le calme et le lent écoulement de l'eau du canal. Le plus souvent à l'ombre des arbres qui ont été planter pour retenir les berges par leur racines.
Il vous suffit de suivre le tracé de ce ruban bleu ou plutôt vert sans avoir à consulter une carte pour suivre son itinéraire. Mais surtout l'avantage majeur c'est que c'est plat !
Bien sûr sur le canal du Midi l'eau descend depuis le seuil de partage des eaux de Naurouze à l'Est vers la Méditerranée et descend à l'Ouest vers Toulouse. Bien sûr sur le Canal latéral à la Garonne l'eau s'écoule vers Bordeaux. Mais cette pente est pratiquement imperceptible et c'est un atout majeur lorsque l'on veut voyager en vélo plusieurs jours avec des bagages.

Quand je dis vélo je devrais plutôt dire VTT car si le chemin de halage a par endroit été remplacé par une piste cyclable goudronnée il ressemble le plus souvent à un chemin de terre parfois agréable à rouler parfois empierré et souvent encombré par les racines des magnifiques arbres qui le bordent.
Depuis que le canal a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, des aménagements sont en cours mais ce n'est pas demain que l'on pourra joindre Bordeaux à Sète en vélo de course. Et j'ai peur que les premières parties de la chaussée soient dégradées avant que le reste soit terminé.
On peut d'ailleurs tomber sur des travaux en cours pour la réalisation de cette piste cyclable. C'est ce qui m'est arrivé lors de ce printemps 2007 en avance.

Dimanche 11/03 Valence d'Agen 08h15 Toulouse (Rangueil) 16h30
97 Km en 8h15 6h sur le vélo
Départ sur le chemin récemment goudronné le long du Canal Latéral à la Garonne, les premières écluses et en approchant de Moissac la piste devient un billard jusqu'à Castelsarrasin où après le port Cousteau on retrouve le classique chemin de halage en terre avec ses cailloux, ses racines et ses trous de ragondin. Enfin pas pour longtemps car je tombe sur les ornières crées par les tractopelles et les bulldozers qui heureusement sont en repos dominical. Un tas de gravats plus haut que moi barre toute la largeur du chemin. Je ne souhaite pas faire demi-tour pour retrouver le précédent pont et rouler sur l'autre rive pas plus praticable (herbe dense). Pas facile de porter un vélo avec des sacoches pleines alors je le hisse et passe plusieurs monticules. Je continue parfois à pied ne sachant pas jusqu'où se font les travaux. Autre bulldozer, heureusement que le terrain est sec. En fait les travaux vont jusqu'à Montech et le chemin est impraticable. Je conseille donc de prendre la N113 qui est parallèle (c'est ce que j'ai fait au retour).
A Montech la célèbre pente d'eau est au repos en attendant les touristes. Pour de nombreux kilomètres je retrouve le traditionnel chemin de halage. Puis plus on approche de Toulouse plus le revêtement s'améliore et plus il y a de cyclistes et de piétons jusqu'au centre ville où y a un trafic incessant de cyclistes surtout d'étudiants en allant sur Rangueil.

Lundi 12/03 Rangueil 09h10 Revel 16h30
86 Km en 7h20 5h30 sur le vélo
Dés que l'on arrive sur Toulouse, on effectue un 90° pour suivre le raccordement entre le canal latéral et le canal du Midi.
Direction Est on passe devant la péniche qui vend les célèbres souvenirs à la Violette de Toulouse.
Une véritable piste cyclable a été réalisée pendant 50 Km jusqu'à Port Lauragais. C'est un vrai bonheur pour les Toulousains et les voyageurs. Des sanitaires ont été installés ou partagés avec les aires de repos de l'autoroute. Ce qui permet de s'approvisionner en eau (Bien sûr les vélos sont interdits sur aires ASF mais des supports judicieusement placés permet d'attacher sa monture et de rentrer à pied).
A port Lauragais c'est encore une aire de repos qui se partage entre usagers de l'autoroute, de la piste cyclable et les navigateurs. On trouve ici cafétéria, restaurant et hôtel, boutique de souvenirs régionaux.
Mais le grand plaisir c'est d'arriver au seuil de partage des eaux de Naurouze où l'eau s'écoule d'un côté vers la méditerranée et de l'autre vers l'Atlantique.
Là j'ai décidé de quitté le canal du Midi qui continue vers Castelnaudary avec un chemin de halage beaucoup moins roulant pour suivre la Rigole qui alimente le canal en eau depuis le bassin de Saint Ferréol. Pour moi ce fut un retour à la source un peu comme un pèlerinage en hommage au génial Pierre Paul Riquet concepteur de ce magnifique ouvrage. J'ai donc suivi le sentier de service qui longe la rigole. C'est en fait une variante de GR 653 qui mène à Revel en longeant ce cours d'eau artificiel.
Il est alimenté en eau de la Montagne Noire et je craignais de devoir suivre une pente importante. Il n'en est rien car la rigole serpente sur 40 Km en s'écoulant doucement sous les arbres. C'est mieux qu'en rêve : un chemin de terre assez roulant avec le crissement de feuilles ou des épines des pins sous les roues sur lequel je n'ai croisé que quelques pêcheurs... Et pour soulager les fesses douloureuses les derniers km sont en terre battue, un paradis (Moto quad s'abstenir) où l'on croise davantage de promeneurs et cyclistes.

Mardi 13/03
Après une nuit réconfortante à Revel j'ai attaqué la matinée par le tour à pied du Lac de St Ferréol. Une randonnée de 10 km très agréable que je déconseille au Vététistes à moins d'avoir le pied montagnard et le mollet musclé. Sinon vous pouvez aussi vous y rendre par la route. Il y a au moins 2 hôtels prés du lac.
Après-midi début du retour vers Le Tarn et Garonne par le même chemin avec le même plaisir.

Total 378 km de souffrance et de bonheur pour lesquels je dois remercier les conseils généraux et régionaux qui subventionnent, les VNF qui entretiennent et les bénévoles qui balisent les chemins de randonnée.

- Et tu ne crois pas que tu exagères un peu avec tes 378 km de bonheur et le paradis de la rigole ?

Bon c'est vrai que ce n'était pas toujours aussi idyllique parfois le chemin était carrément pierrique... mais j'ai eu un temps magnifique et les paysages sont si beaux (eau,soleil,végétation)… Sous le pluie ou dans la boue sut été moins drôle.

- Là tu déblogues complément çà veut dire quoi pierrique ?

Pierrique c'est pire que pierreux. J'en connais un Pierrick et c'est un dur.

- Et pourquoi Facteur4 ?

C'est l'objectif pour la France de réduire par 4 l'émission de gaz à effet de serre pour 2050.
J'y participe en allant travailler 3 fois sur 4 en vélo.

- Et ton cassoulet ?

Là je plaide coupable. J'ai mangé le meilleur cassoulet de ma vie à l'hôtel du Midi à Revel. Mais il a été très productif en méthane. J'ai eu tellement mal au ventre que cela m'a empêché de dormir et que j'ai écrit mes cartes postales entre 3 et 4h du mat.
Que de bons souvenirs !

Bonne nouvelle

Posté par Facteur4 (13 messages) le 23 mai 2007 à 15:20 Bonne nouvelle !
Le chemin de halage entre Valence d'Agen et Agen a été transformé en piste cyclable.
C'est tout a fait pratiquable en vélo de route même course.
Si bien que l'on peut aller de Castelsarrasin à Agen et même 25 km au-delà sans quitter le bitume.
Ce sera bientôt le cas entre Castelsarrasin et Montech.
Merci aux départements aux régions et au subventions européennes.

Vers la Méditerranée

Posté par Facteur4 (13 messages) le 26 août 2007 à 16:33 Je viens de séjourner à Portiragnes et j'ai en profité pour longer une partie du canal en VTT. De Portiragnes à Béziers c'est une véritable piste cyclable qui permet en 17 km de rejoindre la ville natale du génial Pierre Paul Riquet. Puis en empruntant le pont-canal de Béziers où le canal surplombe l'Orb on arrive aux impressionnantes 7 écluses de Fonsérannes. 5 mn pour les longer à pied 2 mn en vélo et 1 heure dans le meilleur des cas pour les franchir en bateau.
Dans la direction opposer c'est 15 km de chemin de terre qui permettre de se rendre de Portiragnes à Agde en découvrant l'étonnant ouvrage de Libron. Ensuite pour continuer vers Sète une simple carte routière ne suffit pas. Car après l'écluse ronde d'Agde on est tenté comme les bateaux de suivre l'Hérault et l'on se retrouve sur un sentier qui disparait rapidement. Là il faut disposer d'un guide qui vous dira de traverser l'hérault par le pont d'Agde et de prendre la route direction Marseillan pour retrouver le canal à la sortie de la ville. Mais très rapidement le chemin de halage devient un simple sillon dans les joncs au bord de la berge. Parfois le berge s'est écroulée et il faut vraiment vouloir aller jusqu'au bout pour continuer. Il faut hisser le vélo sur le talus, le passer par dessus des barbelés et pénétrer dans la zone naturelle. Il faut du courage avec des bagages.

728 km en 9 jours

Posté par Facteur4 (13 messages) le 22 septembre 2007 à 11:08 J’avais prévu de longer en VTT le Canal latéral à la Garonne en direction de Bordeaux puis de profiter des pistes cyclables du bassin d’Arcachon. Mais à la vue des prévisions météorologiques : vent de Nord-Ouest soutenu toute la semaine, j’ai décidé d’inverser la vapeur et de partir vers la Méditerranée.

Lundi 03/09/07 Valence d’Agen 08h00 Rangueuil 14h00 95 km
Pour cette première partie du parcours que j’ai déjà décrite reprendre Chapitre 1 (03/07).
Parvenu jusqu’à Castelsarrasin sur une belle piste cyclable, je fus très surpris 6 mois plus tard de tomber de nouveau sur des travaux sur la portion Castelsarrasin Montech. La piste cyclable a été crée mais des portions sont inachevées d’autres en cours comme-ci des problèmes techniques empêchaient la réalisation ou si l’ouvrage était fait à contrecœur. Par exemple quand on arrive sous un pont le bitume s’arrête parce que les engins ne passent pas dessous.
Je rencontre un camion déversant des gravillons et suit le chemin d’accès à une ancienne maison du canal. Son propriétaire m’accueille très mal finissant par reconnaître que mon erreur est due aux travaux en cours (j’avais déjà remarqué lors mes nombreux passages précédents que ce monsieur faisait tout pour dissuader les gens de passer devant sa maison en longeant la canal). Plus loin je dois suivre une déviation pour la réalisation d’un autopont qu’un marcheur m’indique spontanément allant par gentillesse jusqu’à me proposer de l’eau.
Ces petits désagréments ne m’empêchent pas de réaliser ma première étape en 6H (10h15 en Mars 2007). Il faut dire que j’ai le vent dans le dos et que j’ai réduit les poses au minimum.
Je devais être à 15 h à l’INSA de Toulouse pour effectuer l’inscription de ma fille (celle-ci effectuant un stage chez AIRBUS).

Mardi 04/09 Rangueuil 08h45 Castelnaudary 16h00 73 Km
Une petite pluie matinale s’étant mise à tomber alors que je chargeais mon vélo.
Je décidai d’attendre un peu sous le porche d’accès à la résidence étudiante où ma fille a son studio. C’est là qu’il est utile d’avoir emporté un livre (Le canal du Midi et les voies navigables de l’Atlantique à la Méditerranée Editions Ouest-France) même s’il pèse 570 g. Ce qui n’est pas négligeable en vélo.
La pluie ayant cessé je retrouve la piste cyclable qui relie Toulouse à Port Lauragais.
A peine ai-je effectué quelques kilomètres que je sens un flou dans le pédalier. C’est ma pédale gauche qui s’est desserrée. Je sors de ma trousse la clé multi têtes (6-15 mm) et la resserre. 20 km plus loin elle a de nouveau du jeu. Cette fois j’utilise mon tournevis pour faire bras de levier et serrer davantage. Cette petite clé très pratique et légère (aluminium) n’y résiste pas et je me retrouve avec 2 morceaux, heureusement la pédale est resserrée.
N’ayant plus de contrainte horaire j’effectue quelques excursions à proximité du canal.
Je vais admirer le clocher mur de l’église de Villenouvelle (l’un des plus beaux de la région toulousaine) et par chance je passe devant un petit magasin moto. Où j’emprunte une clé de 14 pour finir de resserrer le pédalier.
Je vais admirer le village de St Rome qui est composé de maisons de différent style architectural. Mais n’en aurai qu’un aperçu par-dessus le mur d’enceinte, les visites n’étant pas autorisées. Je pousse alors jusqu’à Villefranche de Lauragais où pour 12 euros je déguste le menu du jour à l’auberge de la Pradelle.
Je rejoins le canal pour à nouveau m’en éloigner le temps de monter à pied à Montferrand dont il reste une belle porte fortifiée. De cette hauteur j’admire le panorama sur le Lauragais et la montagne Noire et découvre le phare aéronautique érigé en 1927 pour guider les pilotes de l’Aéropostale.
Ayant retrouvé le canal du Midi à l’écluse de l’océan, je longe le bief de partage des eaux jusqu’à l’écluse de la Méditerranée sur le chemin de halage en terre qui se situe rive droite jusqu’à Castelnaudary. (Il faudrait atteindre Béziers pour revoir du bitume : piste cyclable jusqu’à Portiragnes).
Je choisis de dormir (chambre 45 euros) à l’hôtel restaurant la Maison du Cassoulet et bien sûr prend la demi-pension (60 euros). Je ne suis pas seul à venir placer mon vélo dans le petit réduit en bas de l’escalier. Je reconnais un couple de personnes âgées (j’en ferai bientôt partie) que j’ai doublé sur le canal et qui dormiront dans l’hôtel d’en face (50 euros la chambre) mais ce sont les mêmes propriétaires.
A 19h35 je descend dîner (début du service 19h30) et attend une ½ h pour me voir servir un cassoulet brûlant que je dois encore laisser refroidir (je ne dispose pas d’assiette) .Tout le temps de ma présence, le garçon refuse des clients. Je ne suis pas le seul à vouloir dîner à la maison du Cassoulet à Castelnaudary. Peut-être pas le meilleur plan ! Celui-ci ne laissera pas un excellent souvenir gastronomique même s’il ne m’indisposera pas comme celui de Revel (Ch. 1). Pour la chambre aucun soucis elle a était refaite à neuf (rachat par ceux d’en face).
Pour la première fois, je mets les pieds dans un cybercafé. Cyber oui café ?
Il y a effectivement une cafetière (comme à la maison) et une armoire réfrigérée contenant des boissons sans alcool. Pour 3.80 euros je dispose d’une heure de connexion à Internet et pour 1.20 d’une cannette. Je peux ainsi consulter la météo qui annonce toujours un vent de Nord-Ouest d’environ 15 km/h. je poursuivrai donc avec un vent favorable. C’est ce vent qui m’a aidé que l’on peut identifier par la formation de rides lorsqu’il a la même direction que l’écoulement du canal (dans mon cas après le seuil de Naurouze) et par la formation de vaguelettes lorsqu’il est contraire (avant le seuil de Naurouze). Quand il commence à y avoir des vagues sur le canal là ce n’est pas bon du tout. Ne rigolez pas ! Au port de Castelnaudary il y a le plus grand bassin réalisé sur le canal (pour alimenter l’écluse quadruple de St Roch). Il a été nécessaire de créer une île arborée pour casser les mini tempêtes qui projetaient les barques les plus légères sur le quai et coulaient les embarcations les plus chargées.

Mercredi 05/09 Castelnaudary 09h00 Capendu 17h00 73 km
Quittant le centre ville je longe le bassin sur la rive gauche. Mais les maisons ont été construites tout au bord. Seul un passage de 30 ou 40 cm permet de circuler. Et des anglais s’apprêtant à faire le plein de leur bateau doivent me laisser passer avant d’accéder à la pompe de gasoil. Il est préférable en venant du seuil de Naurouze de rester rive droite. Il faut simplement faire un crochet pour contourner le hangar atelier de la société CROWN BLUE LINE qui communique par l’eau avec le bassin. Les bateaux de cette compagnie sont omniprésents sur le canal. On en retrouve beaucoup dans le « port » de la Tamarissière qu’ils ont créé sur le canal après Portiragnes. Là un grand nombre d’allemands, suisses… laissent leur voiture au parking fermé pour louer un bateau environ 2000 euros/semaine (95 euros pour faire convoyer sa voiture au lieu d’arrivée). Mais ce sont les anglais qui sont les plus nombreux sur le canal. Est-ce qu’ils viennent chercher le soleil? Disposent-ils d’un meilleur pouvoir d’achat où apprécient-ils plus notre patrimoine que nous-même ? Certainement les trois. C’est encore un anglais qui a écrit le premier ouvrage (Le Canal Entre Deux Mers L.T.C. Rolt EUROMAPPING) qui a provoqué mon engouement pour le canal.
Je décide de me rendre à St Papoul éloignée de 6 Km pour admirer l’ancienne cathédrale en suivant le GR7 qui longe le canal puis traverse ce village. J’effectue une partie du trajet à vélo puis décide de l’abandonner attaché à un arbre. Après 3 km de marche je peux admirer le cloître qui toute fois est moins joli que celui de Moissac. L’avantage de se promener en cette saison c’est que l’on peut grappiller des mûres ou des figues et plus au sud quelques grains de raisin.
De retour sur le chemin de halage, je redouble les 3 mêmes cyclistes qu’après Toulouse. Des femmes dont la plus jeune doit avoir la cinquantaine. Elles dégustent un café sorti d’un thermos. Elles ont laissé leur voiture à Agde et ont gagné Toulouse en Train.
Elles me confirment qu’elles ont fait ce choix en raison du vent.
Ayant « perdu » 2 h30 pour visiter St Papoul je crains d’arriver trop tard à la crêperie de L’écluse d’Herminis. J’y parviens à 14 h et suis heureux d’apprendre que l’on peut y manger à toute heure. J’opte pour une galette de sarrasin œuf, jambon, pipérade maison avec une bouteille de cidre. Qu’elle bonne idée d’avoir aménagée cette maison éclusière en crêperie.
On peut ici se restaurer en restant sous le charme du canal : soleil, arbres et verdure, eau calme. Je me régale d’en profiter d’autant que la semaine prochaine, l’établissement sera fermé me confie le serveuse après une saison où elle s’affaire de 6h à 23h tous les jours en utilisant des ingrédients frais. Je la félicite regrettant seulement qu’elle utilise du chocolat prêt à l’emploi (comme les autres crêperies) pour la crêpe chocolat banane que j’ai pris en dessert.
Mes tours de roue suivants me font traverser Carcassonne et c’est un peu frustrant car depuis le canal on ne voit pas du tout les fortifications. Peut-être y ferai-je une étape au retour. En effet le canal passe dans la ville basse et il y a un petit passage un peu difficile encaissé entre 2 murs presque verticaux où il y a des flaques d’eau et de la boue. J’admire un homme pendu à un filin par son baudrier en train de passer le rotofil sur le talus en face presque à la verticale.
Arrivé à la gare SNCF, il faut prendre la rive droite pour continuer.
Plus loin alors que je me suis arrêté à l’ombre des platanes, je vois passer 4 jeunes garçons à vélo. Ils ne parlent pas français et je m’étonne de les voir seuls. Je les reverrai arriver avec 4 adultes au gîte ou je vais passer la nuit. Ils sont du Venezuela mais je ne saurai pas dans quel cadre il effectue cette visite du canal. Le lendemain 2 de ces enfants semblent impatient de repartir et sortent leur vélo avec un adulte avant de déjeuner. Je m’étonne qu’aucun ne remarque qu’un des vélos est à plat pourtant c’est très net quand le jeune monte sur le VTT, le pneu est complètement écrasé. Peut-être n’ont-ils pas l’habitude d’utiliser des vélos ? Alors qu’ils prennent leur petit-déjeuner, je marche vers eux en portant le vélo. Les 2 garçons m’observent les yeux écarquillés. Avec mon maigre anglais je m’assure qu’ils ont de quoi réparer et regonfler avant de repartir.
Je remercie les cyclistes internautes qui mon fais connaître le Gîte
Le relais OCCITAN domaine de Beauvoir route de Capendu 11800 MARSEILLETTE 04 68 79 12 67 http://perso.orange.fr/relais.occitan/ 17 € draps et petit déjeuner compris (pas en chambre d'hôte)
C’est le meilleur souvenir de mon voyage. J’ai pu dormir dans un foudre dans lequel a été créé une porte. On y accède par un petit escalier en bois et dispose de 2 lits une chaise et de l’éclairage.
Faute de Bordeaux j’ai dormi bercé par d’anciens effluves de Corbières ou de Minervois. Le village De Capendu est à 2 km. Je m’y suis rendu à pied et en ai effectué le tour sans trouver de restaurant ouvert (j’aurai plus de chance au retour). Cela m’a permis de profiter des chaussées récemment refaites pour monter à l’église situer sur un petit piton rocheux qui apporte du charme. De retour après 6 ou 7 km je me contente de quelques biscuits et d’une petite gourde en compote (très pratique bien que produisant des déchets comme tous les emballages en portion). Bien que le propriétaire m’ait proposé de me dépanner d’une assiette de pâtes, je le remerciai rappelant que j’avais très bien déjeuné à la crêperie d’Herminis.

