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Parenthèse à Budapest

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popidouce
Le 11 octobre 2017

Parenthèse à Budapest - popidouce



La vie se vit au présent mais certains instants laissent des traces à jamais ! Un voyage est souvent l’occasion de faire une parenthèse dans notre société ou la course effrénée laisse peu de places à la méditation ! Un voyage oui mais pas n’importe lequel ! Celui qui laisse le temps de contempler, de découvrir, de se perdre en soi en l’autre, de prendre le temps surtout de s’ouvrir à ce qui nous entoure ! A l’heure ou le tourisme excessif tend à tout uniformiser,il reste toujours la possibilité de sortir des sentiers battus. C’est d’ailleurs la que commence le vrai voyage, celui ou tout devient possible ou l’on ne connait pas la suite… d’où surtout on grandit intérieurement ! Car ce n’est pas uniquement la découverte du patrimoine et d’une autre culture qui s’établit ici mais c’est une transformation intérieure une richesse qui s’opère ! Pour cela, je pense surtout qu’il ne faut pas vouloir tout contrôler, tout organiser mais plutôt accepter de se perdre, de se fondre dans un monde ou tout reste possible.


 


Je n’avais pas imaginé écrire de petit billet sur Budapest au début et puis petit à petit des envies de raconter sont venues me chatouiller ! Si elles étaient la c’est bien qu’il fallait que je les couche sur du papier, qu’elles puissent vibrer ces petites envies ! D’ailleurs je les sens, elles crépitent sur l’ordinateur et pianotent une douce mélodie empreinte de toits majoliques et d’accents hongrois ! 


 


Pourquoi avoir choisi Budapest ? Est-ce plutôt nous qui choisissons une destination ou elle qui nous appelle ? L’interrogation reste entière ! Je soupçonne la réponse d’échapper à nos esprits cartésiens ! Les pays de l’Est m’interrogent. J’aime le fait qu’ils restent encore en dehors de nos puissances européennes et qu’ils conservent leur innocence ! C’est ainsi que je le perçois !


 


 


Le trajet pour se rendre à destination fait lui aussi partie de l’aventure ! Presque 2000 Km de distance qui s’engloutissent en l’espace de huit heures. Mais chaque machine a ses failles. A l’aller, le train se retrouve bloqué un bon moment dans un tunnel. Une panne technique a failli nous ramener à la case départ.Heureusement le destin en a décidé autrement ! La machine s’est remise à battre, alors que les espoirs s’amenuisaient, comme par enchantement !


 


C’est par un samedi soir de cette mi août que nous découvrons l’ancienne Ofen Pesth. Elle interpelle et s’offre à nous en premier lieu par sa vie nocturne. L’auberge de jeunesse que nous avons réservée pour les deux premiers soirs se trouve en plein cœur du quartier Est de Pest, la partie de la ville la plus récente. Dans ses longues avenues, nous rencontrons beaucoup de jeunes. La particularité ? Chacun d’eux porte une bouteille. Une des places centrales est remplie de cette jeunesse hongroise qui semble noyer ses espérances déchues dans une sur-alcoolisation devenue tendance.Un reflet de cette Angoisse sociétale généralisée qui pousse toujours plus à se surpasser !? Les questionnements viennent et me traversent l’esprit. Je me sens étrangère dans cette petite épicerie ou j’essaye de payer ma bouteille d’eau avec la monnaie locale, le forint ! Il y a tellement de pièces d’un coup que je me retrouve perdue ! 


 


Après une première nuit passée dans notre pension, les yeux encore collés et le corps anémié d’avoir souffert de bruits permanents, nous partons à la découverte de la perle du Danube. Le réveil est spectaculaire ! La ville s’étend de part et d’autre de ce fleuve,Le Dunaj en hongrois, le deuxième plus grand d’Europe. La capitale hongroise semble regarder son flot avec une sérénité propre à la méditation. Les photos fusent ! On ne sait plus quelle vue choisir, tant de panoramas se prêtent au cliché ! Le fleuve apporte la fraicheur nécessaire à cette chaude et belle journée d’été. Aurélie joue à la guide et je me laisse bercer par ses commentaires qui donnent de la consistance et une réalité au paysage qui s’offre à nous. Budapest commence à se dessiner lentement et nous ouvre ses portes…


