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Retour jour par jour de notre périple en Equateur

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Dernière activité le 05/12/2015 à 19:11

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Scoob
Le 15 septembre 2015
Jour 0 & Jour 1: Arrivée en Equateur et découverte de Quito

Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob

Le réveil sonne pour nous à 4h du matin ce dimanche. Difficile d'émerger après n'avoir dormi que quelques rapides heures mais l'excitation du voyage chasse tout et nous nous apprêtons sans traîner. A 5h, il est temps pour nous de fermer la maison et de nous mettre en route en direction de l'aéroport de Bruxelles.

Rien à signaler concernant nos deux premiers vols qui nous ont d'abord emmenés jusque Londres puis Miami avec la compagnie British Airways. Enfin si: c'est une bonne compagnie au personnel attentionné et aux avions confortables (du moins, quand comme nous, on arrive à réserver nos sièges aux sorties de secours et ce, pour les deux vols !).

Lorsque nous arrivons à Miami, nous nous dirigeons comme tout le monde vers le poste-frontière. Deux files s'offrent à nous: ceux pour qui il n'y a pas d'ESTA (une autorisation de voyage simplifiée réservée à quelques nationalités dont la Belgique) et ceux - forcément - pour qui il y en a. Avant de nous diriger vers cette file (nettement moins longue que l'autre !), nous devons remplir toute une série de renseignements sur une borne, scanner nos passeports ainsi que nos empreintes. Sauf que, comme pour la quasi-totalité des gens, nous recevons un papier avec notre photo dessus et une grande croix barrant tous nos renseignements. Nous devons donc comme quasi tout le monde aller faire la file afin de valider notre entrée aux USA. Après une grosse demi-heure d'attente, nous arrivons enfin face à la douanière (qui d'ailleurs fait mentir la fameuse réputation désagréable qui colle à ce corps de métier en rigolant et en faisant des blagues). Nous recommençons donc, avec elle, toute l'opération et enfin, nous avons droit à notre coup de tampon sur nos passeports !

Nous devons ensuite nous rendre au guichet d'American Airlines afin de récupérer nos cartes d'embarquement jusque Quito. Après que l'employée nous ai imprimé nos tickets, nous nous rendons compte d'un premier petit souci: l'heure d'embarquement indiquée dessus se situe après l'heure à laquelle nous étions censés décollés. Comme nous n'avions pas encore vu de panneaux indicatifs, nous espérons une erreur de leur part mais après avoir passé un nouveau contrôle de sécurité (le fameux scanner ou on nous voit tout nu !), nous devons nous rendre à l'évidence: notre vol est effectivement déjà en retard de deux heures ! Nous allons donc devoir patienter non pas deux heures mais quatre ... Après avoir mangé rapidement un morceau dans l'aéroport, nous nous rendons à notre porte d'embarquement. Très vite, nos deux noms sont appelés au micro ainsi que toute une série d'autres nous demandant de nous présenter sans tarder au comptoir d'embarquement. Rien de grave, ils avaient juste besoin de scanner (encore !) nos passeports. Ils ont aussi une question qui aurait pu s'avérer dérangeante si je n'avais pas prévu le coup: nous serons partis au total 3 mois et une semaine. Hors, le visa accordé aux touristes est de maximum trois mois pour l'Equateur. Même si notre billet de retour nous fera décollé du Chili, on doit pouvoir justifier que nous ne serons plus dans le pays d'ici trois mois. Heureusement, nous avions réservé un vol interne pour dans un mois, justement pour quitter le pays et aller au Pérou voisin. Il n'y aura donc aucune complication et nous pouvons donc retourner patienter.

Arrive l'heure d'embarquement prévue mais c'est à ce moment là seulement que les gens descendent de l'avion dans lequel nous devons monter. On nous annonce donc presqu'une heure de retard supplémentaire puis quand enfin nous montons dans l'avion (encore une sortie de secours !) et après deux tentatives de décollage, le commandant nous annonce qu'il y a un problème avec l'un des moteurs ! Ils vont donc tenter de réparer en vitesse puis nous tenterons une nouvelle fois de nous envoler. Si ça ne devait pas fonctionner, il nous faudra retourner à la porte d'embarquement afin de changer d'avion. On a beau vouloir être optimiste, on commence à se demander si nous arriverons aujourd'hui en Equateur mais heureusement, la troisième fois sera la bonne et nous nous envolons pour quatre heures en direction de Quito. Le vol nous paraîtra assez bref - décalage horaire oblige - et nous dormirons 99% du vol.

L'arrivée à Quito se fait donc de nuit: il est 23h (heure locale, 6h du matin pour nous) quand nous descendons de l'avion, direction un nouveau poste de douane. Au vu de nos expériences passées concernant l'organisation générale en Amérique du Sud, nous sommes à peine surpris de devoir patienter deux heures supplémentaires pour enfin obtenir notre cachet ! En effet, cinq avions sont arrivés en même temps, débordant du coup les 5 pauvres douaniers présents à ce moment-là. Heureusement, des collègues arrivent en renfort sinon nous y serions peut-être encore ! Après avoir récupéré nos sacs que nous devons encore une fois faire scanner, nous pouvons enfin réserver un taxi qui doit nous emmener à l'auberge de jeunesse ou j'ai réservé ! Il est donc près de 2h du matin (heure locale, 9h du matin pour nous) quand enfin, nous pouvons nous coucher !