Jeudi 06/09 Capendu 09h00 Gruissan 17h00 86 km
C’est part un petit-déjeuner au soleil que je commence la journée. Je déguste la confiture de figues et ne peux m’empêcher de demander la recette au propriétaire du gîte :
Couper en deux 1 kg de figues à maturité.
Laisser macérer une nuit avec 600 g de sucre.
Cuire 40 min (plus pour une grande quantité) avec des amandes. Ecumer si nécessaire.
Je conseille de verser chaud dans des pots. De les fermer et de les retourner. En refroidissant le vide va se créer sans qu’il soit nécessaire d’utiliser de la paraffine pour assurer la conservation.
Il faut reprendre la rive gauche du chemin de halage à l’écluse de Marseillette.
Mon attention est retenue par un coffret électrique. Il s’agit d’une borne de chargement ELECTRA pour des bateaux de croisière électrique. Projet conduit par Réseau Aquitain Véhicules ELectriques et soutenu par l’Association Française Bateau Electrique.
J’ai alors une révélation. Je ne m’étais jamais imaginé faire le canal en pénichette.
Vitesse max autorisée 8 Km/H (en vélo on les double avec une facilité déconcertante)
Longue attente aux écluses. Contrainte horaire (elles sont fermées de 12 à 13h).
En fait le canal c’est l éloge de la lenteur. Il ne faut pas faire le canal mais le découvrir lui et ses alentours. Et j’envisage désormais de le parcourir à la retraite sur un bateau pourvu qu’il soit électrique…
Pour l’instant je pédale et je redouble 2 jeunes filles. L’une dotée d’une physionomie généreuse (elle remplit bien son cycliste) arbore un large sourire en me disant que finalement je ne vais pas plus vite qu’elles. En fait c’est le principe du lièvre et de la tortue et mes visites me font perdre le temps gagné. Elles souhaitent aller jusqu’à Sète et je leur apprends qu’après Agde le chemin est vraiment très mauvais (voir Ch.2 08/07)
Je traverse à l’écluse de l’Aiguille pour reprendre rive droite. Entre Argens et Paraza le chemin de halage et remplacé par une route départementale. Le château de Ventenac Minervois attire mon regard et je décide de déjeuner au Grilladou qui propose pour 10 euros un coucous (tous les jeudi midi). Agréable endroit où bien que situé dans le village le restaurant dispose d’une très grande terrasse sous les muriers-platanes. J’opte pour le carafon de vin rouge (compris).
Ici tout à le goût du vin même l’eau servie dans un bouteille à vin, bue dans des verres ayant contenu du vin et presque la couleur surtout pour ma petite carafe ébréchée toute auréolée de minervois.
Et tout ceci se digère assez bien. Toutefois je vérifie rapidement que plus on mange moins on pédale et dois oublier le grand plateau pour les 15 km suivants sous la chaleur du zénith.
Ayant exploré la fin du canal du midi cet été (Ch.2), au Point Kilomètrique 169 je bifurque à droite direction Sallèles d’Aude pour longer le canal de jonction vers le canal de la Robine.
Ici les écluses ont été automatisées et pour un temps les pins parasol ont remplacé les platanes sur le chemin de halage. Habitué à souffrir des sauts provoqués par les racines de ces derniers à chaque fois que l’on ne soulève pas les fesses pour utiliser les jambes comme amortisseur, je m’aperçois que les racines des pins sont pires parce que plus noueuses et plus difficiles à éviter.
J’effectue une dizaine de km avant que le canal de jonction ne se jette dans l’Aude dans laquelle les bateaux effectuent un petit km avant de descendre dans le canal de la Robine.
C’est là que je regrette de n’avoir pas mieux préparé mon itinéraire.
En effet j’avais acheté les cartes IGN du secteur Agen Bordeaux Arcachon et avais du les abandonner me contentant de prendre quelques info sur le canal du Midi (merci au site de Philippe Calas) et quelques conseils d’internautes pour les resto et les hébergements.
Mais n’ayant pas étudié le parcours du canal de la Robine où tout est prévu pour les bateaux mais rien pour les piétons et les cyclistes, je me retrouvais dans les vignes et pour la première fois me suis senti en difficulté. A pied à travers les fourrés je parviens sur le lit de l’Aude mais cela ne sert à rien, il me faut retrouver le chemin de halage du canal de la Robine (antérieur au canal du Midi). Je retourne à l’épanchoir de Gailhousty (très bel ouvrage) pour constater que la pointe où je vois virer les navires ne m’offre aucune possibilité de traverser à l’horizon. Seul un pont de chemin fer qui semble inaccessible surplombe l’Aude d’une trentaine de mètres. Heureusement j’aperçois un parcours VTT balisé indiquant Narbonne. Je le suis à travers les arbustes et monte aux niveaux de la voie ferrée. La fin du chemin est constituée par du ballast et je préfère finir à pied n’ayant que très peu d’aptitude au tout terrain surtout avec un vélo chargé. J’arrive à la voie ferrée luisante sous le soleil. Cela m’indique qu’elle n’est pas désaffectée. J’emprunte le pont sans traîner (c’est le cas de le dire). Parvenu sur l’autre rive après une centaine de mètres qui me paraissent assez long, j’ai le choix entre une rampe très vive ou un escalier bétonné. Je peux porté mon VTT dans un escalier mais lorsqu’il est chargé je ne m’en sens pas capable. Je décide de vider mes sacoches et procède en 2 étapes.
A l’imposant ouvrage suivant qui assure le liaison entre l’Aude et le canal ce la Robine, je retrouve le chemin de halage qui rapidement est indiqué comme piste cyclable pour Narbonne. Quel plaisir de découvrir cette belle ville et d’en traverser le centre le long du canal, évitant ainsi la circulation. Je m’arrête à l’office du tourisme pour retirer un plan des pistes cyclables. Curieusement l’hôtesse oublie de me demander mon département (j’aurais pourtant été fier de dire que j’en arrivais à vélo). Bonne surprise en continuant mon trajet en direction de Port la Nouvelle, le vais trouver la piste cyclable du littoral qui mène à Narbonne Plage en passant à Gruissan. C’est là que j’ai décidé de séjourner dans un village de vacances de mon comité d’entreprise. Ce parcours empreinte parfois un petit morceau de route et des chemins gravillonnés mais principalement une piste cyclable très agréable même si elle manque de poteaux indicateurs. Je croise un grand groupe d’adolescents en sortie avec leurs profs et ils ont tendance à croire que toute la piste leur est réservée.
Quel pied de pouvoir me baigner dans l’étang d’eau de mer de Gruissan. J’apprécie d’autant plus de me rafraîchir que c’est au bout d’un périple de 327 km que j’ai rejoint la Méditerranée.

Vendredi 07 et Samedi 08 Gruissan 88 km
Je commence ces 2 jours de repos par une randonnée pédestre de 08 h à 12h dans le massif de la Clape suivie d’un bain.
L’après-midi je vais visiter le Gruissan village puis le port où je peux consulter la météo à l’Argonaute (cybercafé qui tire son nom du voilier qui réalise des croisières sous les hautes latitudes) pour 1 euro les 10 min non dégressif (préférer connexion offerte à l’office du tourisme où à la capitainerie).
Beau temps et vent de Nord-Ouest, il me faudrait attendre jeudi pour partir avec un vent favorable et risquer d’être rattrapé par la pluie.
J’ai confirmation de cette météo sur téléviseur situé au bar de village de vacances.
Je regarde les informations et les 4 premiers sujets traitent du rugby. Il faut dire que c’est le premier match de la coupe du monde pour la France qui est donnée favori. L’animation a prévu de diffuser TF1 sur l’écran géant et un film sur la télé.
Ne me demandez pas si le match était bien, j’ai regardé le DVD acheté pour l’occasion : « Ne t’en fais pas, je vais bien » Très bon film sur l’amour d’un père pour ses enfants.
Ne croyez pas que j’aurais préféré un match de foot ou que je sois antisportif. Je suis pour le sport et contre la compétition. Pour moi la seule façon de jouer au foot c’est celle des africains : dés qu’un joueur marque un but, il passe dans l’équipe adverse.
Tout le cinéma autour de ces événements me fait penser au temps des romains où le peuple réclamait « du pain et des jeux ! » ou me fait croire que l’opium du peuple n’est plus la religion mais la compétition sportive.

Samedi je décide de retourner par la piste cyclable au canal de la Robine pour aller jusqu’à son extrémité Port la Nouvelle. Seul port de mer accessible par un marin d’eau douce.
Je vois quelques avirons (curieux tout de même de progresser en marche arrière).
Le vent souffle comme toujours dans la région et le contraste et grand entre les zones à l’ombre où l’on a froid et celles où le soleil nous chauffe avec puissance.
Le canal longe l’île Sainte Lucie réserve naturelle lieu de randonnées qui offre entre lagunes et étang, ciel bleu et senteur marines la découverte de sa faune.
Mais je décide de poursuivre vers Sigean qui me permet quelques minutes de profiter d’une inversion de vent sur le secteur de Perpignan et d’apercevoir des flamands roses.
Sur le chemin du retour, je croise un bateau filant à vive allure sur le canal. La femme assise à la barre et l’homme debout tous deux torse nu ne semblent pas connaître la raison de la limitation de vitesse à 8 km/h. C’est pour éviter le batillage (déferlement des vagues de sillage contre les berges) qui emporte peu à peu la terre retenue par les végétaux.
J’écris mes dernières cartes postales (même cela n’est pas facile avec le vent) et prépare ma monture.

Dimanche 09/09 Gruissan 08h45 Capendu 18h15 82 km
9h30 pour faire 82 km, ce n’est pas brillant. Alors que d’habitude ma vitesse de croisière varie entre 15 et 20 km/h en fonction de l’état du chemin de halage, je ne parviens pas à dépasser 10 avant de gagner le canal de la Robine. Là je croise environ 200 cyclistes (j’ai vu le dossard 189) en sortie familiale. Les canaux et les grandes villes font toujours de bonnes associations. Ils doivent venir de Narbonne. Une jeune fille sur un vélo de ville suivie certainement de sa mère et de son père arrive à ma rencontre. Etonnant l’homme porte dans une sorte de sac à dos un VTT certainement pour permettre à sa fille de changer de vélo. Apparemment il s’agit d’un 24 pouces et cela ne semble pas le déranger pour pédaler.
Plus loin je force un peu l’allure pour rattraper un coureur. Je lui annonce qu’il coure à 15 km/h. Il me dit que les tient sur un marathon. Tout de même avec ce vent de face il faut le faire.
Après avoir cueilli quelques figues sur un arbre providentiel, j’arrive à Narbonne où j’avais repéré un point d’eau. Au-dessus du canal le marché semble animé et la passerelle piétonnière qui l’enjambe et couverte de monde. Je ne m’attarde pas davantage ayant réservé le foudre pour le soir m’arrêtant toutefois assez souvent pour manger mes biscuits et luxe en vélo une pêche que j’avais soigneusement emballée. Je retrouve le pont de chemin fer où j’effectue le même transbordement et le canal de jonction. J’arrive au canal du midi toujours chargé d’embarcations. Cette fois je bénéficie du restaurant de Capendu où je déguste des moules servies bien chaudes (contrairement à celles que j’avais mangé à Gruissan).

Lundi 10/09 Capendu 08h15 Rangueuil 19h15 128 km
Ce sera l’étape la plus longue et même si le vent n’est pas aussi fort qu’à Narbonne ce sera aussi la plus difficile. Heureusement sur le canal règne toujours le calme et une ambiance sympathique. Ici tout le monde se dit bonjour. Ce n’est pas comme dans la vie courante (qualificatif bien adapté).
Ne voulant pas traverser Carcassonne le long du canal je décide prématurément de passer rive gauche que j’aurais du prendre devant la gare. Je profite d’un pont me croyant arrivé à proximité de Carcassonne mais après 2 ou 3 km je me retrouve bloqué par un cours d’eau alimenté par le canal et dois faire demi-tour (c’est le genre d’erreur dont il vaut mieux se prémunir sur un long parcours). Evitant la boue des berges je traverse Carcassonne sur les boulevards. Je retrouve la circulation et ses affres. J’avais presque oublié que les gaz d’échappement des diesels sont si dégueulasses (cette odeur aigre) et peu de gens font quelques choses pour que cela cesse.
Je retrouve l’alpiniste se battant avec sa débrousailleuse à peine 200 m plus loin qu’à mon passage à l’aller.
Arrivé à la crêperie de l’écluse d’Herminis, je vois le patron qui dépose les guirlandes lumineuses. Je m’étonne qu’il démonte alors que le temps et si beau et que sur son site Internet la fermeture est fixée aux premières pluies de Septembre. Il me dit qu’il est trop fatigué pour continuer et qu’il a aussi le droit de profiter du beau temps. Je lui souhaite un bon repos.
Plus loin, je bénéficie de quelques instants de bonheur à la terrasse du restaurant du port de Bram. Je m’installe à la limite soleil ombre car ce petit vent venant du nord et tout de même frais. Et dans ce paradis de calme de clarté et de verdure je me régale d’une farandole de pâtes (blanches, orangées, vertes et noir) à la carbonara qui constitue le plat du jour. Certes 12 euros cela fait cher les lardons et la crème fraîche. Mais cela vaut aussi pour la présentation l’élégance des nappes et des couverts.
A l’occasion d’un méandre et d’une protection partielle du vent, je parviens à dépasser 15 km/h et même plus dans la déclivité suivant une écluse. Hélas je dois piller pour éviter de me jeter dans des cordages que j’aperçois au dernier moment en contre-jour. Des anglais laissant franchir l’écluse aux bateaux venant en contresens et n’ayant pu s’attacher aux bites d’amarrage déjà occupées avaient tendu des cordes entre les arbres et leur embarcation.
« sorry ! » Même ici il y a des embouteillages.
Pour la première fois je dépasse les 100 km et je dois marcher quelques fois avec le vélo à la main pour décontracter un peu les muscles et grignoter sans perdre de temps. Comment se motiver pour aller au bout. D’abord avoir une bonne motivation. Dans mon cas hébergement gratuit dans l’appart de ma fille (sauf que je paie le loyer) et trouver quelques occupations de l’esprit. Par exemple 4 couples décident d’appeler leur fille Sarah (M. et Mme Fermi, Lenti, Vigote) pas trouvé le 4ème. J’utilise les inscriptions peintes sur la piste cyclable entre Port Lauragais et Toulouse pour vérifier la justesse de mon compteur kilométrique (à la fin du trajet je n’arrête pas de le regarder). Après divers recoupements (entre 2 écluses c’est pas toujours évident) je détermine que l’indication est donnée avec un excès de 2 % Ce n’est pas mal. Sur ma 406 il était de 6 et est de 1 % sur ma 407 (les constructeurs ont le droit d’indiquer la vitesse de leur véhicule par excès mais jamais par défaut).

Mardi 11/09 Rangueuil 08h45 Valence d’Agen 18h15 103 km
Avant de quitter Toulouse je me rends à l’office du Tourisme (tant pis pour les km supplémentaires) pour acheter du lait de Cocagne à offrir.
C’est un lait corporel à l’huile de pastel au doux parfum végétal (comme le lait de bébé)
Il est légèrement coloré en bleu pour rappeler que le pastel autrefois utilisé comme colorant après séchage des feuilles et mise en boule (cocagne) a fait la richesse du Lauragais
A peine ai-je quitté le canal du Midi au niveau des ponts jumeaux pour rejoindre le canal latéral à la Garonne que des nuages viennent masquer le bleu du ciel comme pour signifier mon passage à l’Ouest.
Avantage par rapport au canal du Midi sur les 95 km je vais en faire plus de 60 sur une piste goudronnée. Cela permet de profiter pleinement du paysage sans devoir suivre la meilleure trace (ou la moins mauvaise) guettant sur chaque cm la pierre ou la racine à éviter.
Dommage que le canal latéral offre moins de variété de paysage et d’ouvrage d’art. Hormis la pente d’eau de Montech et le pont canal de Moissac qu’il ne faut surtout pas manquer c’est surtout le passage des trains qui offrent un peu de distraction. Mais pour l’heure ce sont les délicieuses mûres qui retiennent mon attention. Beaucoup plus nombreuses que sur le canal du Midi, grâce à la pluviométrie mais surtout à la fréquentation moindre.
Retrouvant mon instinct de cueilleur, je repère les fruits rouges. C’est pour cette raison que nous avons été doté de la capacité de voir les couleurs. Pour très rapidement distinguer les fruits à maturité. Faculté que non pas les herbivores ou les carnivores comme les chiens qui voient en noir et blanc. Cette aptitude nous ne sommes pas prêts de la perdre tant dans notre société il est vital de ne pas confondre le vert et le rouge aux intersections. Et autant si je suis supporter de l’équipe en vert mes amis m’excuseront (ou me féliciteront) d’avoir tabassé un des supporters en rouge ou même l’arbitre (après tout il est en noir) autant il serait con que je frappe un vert (daltonien s’abstenir).
Ce n’est qu’une trentaine de km avant Montech que je retrouve le chemin de terre puis des gravillons à un passage ou les arbres encore trop jeunes pour me protéger du vent m’incitent à marcher à coté du vélo. C’est là que je retrouve la gentillesse des gens sur le canal. Un cycliste me demande si j’ai un problème. Je lui indique que cela fait 3 jours que je roule avec le vent contraire et il comprend que je souffle un peu.
Dés l’arrivée à Montech je trouve la voie verte que je ne vais plus quitter jusqu’à ma commune. Curieusement elle évite le port l’un des endroit les plus agréables du parcours en faisant emprunter 50 m de route aux cyclistes offrant tout de même l’occasion de s’y arrêter en passant devant le restaurant glacier qui à 15h n’est hélas pas ouvert. Ce sera pourtant quasiment le seul établissement devant lequel je passerai. Cela tranche vraiment avec le canal du Midi où plaisanciers et cyclistes se côtoient en permanence avec une affluence telle que l’on risque des accidents.
Suivant le ruban d’asphalte je longe les écluses de Montech et me retrouve coincé sur une presqu’île. Je tente vainement de continuer sur la rive gauche (la mauvaise) pour tenter d’accéder à l’autopont encore en chantier. Aucun accès possible pour passer sur l’autre rive.
Je dois faire demi-tour. Bien qu’il y ait aucune indication il faut emprunter la route qui longe la pente d’eau pour retrouver la piste cyclable.
J’espère que des panneaux seront mis en place tant pour indiquer les directions, les distances et les commerces que pour inviter à découvrir les sites des environs.
Je vais écrire en ce sens au Conseil Général après les avoir félicité.
Il serait dommage que l’investissement réalisé :
Département 1 118 140 euros
Europe 525 000
Région 194430
Etat 194430
TOTAL 2 100 000 H T
Pour la section Lamagistère Brouzidou dans le Tarn et Garonne ne soit pas suivi d’une mise en valeur et d’un entretien (il y a déjà des fissures dans le bitume à Valence d’Agen)
Arrivé à Castelsarrasin au port Cousteau je vois les derniers travaux de liaison de la piste cyclable qui traverse la ville. Puis jusqu’à Moissac beaucoup de promeneurs le long du canal comme d’habitude depuis cet aménagement.
Je termine les 313 km du retour en 3 jours beaucoup moins agréables qu’à l’aller mais toujours avec le beau temps.

Remarques : VTT (si vous voulez le voir je l’ai décrit sur le Forum VELOTAF car je m’en sers aussi pour aller travailler http://www.velotaf.com/index.php?showtopic=952&st=0&p=25666&#entry25666)
Poids 19 Kg sans les bagages, 24 avec.
Je ne comprends pas pourquoi un surpoids de 25 % du vélo change complètement les sensations. Avec 5 Kg de plus le VTT est moins maniable et semble beaucoup plus lourd. Il devient impossible de conserver l’élan dans les montées. Alors qu’avec moi dessus, le poids total roulant n’a augmenté que de 6 %
Peut-être quelqu’un pourra-t-il m’expliquer ?
En attendant je continuerai à préférer les chemins de halage qui sont quasiment plats.