Parenthèse à Budapest - popidouce

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Notre repérage fait, après êtes montées sur une des collines de Buda, la partie la plus ancienne de la ville,nous partons nous prélasser aux thermes Gellert. La cité tire de son passé la présence de nombreuses eaux thermales. Elle est d’ailleurs reconnue en tant que ville thermale. Nous suivons donc sans difficulté un des styles de vie budapestois. Nous sommes dimanche, des  groupes d’amis hongrois se rejoignent aux thermes pour profiter des nombreux bains aux multiples vertus. Dans les vestiaires, les femmes se retrouvent entre elles. L’agitation règne !L’entrée est assez chère. Il faut compter presque 5000 forints (16 euros environ, 300 forints = 1 euro) en weekend. En semaine c’est moins cher. Nous passons l’après midi à profiter des eaux chaudes et de la piscine à vagues dans ce décor Art Nouveau des années 1920. Un lieu, une ambiance digne des bandes dessinées d’Adèle Blanc Sec. C’est intéressant justement les ressentis que certains endroits peuvent évoquer… L’esprit peut facilement vagabonder et se retrouver parachuté dans un autre monde, celui de l’imaginaire, de l’irréel, de la fantaisie. Je pouvais presque me laisser aller à entrevoir un monstre marin digne des péripéties de notre héroïne parisienne.

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La soirée s’annonce moins reposante. Nous avons prévues de nous rendre au festival Sziget qui se trouve sur l’île de la Liberté. Un train fait la jonction entre le cœur de ville et cette partie plus reculée ou les passionnées de musiques actuelles se retrouvent. Même si les têtes d’affiche ne nous font pas rêver, en tant que férue de musique il serait dommage de passer à côté d’un des plus grands festivals d’Europe. L’ambiance est complètement délirante. Une vraie ville recréé de toute pièce pour l’occasion ou se mélange scènes de musique, hangars aménagés, stands de boissons et nourritures, grande roue, campings etc. Les langues étrangères et leurs accents fusent au son de Calvin Harris. Ce n’est pas un artiste que j’affectionne spécialement mais l’ambiance dans le public vaut le détour. Les festivaliers sont complètement déchainés et donnent une autre dimension à ce son Nrj musique only ! La fin du concert se clôture par un feu d’artifice que nous apercevons entre les branches des arbres. Une petite scène tenue par un dj démarre dans le bois et nous reconnaissons des chansons dancing phares qui font se trémousser. Après cette atmosphère de dancefloor de plein air, nous partons découvrir quelques uns des nombreux endroits de ce festival woodstockien. Il est tard quand nous rentrons dormir à l’auberge de jeunesse.

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Nous dormons peu cette nuit là car nous devons rendre la chambre assez tôt. Quoi de plus revitalisant pour commencer la journée qu’un petit déjeuner au soleil ? Le ciel est bien bleu et un petit vent doux atténue la chaleur de cette ville d’Europe centrale.Qu’il est agréable de se prélasser sur une terrasse en sirotant un jus d’orange frais ! L’agitation règne dans les rues et je prends le temps d’immortaliser chaque instant. Chaque détail participe à créer la mélodie d’une ville… Les touristes qui flânent devant de vieilles devantures, les actifs qui se dépêchent à se rendre à leur travail, le garçon de café qui discute du temps  qu’il fait avec ses clients…
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Notre pause fraicheur terminée,nous partons découvrir le quartier du château de Buda. Cette autre partie de la capitale hongroise est séparée de Pest par le Danube. Ses collines s’élèvent prenant appui sur les rives du fleuve et se dressent pour les plus hautes jusqu’à plus de 500 mètres. Des villas parsèment ce relief donnant à ce paysage des accents hollywoodiens. Elles sont un lieu de promenade et de détente pour  les budapestois. Il est possible d’utiliser le funiculaire pour monter en haut de la colline du quartier du château inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.Avec Aurélie, nous décidons de monter à pieds. Sur les hauteurs, le portail d’entrée du château brille par son immensité. Les gardes surveillent,impassibles. Comme d’accoutumée, quelques touristes se prennent en photo à leurs côtés. Nous continuons notre route et flânons dans les charmantes ruelles de ce quartier qui a vu s’installer les premiers natifs de la cité.Nous arrivons au niveau de la belle église Mathias. Derrière celle-ci se révèle le Bastion des pêcheurs. Un ensemble de six tours agrémentées d’un grand escalier.Cette défense est conçue à l’emplacement de l’ancien mur d’enceinte, que la guilde des pêcheurs surveillait. C’est ce qui a donné son nom par la suite à cet ouvrage. Ce site touristique offre un somptueux panorama sur la cité. Je suis interpellée par les visages si expressifs des statues sous une des arches. 