Nous avons rendez-vous dans la matinée avec notre beau-frère qui vit depuis quelques temps dans la capitale. Voilà près de deux ans que nous ne l'avons pas vu car depuis tout ce temps, il se balade en Amérique du Sud. Nos dates coïncidaient avec les siennes, c'et donc naturellement qu'il nous a proposé de nous servir de guide pour la journée. Nous avions mis un réveil par sécurité mais à peine deux heures après nous être endormis, je me lève déjà. Il va falloir attendre un peu avant d'effacer complètement le décalage horaire mais ça me permet d'observer depuis l'immense fenêtre de notre chambre, un magnifique premier lever de soleil !

Notre rendez-vous est fixé à 10h, sur la plaza Santo Domingo, au cœur du Centro Historico de Quito. Vu l'heure matinale à laquelle nous sommes prêt, nous décidons vers 8h de nous mettre en route. Deux possibilités s'offrent à nous: la plus chère, la plus rapide (encore que, à cette heure) mais surtout la plus facile serait de prendre un taxi. Mais outre le fait que ça nous coûterait pas loin de dix dollars le trajet, ça perd quand même de son charme. La deuxième solution est de prendre l'Ecovia, une des trois lignes de bus qui traversent la ville du Nord au Sud (et inversement bien sur !) sur des axes parallèles. Le trajet ne coûte que 25 cents par personne, quelque soit le nombre d'arrêt et ces bus ont une bande réservée pour eux, ce qui nous fera aller plus vite probablement qu'un taxi. Un arrêt se trouve justement à une dizaine de minutes à pied et après avoir cherché un peu pour faire correspondre mon plan à la réalité, nous nous présentons à l'arrêt. Le système est relativement simple: au milieu de la chaussée se trouve un quai par lequel on rentre d'un côté et on ressort de l'autre. On paye les 25 cents à un monnayeur et on peut passer la barrière. Une employée est la pour faire de la monnaie au cas ou mais elle n'a pas l'air débordée de travail. A peine une minute après notre arrivée, nous embarquons dans le bus, direction le sud et le centre historique.

Surprise, nous sommes les seuls étrangers à bord de ce bus bondé et nous faisons tourner quelques têtes. Mais aucun signe d'animosité, juste une très légère curiosité. La conduite du chauffeur est sportive et nous devons nous cramponner à ce que l'on peut pour éviter de terminer par terre. Seul petit bémol à ce mode de transport, la présence de nombreux pickpockets ! En effet, tout le monde à l'intérieur tient son sac fermement devant lui car très nombreux sont les vols. Dans notre cas, après une vingtaine de minutes de trajet, nous arrivons à l'arrêt repéré, situé non loin de la place. Toujours grâce à mon plan, nous pouvons sans problème nous enfoncer au cœur de ce Centro Historico. Vu l'heure encore matinale, la vie ne fait que redémarrer ici et seules quelques cuisines sont ouvertes afin de servir le petit-déjeuner. La station de bus se situant en contrebas du quartier, nous devons nous frotter à une belle première petite côte. Quito se situant à une altitude moyenne de 2800 mètres, le souffle est court et nous le faisons petit à petit sans se presser.

Dès le premier coup d'œil, le quartier nous plait ! Une architecture dite baroque très colorée, des petites rues pavées et une ambiance typique des villes coloniales , le mélange est parfait ! Nous nous rendons donc sur la plaza Santo Domingo avec une heure trente d'avance sur le programme. C'est une grande place rectangulaire, presque exclusivement piétonne, au centre de laquelle trône une immense statue d'un des héros du peuple: le Maréchal Mariscal Sucre. Sur un des grands côtés, se dresse une église et en face de celle-ci, deux petites cuisines ou pour deux à trois dollars, nous allons pouvoir déjeuner. Pour moi, ça sera des œufs sur le plat, avec un petit pain (excellent i) au fromage, servi avec un jus de fruit frais et du lait chaud (normalement un café mais je n'en bois pas). Pour mon épouse, un petit-déjeuner beaucoup plus local: du riz, de la peau de poulet et une sauce qui recouvre le tout. D'après elle, c'est excellent ! Nous savourons ce moment à notre aise et il est 9h quand nous sommes de nouveau sur la place.
Nous avons encore une heure à attendre et nous sommes tentés d'aller découvrir les environs. Mais outre le fait que toutes ces petites ruelles sont encore plongés dans l'ombre - et malgré la présence d'un grand ciel bleu et d'un soleil abondant - il y fait encore très frais, nous préférons attendre notre "guide". Nous décidons donc de l'attendre au milieu de la place, près du maréchal, en plein soleil. Cette heure d'attente permet d'observer la vie qui s'éveille doucement dans ce quartier si animé la journée et si décrié le soir. En effet, la nuit les rues se vident de la population et la réputation du Centro Historico n'est plus à faire: notre guide du routard ainsi que de nombreux avis sur le net déconseillent fortement d'être présent dans le quartier lorsque la nuit se couche.