J’aurai mis presque autant de temps à raconter mon voyage qu’à le faire.
Si certains passages ne vous ont pas intéressé, dites vous que cela a pu retenir l’attention de quelqu’un d’autre. Si d’autres non intéressé personne j’en suis désolé.
J’espère avoir donné envie à certain de se lancer dans cette petite aventure.
Concernant les frais d’hébergement que l’on peut trouver onéreux, il faut les comparer avec les frais occasionné par le même trajet en voiture.
D’après ViaMichelin Valence d’Agen Gruissan 254 km en 2h30.
Carburant 23 euros (je suis d’accord avec eux je dépense 0.10 euro d’essence par km)
Péage 18 (çà ce n’est pas obligatoire)
Par contre ce qui est obligatoire et que Michelin semble oublier (comme la plupart des gens) c’est l’investissement l’usure, l’entretien et l’assurance.
Ma voiture me revient à 0.30 euro/Km (http://www.velotaf.com/index.php?showtopic=437&st=140&p=31641&#entry31641)
Soit 254 * 0.30 = 76 euros
Alors que j’ai dépensé hôtel 45 + gîte 17 = 62 euros
Sans compter la pollution (qui elle est hors de prix)…















EN VTT PAR LA RIGOLE DU CANAL DU MIDI GR 653

Posté par RUE (1 message) le 27 septembre 2007 à 16:50 depuis 7 ans j'organise la descente du canal du midi de toulouse jusqu'a marseillan en 3 jours pour le compte de la mjc de marseillan. nous sommes à chaque fois une vingtène de cycliste.
nous aimerions changer notre départ qui c'est toujours fait de la gare matabiau à toulouse. j'aimerais faire le départ de ce périple cette annnée au lac de st ferréol et je me demandais s'il était pratiquable en totalité jusqu'au seuil de naurouze pour un groupe en vtt ou vtc.
quelle distance depuis le lac jusqu'au naurouze?
difficulté? technique ? temps?
dans l'attente de renseignements? merci d'avance

la rigole de la plaine

Posté par Facteur4 (13 messages) le 27 septembre 2007 à 18:39 La rigole de la plaine dispose d'un chemin de service uniquement accessible aux véhicule des Voies Navigables de France. C'est donc très roulant. S'il fait sec c'est un vrai bonheur. Au départ de Revel c'est une magnifique piste cyclable en terre battue puis un un chemin de terre bordé d'arbres trés agréable en VTT, VTC. Vous allez vous régaler surtout que vous bénéficierez d'une légère descente sur les 45 km qui vous mèneront au seuil de Naurouze. Des enfants le feraient sans difficulté en 3h ou 4h. C'est vraiment une bonne idée d'en avoir fait un GR et presque une piste cyclable.
Ce sera parfait pour votre mise en jambe...

canal du midi pentecote 2007

Posté par rué (1 message) le 28 septembre 2007 à 12:21 pour cette nouvelle édition 2007de la descente du canal du midi en vélo, nous partirons donc du lac de st férréol jusqu'a marseillan en 3 jours
1 ère étape : du lac st.férréol jusqu'a villepinte
2 ème étape : de villepinte jusqu'au domail du somail ( piscine )
3 ème étape : du somail jusqu'a marseillan
avec un repas le midi au port de colombiers ( une pasta !!! )
et l' arrivée au phare ou le canal se jette dans l'étang de thau
( photos souvenir du groupe)
avis au amateurs
tel: 06.03.07.31.66

509 km en 6 jours

Posté par Facteur4 (13 messages) le 9 juillet 2008 à 22:16 Préambule : Comme c’est la première fois que je pars en vélo avec un GPS, voici mes premières impressions qui permettront de comprendre l’usage que j’en ferai pendant le voyage.

J’ai été séduit par le GPS EVADEO de l’Institut Géographique National qui permet la navigation routière et la Randonnée. Et j’ai craqué pour la version 2008 qui possède une mode VELO. http://www.evadeo.fr/
Cependant je vais de déception en déception. Peut-être suis-je trop exigeant ou est-ce mon inexpérience qui est en cause ?
Je reconnais que c’est une merveille technologique mais je m’attendais à être plus convaincu :
- A l’intérieur (même d’une voiture) l’écran est lisible mais dès que l’on est à l’extérieur on ne voit rien. Dommage de devoir chercher l’ombre pour consulter les infos. Dès lors je ne vois pas l’intérêt d’acquérir un support pour vélo puisque le soleil empêche de voir l’écran (bien sûr j’ai réglé la luminosité au maximum).
- Recherchons tout d’abord ma commune : Valence d’Agen (5000 h).
L’évadéo ne connaît pas. Il ne connaît que Valence 82 alors que Via Michelin par exemple connaît. Dommage alors qu’il y a suffisamment de Valence de ne pas distinguer par le nom complet. J’espère que la base de donnée ne vient pas de l’IGN.
- Premier guidage MODE PIETON EN VILLE jusqu’à la gare. Impeccable le nom des rues s’affiche et j’arrive à destination. Cependant le GPS ne connaît pas le passage piéton sous la voie ferrée (qui existe depuis des années). Cela me laisse supposer que dans une autre ville je pourrais faire un détour énorme si l’évadéo ne connaît que les routes.
Confirmation je souhaite me rendre (à pied) de Sotteville-lès-Rouen au centre ville de Rouen (rue du Gros Horloge).
Je démarre le GPS sur le parking d’un supermarché (je tourne en rond un moment pour qu’il me localise) et pas d’indication d’itinéraire tant je ne mets pas le pied sur le bord d’une route. Là le tracé vert m’indique le chemin. Est-ce que l’évadéo ne connaît que les routes ? Pourtant pour faire ce trajet il me fait passer par une voie piétonne ? C’est vrai que c’est une ancienne route (mais je ne pense qu’il m’y fait passer par hasard).
- MODE VELO : Je souhaite aller de Valence d’Agen à Moissac. Il me fait prendre la N113 (pardon maintenant c’est une départementale) alors qu’il y a une vélo route parallèle située à 300 m à peine. Catastrophique ! Rassurez moi et dites moi que ce n’est pas toujours comme cela. Que ce n’est pas une super arnaque. Que le mode vélo n’est pas un mode voiture qui se contente d’éviter les autoroutes et qui en plus refuse de donner des itinéraires pour des parcours de plus de 100 km.
- Bon je télécharge les cartes 25000 de mon secteur : Pas mieux. Ma maison qui a 10 ans n’est pas dessus. A quoi sert d’afficher compilation 2006 si les données ne sont pas de cette année ? J’essaie le mode RANDONNEE. Là on n’est pas guidée. C’est dommage arrivé à un cul de sac (chez des particuliers) alors que je suis tout prêt de mon objectif, il ne me dit pas comment m’y rendre (cette fois je dois vraiment être trop exigeant). Alors je fais demi-tour. C’est sûr que si j’étais resté sur les routes j’y serais arrivé (sans intérêt).
- Pour me consoler j’essaie la NAVIGATION ROUTIERE. Je veux aller à Piquepoule lieu-dit dans le Lot et Garonne. Impossible de l’indiquer dans la fonction Aller à. L’évadéo ne connaît pas. Alors qu’il est indiqué sur ma carte papier au 200000 et que ce lieu-dit est sur les fonds de carte de l’évadeo. Obliger de le rechercher par tâtonnement sur l’écran en déplaçant, zoomant, déplaçant, dé zoomant … Cela sert à quoi d’annoncer une base de donner de 1700000 noms de lieux ?
Cette fois j’espère qu’on va me dire que je ne sais pas m’en servir et m’expliquer comment faire. Il faut dire que je trouve également le mode d’emploi sur le DVD EVADEO Primo vraiment light...
Lundi 09/06/08 Valence d’Agen 08h30 Fourques sur Garonne 16h30 99 km
J’ai prévu de longer le canal latéral à la Garonne jusqu’à qu’il se jette dans le fleuve puis de rejoindre la piste cyclable qui va de Sauveterre de Guyenne à Bordeaux où je pense faire ma 2éme halte pour enfin atteindre le Bassin d’Arcachon et ses nombreuses pistes cyclables.
La météo prévoyant de la pluie et des températures peu élevées pour les jours à venir, je suis contraint d’emmener des vêtements en conséquence. Je suis tout de même surpris que mon vélo et son chargement atteigne 30 kg alors que je n’emporte ni tente ni sac de couchage. Mais je ne peux pas partir à l’aventure sans biscuit (ni eau).
J’ai gonflé mon pneu avant à 2,5 bars et arrière à 2,8 pour le meilleur compromis roulage/confort.
Je ne reconnais pas mon VTT que j’utilise pourtant tous les jours pour aller travailler.
Heureusement que je ne vais pas à la montagne !
Après un passage au distributeur de la Banque Postale j’accède au canal où Valence d’Agen accueille des touristes sur son port de plaisance.
Le chemin de halage désormais transformé en piste cyclable est très roulant est ma vitesse de croisière se stabilise à 20 km/h grâce au macadam. Bien sûr il ne faut pas confondre avec la vitesse moyenne plus proche de 12 en raison des pauses, recherche d’itinéraire ou d’hébergement et des arrêts repas.
Rapidement je vois les aéroréfrigérants de la centrale nucléaire de Golfech : http://www.ville-golfech.fr/pageLibre00010811.html
Un seul libère un panache de vapeur qui vient se mélanger aux nuages, l’autre unité de production d’électricité étant à l’arrêt pour révision.
Après 10 km la voie verte change de rive. Mon premier passage en danseuse pour monter sur le pont me rassure quant à la bonne répartition de mon chargement.
Un peu plus loin, je quitte le Tarn et Garonne pour le Lot et Garonne laissant ainsi Midi-Pyrénées pour rentrer en Aquitaine. (Vivre à la frontière entre 2 régions peut poser quelques problèmes par exemple des établissements pourtant proches dépendant de l’académie de Toulouse ou de Bordeaux ont des périodes de vacances scolaires différentes. Gênant quand on a des enfants scolarisés de part et d’autre).
Mon premier chien errant est un berger allemand. Lui aussi m’a repéré et il décide de disparaître dans hautes herbes. Est-ce pour m’éviter ou mieux me surprendre ?
J’accélère un peu et ne le revois plus.
Après seulement 20 km, mon genou droit me fait un peu souffrir. Je ne m’inquiète pas car habituellement cette sensation finit par disparaître.
Voici la halte nautique de Montalembert et je profite un moment de cet endroit agréable sous un peu de soleil voilé. Des massifs de coquelicots et autres fleurs dites sauvages ont été créés. Le fléchage de l’opération « Tous à vélo » du 6 et 7 Juin n’a pas été enlevé. Nous sommes sur la commune de Boé :
http://www.ville-boe.fr/commune/environnement/villedeau.html
Zone résidentielle et commerciale avant Agen. Ayant été victime d’une pub, je décide de passer à DECATHLON pour acheter un maillot et un short cycliste en promotion. Il me faut alors attacher mon vélo et laisser le sac plastique (Go Sport) que j’utilise pour mettre des vêtements par-dessus mes sacoches (déjà pleines) à la consigne.
Vraiment trop lourd ce short avec ses multiples épaisseurs de tissus pour le confort et je crains d’y avoir trop chaud. Je me contente d’acheter un pantalon de pluie qui remplacera le pantalon de Kway trop court que j’utilise depuis 20 ans.
J’ai profité de mon passage en cabine pour me mettre en short mais à ma sortie, il tombe quelques gouttes. Heureusement le soleil va revenir.
Passant devant la déchetterie je vois une classe de préado tous en chasubles fluo en effectuant la visite. C’est peut-être que l’on appelle une classe verte !
Après ce détour de 12 km me voici de nouveau sur le canal. En tout cas cette pose aura fait disparaître ma douleur au genou.
Voici Agen et son bassin utilisé aujourd’hui par un club d’aviron. Agréable promenade sur son magnifique pont canal qui enjambe la Garonne. Les piétons peuvent ensuite remonter son cours et retourner en centre ville par la passerelle qui leur est réservée face au Passage d’Agen.
Depuis Toulouse, le canal latéral à la Garonne (193 km) ne cesse de se rapprocher et de s’éloigner du fleuve. Mais c’est à Agen le seul moment où il le franchit. Et c’est impressionnant de voir les bateaux naviguer 10 m au dessus de la Garonne en empruntant ce pont canal de 580 m de long édifié en pierre de taille :
http://www.ot-agen.org/fr/visiter/visite_pont-canal.asp
Je passe devant l’écluse d’Agen et me voici en terre inconnue. C’est la première fois que je pousse si loin vers le Nord-ouest tant j’avais été attiré par le Sud-est lors de mes précédents voyages (ou poussé par le vent voir Chapitre 2 09/2007). D’ailleurs faute d’indication je me trompe de rive et me voici sur le chemin de terre jusqu’au prochain pont.
Ce n’est qu’après 40 km que je double un premier cycliste. J’en croise davantage mais la voie verte est peu fréquentée en cette période. Evidemment les probabilités de croiser sont beaucoup plus grandes que celle de voir un cycliste circulant dans la même direction. Je dirais même que la probabilité de voir un vélo qui va dans la même direction à la même vitesse est nulle.
Me voici donc circulant à 23 km/h protégé par des arbres de chaque côté quand ma hanche devient douloureuse. Comme pour beaucoup de gens en ce moment, c’est la Droite qui me fait souffrir. Je profite d’une clairière pour manger des biscuits et la pomme golden bien mûre que j’ai emportée. Mais elle a souffert du voyage. Si j’avais été en bus j’aurais dit que le « car l’a brunie » mais là c’est dans ma sacoche de guidon qu’elle est devenue marron.
Je domine le canal où passe quelques bateaux de plaisance. Je me demande comment il était possible de haler les bateaux avec des chevaux ou des bœufs vu la différence de hauteur et surtout la présence de tous ces arbres dans le talus. Mais le diamètre de leur tronc m’indique qu’ils sont récents.
De retour sur la piste, je parviens à Buzet sur Baïse :
http://www.albret-tourisme.com/modules/news/article.php?storyid=9
Carrefour de la navigation fluviale entre le Canal, la Baïse la Garonne et le Lot.
Je m’étonnais de n’avoir pas vu de cerises (beaucoup de cerisiers en sont dépourvus suite aux orages) enfin je peux en goûter quelques-unes mais impossible d’atteindre les plus mûres.
Le ciel s’obscurci et le vent frais m’incite à remplacer mon short par mon pantalon de randonnée. Aïe ! Il me faut ma pince à vélo mais elle est au fond d‘une sacoche (car je suis parti en combinaison cycliste). J’improvise avec une tige d’herbe haute qui évitera le cambouis de la chaîne jusqu’au soir.
Cette fois beaucoup de cerises sont à ma portée, mais elles sont juste plus grosses que des petits pois et acidulées. Ce sont des "guignes" ou merises dont les merles raffolent. Même si elles sont un peu amères je m’en régale.
Il faudra atteindre mon 75ème km pour qu’un vélo de course me double.
J’arrive à Lagruère où le canal s’est rapproché de la Garonne jusqu’à en épouser les formes. Je demande au café du canal : http://www.linternaute.com/restaurant/restaurant/7802/au-cafe-du-canal.shtml
Quelle pâtisserie ils peuvent me proposer ? Mais comme ils n’en ont plus, je savoure une dame blanche (glace vanille sauce chocolat chantilly) sur la terrasse ponton.
Arrivé à Pont sur Sable, je cherche un hébergement. Je suis le panneau indiquant l’auberge la Mijotière. Bien que le portail soit ouvert l’établissement semble à l’abandon et il n’y a pas de tarif d’affiché. Je préfère ne pas savoir ce qui s’y mijote. Je retourne sur le canal et m’adresse à l’hôtesse de la base nautique qui bien que sensée ne plus faire l’office du tourisme m’indique une chambre d’hôte à Fourques sur Garonne.
Une dame m’accueille avec un accent que je suppose anglais. Elle me précise qu’elle s’appelle Fiona, son mari John qu’ils sont écossais installés en France depuis 5 ans ( elle donne des cours d’anglais et ils trouvent que vivre en France c’est encore mieux que d’y venir en vacances).
Je lui demande si Fiona est écossais. « Oui cela vient du gaélique qui veut dire blonde ou belle » elle ajoute « moi je suis l’autre Fiona » (elle est brune et pas spécialement jolie).
Quelques minutes après moi arrive un couple de marseillais qui occuperont l’autre chambre d’hôte. En vacances en direction de la Bretagne, ils ont quittés l’autoroute pour que le monsieur ne loupe pas le match de foot. La France jouant à 18 h dans la coupe d’Europe. Décidément je suis poursuivi. Lors de mon précédent voyage, c’était la coupe du monde de rugby (voir Chapitre 2 09/07).
Après le kir (liqueur maison) nous partageons le repas avec leurs amis anglais qui viennent de recevoir leurs enfants venus du Canada qu’ils ont été cherchés à Toulouse et amenés en 5 jours sur leur pénichette.
Excellent dîner autour du magret de canard ou barbecue, dessert avec cerise maison alcool et cannelle. Whisky 12 ans d’âge juste avant la pluie qui nous conduit a aidé Fiona à débarrasser (enfin nous les Français car les autres ne semblent pas perturbés).
Je recommande pour le chaleureux accueil et la cuisine maison :
http://www.fionas-bb.com/