 


La deuxième partie de la journée est beaucoup moins féérique mais elle a le mérite d’être typique. Nous sommes, le temps d’une après midi, sorties des sentiers pittoresques pour nous retrouver parachutées en plein cœur du système de santé hongrois. Les tours opérateurs ne mettent pas ce genre d’expérience au programme ! Une petite piqure de rappel pour me rappeler à quel point il est utile de demander la carte européenne d’assurance maladie. On s’imagine tellement qu’on est invulnérable en vacances… et pourtant un malaise peut arriver n’ importe où ! Et voila les membres se contractent, deviennent lourds. L’angoisse prend le relais sur la tétanie m’invitant à me rendre en urgence à l’hôpital. C’est d’autant plus effrayant que cela arrive dans un pays étranger, ou il y a peu de repères et ou la langue est une barrière. Les muscles figés, je lutte pour marcher jusqu’à un taxi. Impossible de trouver un chauffeur avec qui parler anglais. L’un d’eux, essaye vaguement de nous comprendre ! J’en peux plus, nous montons dans sa voiture. Il nous dépose quelques minutes plus loin dans ce qui semble être un hôpital ! Nous croisons quelques infirmiers, aucun ne parle anglais.Finalement nous atterrissons dans ce qui paraît être un hall d’urgence.L’intérieur fait totalement délabré. Quelques personnes attendent sur des bancs, le regard dans le vide ! J’ai plus l’impression d’être dans un hôpital psychiatrique ! L’hygiène n’est pas le point fort de l’établissement !Les toilettes sont sales, l’endroit complètement miteux !  Je vais devoir attendre au moins 4 heures dans une des chambres avec pour voisines deux dames qui souffrent le martyr ! Finalement, Gergo notre couchsurfeur hongrois vient nous chercher ! La première rencontre est folklorique ! En effet, je suis la étendue dans mon lit, à ne quasiment plus pouvoir me mouvoir ! La perspective de rester passer la nuit dans cet hôpital m’enchante si peu que la motivation à sortir donne des ailes à mon corps. Le bilan sanguin étant positif j’ai la permission de suivre Gergo et Aurélie. J’avance tel un automate à leur suite et nous partons chez notre hôte.


 


Celui-ci n’habite pas très loin de l’hôpital dans un quartier populaire de la ville. L’occasion pour nous de découvrir des endroits peu fréquentés par les touristes et de plonger en plein cœur de la vie locale. 


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Le lendemain, nous partons retrouver des amis vendéens rencontrés au Sziget festival. Après des retrouvailles autour d’un café, nous partons nous promener sur l’île Marguerite, surnommée l’île du farniente. Ses allées ombragées et ses parterres de fleurs nous retiennent quelques instants, puis nous quittons ce parc reconnu comme l’un des plus beaux de Budapest pour retrouver Gergo. Celui-ci nous attend à Varosliget, le bois adoré des enfants. Tout un panel d’attractions compose ce poumon vert de la capitale hongroise. Cette soirée est l’occasion pour nous de suivre notre guide dans un dédale de bars tous plus atypiques les uns que les autres. Nombreux sont ceux qui proposent une large cour intérieure. Les chiens suivent leurs maîtres dans cette vie nocturne. Nous terminons dans un endroit cosy rejoints par nos acolytes vendéens et une amie de Gergo. L’heure est venue de goûter à la boisson nationale hongroise, la palinka. Ames sensibles  s’abstenir ! Cette eau de vie, destinée auparavant à faire passer l’alimentation malsaine villageoise,se conjugue à différents parfums et fait tourner bien des têtes…


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Le dernier jour de notre périple n’est autre que le 20 août, jour férié qui commémore Saint Etienne, fondateur et premier souverain de la Hongrie. Gergo ne travaille pas ce jour la et nous emmène découvrir une partie de ce pays un brin escarpé. Nous découvrons notamment la frontière avec la Slovaquie. Puis au retour, nous nous arrêtons contempler le feu d’artifice du haut du Bastion des pêcheurs. Sur des détonations spectaculaires s’achève notre séjour à Budapest ! C’est la tête pleine de couleurs, d’accents hongrois, d’arts décoratifs, de rencontres et de spécialités culinaires que nous reprenons l’avion du retour le lendemain.Ce voyage restera comme une douce parenthèse dans nos vies bien remplies et nos mémoires sensitives.


 


Pauline

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