En attendant, notre petite heure d'attente passera extrêmement vite et avec à peine un quart d'heure de retard, nous retrouvons notre beau-frère ! Nous sommes vraiment heureux de le revoir et après une courte discussion, il nous propose de le suivre dans les petites rues du quartier. Après un léger détour par le restaurant ou il travaillait jusqu'encore la veille afin d'y déposer un sac, nous nous rendons au Panecillo, une colline se trouvant à peu près au centre de Quito et depuis laquelle nous devrions pouvoir observer la quasi totalité de la ville. Nous y allons en taxi car ça grimpe sec jusque là en haut !
Arrivé au sommet, nous pouvons tout d'abord "admirer" une statue très glauque de la Vierge entièrement faite en aluminium. Glauque parce qu'elle tient entre ses mains une chaine reliée au coup d'une espère de crocodile à trois queues. Le tout fait au moins une vingtaine de mètres et n'est franchement pas très joyeux ni beau. Pour la petite histoire, la statue est tournée vers le nord afin de protéger cette partie de la ville, considérée comme la plus riche et la plus sécurisante. Au sud, comme il ne bénéficie pas de sa protection, c'est un peu tout et n'importe quoi ! Par contre, la vue que l'on a depuis ici est juste ... WAHOUUU ! Au nord, comme au sud, la ville se déroule à nos pieds ! Encerclée par quantité de volcans, nous avons la chance de pouvoir les admirer grâce à l'extraordinaire luminosité qui baigne les lieux aujourd'hui ! Des sommets, culminant pour certains à près de 6000 mètres, sont recouverts de neige éternelle. C'est vraiment magique comme ambiance ! Au loin, on peut même apercevoir le Cotopaxi qui a fait parler de lui aux infos car après près de 150 ans a décidé de se réveiller. Considéré comme un des volcans les plus dangereux de la planète à cause de sa proximité avec la capitale, nous pouvons admirer les panaches de fumée qu'il crache encore aujourd'hui ! Nous restons la en haut près d'une petite heure afin de profiter du panorama et de s'échanger des nouvelles sur tout et n'importe quoi.

Il est presque midi quand nous décidons de redescendre la colline, cette fois à pied. Un escalier permet en effet de rejoindre le centre ville en à peine une vingtaine de minutes. Par contre, vu la pente, la montée doit être réellement éprouvante ! Nous retournons donc dans le Centro Historico et notre beau-frère nous fait passer par différentes places toutes plus belles les unes que les autres: plaza San Francisco, plaza Grande, ... Nous décidons finalement de nous arrêter un peu au hasard dans un des nombreux petits restaurants du quartier qui propose l'almuerzo: un menu comprenant soupe, repas et boisson pour un prix compris entre 1.5 et 3 dollars. Ce sont des repas simples, bons et équilibrés qui nous sont servis et en plus, il y a à chaque fois deux choix ! Nous passons la encore un excellent moment et vers 15 heures, il est malheureusement temps de nous séparer. Hasard du planning, son meilleur ami arrive aujourd'hui à Quito et il lui avait proposé de venir le chercher à l'aéroport. Il doit donc nous quitter mais nous proposons de nous retrouver au soir pour boire un verre ensemble. Rendez-vous que nous acceptons sans souci ! Nous reprenons donc le bus dans l'autre sens et remontons à notre auberge afin d'y faire une sieste bien méritée !

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A 18h45, la nuit est déjà tombée et notre rendez-vous se situe à l'entrée du centro historico, à côté de l'arrêt de bus. Nous avions à la base décidé de faire le trajet cette fois en taxi mais nous décidons qu'il n'est pas encore très tard et que l'on peut au moins redescendre en bus. Arrivé au lieu de rendez-vous, nous devons attendre un peu avant son arrivée. Ca peut effectivement impressionné car à ce moment-là, nous sommes seuls "étrangers" au milieu d'une foule d'Equatoriens. Si ce n'est un regard rapide, personne ne s'intéresse réellement à nous. De toute façon, très vite, nous retrouvons notre beau-frère accompagné de son ami et d'une troisième personne: un canadien que son ami a rencontré dans l'avion et à qui il a proposé de nous accompagner. Originaire de Toronto, il ne parle qu'anglais mais ce n'est pas un souci pour nous.

Après avoir demandé à des policiers (extrêmement serviables et sympathiques) l'adresse d'un bar dont il avait entendu parler, nous nous dirigeons vers celui-ci. Nous quittons donc l'avenue bondée ou nous nous trouvions pour nous enfoncer dans des petites ruelles toutes vides. Après s'être fait précisé par un commerçant l'endroit exact, nous nous attablons dans un bar proposant des bières "maisons". Fort cher car la clientèle n'est pour le coup que composée de touristes, nous passerons malgré tout un excellent moment à discuter voyage !

Vers 21h, nous décidons de partir à la recherche d'un endroit ou manger. Notre beau-frère nous emmène donc dans le centro historico. La transformation est radicale ! Les rares personnes croisées sont pour la plupart des toxicomanes en manque mais qui ne s'intéresseront pas à nous alors que deux heures auparavant, ça grouillait de monde ! Toutes les vitrines sont barricadées derrière de gros volets fermées par d'énormes cadenas ! Autant dire que à cette heure-ci, le quartier perd beaucoup de son charme et nous ne devons cette visite nocturne qu'à la présence rassurante de notre beau-frère qui connait bien les lieux et les gens pour y avoir bosser plusieurs mois. Nous finissons par trouver une petite cuisine ou pour deux dollars, nous aurons droit à nouveau à un menu complet et très bon !

Après pas mal de fou rire, il est malheureusement temps de se séparer ! Nos amis nous accompagnent jusqu'à un taxi qui nous ramènera sans souci à notre auberge. Prix de la course: 7 dollars (prix négocié car le soir, les chauffeurs de taxi ne veulent pas mettre le compteur estimant que le risque de tomber sur une personne mal intentionnée est trop grand par rapport à ce que ça nous aurait coûté) ce qui nous rassure quand à notre choix d'avoir pris le bus toute la journée ! Après avoir rapidement refait nos sacs, il est temps pour nous d'éteindre la lumière. Demain, réveil à 6h15 car nous avons un bus à prendre pour le nord du pays !