Mardi 10/06 Fourques sur Garonne 09h Sauveterre de Guyenne 17h 62 km
La pluie a cessé ce matin mais les arbres qui bordent le canal distribuent encore quelques grosses gouttes. Et seulement après quelques km, il commence à pleuvoir. Je vais pouvoir essayer mon poncho acheté à Moissac (où tant de pèlerins s’arrêtent sur le chemin de St Jacques de Compostelle). J’essaie de couvrir le guidon et l’arrière de la selle mais ce n’est pas évident. Déjà il s’accroche sur le support de mon compteur kilométrique provoquant un petit trou. Heureusement la pluie est très faible et je peux le retirer. Je décide tout de même d’aller m’abriter à Couthures sur Garonne en allant voir le spectacle GENS DE GARONNE.
Il met en scène des décors et des acteurs filmés en racontant la vie du village.
Je ne peux vous en dévoiler toutes les ficelles pour conserver la surprise mais vous conseille de vous y rendre avec votre bouée et de bien vous accrocher lorsque est retracé la grande inondation de 1952 après celle encore plus terrible de 1930. D’ailleurs il est interdit de quitter la salle pendant le spectacle :
http://www.gensdegaronne.com/scenovision/squelettes/i/gensdegaronne.pdf
Hélas à la fin du spectacle il pleut davantage et je décide d’attendre à la maison des gens de Garonne en lisant l’hebdomadaire Marianne qu’un collègue m’a passé.
Un article inattendu de Matthieu Grimpet « Bienvenue chez les Ch’tis : une illusion, un souvenir qui pourrait se transformer en cauchemar : Ce film conforte les Français dans les clapiers intérieurs où ils aiment se réfugier par gros temps. Se voiler la face, un sport national depuis Alésia. Dans le gnangnan les Français voient la gentillesse. Dans le cliché, l’humour… Dans la vugarité de la tradition. Dans l’union des angoisses de la solidarité. Dans le mauvais français mâchonné par des Rmistes mal nourris, un patois séculaire. »
Peut-être un peu trop critique ? Mais je ne regrette pas d’avoir échappé à la déferlante de plus de 10 millions d’entrées. Pourtant ma femme et mes enfants y sont allés 2 fois (la 1ère le cinéma était complet).
Il me faudra attendre qu’il soit plus de 13 h pour pouvoir reprendre la route sans pluie. Je souhaite retourner au canal par le même chemin mais dés la sortie du village, je m’aperçois que je me suis trompé. C’est le moment d’allumer mon GPS. Je lui demande de m’emmener à Meilhan sur Garonne prochaine commune sur le canal. Je suis ses indications mais croyant reconnaître le canal derrière l’alignement d’arbres caractéristiques, je quitte la route pour un chemin herbeux qui m’amène sur les berges … de la Garonne. Demi-tour et suivi des instructions. Cependant un peu plus loin je comprends que le GPS va me faire faire un détour pour aller chercher un pont. Apercevant à nouveau une allée d’arbres, je prends un chemin barré par un poteau béton couché en travers et progressant dans la boue je retrouve après le talus la piste cyclable espérée.
Je crois voir une mouette ce qui présagerait d’un mauvais temps sur la côte atlantique.
Mais il s’agit d’un héron cendré qui plane au-dessus du canal.
Voici le premier panneau indicateur sur la voie verte Agen 72 km et Castets en Dorthe 15 km dans ma direction. Je dois être arrivé en Gironde, le département des pistes cyclables.
Mais ce qui m’étonne c’est que celle-ci soit baptisée D809. Peut-être un moyen de les faire connaître aux GPS ? Je crains que la dénomination départementale sème le doute et qu’un automobiliste l’emprunte. En tous cas cela explique les différences de balisage d’un département à l’autre. Pourtant cette voie verte revêt un intérêt national. Surtout qu’à terme elle reliera Bordeaux à Sète. Il aurait été judicieux d’homogénéiser les indications.
Je passe la halte nautique de Fontet où un « port » à été créé en creusant un bassin communiquant avec le canal.
J’arrive à Castets en Dorthe et je peux enfin découvrir l’extrémité du canal qui se jette dans la Garonne par l’intermédiaire de 2 écluses. Un employé des Voies Navigables de France gère les feux de signalisation et les écluses depuis sa cabine d’observation.
Un bateau de plaisance se présente pour accéder au canal. L’éclusée et longue en raison de l’important dénivelé.
http://www.canal-du-midi.org/fr/canal/cartes/aquitaine/33_gironde/castets_en_dorthe.aspx
Il est 15 h et le petit déjeuner de Fiona s’il m’a permis de tenir jusqu’ici est maintenant loin. Je mange 3 barres de céréales en me disant qu’en fait mon vélo avance aux Biocarburants. Mais il ne faut pas rire avec cela. Le suisse Jean Ziegler, ex-rapporteur de L’ONU vient de déclarer « Les agrocarburants sont un crime contre l’humanité » et en France ce crime paye. Puisque devenus compétitifs, ils continuent de bénéficier de subventions alors qu’ils provoquent la famine dans les pays les plus pauvres. Sans compter les déforestations (par exemple en Indonésie) à grand coup d’incendie pour planter de la palme dont on tirera de l’huile pour les diesels.
Puisque la voie verte s’arrête, c’est ici que j’avais prévu de démarrer mon GPS (il est inutile sur le long du canal et ne connaît pas les pistes cyclables). En mode VELO, il m’indique le chemin le plus court pour rejoindre Sauveterre de Guyenne en évitant les routes à grande circulation.
Avec le soleil, je ne peux voir l’écran donc je le place dans ma sacoche de guidon et écoute la dame qui annonce « dans 100 m prenez à droite », « au rond point prenez la deuxième sortie ». Cela évite de devoir sans cesse déplier une carte.
Attention une simple secousse et la voix peut s’évanouir par une simple pression sur le bouton marche/arrêt. Je comprends pourquoi les téléphones réclament 2 touches pour déverrouiller le clavier. Désormais je mettrai le GPS dans le filet extérieur de la sacoche.
Je franchit donc la Garonne et au deuxième carrefour où je suis sensé aller tout droit la route et barrée pour travaux. Cela commence mal. Que faire prendre à droite ou à gauche ? Non en vélo je peux passer. Je longe le chantier puis franchi un passage à niveau également barré.
Me voici aux milieux des vignes où des ouvriers s’affèrent autour des fils tendus qui conduiront la pousse et supporteront les futures grappes. Mais comme je m’y attendais en quittant la vallée, je dois franchir une succession de coteaux et je ne pense pas que le GPS tienne compte de l’altitude.
Bien sûr des descentes succèdent aux montées et cela me permet d’atteindre 46 km/h mais les côtes sont dures avec le VTT chargé et je regrette la platitude du chemin de hallage.
J’effectue quelques passages en marchant à côté du vélo et pour me narguer une pancarte annonce vignoble Jalabert.
Astucieusement le GPS me fait éviter les routes à grande circulation et me voici à l’entrée de Sauveterre de Guyenne où je repère le début de la piste cyclable que j’emprunterai demain.
(A ce lien est associée une carte qui permet de situer mon parcours sur 6 jours)
http://www.sauveterre-de-guyenne.com/content/blogsection/3/62/lang,fr/
Très jolie Bastide du vignoble de l’Entre deux Mers. Mais qui ne dispose que d’un hôtel complet pour ce soir. C’est à l’office du tourisme qu’un très serviable jeune homme (dommage qu’il est une haleine de fumeur) finit après plusieurs appels téléphoniques par me trouver une chambre d’hôte. Toutefois je ne pourrai pas y dîner.
J’ai le choix entre SuperU et Petit Casino pour faire quelques courses. Pour une fois je fais le choix du petit (c’est aussi cela les modes de déplacement doux : un autre comportement).
Une baguette aux graines de sésame, un caprice des dieux, biscuits et soja dessert BIO CASINO, Nectar de fruits et gourdes de compote CASINO (la compote qui voyage bien mieux que les fruits c’est la seule chose que j’avais oubliée au départ) et me voici un peu plus chargé.
Heureusement les coordonnées sont indiquées sur la plaquette de présentation du Gîte.
Pour la première fois, je vais saisir une Latitude et une Longitude pour me faire guider :
44.6985249 je suis presque entre l’Equateur et le Pôle. C’est cette latitude de climat tempéré qui convient particulièrement à la vigne.
- 0.0506830 je suis pratiquement sur le méridien de Greenwich. Mais ce moins correspond-il à une longitude Est ou Ouest que réclame mon GPS ?
J’hésite et essaye Ouest. Je visualise le trajet qui ne m’amène pas au bon village.
Non bien sûr la progression va de l’Est vers l’Ouest comme les fuseaux horaires.
Je saisis 0.0506830 de longitude Est. Et me voilà parti !
Une nouvelle montée puis une petite descente et à 3 km de Sauveterre le GPS me déclare arrivé à destination. Il me faudra encore faire 200 m pour atteindre la chambre d’hôte :
http://www.moulindestleger.com/pages/indexpag.html
Le propriétaire est intéressé par mon expérience GPS car il vient de démarrer son activité et adhère au label vélo entre 2 mers. Pour moi le petit écart de coordonnées d’un GPS à l’autre n’est pas un problème. Il me remet un dépliant : carte touristique Voie Verte Bordeaux Toulouse (désolé je n’ai pas trouvé de lien Internet pour vous en présenter un plan. Je crois qu’il n’en existe pas).
Sa chambre d’hôtes y figure parmi les bonnes adresses vélo.
« Enfin une carte que je pourrais afficher dans ma chambre » lui dis-je.
Il ne manque plus que la liaison entre Sauveterre et Fontet (sur le canal) tracé ici en pointillé. Peut-être qu’un même plan Toulouse Sète existera dans quelques années ? Pour l’instant cela ne semble pas bouger beaucoup du côté méridional.
C’est une demeure de charme avec un joli parc traversé par un cours d’eau. La chambre verte (dans laquelle j’ai dormi) est luxueuse et doit être très agréable par grande chaleur. Mais à déconseiller par température plus basse aux personnes sensibles à l’humidité.
Après avoir goûté aux cerises et aux fèves crues du jardin sur invitation de la maîtresse de maison qu’elle apprécie à la croque au sel, j’ai pu dîner au soleil et recevoir la visite (quotidienne) de l’écureuil qui lui aussi apprécie les cerises. Dommage d’être dans le Bordelais et de ne pas déguster un verre de vin avec mon sandwich au fromage.

Mercredi 11 Juin Sauveterre de Guyenne 08h45 Arès 17h00
Après un petit déjeuner en compagnie de mes hôtes (j’ai toujours quelques difficultés avec ce mot polysémique qui désigne tantôt celui qui reçoit et celui qui est reçu) et une agréable discussion je rejoins la piste cyclable qui permet d’atteindre Bordeaux.
Réaliser il y a une quinzaine d’année sur le tracé d’une ancienne voie ferrée la piste Roger Lapebie : http://www.tourisme-gironde.fr/cdt_piste_cyclable_latresne.asp
est roulante et très bien sécurisée. A chaque intersection un aménagement permet aux cyclistes de céder le passage et traverser les carrefours dans les meilleures conditions. A l’inverse à chaque sortie de propriété et même des champs les riverains sont avertis et doivent laisser passer les vélos.
Pourtant à part quelques promeneurs avec leur chien, l’endroit n’est pas très fréquenté.
Il faut dire que c’est dans la brume que commence cette journée. Décidément cette année l’été se fait désirer. Et il me faudra faire 15 km pour voir un premier vélo et 25 km pour en croiser plusieurs. Certainement des Bordelais en échappée vers la campagne.
Alors que mon totalisateur atteint 200 Km, je parviens à la vélo gare de Créon :
http://www.tourisme-creonnais.fr/index.php?id=50
C’est la première vélo station de France. On peut y faire réparer son vélo ou en louer.
L’office du tourisme de Créon situé au milieu de la piste Roger Lapebie (vainqueur du tour en 1937) propose de nombreuses animations autour de la petite reine. Je discute un moment avec l’hôtesse et félicite la Gironde ambassadrice du Vélo entre 2 Mers. Précisant que les hébergements proposer le long de la piste deviendront vraiment intéressant (pour l’instant faire une étape sur une piste cyclable de 50 km ?) lorsqu’elle sera reliée à la piste du canal. Elle me confirme que le budget est voté.
J’arrive rapidement à Lastresne ou s’achève la piste cyclable. Le restaurant de la Gare tombe à pic à 11h50 je ne serai pas à la traîne pour déjeuner. A si j’y suis !
Je craque pour un plat unique suprême de poulet aux langoustines et St Jacques.
Une seule goutte de pluie viendra perturber mon déjeuner en terrasse.
Mon arrivée sur Bordeaux est moins poétique avec le trafic de poids lourds. C’est à un autocar que j’attribue le prix de celui qui me passe le plus près.
Cela donne chaud et comme le soleil pointe. Je choisi de me dissimuler dans l’ombre de la ruelle formée entre le magasin NORAUTO et KIABI pour passer en mode short tee-shirt.
Je suis les indications du GPS, cela me permettra de traverser Bordeaux sereinement.
Me voici sur le pont de pierre et les façades blanches alignées le long de la Garonne brillent sous le soleil. C’est magnifique et j’approuve leur classement au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le métro que je croise qui lui aussi emprunte le pont de pierre ne rompt pas le charme. Il est élégant et discret grâce à l’induction. Aucun cable ne vient gâcher le décor. Le système a été difficile à mettre au point mais c’est une réussite :
http://www.tramway-bordeaux.veoliaenvironnement.com/
Cependant le tram étant prioritaire, les autres usagers doivent attendre longtemps aux feux à proximité du pont.
Je parviens rive gauche et passe devant la rue commerçante St Catherine toujours chargées de piétons.
Je passe devant le Conseil général et la patinoire. Mon GPS transforme ce qui aurait pu être une corvée en une agréable visite. Sauf lorsque le bruit couvre ses indications. Pas de panique il recalcule l’itinéraire et me fait emprunter la prochaine à droite qui est en sens interdit sauf pour les vélo (finalement il est très fort). Même qu’en je suis tenté de poursuivre la piste cyclable sur laquelle je roule. Il m’invite à tourner pour prendre la bonne direction (ce qui m’oblige à traverser une haie de séparation) sans lui j’aurais filé tout droit.
Voici Mérignac et son aéroport qui m’accueille dans un bruit assourdissant, des centaines de litres de kérosène (non taxé http://lesverts.fr/article.php3?id_article=2319 ) se transforment en gaz à effet de serre. Plus loin c’est la base militaire où est exposé au bord de la route un magnifique avion de chasse. Ce doit être un intercepteur Mirage IV (je ne suis pas spécialiste) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Mirage_IVP_-_CF.jpg
370000 heures de vols de 1964 à 2005 (je ne m’en venterai pas)
Me voici sur la D106. Je peux éteindre mon GPS maintenant c’est tout droit jusqu’à Arès.
Je m’achète quelques cerises et les déguste à l’ombre providentielle d’un arbre unique à côté d’une chapelle. Le soleil est au zénith et commence à chauffer.
Je mets sous tension mon portable (cela peut parfois être utile) et appelle l’accueil du centre de vacances pour m’assurer qu’il y a de la place dans un des gîtes de mon CE.
Arrivée à St Jean d’Illac, le soleil brille toujours mais il pleut. Je dédaigne les devantures des magasins qui auraient pu m’offrir un abri, persuadé qu’il ne s’agit que de quelques gouttes.
Curieusement le collège est implanté au milieu de nulle part. Une zone ou le pins ont été abattus pour le construire en pleine pinède. Je me fais violemment klaxonné par un poids lourd. Je comprends qu’il y a une piste cyclable de l’autre côté (pour que les collégiens).
Mais comment y accéder ? Un fossé m’empêche d’y accéder. Il est rempli d’eau stagnante. Je le longe en marchant un moment. Puis trouve un endroit moins profond où mes roues ne s’enfoncent pas trop dans la boue. Effort pour pas grand-chose : la piste se termine rapidement.
Sur ses 30 derniers km la D106 se transforme en voie rapide limitée à 110 km/h. Je ne suis pas fier et roule à l’extrême droite de la pseudo voie d’arrêt d’urgence. Je doute même que cette route soit autorisée au vélo. Pourtant aucun panneau ne les interdit.
En plus le ciel est tout noir à l’horizon. Par chance j’échapperai à la pluie. Je subirai que quelques projections des voitures sur la chaussée encore mouillée.
J’arrive au village de vacances juste avant la fermeture de l’accueil. Je ne prends pas le temps de m’installer dans mon gîte, enfile mon maillot et me dirige vers la lagune. Justement un homme qui semble être arrivé en vélo et en train d’enfiler une combinaison des lunettes et un bonnet de bain. Contraste avec moi qui arrive avec ma serviette de plage de 50 x 30 cm.
Même s’il a plu, l’eau ne me semble pas froide. C’est super de pouvoir se baigner dans cette piscine d’eau de mer. Car le Bassin d’Arcachon étant très plat, il n’est pas rare que l’eau se retire très loin. Pour les petits cela permet d’éviter de se rendre à la plage de Lacanau Océan (avec ses dangers). Ici ils peuvent même faire leur première glisse sur des voiliers Optimist.
Epatante cette journée où j’ai eu la chance d’éviter la pluie (alors que dans le Gers par exemple les gens ont subi des inondations) et même pris des coups de soleil sur les bras (heureusement j’ai prévu un sachet échantillon de crème hydratante). Bon ce n’est qu’un grand trou dans le sable rempli d’eau de mer stagnante avec de la vase et des algues dont on ne peut renouveler l’eau qu’aux grandes marées par une trappe. Des systèmes équivalents sont utilisés à pour la récolte du sel, l’élevage d’alvins et la culture de la salicorne : http://pagesperso-orange.fr/algues/salicorne.htm
Après une bonne douche, je peux bénéficier du service de plats cuisinés et de l’animation cartes de la soirée. Un des vacanciers s’étant proposé d’interpréter des chansons et du jazz manouche avec sa guitare, je remporte 3 manches de belote attablé sur cette terrasse musicale. Bizarre le couple de mes adversaires prêtant que l’on peut battre les cartes à la belote. Ce qui est sûr c’est qu’après avoir mélangé plus personne n’a de jeu. Mon partenaire responsable de l’animation me propose de participer à l’excursion du lendemain car il reste de la place dans le bus.
J’hésite car la météo est incertaine. J’avais prévu de profiter des pistes cyclables qui longent la côte au milieu des pins pour rejoindre Soulac. Puis de prendre le bac pour traverser la Gironde et poursuive jusqu’à Saumur. Où nous sommes invités à un mariage le week-end suivant (le vélo aurait alors fait le retour sur la voiture). Mais ma femme m’en a dissuadé. Elle préfère que nous partions ensemble avec nos 3 enfants. Il faut dire que nous devons séjourner chez la grand-mère de la mariée que nous ne connaissons pas et il vaut mieux ne pas y arriver en ordre dispersé. Et puis c’est un peu le rôle de la femme-mère de faire revenir à la maison l’homme-enfant explorateur.

Jeudi 12/06 0 km en vélo 150 km en car.
Tous volets fermés, le jour me réveille bien avant la sonnerie et cela me permet de découvrir que la fonction réveil est opérationnelle quand mon téléphone est éteint (je croyais naïvement qu’il fallait qu’il soit en service). Je peux même écrire mes cartes postales avant de partir.
Départ 8 h sous le soleil pour cette découverte du Médoc.
La Gironde est le plus grand de nos départements. Sur les 120000 hectares consacrés à la vigne, 12000 sont dans la Médoc. C’est le territoire de l’appellation la plus étendue que nous allons découvrir. Nous avons beaucoup de chances car notre guide habite le village de Margaux et un de ses enfants travaille au château Margaux. Ce 1er cru classé est tellement célèbre que beaucoup pensent avoir bu du vin de cette propriété. Mais c’est peu probable car une bouteille vaut 200 euros et jusqu'à 500 pour les grandes années. Surtout que 99,5 % de la production va à l’exportation. Pourtant le prestige est un peu artificiel car il date du classement organisé à l’occasion de l’exposition universelle de 1855 et ne sera jamais remis en cause. Un seul changement a été effectué dans les grands crus avec l’entrée en 5ème position de Mouton-Rotschild en 1973 (il fallait qu’il ait les reins solides).
En fait il ne faut pas confondre appellation Margaux et Château Margaux.
Pour la première nous irons découvrir la production d’un cru artisan. Et même dans cette petite propriété ne couvrant qu’une faible superficie, toute la récolte ne peut prétendre à l’appellation Margaux. Seuls les pieds qui s’enracinent dans des graves (cailloux arrachés aux Pyrénées et apportés par la Garonne il y a 2 millions d’années) en ont le droit. La vigne pourtant toute proche située dans un terrain plus argileux devra se contenter de l’appellation Haut Médoc. Nous pouvons en apprécier la différence lors la dégustation généreusement accompagnée de fromages.
Pour le second nous devrons nous contenter d’une vue sur le parc et le château. (pour être autoriser à visiter, il faut mieux arriver en hélicoptère). Le château Margaux est le premier à avoir décidé d’enterrer son chai (soit disant à cause du risque de la radioactivité). Sous une superbe pelouse grande comme un terrain de foot et sous haute surveillance reposent les précieuses bouteilles.
Nous circulons à travers les vignes et je suis étonné que les propriétés soient si proches et si nombreuses. Quelques centaines de mètres séparent un château d’un autre. Parfois il s’agit d’une simple bâtisse mais souvent de superbes châteaux avec parc et notre guide en connaît tous les noms ainsi que celui des propriétaires successifs. Même pour celui qui ne s’intéresse pas au vin la visite est plaisante. Voici le petit Versailles puis les jardins somptueux d’un des châteaux Rotschild. Ici s’affèrent toutes l’années une douzaine de jardiniers car le propriétaire ne souhaite consommer que les légumes de sa propriété.
Voilà qui nous amène à la pose déjeuner dans le restaurant d’un village. Ici 100 à 200 personnes chaque midi (seul le plat principal est servi à la table). On peut y reconnaître plusieurs équipes d’embouteillages grâce à leurs « bleus » bordeaux. C’est en ce moment qu’avec leur camion ils vont effectuer les mises en bouteilles du nouveau millésime de propriété en propriété.
Après une attente en file indienne et un repas copieux nous reprenons notre visite.
Beaucoup de gens s’affairent à raboter la vigne. Il faut rappeler qu’à l’origine c’est une liane et qu’elle peut pousser de 8 cm en 24h. On peut pénétrer dans les vignes avec des engins à tout moment de l’année car le sol est très drainant. C’est important pour le taux du sucre des raisins qui ne doivent pas être gorgés d’eau. D’ailleurs il est interdit d’arroser la vigne. Par contre on peut chaptaliser le vin (ajouter du sucre avant la fermentation pour augmenter le degré d’alcool) ou s’il contient trop d’eau en éliminer par osmose.
Nous traversons la voie ferrée ou circule le TGV (Train des Grands Vignobles). Puis nous nous dirigeons vers l’estuaire pour atteindre le château de la tour de By. Notre visite commence à l’extérieur. Ici comme dans d’autres propriétés on a conservé avant chaque rang de vigne un pied de rosier. C’était lui l’avertisseur qui attraper le premier le mildiou.
Lorsque le rosier était atteint par le champignon, il fallait vite traiter la vigne.
Séparés en 2 groupes d’une vingtaine, nous empruntons l’escalier circulaire pour accéder au sommet de la tour placée au milieu du vignoble : http://www.la-tour-de-by.com/
C’est un ancien phare et nous avons une magnifique vu sur la Gironde. Ici l’estuaire fait 12 km de large et c’est impressionnant un peu comme si la mer avait phagocyté la Garonne. Nous voyons la drague qui à longueur d’année s’active pour permettre le passage des plus gros navire.
Nous visitons le chai où ce Cru Bourgeois est encore élevé en cuves de bois.
J’aperçois dans le caveau des bouteilles de 1959 (mon année de naissance,c’est vrai que je prends de la bouteille) et n’ose pas en demander le prix. Nous terminons par la dégustation.
Ce circuit s’achève par la visite de la « Noisetine du Médoc » confiserie constituée d’une noisette enrobée d’un délicieux sirop caramélisé. Accompagnées d’un verre de vin nous dégustons les productions artisanales présentées par une facétieuse hôtesse qui nous narre l’histoire de la petite société de ses patrons.
J’achète un petit sachet de Noisetine que je pourrai ramener en vélo. Cela alourdira moins mes sacoches qu’un château Margaux qui aurait pourtant bien allégé mon porte-monnaie.
Le retour en car s’effectue dans le calme. L’animateur (mon partenaire de belote) prend soin de prévenir par téléphone le service de plat cuisiné que nous aurons un peu de retard.
Mais je n’ai pas très faim et me contenterai d’une salade composée.
Projection de l’excellente comédie « Prête-moi ta main » avec Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat sur écran géant. Dommage que le bas de l’écran soit masqué par les premiers spectateurs mais je ne manque de remercier mon CE par l’intermédiaire de la fiche d’appréciation pour la qualité de mon cours séjour.