Jour 2 & Jour 3: Découverte de Mindo

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Scoob
Il y a 2 années
Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob
Il est à peine 7h du matin quand nous sommes fin prêt, sac à dos ... au dos. La veille, nous avions demandé à la réception si il pouvait faire venir un taxi pour cette heure-ci car nous devons nous rendre tout au nord de la ville afin d'y prendre notre autobus. Les transports en commun aurait été une possibilité mais vu le monde qui l'emprunte, ça n'aurait vraiment pas été facile pour nous. Pour 8$, nous avons le confort d'une voiture assez moderne avec en prime un chauffeur sympathique et ponctuel !

Contrairement aux affirmations du proprio de notre AJ (auberge de jeunesse), il faut bien plus d'un quart d'heure pour arriver au petit terminal de bus de La Ofelia, seul endroit ou on peut prendre un bus pour Mindo. En réalité, nous mettrons plus d'une demi-heure, heureusement qu'on a prévu large car notre bus est normalement prévu à 8h. Le petit terminal est assez vieillot et seules quelques compagnies sont représentées. Une seule va là ou nous le souhaitons, nous n'avons donc pas le choix. Pour 3.1 $ par personne et deux heures de trajet, on ne va pas se plaindre !

Comme nous sommes légèrement à l'avance, nous décidons d'essayer de trouver quelque chose pour déjeuner car nous n'avons rien pu nous mettre sous la dent à l'AJ et nous n'avons pas pensé à faire des provisions la veille (on est encore en rodage sur ce voyage, ça ne se reproduira plus !). Heureusement, une petite échoppe vend de quoi manger et boire et je me décide pour deux grandes tranches de cake et de bouteilles d'eau. Ca suffira pour patienter jusque midi !

A l'heure pile, "l'assistante" du chauffeur nous demande d'embarquer après avoir mis nos deux gros sacs à dos en soute. Nous choisissons des places dans le fond du bus afin d'avoir un oeil dessus à chaque arrêt. En effet, les bus en Amérique du Sud sont malheureusement des lieux ou les vols sont monnaies courantes. Nous suivons donc les recommandations de ceux qui les ont déjà empruntés, à savoir surveiller les gros sacs aux arrêts et garder tous les objets de valeur dans notre petit sac à dos que nous conservons sur nous (pas au sol ni dans les rangements au dessus car les voleurs sont ici très adroits et nombreux sont ceux qui en ont été leurs victimes). Heureusement, nous ne sommes qu'une grosse dizaine dans le bus, nous avons donc chacun notre banquette, ce qui me permet d'essayer de continuer ma nuit dans un confort relatif mais appréciable. Etant donné la vitesse à laquelle roule notre chauffeur dès qu'il est sorti de Quito (enfin, en ville il roulait vite aussi mais un peu moins et s'arrêtait quand quelques rares personnes lui faisait signe pour monter), ma tête va cogner quelques fois contre la vitre, ce qui achève de me réveiller complètement ! Néanmoins, mon épouse me dit que j'ai quand même somnoler une vingtaine de minutes et je suis surpris à mon réveil de constater à quel point le décor a changé ! De la ville, nous sommes passés sur une route de "montagne" qui descend en serpentant au milieu d'une végétation luxuriante. La chaleur commence aussi à se faire sentir au fur et à mesure de notre descente que l'on espère contrôlée mais ce qui continue de nous étonner, c'est ce vert omniprésent dans cette vallée à deux pas de la ville !

Le trajet est normalement annoncé en 2h30 mais vu que le chauffeur est le descendant de Michel Vaillant, il nous faut à peine deux heures pour arriver dans ce magnifique petit village situé à une petite centaine de kilomètres au nord de Quito. Tout de suite, l'ambiance est ici très différente, beaucoup plus baba cool que dans la capitale. C'est un tout petit village composé d'une dizaine de rues, d'un parc et de toutes une série de commerces, agences de tourisme et de restaurants. A peine sommes nous descendus du bus que nous sommes sollicités par les quelques chauffeurs de taxi qui attendent là mais vu la taille du village et malgré le fait que je n'ai aucune idée d'où se trouve le logement que j'ai réservé, nous déclinons poliment. Nous demandons notre chemin à une jeune femme qui se trouve là et qui se lance dans toute une série d'explications dans un espagnol assez rapide. Je comprends l'essentiel, à savoir la direction générale, et nous partons charger de nos deux sacs chacun sous un soleil de plomb (près de 30 degrés à ce moment là !) vers l'extérieur du village. Après quelques centaines de mètres, je redemande mon chemin à un passant qui m'indique la rue parallèle à celle ou nous sommes. Bon, nous continuons notre chemin et finalement nous tombons dessus un peu par hasard en cherchant à rejoindre cette fameuse rue. En réalité, le gars ne savait pas trop ce qu'il nous disait mais bon, le principal est d'avoir trouvé.

Nous entrons dans un jardin rempli de plantes et d'arbres serrés les uns contre les autres, laissant juste la place à des petits sentiers pour se déplacer. A l'accueil, la patronne nous annonce qu'il est trop tôt pour avoir notre chambre (il est à peine 10h du matin) et que nous devons revenir vers 13h. Par contre, aucun problème pour laisser nos sacs derrière son comptoir afin de ne pas les trimballer partout.