Vendredi 13/06 Arès 09h15 Bazas 17h 102 km
Pas besoin davantage d’un réveil même si je ne pourrai partir qu’après 09h à l’ouverture de l’accueil. De toutes façons, il faut que je m’active à tout ranger sur le vélo, faire la vaisselle et le ménage. Heureusement à mon arrivée on m’a remis une dose de détergent désinfectant et une lingette (ils ont tout prévu).
Je retrouve rapidement la piste cyclable qui longe le bassin d’Arcachon. Inaugurée en 1988 elle a été réalisé sur l’emprise de l’ancienne voie ferrée. Pour ses 20 ans elle me porte bien mais je suppose qu’elle a subi des rénovations. J’en ai la confirmation quand je tombe sur une portion en travaux d’élargissement. C’est aujourd’hui la route départementale 802. C’est aussi l’un des 4 chemins vers St jacques de Compostelle. Celui qu’empruntaient les Bretons, Normands et Anglais débarqués à Soulac.
Je parviens à Andernos ou je mets pied à terre pour traverser le marché très animé.
Je poursuis jusqu’à Biganos où je dois prendre la direction de Mios-Bazas.
C’est facile de suivre une piste cyclable. Mais cela se complique lorsque deux doivent se couper et qu’il n’y a aucune indication. Je longe plusieurs fois la piste qui traverse Biganos (en profite pour acheter 250g de bigarreaux) demande vainement de l’aide et finalement prends la route qui va à Mios pour après être passé sous la voie ferré d’Arcachon retrouver une voie réservée au vélo. Mais cette piste fait un 90° et semble m’emmener vers l’Océan alors que je veux aller vers l’intérieur. En réalité la piste cyclable fait un détour visible sur le plan au niveau de Facture :
http://www.tourisme-gironde.fr/pdf/pistes_cyclables_gironde_2008.pdf
pour aller chercher une passerelle qui passe au-dessus l’A66.
Arrivé à Mios les panneaux réapparaissent. Il y a les pistes cyclables du bassin d’Arcachon, celle de Mios à Bazas et entre les deux c’est celle de nulle part !
Me voici dans le parc naturel des Landes et de Gascogne. Je suis au milieu des pins sans une âme qui vive pendant des km. Sauf une brune qui portant son sac à main à l’épaule gauche et son portable à la main droite me semble comme sortie d’un autre décor.
Puis je vois une classe de primaire profitant du pique-nique de leur sortie vélo. Plus inattendue une 206 vient vers moi à cheval sur le bitume et le bas côté. C’est un jeune homme qui me demande si je n’ai pas vu une fille tombée en panne d’essence qui rentre par la piste. Je comprends mieux le rassure en lui confirmant qu’il la trouvera dans quelques km.
En traversant une route j’aperçois une ancienne station essence transformée en vidéothèque fast-food. Je suis à Salles sur la route entre Mios et Belin-Beliet. Comme il est midi je pense que c’est un signe du destin et fait demi-tour pour m’offrir un kebab landais. Point de pain arabe, de frite ou de mouton mais des gésiers de canard de la salade et une sauce à base de tomates. J’envisageais de retourner chez Fiona mais vu ma progression je renonce à cette option.
Me voici de nouveau au milieu des pins. Si le mot lande évoque aujourd’hui la pinède, à l’origine il désignait une région déserte, insalubre et inculte à l’exception des parties les mieux drainées aux abords des cours d’eau. Les eaux stagnantes en hiver faisaient pourrir tout ce qui avait réussi à y germer. Ce n’est que par la pratique de l’écobuage en brûlant les grandes bruyères et les ajoncs impénétrables que les bergers ont pu conquérir certaines zones. C’est par l’arrivée du chemin de fer qui permit l’apport de pierres inexistantes dans la région que l’on a pu créer des voies de circulation et drainer les terrains. On a ensuite planté de pins maritimes utilisés pour la menuiserie du bâtiment, les parquets, les bois de mine, les poteaux télégraphiques, la fibre d'emballage et la papeterie.
En ce vendredi 13 j’ai une pensée pour tous les gogos (dont je fais parfois partie) qui vont participer à cet impôt volontaire que sont les jeux de loterie. Je ne pense pas qu’il porte bonheur car cette fois-ci je ne vais pas échapper à la pluie. J’ai déjà troqué mon short et mes sandalettes pour mon pantalon de randonnée et mes tennis et bientôt j’enfile le poncho ou me protège sous un chêne. Mais les grosses gouttes qui tombent des feuilles font tinter ma sonnette.
Plus loin je croise 7 ou 8 retraités qui ont endossé leur Kway (jaune : couleur préférée des cyclistes) et il me semble sentir une projection de fines gouttelettes mais c’est un nuage de moucherons qui tape sur ma capuche. L’orage n’est pas loin. Je ne suis pas très fier et je compte le nombre de secondes qui sépare l’éclair du grondement. Comme la vitesse de la lumière est de 300 000 km/s, je vois l’éclair à l’instant ou la foudre tombe. La vitesse du son étant de 300 m/s, il me parvient après quelques secondes. Chacune rajoute 300 m à la distance qui me sépare de l’impact. Heureusement l’orage n’est pas très proche, sont intensité et faible et il s’éloigne. Finalement je ne suis pratiquement pas mouillé quand j’arrive à Bazas.
Je découvre cette citée épiscopale qui a conservé un rempart médiéval sur une assise Gallo-Romaine : http://www.ville-bazas.fr/hishisto.htm
Je repère une chambre d’hôte au-dessus d’un restaurant à l’entrée de la rue piétonne avant de me rendre à l’office du Tourisme. « Je cherche un endroit pour dormir ».
« Vous souhaitez aller à l’hébergement municipal » me demande une demoiselle s’apprêtant à noter mon nom sur un cahier. « Ah mais vous n’êtes pas pèlerin, vous n’avais pas de crédenciale (carnet de route que l’on fait tamponner à chaque étape) ».
Dommage j’aurais pu être logé à moindre frais. Désirant resté en centre ville je retourne au restaurant Indigo http://www.petitfute.com/tourisme_en_france2/aquitaine/gironde/bazas/cafe-restaurant-indigo-etablissement_DP033_14_171.html
Le propriétaire me remet les clés de la chambre après m’avoir autorisé à laisser mon vélo dans le couloir entre l’entrée et l’escalier. Je ne discuterai en tout et pour tout que moins de 3 min avec lui. Comme quoi l’accueil peut être très différent d’une chambre d’hôte à l’autre. Il faut dire qu’il est restaurateur et je le retrouverai devant les fourneaux de son très bel établissement sans qu’il m’adresse davantage la parole. Puisque c’est une serveuse qui m’apportera ma salade de St Jacques puis ma tarte tatin.
La chambre est à l’image du restaurant et je bénéficie même de la TNT ce qui pour moi est inhabituel. Je tombe par chance sur le reportage de la famille faisant le tour du monde des innovations sociales diffusé sur France 5
http://www.reussirmavie.net/Laurent-et-Marie-Helene-de-Cherisey-Nous-sommes-tous-des-passeurs-d-espoir-_a154.html
Laurent et Marie-Hélène de Cherisey sont partis quatorze mois avec leurs cinq enfants pour rencontrer ceux qui agissent pour la planète et pour les hommes.

Samedi 14/06 Bazas 08h15 Valence d’Agen 18h 131 Km
Pas un mot de plus échangé avec mes hôtes, je prépare moi-même mon petit-déjeuner dans une pièce attenante. Je comprends pourquoi il m’avait parler de biscottes. En fait il y a des tranches de pain grillé et des biscuits qui accompagnerons le thé. Les fruits ne sont pas vraiment de saison : une poire consommée tout de suite (c’est plus facile à table) et une pomme pour la route. L’avantage c’est que je claque la porte (en laissant la clé) et je pars de bonne heure.
Beaucoup de fraîcheur et d’humidité. Le ciel est quadrillé des traînées laissées par les avions. Cela n’est pas bon signe pour la météo. En effet en altitude il fait froid, jusqu’à – 50°C et la vapeur d’eau sortant des réacteurs se transforme en glace. Si cette ligne blanche persiste c’est que l’air est saturé d’humidité et qu’il ne fera pas beau. On observe un peu le même phénomène sur les tours réfrigérantes des centrales nucléaires. Si le panache de vapeur sort de l’aérorefrigérant en s’élevant rapidement comme avalé par le ciel c’est le beau temps assuré. S’il peine à sortir en bourgeonnant c’est le mauvais temps.
A la sortie de Bazas, je décide de ne pas suivre le panneau indicateur qui invite les automobilistes à se rendre à La Réole. Mais de prendre l’autre route départementale qui passe par Pondaurat et me fera franchir moins de courbes de niveau (sur la carte) pour rejoindre le canal. Après tout de même quelques montées et davantage de descentes, je rejoins en 1h15 et 21 km le canal latéral à la Garonne à Puybarban. http://city.zorgloob.com/?ville=12617&lib=PUYBARBAN
Ce doit être là qu’ils ont tourné Cohnare le Barban. Non c’est Cohan le Barbare.
Je traverse sur le pont de Gravilla et me voici sur la voie verte au Point Kilomètrique 185.5. Je suis 8 km après Castets en Dorthe (Extrémité du canal).
Je vais profiter des plaques des VNF qui indique le PK sur chaque pont pour valider mon compteur. Le totalisateur indique 400 km et la piste change de rive. Me trouvant à l’ombre j’apprécie mon collant et mon maillot (vous avez du remarqué que je suis frileux).
Mais voici la Halte nautique de Fontet et son port baigné de soleil. Cela mérite bien une pause surtout que 3 mûriers platanes me tendent leurs fruits. C’est délicieux. Je les fais goûter à jeune garçon qui ne semble pas convaincu.
Ici les pelouses les parterres et le bassin de baignade invite les plaisanciers fluviaux ou en camping car à profiter des aménagements. Il y a même un service de blanchisserie qui passe ici. Une affiche pour la péniche du don du sang qui va de ville en ville sur le canal.
Les anglais chez Fiona m’avaient dit s’être amarrés à côté lors de leur arrêt à Valence d’Agen. Cela me fait penser que dés que je disposerai de 458 euros je pourrais retourner mon dossier de Don du Corps à la Médecine. C’est ce que demande la faculté de médecine de Toulouse Rangueil pour participer aux frais de fonctionnement. Finalement c’est moins cher qu’une inhumation.
Une petite annonce : Echangerai terrain 12000 m2 hameau (31) valeur 80000 euros contre bateau fluviale !
Je quitte ce lieu agréable et me demande ou ai-je mis mes lunettes de soleil ?
En fait je les ai sur le nez. A ma droite le canal, à gauche la Garonne qui conserve sa couleur ocre. Je ressens un profond apaisement procurer par le lent écoulement des eaux.
Enfin un cycliste avec des bagages, je ne suis plus seul à voyager sur la voie verte.
A son allure il à l’air étranger. Short, chemise déboutonnée et casque ce doit être un anglais.
J’envisage de faire route avec lui mais plusieurs paramètres m’en dissuadent : il est jeune moins chargé et à des pneus étroits. Surtout je dois faire ma 3éme pause pipi. Avec la fraîcheur et le fait que je boive je m’arrête tous les 10 km. On pourrait me taxer de potomanie. Un urologue vient de dénoncer cette mode qui consiste à dire qu’il faut boire 1,5 l d’eau par jour. Pour lui l’eau apportée par les aliments est suffisante. Cela n’est pas nouveau. Il y a 20 ans un collègue nous traitait de potomanes quand après une matinée de travail nous avalions plusieurs verres d’eau au déjeuner.
Finalement je retrouve plus loin et décide de le suivre à distance. Cela m’oblige à rouler entre 23 et 25 km/h. Je pourrais tenir cette cadence pendant 1 heure mais pas toute la journée Et puis c’est trop rapide pour profiter de l’environnement : un ragondin qui croise au milieu du canal indifférent à notre passage, une jolie embarcation avec une roue à aube, cette magnifique péniche Moêt & Chandon. Un petit bijou sur l’eau :
http://www.moet-chandon.co.uk/boatreports/fluvial-magazine-fr.htm
Heureusement il s’arrête pour consulter un panneau indicateur ; j’engage la conversation.
Il veut faire étape à Agen puis Toulouse puis faire le canal du Midi, rentrer à Bordeaux en train pour retourner en Angleterre et ne dispose que de 4 jours. Voilà ce qui justifie son allure.
Je lui montre sur mon super dépliant le trajet que j’ai effectué. Il trouve ce plan très bien, lui ne dispose que d’une carte routière. Mais je ne peux pas lui cédé jusqu’à présent j’en ignorais l’existence et ne pense pouvoir en obtenir un autre. J’hésite à lui proposer l’hébergement mais je ne crois que ma femme apprécierait surtout que ce soir mon fils participe à un concert. Il me quitte en me disant que nous allons nous revoir mais j’en doute.

Dans une contre-allée menant à une habitation, je vois les fesses d’une femme accroupie devant un spider Alfa Roméo. Elle et son mari m’aperçoivent. J’évite de les saluer mais nous esquissons un sourire que la distance suffisante entre nous autorise. Il faut bien se soulager des besoins naturels.
Puis un tracteur équipé en balayeuse enlève les feuilles et les branches tombées sur la piste cyclable. Ce n’est pas en Lot et Garonne ni en Tarn et Garonne que je verrai cela.
Plus loin une belle desherbeuse le pulvérisateur à la main traite les allées à côté d’une écluse. Décidément le canal se fait beau pour l’arrivée de l’été.
En ce samedi les touristes montent en nombre à bord des bateaux loués pour la semaine
et préparent leur croisière. Le gasoil sera facturé en fonction du nombre d’heure durant les quelles les moteurs auront tourné.
Je retourne au café du canal ou les photos de bruschettas avaient attiré mon regard. C’est une grosse tartine de pain grillé garnie comme une pizza. http://www.goosto.fr/recette-de-cuisine/bruschetta-tomate-mozzarella-10009160.htm
Je choisis celle aux trois fromages avec une salade.

Je retrouve Le Lot et Garonne et les indications disparaissent. Même plus de P. K. sur les ponts. A se demander si c’est toujours les Voies Navigables de France. Puis le Tarn et Garonne et une seule indication : Base de Loisir de St Nicolas de la Grave (au confluent du Tarn et de la Garonne) et Moissac. Et arrive sans encombre à mon domicile après 509 km agréables. Je sais désormais que de Valence D’Agen je peux rejoindre une des 2 extrémités du canal latéral à la Garonne (Castets en Dorthe ou Toulouse) en une journée.
Je ne peux que vous inviter à profiter de cette voie verte. Pour une journée, un week-end ou pour les vacances. Cela ne demande pas de capacités particulières, il suffit d’en avoir l’envie.
Merci aux régions et aux départements auxquels je ne manquerai pas de transmettre mes impressions. Pardon aux randonneurs et joggers qui regrettent de plus pouvoir fouler la terre. Mes excuses à l’IGN dont le GPS m’a finalement était utile. Même si je rêve toujours d’un GPS avec une deuxième base de données comportant les pistes cyclables et les passages piétons.

Variante sur le canal secondaire de Montech

Posté par Facteur4 (13 messages) le 6 août 2008 à 19:32 Samedi 02/08/08 Valence d’Agen 08h15 Canal latéral à la Garonne jusqu’à Montech, Canal secondaire jusqu’à Montauban retour Valence d’Agen 18h30 116 km

Il y a exactement 200 ans Montauban cité aigrie d’avoir perdu son importance de capitale administrative sous l’Ancien Régime obtint de Napoléon (de passage entre l’Espagne et Paris) la création d’un nouveau département.
C’est ainsi qu’en 1808 naquit le Tarn et Garonne dessiné de la main de l’Empereur en prenant un petit territoire aux 5 départements voisins.
Lorsque fut réalisé le canal latéral à la Garonne (1828-1856) en prolongement du canal du Midi (1662-1683), Montauban n’eut pas plus de chance car ce canal reliant Toulouse à l’Atlantique n’y passe pas. Elle fit réaliser un canal secondaire qui en 11 km permet de naviguer de Montech à Montauban puis de descendre sur le Tarn par une dernière écluse.

Je débute la voie verte au port de Valence d’Agen ou règne une certaine effervescence. Les volontaires terminent la mise en place des décors et du matériel son et lumière pour la 15ème édition de « Au fil de l’eau une histoire » : http://www.aufildeleau.org/ . Une magnifique fresque vivante de 450 acteurs qui raconte le XX ème siècle au bord du canal.
Après 20 km je quitte la piste cyclable pour rejoindre le marché de Moissac très animé les samedi et dimanche. Je craque pour 200 g de sablé 4 céréales et raisin sec de la ferme BIO de l’Ecureuil à Goudourville. Que je déguste en traversant le Tarn sur le majestueux pont canal : http://tourisme.moissac.fr/contenu.php?page=17
Je traverse Castelsarrasin où le port Cousteau est chargé de bateaux. Son atelier naval est actif ce qui très rare sur le canal.
J’atteins Montech, son port de plaisance et sa pente d’eau : http://www.cdg82.fr/montech3d/index.html
Il me faut changer de rive pour accéder au canal de jonction avec Montauban.
Me voici sur la terre pour les nostalgiques des chemins de halage. Ce n’est pas mal quand comme ici, il n’y a pas trop de pierre de racine et de trou de ragondin.
Je rappelle tout de même que je n’aurais pas fait mon périple du mois de Juin (jusqu’à Arès) si la piste n’avait pas été goudronnée. En effet avec la pluie annoncée par la météo, je n’aurais pas pris le risque de rouler dans la boue avec un vélo chargé.
Je passe devant le camping du Canal qui propose l’étape à 5 euros pour les randonneurs.
Après quelques écluses j’admire la péniche Saint-Louis qui propose des croisières entre Montauban et Agen ou Agen et Castets en Dorthe : http://www.saintlouisbarge.com/home/
Après 11km de ce canal secondaire j’arrive au port de plaisance de Montauban. Impossible d’aller plus loin en longeant l’écluse qui sous la voie ferrée descend dans le Tarn. Pour raison de sécurité il n’est pas possible de continuer. Je longe le grillage et parviens à un passage souterrain de 1,50 m de haut pour 1,70 m de large. Plus facile de franchir ses 30 m dans le noir couché sur le vélo qu’en marchant.
Je traverse le Tarn sur un des 3 ponts et accède au centre ville. Je ne résiste pas à la vue du restaurant le SAMPA qui étire sa terrasse sur les allées du Consul-Dupuis où se tient le marché sous les platanes. L’endroit ombragé est fort agréable et je choisi un salade Quercynoise (foie gras, magret de canard et gésier)
A 13 h, je prends le chemin du retour à l’identique. Mes fesses souffrent sur la première partie surtout que la chaleur est au rendez-vous dans les passages ou les arbres sont absents ou trop jeunes pour founir l’ombre tant apprécié en été.
Une bonne pose chez d’anciens voisins à Castelsarrasin autour d’une bière et du chocolat noir et je n’ai plus que 25 km pour retrouver la maison et une bonne douche.

Voie Verte Bordeaux Toulouse

Posté par Facteur4 (15 messages) le 29 septembre 2008 à 19:28 Je voudrais faire connaître cette superbe réalisation qu'est la voie verte Bordeaux Toulouse.
Elle permettra bientôt de rejoindre les 2 villes sans quitter la piste cyclable.
Hélas je n'ai trouvé aucun site Internet pour vous en présenter le tracé.

Il existe ce dépliant que vous pouvez obtenir dans les offices de tourisme.
Mais aucun site ne permet de le visualiser.
J'ai réussi à le scanner (pas en couleur) et j'ai fait héberger le fichier sur le site MaBul.ORG :
http://apu.mabul.org/up/apu/2008/09/25/img-142718uipfi.png
En zoomant vous pourrez suivre en pointillés de Bordeaux à Lastresne (début de la piste Roger Lapèbie) en trait plein jusqu'à Sauveterre de Guyenne (50km de piste cyclable sur l'emprise d'une ancienne voie férrée). En pontillés la future jonction avec la piste cyclable du Canal Latéral à la Garonne qui se fera à Fontet. Enfin en trait plein la piste cyclable jusqu'à Toulouse où il ne manque que 18 km entre Montech et Grisolles qui seront goudronnés très bientôt.
N'hésitez pas à profiter de ce moyen de se déplacer loin des automobiles dans un décor verdoyant et à faire connaître LA VOIE VERTE BORDEAUX TOULOUSE.

Canal du Midi

Posté par Facteur4 (15 messages) le 22 novembre 2008 à 15:33 Pour compléter cette vision du canal entre 2 Mers Voici un lien vers une carte du Canal du Midi.
En couleur cette fois car le document original est au format A4 (facile à scanner) :
1ére partie de Toulouse à Carcassonne
http://apu.mabul.org/...15522464faf.png.html
50 km de piste cyclable goudronnée puis le chemin de halage en terre avec plus ou moins de cailloux et racines.
2 éme partie de Carcassonne à Sète
http://apu.mabul.org/...1611519kgcy.png.html
De la terre et toujours de la terre (même le long du canal de jonction et du canal de la Robine qui traverse Narbonne) uniquement 18 km de goudron de Béziers à Portiragnes.