Nous décidons donc de repartir dans le centre du village afin de voir de plus près ce qui nous attend. Notre logement se trouve tout à côté du "stade" du village que nous longeons pour revenir dans la rue commerçante. Nous trouvons assez vite l'office du tourisme ou nous décidons de rentrer afin d'avoir plus d'infos sur les activités dans et autour du village. En effet, mon guide du routard est assez chiche sur le sujet et même Google Map ne sait faire que le situer approximativement sans pour autant détailler le village. Les seuls renseignements que j'ai sont tirés des rares blogs de voyage assez récent et qui traite de ce sujet, ce qui est en fait assez mince pour s'y retrouver mais suffisant pour y être venu ! L'employée à l'office est sympathique et nous donne un plan du village en plus de nous expliquer les différentes activités. Pour aujourd'hui, le programme est tout trouvé: au matin, nous irons visiter la fabrique de chocolat du village (nationalement reconnue) et dans l'après-midi nous irons randonner dans les environs.

La fabrique de chocolat s'appelle El Quetzal et se situe à 200 mètres de notre position de l'autre côté du parc (servant de place centrale) dans une rue qui monte légèrement. Nous trouvons sans souci ce grand bâtiment jaune et nous grimpons les quelques marches pour pénétrer dans une belle salle avec un bar et quelques tables pour s'asseoir. La "barmaid" nous explique que le prochain tour en anglais démarre dans une vingtaine de minutes et après que nous l'ayons payée (6$/personne), nous propose de nous asseoir en attendant. Nous en profitons pour commander un grand jus de fruit de la passion frais pressé. Un véritable régal vu la chaleur !

A l'heure dite arrive Serge, un portugais expatrié ici depuis une dizaine d'année, qui nous emmène dans un patio à l'arrière de la salle. Se trouve déjà ici un groupe de Hollandais accompagné d'un Belge mais qui eux, ont déjà fini leur visite. Le Belge (originaire d'Anvers mais parlant un très bon français) cherche directement à lier connaissance dès qu'il nous entend parler français. Après quelques minutes d'une discussion sympathique, Serge qui était resté très discret jusque là, décide d'y mettre un terme en demandant à notre correspondant de nous lâcher un peu (bon, il a dit ça sur un ton un peu brusque mais en français - langue qu'il ne maitrise vraiment pas très bien - il est donc tout pardonner, d'autant plus que ce n'est pas à nous qu'il s'adressait). C'est qu'il a une visite à nous faire faire et nous le mettons en retard avec nos discussions qu'il ne comprend pas vraiment.
Nous commençons donc par une brève introduction ou il nous explique l'histoire du site, nous montre une "coque" contenant des fèves encore blanches et fraiches (que nous goûtons, c'est franchement pas bon !), des fèves déjà sèches et quelques produits fait à partir de tout ça (comme un beurre de cacao, des poudres plus ou moins concentrée, ...). Notre guide se révèle extrêmement sympathique au fur et à mesure de la discussion et nous finissons par nous lever afin d'aller visiter l'exploitation. Il nous montre tout le processus de fabrication du chocolat, depuis l'arbre à cacao jusqu'au salle chaude et froide ou l'on obtient le produit final en passant par le processus de séchage, de fermentation et de grillage. Les explications sont intéressantes et ponctuées de toutes sortes de petits moments de rigolade avec lui. Mais le plus intéressant reste à venir, à savoir la dégustation ! Nous retournons donc dans le patio et Serge arrive avec une petite assiette pour chacun contenant un morceau de brownies (j'avais lu que c'est leur spécialité et que c'était un pur régal !) ainsi qu'un petit pot contenant du chocolat fondu. Il nous propose d'abord de goûter celui-ci et j'y vais franchement avec ma cuillère. Rien à dire, c'est juste dégueulasse car c'est du chocolat 100% et c'est tout simplement immangeable. Ca le fait beaucoup rire de voir nos têtes et il propose que l'on recommence mais cette fois, il rajoute du sucre blanc sur notre chocolat. Tout de suite, le chocolat devient bien meilleur ! Ensuite de ça, il nous fait à chaque fois goûter une cuillère de ce chocolat en y ajoutant pêle-mêle: du café (frais, cueilli dans le jardin et préparé sur place), du chili (!), du miel au gingembre ainsi qu'une sorte de vinaigre balsamique. Chaque cuillère est donc une source d'étonnement mais au final, tout sera très bon ! Récompense pour avoir tout bien gouté, notre petit morceau de brownies dont la réputation n'était pas usurpée ! En gros, nous serons restés une bonne heure avec Serge et nous aurons passé un excellent moment en sa compagnie ! Nous lui disons au revoir, on achète un petit pot de beurre de cacao (j'ai du calmer mon épouse qui aurait tout acheté mais vu qu'il nous reste encore trois mois de voyage, ça allait être compliqué !) et nous repartons dans le village. C'est pas tout ça, mais midi est déjà passé et nous commençons à avoir faim !

Avant de partir, j'avais demandé à Serge ou nous pourrions trouver une bonne cuisine proposant des almuerzos, ces petits menus complet pour deux ou trois dollars. C'est à quelques minutes à pied de là et nous décidons de suivre son conseil. La nourriture est effectivement bonne mais c'est au moment de partir que nous ferons une très agréable rencontre. A la table derrière nous, une jeune femme nous dit bonjour en français. La conversation s'engage tout de suite et nous apprenons qu'elle habite ici depuis un an et demi depuis qu'elle a quitté la France. Nous en profitons alors pour lui demander des avis sur les activités que nous souhaitons faire et elle n'hésite pas une seconde à laisser son compagnon (équatorien et ne parlant pas français) pour nous accompagner dehors afin de nous orienter. La conversation est agréable et nous apprenons qu'elle a ouvert un petit restaurant avec son copain. Vu sa gentillesse, nous lui promettons de venir manger chez elle au soir. Nous nous séparons donc là et avant de partir en randonnée, nous retournons à notre logement afin de prendre possession de notre petite cabane, perdue au milieu de leur beau jardin. Nous nous apprêtons en vitesse et nous repartons aussitôt, direction la casa Amarillo, de l'autre côté du village.

Nous trouvons sans problème l'entrée du chemin que nous avait indiqué notre rencontre du jour et nous nous engageons dans un tunnel végétal en légère pente jusqu'à arriver à la casa proprement dite. Nous nous acquittons des 6$ par personne pour pouvoir traverser son domaine et nous élancer sur une piste en montée continue. Heureusement qu'il y a beaucoup de végétations pour nous fournir de l'ombre car la chaleur à cette heure-ci est écrasante ! Nous avons reçu un petit plan à l'entrée indiquant le tracé de la route principale ainsi que des petits "trails" permettant de faire des itinéraires bis. Pendant plus d'une heure, nous grimpons sans discontinuer passant du chemin principal à de minuscules sentiers d'une cinquantaine de centimètres de large. Ca monte certes, mais finalement, ça se fait assez bien et nous finissons par arriver à notre but: le mirador qui offre une vue sur toute la vallée, la forêt et Mindo qui est en fait déjà pas mal loin et vachement plus bas que notre position ! Nous restons ici une vingtaine de minutes, continuant à nous extasier devant ce paysage grandiose avant de nous remettre en route. En effet, depuis notre départ, le temps n'a fait que se couvrir et nous "craignons" de nous prendre une averse sur la tête !

Comme ce mirador se trouve sur une des pistes secondaires, il nous faut d'abord rejoindre le chemin principal et après un dernier effort, c'est chose faite ! A partir de maintenant, il n'y a plus que de la descente jusqu'au village ! C'est aussi à ce moment-là que nous croisons pour la première fois quelqu'un: un monsieur d'une septantaine d'année originaire de ... Belgique et qui voyage avec son épouse depuis dix ans en Amérique du Sud avec son camping-car ! Il a été monté ici grâce à un pick-up et attend 18h afin de voir les oiseaux, nombreux apparemment dans le coin. Nous avons avec lui une discussion très agréable et au moment ou nous décidons de nous séparer car nous croyons sentir des gouttes nous tomber dessus, il nous demande si nous pouvons prévenir son épouse rester au camping car stationné à la casa de ne pas s'inquiéter car il n'est que 15h ! Nous acceptons sans problème et nous nous remettons en route. Le chemin étant en descente tout le long, nous mettrons quasi moitié moins de temps pour rejoindre notre point de départ !

Comme promis, nous faisons le léger crochet pour prévenir la dame que son mari ne rentrera pas tout de suite et spontanément, elle nous propose de l'eau fraîche et un siège sous l'auvent de leur véhicule. Vu la chaleur et notre fatigue, nous acceptons avec plaisir et c'est maintenant elle qui nous raconte des anecdotes de leurs voyages. La conversation est plaisante et le deviendra encore plus quand le mari, qui s'ennuyait à attendre tout seul la haut a décidé de revenir. Il s'installe donc avec nous et pendant plus d'une heure, nous échangeons sur nos aventures respectives. En tout cas, ce qui est sur, c'est que nous avons trouvé là la preuve, que même âgé on peut toujours voyager ! Nous décidons malgré tout de leur dire au revoir car le temps passe vite et nous avons envie de nous doucher après avoir transpiré plus que de raison !

Vers 18h, nous ressortons de notre cabane frais et reposé en direction du restaurant (le Inti Killa pour info) ou nous retrouvons le couple de ce midi, très heureux de voir que nous avons tenu notre promesse. Ils nous font entrer (après avoir enlevé nos chaussures, c'est souvent la règle ici) dans une petite salle tout en bois, ou tout les meubles ont été construits de leurs propres mains. L'ensemble est décoré avec goût et se dégage une ambiance zen vraiment agréable ! Après avoir expliqué ce que nous avions fait cette après-midi, nous passons commande d'un hamburger différent chacun (ils s'en sont fait une spécialité) et d'une grande bouteille de bière. Ce que l'on nous sert dépasse toutes nos espérances ! Jamais, nous n'avions mangé de hamburger aussi bon, aussi garni avec des produits frais ! Un véritable régal et finalement, nous toucherons à peine aux chips servant d'accompagnement. Le Hamburger (oui oui, je lui met une majuscule, il le mérite !) se suffit tellement à lui même ! Après le repas, la discussion se réengage et nous resterons finalement encore une grosse demi-heure à discuter du pays et de toutes sortes d'autres sujets ! Elle nous conseille sur ce que nous souhaitons faire le lendemain et nous promettons de passer les voir demain dans l'après-midi afin de leur dire au revoir. Il est temps maintenant de rentrer se reposer car la journée a été longue mais tellement chouette !

Grâce aux ouvertures dans la cabane (protégée par des moustiquaires), on peut entendre le bruit des insectes, des oiseaux et de la pluie qui s'est mise à tomber. Ce cocktail me permettra de passer ma première nuit complète et il est 21h lorsque je tombe dans les bras de Morphée !