772 km en 9 jours

Posté par Facteur4 (15 messages) le 22 novembre 2008 à 15:48 772 km en 9 jours

Je souhaitais gagner la Méditerranée début Septembre pour profiter des beaux jours de l’été. Mais ma femme qui fait partie du comité qui les organise n’aurait pas apprécié que je loupe les Fêtes de Valence d’Agen qui ont lieu chaque année à ce moment. Après les traditionnels repas de quartier et les défilés de chars, l’édition 2008 s’est terminée en apothéose avec l’élection de Miss Tarn et Garonne et un feu d’artifice. Soirée particulièrement réussie avec entre les deux passages des 12 candidates, des chanteurs et musiciens, un magicien, la présence de la précédente Miss Tarn et Garonne, Miss Languedoc et Alexandra Rosenfeld (Miss France et Miss Europe 2006). Dommage que ma femme n’ait pas pu assister à ce spectacle. Elle aidait les Miss à s’habiller et à gravir la première très haute marche pour accéder à la scène. Pourtant quelques fois on voudrait bien voir l’envers du décor et les dessous du spectacle…

Lundi 15/09/08 Valence d’Agen 09h30 Rangueil 16h30 95 km
Les prévisions météorologiques de Dimanche annonçant de la pluie à partir de Mercredi avec un vent de Sud-Est (que je prendrais donc dans la poire), je ne sais pas si je pourrais atteindre mon objectif : CAP d’AGDE. J’envisage d’écourter mon séjour en refaisant Mardi la Rigole de la Plaine qui alimente le canal d’entre 2 Mers depuis le bassin de St Ferréol que j’avais découvert en Mars 2007 (voir au tout début de ce fil) :
http://www.ladepeche.fr/article/2008/09/25/477570-Rando-autour
-du-lac-et-du-musee-Pierre-Paul-Riquet-a-Saint-Ferreol.html
Je pourrais y visiter le tout récent musée Pierre Paul Riquet :
http://www.museecanaldumidi.fr./
Puis retourner sur Toulouse pour consacrer un Mercredi pluvieux à la visite de l’exposition Claude Nougaro : http://www.midipyrenees.fr/AgendaDetails.asp?i=288&univers=2&sX_Menu_selectedID=F3FA9C82
Et enfin aller voir le tandem que nous avons croisé lors d’une sortie familiale. Il associe un cycliste en positon couchée à un en position assise : http://www.cycleszen.com/Pinotour1.htm
Je pourrais peut-être l’essayer à 2 tours de roue du Capitole : http://www.cyclable.com/
Me voici de nouveau sur la voie verte que j’affectionne. Après 15 km et un premier ragondin mort sur le bitume, j’arrive à la passerelle qui permet au vélo d’accéder à la base de loisir de St Nicolas de la Grave :
http://www.stnicolasdelag.online.fr/loisirs.htm
Puis à 20 km j’atteints Moissac où il est un peu difficile de longer le canal. Il faut soit monter un petit escalier ou faire un crochet pour l’éviter. Cela obligeant à traverser la route principale qui mène à Castelsarrasin. Je conseille au premier rond point à la sortie de la piste cyclable de prendre à droite pour longer le Tarn et de retrouver le canal latéral à la Garonne au niveau de l’écluse qui permet aux bateaux de descendre dans le Tarn. (Sauf à vouloir faire un peu de tourisme en centre ville, voir lien dans mon récit d’Août 08).
Je tombe alors sur l’employé des Voies Navigables de France sur son scooter électrique PEUGEOT et je peux enfin l’interroger sur la fiabilité de l’engin. Il me dit qu’il a parcouru plus de 6000 km sans encombre. Cela en faisant réviser la batterie annuellement.
Je passe au bureau VNF pour demander un exemplaire du plan du bassin fluvial du Sud-Ouest qui est affiché au bord du canal. Il m’est remis gentiment (vous devez pouvoir l’obtenir dans les offices de tourisme de Bordeaux et Toulouse ou à VNF Direction Interrégionale du Sud Ouest 2, port St Etienne 31073 TOULOUSE CEDEX 7). Je n’ai toujours pas trouvé de lien Internet vers ce dépliant pour vous le présenter. Il permet de visualiser (en 1x0.60m) la liaison navigable entre l’Atlantique et la Méditerranée et même l’état du chemin de halage du canal latéral à la Garonne (sauf qu’il ne tient pas compte de la récente piste cyclable) et du canal du Midi. Y sont indiqués les ports et les écluses (plus ceux du Lot et de la Baïse). Voici par contre la carte nationale :
http://www.vnf.fr/vnf/img/cms/Tourisme_et_domaine
/carte%202008%20france_200807241627.pdf où vous pouvez zoomer sur le Sud-Ouest.

Comme d’habitude je mets pied à terre sur le pont canal de Moissac. Pour éviter de rouler sur les galets qui constituent le revêtement, détendre les muscles en marchant et profiter de la vue surplombant le Tarn. Un randonneur en Gitane équipé de sacoches cuir à l’avant et à l’arrière est en pleine discussion avec un grand-père qui arbore une casquette cycliste. Il vient de faire le canal du Midi avec une amie et termine seul jusqu’à Bordeaux. Je suis heureux de lui apprendre qu’il bénéficiera d’une superbe piste cyclable jusqu’à Castets en Dorthe (voir mon post précédent sur la voie verte Bordeaux Toulouse). Contrairement à ce que lui indique son guide vélo qui n’a pourtant que 2 ans.
Le retraité lui demande si pour son voyage il emporte des médicaments. Je réponds que lorsque l’on fait du vélo, on n’est pas malade et ce n’est pas Alain Guillou qui dira le contraire : http://www.guillou.com/velo/kilidry.htm
En fait j’ai tout de même emmené un tube d’anti-inflammatoire (qui me sera inutile) au cas où la droite me ferait de nouveau souffrir.
Bravo ! Presque une page et demie pour 20 km…
Je vais accélérer un peu et éviter de vous reparler du Port Cousteau de Castelsarrasin et de la pente d’eau de Montech, où après 40 km s’arrête provisoirement la piste goudronnée. Je ne pourrai toujours pas manger au restaurant du port de Montech (fermé le lundi).
Je m’installe sur une table de pique-nique pour manger des biscuits et les figues que j’ai cueillies avant de partir. Je suis tout près de l’école et est-ce l’effet piste cyclable ? Beaucoup d’enfants passent à vélo ainsi que des mamans venant chercher des élèves. D’autres viennent déjeuner à la table voisine, où il ne reste que très peu assis, à cause d’une guêpe qui veut participer au repas.
Me voici sur la terre et les 18 km me paraissent longs avant de retrouver le bitume (on s’habitue vite au confort). Enfin en quittant le Tarn et Garonne pour la Haute Garonne, la piste redevient cyclable. Quelques km avant Toulouse, je m’aperçois que ma pédale gauche et à nouveau desserrée. Cette fois je ne casserai pas ma clé en aluminium et me contente de serrer modérément. Je m’arrêterai en centre ville à l’atelier http://www.movimento.coop/ au bord du canal. Pas de chance, c’est fermé le lundi. J’en aurai plus en arrivant à l’Institut National des Sciences Appliquées où je vais dormir dans l’appartement de ma fille. 2 jeunes sont en train de bricoler au vélo club de l’INSA et me prêtent une solide clé. Merci à eux, plus de problème de pédale pour le reste du parcours. Le précédent serrage dans l’atelier moto de Villenouvelle (voir récit 09/07) a donc tenu un an.

Mardi 16/09 Rangueil 09h Marseillette 18h 125 km
(Voir lien scan Canal du Midi au-dessus)
Les bâtiments de l’INSA longent le canal et je suis immédiatement intégré à un flot de cyclistes qui rejoignent leur cours ou leur travail dans des tenues les plus variées allant du sport au complet ou talons aiguilles. Avec ma combinaison mon bonnet et mes gants (en lainage très fin), je contraste avec ceux en short. Pourtant il fait frisquet et certains remontent leur col.
Toutefois quelques km suffiront à me découvrir. J’arrive sur une portion en chantier. Un ouvrier nous invite à passer sur le bas côté alors qu’il participe à la mise en place d’un film plastique sous le nouveau revêtement. Je suppose que c’est pour éviter les fissurations dues à l’affaissement des berges et aux racines des platanes. Il me confirme que c’est le rôle de ce géotextile. L’affluence diminue en m’éloignant de Toulouse sur cette piste qui en 50km amène à Port Lauragais. J’arrive à la hauteur d’un couple qui semble parler Anglais.
Hello ! « Hello » me répond la dame. Où aller vous ? Pas de réponse du monsieur.
Where are you going To? “Narbonne” répond-il. Canal Robine good ! Dis-je en m’éloignant.
Puis je m’arrête et sors mon plan. Il me faut leur expliquer qu’il sera nécessaire de traverser l’Aude sur le pont de chemin de fer (voir 09/07). Pas moyen de me souvenir comment on dit pont en Anglais…
Avec ce léger vent de dos je quitte déjà la piste cyclable pour retrouver le chemin de halage du canal du Midi après l’écluse de l’Océan. Me voici au seuil de partage des eaux. La météo de lundi soir ne prévoyant la pluie que pour Jeudi, je ne vais pas monter à St Férréol. Je poursuis vers Agde et après l’écluse de la Méditerranée j’arrive au Ségala premier village de l’Aude. Un homme et une femme sont en train de dresser les tables à la terrasse de la guinguette Le Riquet. Bonjour que proposez-Vous ? Comme je n’obtiens pas de réponse je jette un œil sur le tableau et demande quel est le plat du jour. Enfin la femme demande au cuisinier. Comme cela ne m’emballe pas je demande s’il est possible d’avoir un menu guinguette. « Oui le temps de finir de mettre le couvert » (il est tout juste Midi) Je peux laisser mon vélo ici ? « Non plutôt là-bas » m’indiquant le bord du canal (au soleil). Ça gène ici ? « Oui à cause des fleurs » (un reste dans les jardinières) Bon ! Si je dérange je vais aller manger ailleurs dis-je en enfourchant mon vélo. Contrairement à leur accueillant site :
http://www.lerelaisderiquet.com/bar-restaurant-
randonnee-11.html
où le snack est soi-disant ouvert à tout heure, les cyclistes ne semblent pas bienvenus (j’étais pourtant leur seul client du moment).
Ce ne sont pas les 17 km qui me séparent de Castelnaudary qui vont me faire peur. C’est plutôt son cassoulet que je risquerais d’avoir du mal à digérer en pédalant. Me voici devant le grand bassin où plusieurs petits restaurants étalent leur terrasse. Je choisis un repas léger à la Cave du Canal : http://www.couleur-lauragais.fr/cave-castelnaudary/index.html
La terrasse est petite est les 2 tables à l’ombre sont déjà occupées. Je demande à une jeune femme d’origine hindoue si je peux m’asseoir à côté d’elle. Elle accepte volontiers en me souhaitant bon appétit. Amusant pour moi qui le week-end dernier était habillé en maharadjah pour défiler sur notre char éléphant. J’opte pour les tapas aux 3 chèvres à 5 € et un verre de Minervois 2 €.
En France on déplore une moindre fréquentation des bars en raison de l’interdiction de fumer et de l’augmentation des tarifs. L’habitude de mettre à l’écart les gens qui viennent prendre un repas peut aussi expliquer cette baisse. A l’étranger il est normal de s’installer à la table d’inconnus pour déjeuner mêlé aux personnes qui ne prennent qu’une consommation.
Cette convivialité remporte un plus grand succès.
Je parviens à l’escalier d’écluses (4) de St Roch alimenté par le bassin de Castelnaudary. Je longe le bâtiment de la Couchée, la première en venant de Toulouse où les passagers de la Barque de Poste halée par les chevaux passaient la nuit. http://www.canalmidi.com/aufildlo/barcpost.html
En raison d’une relative déclivité, il faudra 17 écluses pour atteindre Carcassonne. Il faut mieux alors voyager à vélo. Je m’arrêterai à la 15éme, celle d’Herminis où j’espère déguster une crêpe : http://www.canalmidi.com/herminis.html
Mais celle-ci est déjà fermée pour l’hiver, je peux juste obtenir un cône vanille.
L’heure avance et je préfère téléphoner pour réserver le foudre où j’avais dormi l’année dernière. Hélas le numéro n’est pas attribué. Le propriétaire m’avait dit qu’il vendait mais j’espérais que le relais Occitan garde le même N°. Je saurai plus tard que France Telecom a refusé malgré l’accord de l’ancien et des nouveaux propriétaires.
Me voici en contrebas de Carcassonne et il y a toujours de la boue sur le chemin de halage. Heureusement quelques planches permettent de franchir les flaques d’eau (à condition de rester dessus).
Cette étape est longue et malgré la durée courte de mes arrêts, il est déjà 18 h quand j’arrive à Marseillette. Il me faut encore faire 2 km sur la route de Capendu pour j’espère profiter d’un hébergement à prix raisonnable. La nouvelle propriétaire m’indique que le foudre est libre mais qu’il était temps que j’arrive car un groupe de cyclistes tourne autour. Nous sommes dans un ancien chai et l’un des foudres a été transformé en chambre. Il ne faut pas imaginer un tonneau à la verticale mais à l’horizontale dans lequel une porte a été créée. On y accède par une petite échelle de meunier voir photo extérieure et intérieure (2 lits) sur le site (confort minimum). Le groupe de cyclistes a réservé les dortoirs aménagés dans les 2 anciennes cuves. L’une d’elle est entièrement carrelée. Voilà avec les douches et sanitaires communs ce qui constitue la partie Gîte d’étape. Il y a aussi plusieurs Chambres d’hôtes sur le domaine : http://www.relaisoccitan.com/index_fr.html
Le groupe constitué de Belges et de 2 Français de Cahors vient également de Toulouse. Mais ils ont fait le trajet en 2 jours et sans les bagages. Ils suivent en fourgonnette conduite par le père de l’un d’eux. Ils m’avouent ne pas jouer dans la même catégorie.
Après une appréciable douche il me faut encore faire 2 km pour atteindre le restaurant de Capendu. A pied pour changer et m’ouvrir l’appétit. Le retour avec lampe conseillée fera la digestion.
L’unique restaurant grill pizzeria de Capendu s’appelle iciX (il vous faut imaginer un couteau et une fourchette dans le X). Je demande au sympathique patron s’il sert en terrasse. Il me dit que oui mais craint que j’aie froid. Je réponds qu’après 125 km en vélo et 2 à pied cela devrait aller et que je me souviens que ses moules marinières sont servies très chaudes. C’est encore vrai cette fois mais je garde un meilleur souvenir des précédentes. Cette fois ce sont des grandes moules et je leur préfère nettement les petites.
Me voici de retour au domaine de Beauvoir juste avant la tombée de la nuit. C’est à ce moment que les Belges montent dans leur mini bus pour aller iciX (enfin là-bas). J’aurais toujours un train d’avance sur eux.
Je reprends la lecture du guide du canal du Midi de Philippe Calas (c’est un instituteur de Portiragnes passionné par le sujet, je vous recommande son dernier ouvrage le Canal du Midi vu du ciel que je viens d’avoir pour mon anniversaire). L’éclairage dans le foudre est un peu faible. J’utilise ma frontale pour lire un chapitre avant de fermer les yeux.
Je suis réveillé par le retour des cyclistes qui malgré leur volonté d’être discrets doivent passer devant le foudre pour aller aux sanitaires. Je leur sais gré de ne pas utiliser l’éclairage principal. Car le bois de la cuve ayant séché, la lumière peut y pénétrer. L’installation électrique n’a pas été étudiée pour un usage collectif.
Je replonge dans le sommeil jusqu’à 07h15. J’enfile tout de suite ma tenue de cycliste pour aller me raser car une longue étape m’attend si je veux gagner Cap d’Agde avant la pluie de Jeudi. Après m’être débarbouillé je regarde ma montre. Il est 03h30, j’ai confondu le 3 et le 7 ! Saloperie de montre qui affiche en énorme les secondes et en tout petit les heures et minutes.
En même temps (c’est le cas de le dire) je ne peux pas me plaindre elle m’a été offerte avec une commande de vêtements. Je me recouche tout habillé.
Pour échapper à la fraîcheur matinale c’est dans une petite salle que le petit déjeuner est enfin servi. Les Belges m’y rejoignent et je termine ma tasse de thé debout pour céder la place au dernier.

Mercredi 17/09 Marseillette 9h Béziers 17h 88 km
J’aurais voulu partir plus tôt mais j’ai du reprendre mon livre en attendant que le petit déjeuner soit servi. Avantage il fait un peu moins frais sur les berges du canal. Quelqu’un me demande pardon. Je m’écarte du sillon le plus roulant et suis surpris d’être doublé par un jeune homme sur une mono roue de grand diamètre. Il file en équilibre avec pour tout bagage un minuscule sac à dos. Je me demande comment il passe sous les arbres dont les branches sont basses sur ce passage. J’arrive à l’écluse de l’Aiguille où un crocodile accueille les plaisanciers. L’éclusier y expose ses sculptures sur bois. Je me laisse distraire et continue sur la mauvaise rive. Je fais tout de suite demi-tour évitant ainsi à 2 cyclistes de faire la même erreur (je rappelle qu’il n’y a aucune indication).
Après l’épanchoir d’Argentdouble je m’arrête sous un pont où l’année dernière j’avais vu une loutre sur l’autre rive. La végétation s’est étendue autour de la pile du pont mais pas de trace du petit carnivore.
Plus loin je rattrape un couple parti de Toulouse. L’homme pêne à tirer sa remorque bien qu’il s’agisse d’un modèle étroit avec une seule roue. En effet le chemin de halage est bien trop accidenté pour circuler avec des cycles à 2 roues de front. Je leur dis qu’il aurait peut-être du faire le canal latéral à la Garonne. On leur en avait parlé en disant que c’est plus joli. Je démens mais c’est beaucoup plus roulant.
Je vais pouvoir déjeuner à la Grillade du Château à Ventenac-Minervois :
http://www.chateaudeventenacminervois.com/index.php?page=accueil
Il y a quelque chose de rassurant à refaire les mêmes étapes mais surtout cela permet de ne pas perdre de temps. Pennes aux noix de St Jacques et c’est reparti.
Au Somail où une ancienne cave a été aménagée en librairie de livres anciens : http://gourgues.julien.9online.fr/
Où la belle péniche Tamata a été convertie en épicerie flottante :
http://www.luxe-motor.com/description_115.htm.
Je retrouve le monsieur avec sa remorque qui attend sa femme pour déjeuner. Lui a pris une portion de route.
Avant le pont canal de Cesse, la fourgonnette belge attend les cyclistes pour le pique-nique. Ils ont téléphonés pour fixer rendez-vous au chauffeur mais ils tardent à arriver. Il faut dire que le vent s’est levé et freine notre progression. Le minibus est un bar ambulant et son pilote-serveur m’offre le choix entre de nombreuses boissons. Inespéré pour moi, je me vois offrir un panaché bien frais et une pause agréable.
Je vais arriver au Point Kilométrique 169 où le canal de Jonction permet d’aller traverser Narbonne par le canal de la Robine. Prenant à main droite je l’avais suivi l’année dernière. Mais je ne me souviens pas si un pont permet de le traverser pour continuer le long du canal du Midi. J’espère ne pas devoir retourner jusqu’au pont précédent pour changer de rive.
Je suis bien content de trouver un petit pont cintré en pierres pour poursuivre. Son empierrage est irrégulier et en passant à pied je peux presque toucher l’équipage d’une péniche que je salue. Eux sont beaucoup moins heureux. Bien qu’ils aient démonté tout ce qui dépasse, la cabine à l’arrière ne passe pas sous le pont. Ils sont en train de remplir la soute en pompant l’eau du canal pour abaisser la ligne de flottaison.
Me voici en terre inconnue et c’est à cet endroit que le canal change de physionomie. Des pins parasols remplacent les platanes et le canal a été creusé dans une terre ocre et la tranchée évoque un canyon avec un petit côté western.
Je suis sur le plus long bief qui de l’écluse d’Argens à celles de Fonserannes parcourt 54 km à niveau constant. Un exploit à l’époque du roi soleil. Mais altitude constante ne signifie pas ligne droite. Le canal effectue de tels lacets que l’on peut d’un méandre à l’autre avoir quasiment le vent de face puis pratiquement de dos. Par exemple entre Argeliers et Capestang, il y a 11 km par la route et 16 par le canal : http://www.viamichelin.fr/viamichelin/fra/dyn/controller/Itineraires?
strStartCityCountry=1424&strStartAddress=&strStartMerged=argeliers&strDestCityCountry=1424&
strDestAddress=&strDestMerged=capestang&choiceType=1&
ie=UTF-8&x=0&y=0
Mais quand on aime on ne compte pas. Je rentre dans l’Hérault avec un vent de face qui ralentit ma progression. Je ne pourrais pas m’abriter dans les 170 m du tunnel de Malpas « mauvais passage » (à cause des morts par éboulement) que Riquet a fait creuser dans la montagne d’Ensérune. Car à vélo on est obligé de passer par-dessus. Il aura fallu toute sa détermination à vouloir que son oeuvre passe par sa ville natale de Béziers pour que pour la première fois de l’histoire un canal de navigation passe sous terre :
http://www.canaldumidi.com/Galeries/Image.php?gal=galerie_5&vue=37
Une petite ascension me permet d’atteindre la maison du Malpas où l’on trouve de nombreux livres sur le canal, de la documentation sur la région mais pas d’amabilité.
J’apprécie tout de même cette pause et commence à penser que je ne pourrais pas atteindre Cap d’Agde ce soir avec ce vent.
Voici les 7 écluses de Fonsérannes qui descendent sur Béziers et son magnifique pont canal sur l’Orb : http://www.canalmidi.com/aufildlo/fonceran.html.
Je bifurque vers la gare et le centre ville à la recherche d’un hôtel. Entre les trop chers et les trop moches, je finis par pousser la porte de l’hôtel ALMA juste au moment où l’hôtesse sort les poubelles. Est-ce l’effet de son charme, de son accueil sympathique, du prix de la chambre (40 € petit-déjeuner compris) ? Je succombe à l’argument du cagibi à vélo donnant dans la rue dont elle me remet la clé avec celle de ma chambre. Si toute les Bitéroises sont aussi avenantes je comprends que la spécialité de Béziers soit les envies (tout comme celle de Caen est les lits et celle de Vienne les « qu’est ce qu’ils »).
En fait la chambre offre un confort tout juste suffisant et dispose d’une toute petite télé avec une mauvaise réception. Une bonne douche pour oublier que je me suis arrêté ici contraint par le vent. Et me voici dans le centre ville (où il ne souffle pas) et les allées Pierre-Paul Riquet tout proche. N’est-il pas naturel que j’aille m’incliner devant la statue du maître ? N’est-ce pas lui qui en mensualisant ses ouvriers (jours fériés, jours d’intempérie payés) en payant les malades et les blessés a inventé la Sécurité Sociale ?
C’est un restau chinois sur lequel se porte mon choix. Je m’étonne ici où le BIT est roi de ne pas tomber sur un cybercafé où j’aurais confirmation de la pluie pour demain.
La météo de la TV me laisse espérer que celle-ci ne tombera pas avant l’après-midi me laissant atteindre ma destination avant. Une émission sur Sarah Palin candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis retient mon attention. Cette femme maire de Wasilla puis gouverneur de l’Alaska. Amatrice de chasse et de pêche et membre du lobby des armes à feux, milite pour l’ouverture des réserves naturelles au forage pétrolier. Elle souhaite que l’on enseigne la Création en 7 jours dans les écoles. Neandertal et Cro-magnon doivent se retourner dans leur tombe et plus encore Lucie trahie par une femme. Sarah pense certainement que Dieu à créer l’animal pour que les hommes puissent le tuer, le pétrole pour qu’ils polluent la planète et qu’il éliminera toutes les humaneries (Merci Claude) en 1 jour. Je comprends alors pourquoi les USA ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto.
Cela fait peur que les décisions du pays le plus puissant soient prises en fonction de la religion. Car quelques soit l’élu il n’y échappera pas…
Pourvu que le candidat démocrate casse la baraque au bas mot.