Nous nous réveillons tranquillement vers 7h, nous nous préparons et à 7h30, nous sommes assis à la table du petit déjeuner, situé au beau milieu du jardin. Nous mangerons en compagnie d'une dizaine de colibris en train de siphonner un petit abreuvoir d'eau sucrée. Incroyable de voir autant de ses petits oiseaux, tellement rare en temps normal même dans ces régions. Mais pas ici à Mindo ou il est l'emblème du village !

Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob

Après nous être restauré, nous descendons notre rue sur une centaine de mètre pour nous rendre - sur les conseils de notre rencontre française - dans une maison proposant une terrasse (3$ par personne) donnant sur un jardin rempli d'oiseaux de toutes sortes. Comme depuis notre arrivée à Mindo, nous sommes seuls pour admirer des dizaines de colibris de différents espèces en train de se chamailler pour avoir la meilleure place sur les abreuvoirs. D'autres oiseaux (dont je ne connais pas le nom) se régalent eux de bananes, exhibant à quelques mètres de nous leurs plumages colorés. C'est un véritable bonheur à peine troublé par le bruit des travaux provenant de la maison d'à côté. Nous apprendrons que le propriétaire entretient son jardin depuis une vingtaine d'année, faisant pousser des plantes et des arbres appréciés de ses petits pensionnaires. Ce monsieur est effectivement installé sur sa terrasse, non loin de nous, en train de lire son journal. Nous resterons près d'une heure à observer tout ce petit écosystème sans même nous lasser une seule fois ! Mais il est temps de retourner nous mettre en tenue de marche car nous avons encore un bon programme pour la journée !
Lorsque nous sommes prêt, nous repartons vers le centre du village et acceptons l'offre du premier taximan rencontré: pour 8$, il va nous monter tout au sommet d'une très grosse colline, à une petite dizaine de kilomètres du village. Nous nous engageons donc sur une piste en pente constante et au bout d'une grosse vingtaine de minutes, nous arrivons à notre but: l'entrée du sentier menant à la cascade Nambillo ou d'après ce que l'on nous a dit, nous pourrons nous baigner.

Après avoir réglé le droit d'entrée (encore 3$ par personne), nous empoignons une des cannes en bambou proposée et nous nous élançons dans une forte descente pendant une grosse demi-heure. Au fur et à mesure que nous avançons, nous ne pouvons nous empêcher de penser déjà au retour qui va s'annoncer sportif mais bon, on espère que la récompense vaudra l'effort. La marche que nous faisons nous rappelle étrangement une de nos journées en Guyane mais nous espérons qu'elle ne se terminera pas de la même manière (une blessée à cause d'une chenille !). Nous descendons donc jusqu'à rejoindre la rivière que nous longeons ensuite après avoir traversé un pont suspendu. Nous finissons enfin par arriver à destination après une dernière descente ou nous sommes obligés de nous aider de la corde mise à disposition à cet endroit. Arrivé en bas, le site se dévoile à nous et il est effectivement joli avec la cascade Nambillo à une dizaine de mètres de nous au creux d'un petit renfoncement rocheux. Nous avions déjà mis nos maillots en dessous de nos shorts mais malheureusement, nous ne pourrons que tremper les pieds et les mollets car l'eau est GLACEE ! Nous pataugeons donc la ou nous sommes afin de nous rafraichir car la chaleur devient de plus en plus forte. Mais force est de constater qu'au bout d'une demi-heure, on en a fait le tour. En été, quand l'eau est plus chaude, on doit pouvoir s'immerger complètement mais là, c'est mission impossible ! Nous décidons donc de nous sécher, de nous rhabiller et de regarder l'heure: déjà 11h du matin !!! Bon, ben, le temps de remonter jusqu'au sommet puis de nous farcir les presque 10 kilomètres à pied, on sait déjà qu'on fera une croix sur le diner. Tant pis, on a bien déjeuner ce matin et nous décidons qu'en récompense de nos efforts, nous retournerons à la fabrique de chocolat pour cette fois manger un gros morceau de brownies !
C'est donc reparti et après avoir longé la rivière, nous entamons la montée ... que nous terminerons assez vite ! La descente nous avait paru tellement longue qu'on est vraiment surpris d'être arrivé si vite en haut ! Tant mieux, on ne va pas s'en plaindre et la petite dame qui a remplacé celle qui nous avait accueillis nous félicite de notre effort ! Normalement, un chemin permet de repartir vers Mindo depuis en bas mais pour l'instant il est fermé et nous n'avions donc de toute façon pas le choix. Après avoir bu un coup, nous entamons notre longue descente vers le village.