Jeudi 18/09 Béziers 9h Cap d’Agde 11h 41+17 km
Pas de pluie, je n’ai qu’à me laisser entraîner par la descente qui part de la Cathédrale qui domine la ville pour rejoindre le canal.
C’est d’abord 15 km de piste goudronnée qui m’amène à Portiragnes. Puis la terre et le port de plaisance de Cassafiéres dont on est obligé de faire le tour pour suivre le chemin de halage.
Mais c’est toujours agréable de voir des bateaux de plaisance.
J’aurais pu faire étape ici sur la péniche Béatrice amarrée sur le canal :
http://www.bateau-beatrice.com/chambres_hotes.htm
Mais cela m’aurait coûté plus cher et je n’aurais pas voulu m’arrêter si prés de la fin. Je croise une jeune femme avec un vélo lourdement chargé. Malheureusement dans la pénombre sous un pont. Elle me semble étrangère mais je ne peux le confirmer faute d’être éclairé par des détails sur son équipement. La vigne n’est jamais très loin du canal entre 2 Mers et je ne résiste pas à goûter une petite grappe avant mon arrivée à Agde. Je suis les panneaux indiquant Cap d’Agde évitant ainsi le centre ville. Mais ils m’amènent à la N112, voie express interdite aux vélos. C’est là que j’aurais eu besoin de mon GPS en mode vélo. Il m’aurait guidé sur l’ancienne route en passant par le centre. Je suis sur la D32E mais sur ma carte au 1/100000 il y en a 2. Pas de bol je suis sur la plus éloignée du Cap d’Agde et du mauvais côté du Grau (estuaire ou chenal en occitan) de l’Hérault aménagé en port sur une grande longueur. Ce que me confirment les papis que j’interroge. Il me faut retourner à Agde ou traverser. L’un me recommande le passeur Mi-Mi et l’autre son concurrent. Ils font gagner l’autre rive pour 1 € (1,5 avec une bicyclette). Mi-Mi m’aide à embarquer mon vélo chargé et m’indique avec force détails le chemin pour atteindre la plage de la Rouquille à côté de laquelle se trouve le centre de vacances de mon CE. Mais plusieurs fois je dois demander ma route. Même après être passé à l’office du tourisme et avoir obtenu un plan. Construit à partir de 1969 le port offre aujourd’hui 1 km de quai et est devenu la première station touristique de France. Les avenues s’y étendent de façon tentaculaire et il n’est pas facile de se repérer. Heureusement que je n’ai pas tenté l’aventure hier au soir. J’aurais été épuisé avant d’atteindre mon but. Vu de chez moi le Cap d’Agde m’avait l’air si accessible depuis Agde que je n’avais pas pris soin de préparer l’itinéraire.
Je me fais remettre la clé par l’hôtesse qui me propose de m’accompagner. Pensant que cela est inutile, je commence à tourner dans un labyrinthe de 200 gîtes astucieusement répartis pour éviter les vis-à-vis. J’aurais même des difficultés à le retrouver après mon installation par exemple en revenant des plats cuisinés. Il faut dire que la pancarte indiquant mon quartier m’envoie à l’opposé de mon logement. A côté, il y un autre centre de tourisme social puis le village de naturistes. Mais pour y accéder il faut montrer patte blanche (ce qui ne doit pas être facile une fois tout bronzé), l’entrée est gardiennée.
Le Cap d’Agde est né d’une succession d’éruptions volcaniques il y a un million d’années. Agde dernier maillon de la chaîne des volcans d’Auvergne avait été surnommée par Marco Polo la perle noire de la Méditerranée.
L’après-midi 17 km me permettront de découvrir une partie du Cap. Le ciel est couvert est après avoir longé les plages puis les falaises, le sentier sous-marin à proximité de l’aquarium, je visite le port où se retrouve une grande partie des touristes.
Après la jetée Richelieu et l’île aux Pécheurs, me voici dans une grande zone technique où l’on s’affaire autour de bateaux en cale sèche dans une odeur de résine et de peinture.
Le centre port avec ses boutiques attire la foule. Alors que je déguste une glace à la violette je tombe sur les Belges et leurs vélos. Ils ont dormis à Colombiers (avant Béziers) et s’apprêtent à gagner Sète par la route. Avant de rentrer en minibus et en train pour les 2 Français.

Vendredi 19/09 70 km
Moi aussi je veux aller à Sète mais par le canal. Confirmant ainsi que le chemin de halage est impraticable sur ses 10 derniers km comme je l’ai écrit en Septembre 2007.
Il n’y a que 8 km pour gagner Agde. On pourrait croire qu’il y a une piste cyclable entre elle et le Cap. Mais pas vraiment il y a des tronçons qui convergent vers l’AQUALAND.
Après avoir traversé la ville, je dois prendre la route de Marseillan pour retrouver le canal. Je suis rattrapé par un bruit est une odeur de vinasse. C’est un tracteur avec une benne chargée de raisins qui après plusieurs voyages contient du jus qui commence à fermenter.
Avant de prendre le chemin de halage vers l’étang de Thau, je vais voir à l’opposé si on peut longer l’Hérault que les bateaux empruntent pendant 1 km. Une dernière écluse franchie, ils passent aux milieux des étangs du Bagnas sur les 10 derniers km du canal du Midi pour terminer leur course dans le bassin de Thau. Où Sète leur ouvre la porte du canal du Rhône qui serpente en pleine Camargue.
Cette rive est praticable (contrairement à l’autre essayée l’année dernière). Je peux maintenant guider celui qui veut suivre le canal jusqu’au bout. En venant de Toulouse on arrive au port d’Agde. Traverser la route pour à droite de l’écluse ronde, suivre le Canalet qui descend dans l’Hérault. A l’entrée du centre ville, traverser le fleuve par l’unique pont et tout de suite à gauche sur la route de Marseillan prendre le chemin de la vallée qui longe l’Hérault jusqu’au canal. Voilà vous m’avez rejoint. Avant de parcourir les derniers km j’enfile (pour la première et dernière fois du voyage) mes chaussures fermées car je crains de rouler dans les herbes hautes et les joncs qui m’avaient fait renoncer (2007) en avalant le chemin de halage. Cette fois dés la maison éclusière du Bagnas, je monte sur le talus pour traverser la réserve naturelle. Il n’a plu que très peu hier soir mais les herbes hautes s’inclinent sous le poids des gouttes et viennent s’essuyer sur moi. On peut donc aller facilement jusqu’à l’extrémité du canal du Midi. Il suffit de refermer derrière soit les barrières qui limitent les déplacements des chevaux en liberté. En dominant légèrement le canal on peut aussi observer des oiseaux.
Après la station d’épuration des eaux usées par lagunage :
http://www.thau-agglo.fr/IMG/pdf/STEP_de_Marseillan.pdf
une installation en Charente Maritime pour ceux qui préfèrent en images :
http://www.quotidiendurable.com/news/epuration-naturelle-
la-station-de-lagunage-de-rochefort
le chemin de halage reprend très empierrés. Le prétexte de la réserve naturelle pour ne pas entretenir les bords du canal me semble fallacieux. Car elle est traversée par une voie ferrée et une route à grande circulation. Mais il serait peut-être nécessaire de clôturer au dessus du chemin pour laisser aux animaux leur tranquillité.
De nombreux petits bateaux amarrés sur les derniers mètres et la péniche l’Impressionniste qui navigue vers l’étang de Thau. Un goéland argenté m’attend pour mon arrivée à la pointe des Onglous. Ce n’est qu’à un mètre qu’il prend tranquillement son envol (il en a vu d’autres des touristes). Le phare des Onglous indique l’entrée du canal aux péniches qui ont tenté l’aventure de la traversée du grand bassin. Pour le canal du Midi c’est le terminus. Bien que la pointe soit bien avancée dans l’eau, je ne parviens pas à apercevoir ni les bancs d’huitres ni la ville de Sète trop éloignée. C’est là que je réalise que trop content de rouler sans bagage, j’ai oublié ma carte du secteur. C’est ballot !
Heureusement un plan de l’étang est affiché à l’école de voile. Sinon j’allais prendre dans la mauvaise direction la route de Marseillan. Avant de partir, il me faut remplacer l’un des colliers Rilsan qui attachent mes sacoches (les crochets métalliques d’origine se sont dérivetés depuis bien longtemps). Je tombe rapidement sur un panneau Sète mais sans indication kilométrique. Je ne sais pas s’il faudra en faire 6 ou 8. Sète fois la N112 est autorisée aux vélos. Elle est rectiligne bordée d’une plage de sable blond. Plusieurs km de camping-car en stationnement puis un bus de jeunes savoyards qui commencent bien l’année scolaire par un voyage au soleil. Quand je pense que certains trouvent le canal du Midi monotone ! Ici même bordés par la mer et le sable fin je trouve les km moins agréables. Heureusement je suis distrait par un couple en tricycles couchés que je croise. Ils sont abrités derrière des pare-brises en plexiglas. Ce type de cycle permet de ne pas gaspiller son énergie à lutter contre le vent.
C’est 2 fois sept km qu’il me faudra parcourir. Ce qui donne une idée de l’étendue du bassin.
A force de serrer à droite pour ne pas gêner la circulation, ma roue avant finit par descendre sur la couche de revêtement antérieure. Par reflexe, je tourne mon guidon à gauche pour revenir sur la chaussée mais mon pneu avant refuse de gravir latéralement les quelques cm de goudron et je manque de me casser la figure. Alors que j’ai échappé aux pièges sur les 240 km du canal du Midi, j’ai failli me faire avoir par la N112.
Les derniers km de plage sont en chantier. Des engins brassent des milliers de m3 de sable pour recréer des digues et stabiliser le sable par des plantations clôturées. La piste cyclable partant de Sète sera également prolongée. Bonne nouvelle car pour l’instant, je suis dévié sur la voie rapide. Enfin voici Sète, des tas de toiles colorées ou d’abri de plage sont installés sur le sable. Non ce sont les voiles des kitesurf qui se préparent pour une compétition. Je croyais naïvement que ces planches tirées par un cerf-volant s’appelaient sky surf.
A l’office du tourisme, j’obtiens un plan contre un euro. Même s’il est très beau, c’est étonnant de devoir le payer. Mais je ne suis pas contre pour éviter le gaspillage.
Ce sont les sardines grillées qui s’affichent à un petit restaurant du vieux port qui immédiatement m’attirent. La restauratrice m’invite à partager la table (seule place à l’ombre) d’une dame qui a choisi le même menu. C’est l’occasion de discuter et elle m’invite à être plus convaincant pour entraîner ma femme dans mes voyages à vélo. Elle me met l’eau à la bouche à propos d’un projet de voie verte transeuropéenne, de l’Atlantique à l’Oural (du cap Ferret à Iekaterimbourg). Ce serait un projet idéal pour ma retraite. Malheureusement plus je m’approche de celle-ci, plus elle s’éloigne. Un peu comme si je pédalais sur un tapis roulant progressant en sens inverse. Et dire qu’il y a temps de chômeurs qui attendent une place.
Après toutes ces petites embarcations sur le canal les navires sont vraiment impressionnants.
Je décide de monter à pied jusqu’au mont St Clair. A cette heure les côtes sont raides sous le soleil. La vue sur la rade, les canaux, la ville, la Méditerranée et l’étang est magnifique. Un particulier laisse l’accès libre à sa tour pour dominer le décor de quelques mètres supplémentaires. Libre à vous de laisser une obole pour l’entretien des lieux (j’y laisse quelques centimes)
Je choisis le chemin proposé aux visiteurs sur le plan pour redescendre. Avant de retrouver mon vélo et les kilomètres de plage, j’achète une tartelette aux pommes et noix et un feuilleté aux pommes. La compétition internationale de kitesurf est en cours. Mais le surfeur semble attendre un top pour effectuer je suppose une figure imposée. Plusieurs minutes s’écoulent et un de mes gâteaux n’y résiste pas. Je finis par comprendre que le vent est contraire ou insuffisant et la compétition est suspendue.
Le retour par la route est un peu pénible. Cela explique que j’entreprends tous mes voyages sur des voies interdites aux voitures.

Samedi 20/09 0 km
C’est le week-end du patrimoine et levé de bon matin, j’espère que le musée ouvre à 9h http://www.capdagde.com/le_musee_de_l_ephebe-modele01-691-FR-decouverte.html
La région est chargée d’histoire. La mer et le fleuve en ont gardé secrètement les traces. Le Musée de l’Ephèbe est le premier à se consacrer exclusivement à l’archéologie sous-marine et subaquatique. Grâce à des passionnés (association ADRAMAR) et au DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous- Marines), la localisation d’épaves et remontée d’objets ont permis de « pêcher » des collections d’objets de navigation, d’armes, d’amphores, de vaisselle, lingots de métaux et d’objets précieux jamais arrivés à destination. A 08h50, je suis le premier visiteur à pénétrer dans les salles. Les inventeurs (nom donné à celui qui découvre une épave) ont mis à jour des trésors attestant du passage des civilisations grecque, étrusque et romaine dans ce territoire où l’Hérault permet des échanges entre la mer et la terre.
Puis je vais profiter d’un autre trésor de la région : Soleil et plage. La Méditerranée n’est qu’à 17 °C et je trouve plus agréable de me baigner dans le calme matinal avant que la différence de température entre l’air et l’eau ne provoque le phénomène de brise thermique.
Comme je prends la route du retour demain, j’ai prévu de ne pas rouler aujourd’hui et je m’ennuie un peu à l’institution. Ce ne sont pas les moyens qui manquent pour faire des activités (terrain de tennis, pétanque, table de ping-pong…) mais plutôt les gens. A cette époque, le village de vacances est rempli de retraités et les jeunes arrivés pour le week-end, sont pour l’heure parti profiter de la plage.
Difficile de croire que l’on puisse s’ennuyer au Cap d’Agde où presque chaque fin de semaine a lieu une animation. Ce week-end c’est le 8ème GTI Tuning (entrée 15 €) mais je ne prise pas ce genre d’événement, même enrubannée l’automobile reste polluante et destructrice. J’aurais pu le week-end dernier succomber aux charmes désuets du meeting (gratuit) des coccinelles http://www.cox-toujours.com/accueil.html mais là aussi je retrouve le côté puéril du petit garçon qui joue aux petites voitures.
Je me décide à introduire une pièce dans le billard américain et regrette aussitôt en sentant l’air de la clim me tomber sur les cervicales. En cette saison est-ce vraiment utile de la faire tourner ? Il suffirait d’ouvrir les baies vitrées pour profiter de l’agréable température extérieure. D’ailleurs toutes les portes sont ouvertes et cela me met hors de moi de gaspiller ainsi l’énergie. Heureusement après avoir remporté la partie (j’ai joué seul), je tombe sur un excellent livre à la bibliothèque en libre service :
http://www.decitre.fr/livres/Eloge-de-la-lecture.aspx/9782701132426
Loin d’opposer lecture « utile » et lecture de distraction l’auteure affirme que c’est quelque chose qui nous construit en choisissant des éléments qui nous permettent de mieux vivre et de mieux nous connaître :
http://www.troczone.com/produit-655366.html
http://chiffonnette.over-blog.net/article-5645009.html
A 17h à l’ouverture du bar je commande une bière brune et m’étonne que l’on me présente une PELFORTH alors que sur la carte une seule bière brune est proposée : LAO BIA du commerce équitable. Ce qui a motivé ma demande (habituellement je préfère les blondes). Je l’obtiens en précisant ma demande.
Sève de fleurs de palmier 34%, moût de malt, jus de canne à sucre, houblon, levure, cette bière est commercialisée par ARTISAN DU MONDE. La sève de la fleur de palmier à sucre, récoltée sur les îles du Mékong, lui donne une saveur particulière, légèrement caramélisée, amère et herbacée.
Bien que certain de vouloir favoriser le commerce équitable, http://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_%C3%A9quitable
je me demande s’il est bien raisonnable écologiquement de choisir une bière fabriquée à l’autre bout du monde. Après tout la belle lilloise http://www.pelforth.fr/ servie spontanément par le barman est « forcément » équitable car brassée au pays de la déclaration des droits de l’homme et moins gourmande en transport.
Heureux consommateurs qui ne se pausent pas toutes ces questions et qui choisiront pour le goût ou pour l’effet. Dans ce dernier cas je conseille la PELFORTH. Je me souviens d’une fin d’après midi vers mes 18 ans où après en avoir consommés 2 avec des copains, je peinais à démarrer ma 125 jusqu’à ce que quelqu’un me dise que j’avais laissé l’antivol à la roue arrière de ma moto.

Dimanche 21/09 Cap d’Agde 08h Marseillette 18h30 117 km
Mon réveil à 6 h me permet après rangement et nettoyage de partir à 8 sans oublier de rendre le livre que je n’ai hélas pas terminé. Peu de circulation jusqu’à Agde où je passe de nouveau plusieurs minutes arrêté par la barrière du passage à niveau. J’hésite à passer devant la voiture dont je respire les gaz d’échappement mais crains de la gêner lors de mon démarrage lent sur la voie ferrée. Qu’est ce qui justifie qu’à Agde les barrières s’abaissent longtemps avant le passage d’un train. Certainement que celui-ci s’apprête à partir de la gare toute proche. Si j’étais d’ici j’interrogerais la SNCF. Mais il semble que plusieurs problèmes s’y rapportent : http://www.herault-tribune.com/index.php?p=p01&Ar_Id=2459&action=view
Pas un chat le long du canal jusqu’à que j’arrive à la partie goudronnée entre Portiragnes et Béziers. Là je rencontre beaucoup de vélos et un roller. Y aurait il une relation de cause à effet ?
A Béziers comme à Toulouse des péniches ont été transformées en habitation. Plus original ici un salon de coiffure. C’est presque dommage (à moins de ne jamais avoir vu de l’eau passer au dessus d’une rivière) de passer sur le pont canal de l’Orb car on ne peut alors en admirer les piles et les voûtes. Mais je bénéficie d’une vue sur la cathédrale et en ce dimanche d’une jolie silhouette « d’ avironneuse » qui se détache sur l’eau. Ici en raison du vent qui gênait les manœuvres des bateaux on a préféré planté des cyprès qui assurent un écran en toutes saisons.
Mais c’est le platane qui est vraiment le roi du canal. Curieusement sa plantation n’était pas prévue à l’origine. Mais il s’est rapidement révélé indispensable à la stabilisation des berges et surtout à la limitation de l’évaporation. Sans son ombre protectrice la consommation en eau du canal serait beaucoup plus importante. Plus étonnant avec ses feuilles imputrescibles, il assure l’étanchéité du fond limitant ainsi la perte par infiltration. Inconvénient cela impose de curer le fond régulièrement. Plus loin je tombe sur une dragueuse et une barge solidement amarrées aux arbres qui m’obligent à passer plus haut.
Je me rapproche petit à petit d’un cycliste qui me semble âgé, les cheveux attachés, en short avec des chaussettes et des chaussures marron, je pense d’abord qu’il s’agit d’un homme. Mais c’est une grand-mère qui s’impose un rythme soutenu pour suivre son mari et il me faut un certain temps pour le doubler après avoir dépassé sa femme. Ils roulent assez vite et il suffit que je m’arrête pour me découvrir et monter à pied la côte du tunnel de Malpas pour qu’ils me doublent. Arrivé de nouveau à la auteur de la femme je lui lance : heureusement que votre mari s’est arrêté pour la pause pipi sinon il ne vous attendrait pas.
La péniche EUROPODYSSEE, lieu d’accueil, offre des séjours de rupture de 2 mois pour adolescents et jeunes majeurs en difficultés : http://pagesperso-orange.fr/voyages.en.peniche/
Après 50 km, il va être midi quand j’arrive à Capestang où le personnel du restaurant La Batelière termine son repas. Il me faudra 3/4 h pour déjeuner de tagliatelles au roquefort accompagnées d’un verre de vin.
Je fais ma prochaine étape gastronomique sur une terrasse à HOMPS : Glace ananas, framboise et fruits de la passion avec coulis de fruits rouges et chantilly. La cigarette russe qui accompagne est vite avalée et je décide d’entamer les zézettes de Sète (seul souvenir que j’ai pu ramener pour une raison de poids) en ne mangeant que les cassés. Je pourrais faire goûter les autres…
Lorsque j’arrive au Relais Occitan personne ne répond à mes coups de sonnette à la porte. Mais je ne suis pas étonné de trouver les propriétaires sur le toit du chai où ils remplacent les tuiles puisque le chantier était en cours. Ils me laissent m’installer seul pour ma 4ème étape dans le foudre. Je n’aurai pas à rentrer à pied du restaurant de Capendu car ils viennent y boire une bière pour se rafraîchir en attendant des pizzas et me propose de me ramener. J’ai alors confirmation qu’ils ne sont pas de la région (je m’en doutais quand la dame parlait de tonneau à propos du foudre). Lui avait une entreprise à Sotteville-lès-Rouen (où vivent toujours mes parents) et elle était dans le médico-social. Ils se consacrent maintenant au domaine acquis il y a un an.

Lundi 22/09 Marseillette 08h45 Rangueil 18h30 121 km
J’avais émis le souhait de partir à 8h mais ils ont préféré comprendre que je voulais déjeuner à 8h. Après une journée passer sur le toit ils veulent se reposer et je pense qu’ils ont changé de mode de vie pour ne plus courir.
Après Trèbes (10 km) où il y a toujours une concentration de camping-car (certainement pour s’approcher de Carcassonne), je monte sur le pont canal du Fresquel qui porte aussi la route. Je suis alors à 100 m au-dessus du niveau de la mer.130 km après avoir quitté la Méditerranée, c’est ce qui s’appelle de la pente douce. Une dame âgée me demande « Parlez-vous Français ? », « Avez-vous vu un bateau dans l’écluse ? » Je réponds que je n’ai pas fait attention « Il faut regarder les bateaux, c’est beau ! » J’aurais pu lui répondre que depuis une semaine j’en avais vu des centaines. Mais elle m’a déjà tourné les talons pour aller s’engueuler avec son mari lors de leur manœuvre de désamarrage.
J’arrive à la cité médiévale fortifiée (23 km) où pour calmer les cyclistes et leur faire réaliser qu’ils arrivent en ville un panneau indique fin de piste cyclable. Mais je n’ai vu aucune piste et ce matin très peu de cycliste. J’ai rencontré surtout des promeneurs avec leurs chiens, des joggeurs, des femmes qui marchent en discutant. J’hésite toujours sur la stratégie à adopter quand je m’approche de piétons. Un coup de sonnette me semble agressif et je le réserve aux pistes bitumées où je roule plus vite et suis prioritaire. Je préfère tout en ralentissant miser sur le crissement des feuilles, le craquement d’une branche ou le bruissement des cailloux. Mais aucun n’est efficace lorsque j’arrive dernière une mamie qui souffrant de la cheville avance tout doucement. Je prononce alors le mot magique Bonjour qui ouvre le passage…
Je croise enfin des cyclistes un monsieur tout chargé et une dame qui porte l’appareil photo (le poids des photos le choc des maux). En traversant Carcassonne je reprends contact avec la civilisation en roulant rue du canal : voiture ADMR, pancarte ANPE cela ne me manquait pas.
A 11h, je n’ai fait que 30km. J’ai moins la pêche qu’hier certainement à cause du temps couvert.
Vers l’écluse de Béteille, je m’aperçois que mon compteur n’indique plus rien. Les vibrations lui ont fait perdre le contact électrique de son support (1 ou 2 km qui ne seront pas comptabilisés).
Comme l’année dernière je déjeune sur la terrasse du port de Bram (40km), mais le site me parait moins enchanteur. Il fait moins beau et je tire ma chaise pour profiter d’un petit triangle de soleil. Quelle idée d’ouvrir le store parasol par ce temps ? J’hésite à prendre le cassoulet maison mais il y a 20mn d’attente et c’est le temps qu’il me suffira pour déjeuner de tagliatelles au saumon.
Après 60 km, j’arrive à Castelnaudary et les dimensions du bassin sont plus impressionnantes en arrivant dans ce sens. http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Castelnaudary_canal_midi.jpg
Une jeune femme me double rapidement. J’ai confirmation qu’elle fait un déplacement local quand je la croise plus loin en sens inverse.
A 15 h, après l’écluse de la Méditerranée je suis sur le bief de partage des eaux qui s’étend sur 5 km jusqu’à l’écluse de l’Océan. C’est le seuil de Naurouze point culminant (190 m) du canal du Midi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_du_Midi#Localisation_et_profil_du_canal
Je n’ai plus qu’à me « laisser » glisser vers l’Atlantique.
Encore 50 km et je suis à Toulouse. Et comme ils se feront sur du bitume, je vais remettre un peu d’huile sur ma chaîne. Elle a tellement avalé de poussière qu’il n’en reste pas une goutte. Le métal est brillant complètement à nu abrasé par des particules de terre. Je commence par retirer celle collée sur mes plateaux avec les serviettes en papier que j’ai conservé à la fin des repas au restaurant. C’est là que je comprends pourquoi il m’arrive d’avoir la chaîne qui saute sans qu’il y ait de changement de vitesse. J’ai quelques dents de rognées sur mon grand plateau. Quand je force pour attaquer une côte où franchir une intersection avant l’arrivée d’une voiture, c’est une sensation très désagréable qui ne permet plus d’avoir confiance dans mes accélérations. Bien sûr cela ne m’a pas gêné sur ce parcours où je ne force jamais. Il faudra que je change mes plateaux… Merci pour les poubelles mise à disposition sur la piste cyclable à chaque accès aux aires de repos de l’autoroute. (je rappelle que l’on ne peux pas y aller à vélo mais le passage est prévu pour les piétons pour accéder aux sanitaires)
Malgré que prés de 200 km ne soient pas goudronnés, j’ai réussi à parcourir les 240 km du canal du Midi en 2 jours. Je vous propose donc la formule économique : une seule nuit dans le foudre : 17 €.

Mardi 23/09 Rangueil 08h45 Valence d’Agen 16h15 99km
Je veux profiter de ma présence dans la ville rose pour aller voir l’exposition gratuite Claude Nougaro. Mais la maison des Pyrénées n’ouvre qu’à 10 h. Pareil pour le magasin Cyclable et je ne souhaite pas attendre une heure alors que j’ai près de 100 km à parcourir.
Place du Capitole je découvre qu’à un jour près j’ai loupé la semaine de la Mobilité : http://www.fra.cityvox.fr/guide_toulouse/bougez-autrement-a-toulouse_
3503309/PageNews
C’est bête ! J’aurais pu essayer toute sorte de vélos place du Capitole. Mais on ne peut pas être à la fois à la mer et à la ville. Si ! En utilisant un moyen de transport moderne. Si j’étais allé au Cap d’Agde en voiture ou avec ma moto, j’aurais pu revenir à temps. Le problème c’est que je n’avais aucune envie d’y aller avec un véhicule. Ça ne me serait même pas venu à l’idée.
Je décide d’aller voir le canal de Brienne tout proche : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Toulouse_canal_de_Brienne.JPG
Il a pour but de mettre en communication le canal du Midi avec la partie amont de la Garonne située au dessus du barrage du Bazacle. Il communique avec la Garonne à l’écluse de Saint-Pierre. Il n’est plus utilisé pour la navigation mais il sert à alimenter en eau le canal latéral à la Garonne.
Il ne fait que 1.7 km et me voici au port de l’embouchure C’est ici que les ponts jumeaux sont devenus des triplés ouvrant pour l’un l’accès au canal du Midi pour l’autre au canal de Brienne et pour le plus récent au canal de Garonne que je rejoins pour le chemin du retour.
http://septdeniersweb.free.fr/ses%20alentours/alentours_ponts_jumeaux.htm
Lucarne ouverte vers l’aventure je les perçois comme des invitations au voyage.
En une année j’aurais parcouru tout le canal entre deux Mers (aller retour) : Latéral à la Garonne direction Bordeaux avec son canal secondaire desservant Montauban, du Midi avec sa liaison avec le canal de la Robine et pour finir canal de Brienne (cela sans aucune crevaison).
Pourtant je suis prêt à recommencer. Peut-être avec vous si vous êtes tenté par les déplacement doux. Ce n’est vraiment pas difficile puisque je l’ai fait. Souvenez vous que j’ai eu du mal à doubler le couple de personnes âgées et qu’ils m’ont rattrapé pour une toute petite pause.
Je roule d’abord le long d’une zone d’activité où les murs de clôture ont été tagués sur une grande longueur. Il faut reconnaître que certains dessins sont artistiques non seulement ils ont du sens mais ils sont beaux. Hélas certains veulent aussi laisser leur empreinte et ça dégénère.
Cette année il y a des tags sur la piste cyclable et même sur les arbres !
Je parviens au club d’aviron de Lalande. Le Toulouse Aviron Sport et Loisir a été créé en 1982 par une trentaine de rameurs déçus par la politique TOUT COMPETITION suivie par leurs clubs:http://www.avironfrance.asso.fr/Actualite/ActualiteDocs/TASLJeunesTalents1.pdf
Des élèves découvrent l’activité.
Changement de rive et je suis quelques cyclistes qui sont bientôt stopper par un énorme camion benne en train de se remplir de gravats. Je suis sidéré. C’est la piste cyclable qui s’en va en morceaux, hissée par un tapis roulant. Elle était pourtant en bon état. Nous longeons la benne et arrivons sur le chantier. Les cyclistes poursuivent par la route. J’espère que le chemin n’est pas fermé à la circulation. Je me vois mal continuer par la route d’ailleurs je n’ai pas de carte routière. Les pages que j’avais détachées à mon guide de la route, je les ai prêtées à un couple de Belges qui faisaient le canal en tandem et ils ne me les ont pas renvoyées. C’est pour ce genre de surprise que je n’ai pas voulu quitter Toulouse plus tard.
Heureusement l’ouvrier m’autorise à passer. Je roule sur un film plastique qui fait la largeur de la piste et qui va être recouvert de goudron. En fait je préfère marcher sur le côté pour ne pas risquer de l’abîmer. C’est la même chose que lors de l’aller de l’autre côté de Toulouse.
Cette fois je relève les caractéristiques sur un rouleau Code Produit PB4 6341 CIDEX 100 SB
6D Solutions 17 place Xavier Ricard 69110 Ste Foy les Lyon : http://www.6dsolutions.com/htfr/frameset.htm
Cela se présente comme un film épais plastifié contenant de la fibre de verre en rouleau de 70 m sur 3.05 m. J'espère que le Conseil Général de la Haute Garonne fera profiter de son expérience tous les autres départements. En tous cas je le félicite pour son implication à rendre pérennes les pistes cyclables. Je suppose que le soir même ce tronçon sera de nouveau opérationnel. Je me demande juste s’ils réutilisent les gravats pour les réincorporer.
Je roule de nouveau sur le bitume lorsque je croise la péniche la Naïade rutilante, récemment repeinte aux couleurs des Voies Navigable de France. Blanc, bleu marine et vert d’eau comme les tee-shirt des éclusiers : http://www.vnf.fr/vnf/img/cms/Tourisme_et_domainehidden/brochure_200704191604.pdf
Demain peut-être reverrons-nous des transports de marchandises ? Peu probable en raison du faible gabarit. Elargir le canal est également impossible en raison des magnifiques ouvrages d’art qui sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ici je peux longuement saluer les 2 employés VNF (qui me répondent de bon cœur fiers de leur embarcation). Sur le canal du Midi, j’hésite à lâcher une main pour saluer les plaisanciers de crainte de me faire désarçonner par une racine ou une pierre.
A ce propos j’arrive sur la seule partie du canal latéral qui n’est pas encore goudronnée. Mais ce sera bientôt un souvenir. L’endroit est peu fréquenté et arrivé à un déversoir, je surprends une jeune femme perdue dans ses pensées en regardant l’eau depuis le pont. Elle se tourne vers moi avec un sourire qui avoue sa prise en flagrant délit d’abandon total. Je pense qu’un homme serait incapable d’offrir un tel sourire sans défense.
J’arrive à Grisolles ou stationne un superbe camion américain nommé Route 66.
Plus loin je retrouve l’équipe d’élagueurs que j’avais rencontrés à l’aller. Ils sont en plein casse-croûte et je peux discuter avec eux. Je vous retrouve dans le même secteur qu’il y a une semaine qu’en je suis passé dans l’autre sens. « Enfin nous avons avancé de quelques km » Pour moi qui revient du Cap d’Agde cela me parait tout proche ! Ils me confirment que le chantier de la piste cyclable suivra le leur. Ca y est on pourra bientôt parcourir tout le canal latéral à la Garonne sur l’asphalte.
Je croise ensuite un espagnol qui après le chemin de St Jacques de Compostelle suit le canal depuis Moissac pour ensuite (comme les Anglais) gagner l’Espagne par Narbonne. Nous échangeons dans la langue de Shakespeare devant mon plan du canal. Il est très sympathique mais cette fois je ne veux pas louper l’heure du déjeuner. Il est 12h30 lorsque j’arrive au joli port de plaisance de Montech et je peux enfin manger à la terrasse du restaurant La maison de l’éclusier avec vue sur les bateaux. Le restaurant est très beau et le Conseil général du Tarn et Garonne a bien fait d’accorder une subvention de 14443 € en 2006 pour sa réalisation. Je me régale d’une salade du Sud-Ouest très joliment présentée suivie d’une crème brûlée.
Plus que 44 km est je retrouve mon domicile et ma petite famille.

Epilogue
Je porte mon VTT chez le pépé qui tient l’unique boutique de cycles qui subsiste à Valence d’Agen. Il me dit que pour mon triple plateau cela tiendra toujours et que c’est ma chaîne complètement usée qu’il faut changer ainsi que la cassette des pignons. Comme mon vélo a 18 ans de loyaux services, je lui fais faire la réparation.
En lisant le journal la Décroissance auquel je suis abonné : http://www.ladecroissance.net/
Je comprends pourquoi j’apprécie tant de faire du vélo. Grâce à un article de David Dutech, étudiant poitevin, je l’en remercie et le cite :
« Je pense que la pratique d’un sport aventure comme le cyclotourisme est un excellent moyen de développer un rapport affectif à l’environnement ainsi que de rendre l’individu plus autonome. J’ai des souvenirs inoubliables de paysages montagnards que j’ai pu admirer au fil de sorties cyclistes au long cours, auxquelles j’ai été initié assez jeune car mon père était un cyclo. J’ai des souvenirs non moins fantastiques de randonnées à pied sur les sentiers caillouteux des alpages, encore plus proches de la nature. Mais le vélo me semble avoir un potentiel d’attraction auprès du grand public encore plus important et sous-exploité, en ce sens qu’il vous transporte.
On est porté par la selle et l’inertie du roulement, mais c’est un sport intelligent, car le corps n’est pas inactif comme dans une voiture ou sur une moto, ici c’est l’énergie du cycliste qui crée le mouvement. Même sans être un grand sportif on peut se faire plaisir à vélo. Le pédalage est en effet un des gestes les plus amusants et les plus jouissifs qui soient. Le fait d’appuyer sur les pédales, de dominer un élément mécanique, donne la sensation de sentir vivre son corps, ce qui développe la confiance en soi. De plus, le geste technique du pédalage est une sorte de métaphore de la vie : il y a des hauts, il y a des bas, mais l’important est de ne jamais rester en bas, de toujours repartir vers le haut (remonter les genoux).
Le vélo est l’une des rares mécaniques techniques qui permet l’autonomisation du corps humain, il offre un réel rapport à l’environnement, au contact direct des éléments naturels (vent, chaleur, pluie, odeurs) alors qu’en voiture nous en sommes totalement coupés…
Pour résumer, le vélo présente de multiples intérêts, que ce soit sur le plan écologique, philosophique ou psychique ; il remet à l’honneur la notion d’effort physique là ou la technologie moderne fait tout pour nous en éloigner. A l’inverse, à vélo on en prend plein les yeux et on se sent humblement appartenir à notre environnement. Chaque coup de pédale est une marche de lilliputien qui nous conduira vers une destination qui ressemble parfois à la terre promise. En ce sens le vélo développe une forme de spiritualité et de self-contrôle : le geste est tellement répétitif que l’esprit s’évade, il se plaît à scruter chaque recoin du paysage ou à se remémorer de bons moments. Ce labeur de la pédalée nous donne une sacrée leçon de philosophie : on comprend que, non, la vie ce n’est pas appuyer sur un bouton pour s’envoyer en l’air à la manière de Supersonic, le déplacement a une valeur énergétique et une signification ; il faut accepter de ne pas vivre toujours dans la facilité, même si le vélo ne nécessite bien souvent que des efforts modérés… »

692 km en 7 jours

Posté par Facteur4 (15 messages) le 29 mai 2009 à 11:51 J'ai enfin terminé le récit de mon voyage Agen St Raphaël.
Si vous souhaitez le lire voici un lien vers le site Voyage Forum :

http://voyageforum.com/v.f?post=2631582#2631582

J'ai renoncé à la mettre ici pour des problèmes de mise en page sur ce site et parce que les liens Internet ne sont pas actifs.

A venir : Le récit de mon premier déplacement professionnel à vélo...

Voie Verte Bordeaux - Toulouse

Posté par PARADO33 (1 message) le 9 novembre 2009 à 12:08 Il existe maintenant un site qui correspond à la carte de votre article
www.canal-et-voie-verte.com

Génial !

Posté par Facteur4 (15 messages) le 10 novembre 2009 à 16:13 Merci pour cette info qui sera utile à beaucoup au faire et à mesure que ce site sera enrichi en information.

canal midi toulouse sete

Posté par PRIMEURS (38 messages) le 11 novembre 2009 à 18:22 fait canal du midi toulouse sete a pieds en 2007 30 dernier km tres penible chemin tres abimee voudrais le faire avec mon epouse ( pas tres sportive ) est ce que le chemin est plus agreable merci

Hélas non

Posté par Facteur4 (15 messages) le 11 novembre 2009 à 19:01 Comme je l'ai écrit ici :
http://voyageforum.com/v.f?post=2631582#2631582
dans mon récit de Mars 2009, il faut rester sur le talus après l'écluse de Bagnas et refermer les barrières des clotures pour les chevaux après son passage. Le chemin de halage n'existe plus.
Je ne pense pas qu'il y ait eu des aménagements depuis.
Il faut peut-être mieux quitter le canal à Agde.

toulouse sete en vtt

Posté par PRIMEURS (38 messages) le 11 novembre 2009 à 22:25 merci pour la reponse ont va le faire quand meme trop beau a realise ensuite ont cherchera d autre jolie randonnee afaire le long des canaux francais

chambre d'hote meilhan sur garonne le font d'uszas

Posté par sandycris (31 messages) le 4 avril 2012 à 22:41 bonjour,
je peux vous soumettre un restaurant et chambre d'hotes trés sympat et adapté pour les cyclistes cela s'appelle le font d'uzas les patrons sont trés sympas et les repas aussi.
nous y referons une alte a notre prochainne escapade
bien a tous

chambre d'hote meilhan sur garonne le font d'uszas

Posté par sandycris (31 messages) le 4 avril 2012 à 22:50 bonjour a tous
lors de notre escapade a velo nous avons fait une halte dans une chambre d hote le font d uzas a meilhan sur garonne
nous avons etes ravis c est tres bien adapte pour les cyclistes les repas et surtout le petit dejeune avec la confiture faite maison
nous avons rencontre d autre cycliste c est tres bien si vous connaissez d autre halte sympas merci de ma les communiquer
merci



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