Heureusement, la végétation omniprésente nous met la plupart du temps à l'abri du soleil et nous avançons d'un bon pas. Arrivé à mi-chemin, nous nous retrouvons face à l'entrée d'une attraction que je voulais faire: du dead rail au dessus de la canopée. Nous nous présentons donc à la réception ou nous sommes accueillis par une équipe de jeunes sympathiques. Trois circuits sont proposés et je me décide pour l'intermédiaire (les prix varient de 8$ pour le plus court à 20 dollars pour le plus grand): trois rails de plusieurs centaines de mètres chacun ou je serai suspendu à plusieurs dizaines de mètres du sol. Mon épouse souffrant du vertige ne tient vraiment pas à m'accompagner là en-haut et se contentera d'un coca installé à une petite table sous un auvent. Pour ma part, je me retrouve harnaché avec un harnais de sécurité, un casque sur la tête et des gants renforcés par une épaisse bande de cuir au niveau de la paume. Ceux-ci devront me servir à empoigner le câble en acier pour pouvoir m'arrêter à temps. Je monte donc sur la première plate-forme, un des deux accompagnateurs s'élancent devant moi et dès qu'il est arrivé à destination me fait signe que je peux y aller. Comme j'aime énormément tout ça, je n'hésite pas une seconde et m'élance avec la caméra à la main. Pure sensation que de voler comme cela au dessus de la forêt mais on arrive quand même assez vite au bout du rail et l'accompagnateur me bloque juste un mètre avant que je n'atterrisse dans un tronc. Après une courte marche tout en montée, je m'élance sur le deuxième rail puis sur le troisième avec chaque fois cette même sensation d'être un oiseau. Vraiment génial, dommage que ce soit si court ! Je retrouve donc mon épouse et après avoir salué tout le monde, nous continuons notre descente vers le village.
Il est finalement passé 14h quand nous arrivons enfin à destination et ni une ni deux, nous nous rendons à la fabrique de chocolat. Au menu, brownies et jus de fruit frais ! Ca retape un homme (ou une femme, ne soyons pas sexiste !) et ça permet de caler la petite faim qui s'était installée. Après un rapide passage par la pharmacie pour acheter une crème apaisante contre les démangeaisons dues aux piqures d'insectes (je me suis fait littéralement dégommer par je ne sais trop quoi la veille et ça me démange terriblement), nous retournons à notre cabane prendre une douche bien méritée et un peu de repos.

Au soir, nous ressortirons pour retourner manger un Hamburger dans ce merveilleux restaurant ! Avant cela, nous rencontrerons deux jeunes filles (une belge et une française) qui voyagent elles aussi pour plusieurs mois sur ce continent. Nos routes se recroiseront peut-être ! La soirée se déroulera à merveille et nous discuterons à nouveau pendant un bon moment avec Marie-Gabrielle (c'est le nom de la proprio du restaurant) de nos activités du jour. Elle est en train de se préparer mentalement à faire le dead rail car elle est sujette au vertige et je ne peux que l'encourager à se lancer. Après avoir mangé notre repas, nous nous disons au revoir et nous revenons à notre cabane afin que je puisse écrire cet article.

Nous avions déjà beaucoup aimé Quito, nous avons adoré Mindo (malgré les prix nettement plus élevés qu'ailleurs !) ! Demain, nous partons pour une nouvelle destination: Otavalo, au nord-est du pays en direction de la Colombie !


Vous pouvez lire ce récit et bien d'autres agrémentés de leurs photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com :)

Jour 4, Jour 5 et matinée du Jour 6: Otavalo, son hôpital, son marché, ...

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Scoob
Il y a 2 années
Réveil matinal aujourd'hui car nous quittons Mindo avec le bus de 6h30. Un quart d'heure avant le départ, nous achetons nos tickets au guichet de la compagnie, dans la rue commerçante. A cette heure-ci, c'est d'ailleurs le seul établissement ouvert, ce qui permet à trois chiens déchainés d'entrer et de commencer à nous taquiner. Pas vraiment qu'ils mordent, plutôt qu'ils griffent, nous poussent, se montrent un tant soit peu nerveux. L'employée essaye tant bien que mal de les chasser mais ça ne sert pas à grand chose, ils ont décidés de rester.

Après avoir chargé nos sacs en soute, nous montons à bord et choisissons nos places, juste en amont du coffre à bagages. De cette manière, je peux garder un œil dessus tant que nous n'avons pas démarrer ce qui se fera à l'heure pile. Contrairement à l'aller ou nous nous étions arrêté qu'une ou deux fois pour embarquer des gens, ici on stoppe à peu près toutes les deux minutes pour charger des écoliers et quelques personnes partant travailler à Quito. Très vite, le bus se remplit et même le couloir central est occupé. Tout ce petit monde sera déposé plus loin et lorsque nous sommes de retour au terminal de La Ofelia, il n'y a plus en tout et pour tout qu'une dizaine de personnes.

Nous récupérons nos sacs et nous nous dirigeons vers un comptoir proche appelé Coop Otavalo. Comme c'est la que nous souhaitons nous rendre, je m'approche pour demander à quelle heure est le prochain bus. Pour toute réponse, j'ai droit à un discours en espagnol duquel il ressort que les bus pour cette ville ne partent pas de ce terminal mais de celui de Carcelen. Elle tente bien de m'expliquer comment s'y rendre mais elle parle vite et je ne comprends pas ce qu'elle m'explique. Heureusement, un policier ayant entendu la conversation intervient dans un anglais approximatif et m'explique qu'on peut s'y rendre en bus. C'est à ce moment-là qu'un chauffeur de taxi propose de nous y emmener pour trois dollars. A ce prix là, on ne se fait pas prier et on embarque dans son véhicule pour un trajet d'une grosse dizaine de minutes. Comme beaucoup de monde jusqu'à présent, notre chauffeur est curieux de savoir d'ou nous venons, ce que nous faisons, ou nous allons le tout accompagné d'un grand sourire. Finalement, nous arrivons devant le terminal et il tient à faire une manœuvre pour nous approcher au plus près de l'entrée. Mal lui en a pris car il termine avec sa roue arrière droite dans un trou ou aurait du se trouver une taque d'égout. La voiture est toute de travers et mon épouse ne sait même plus ouvrir sa portière. Au lieu de s'énerver, il nous fait sortir, nous aide à décharger nos sacs du coffre et siffle une fois à l'adresse de trois gars qui trainaient là. Je n'ai pas le temps de m'approcher qu'ils ont déjà soulever l'arrière de la voiture pendant que le chauffeur mettait les gaz pour se sortir de son piège.

Nous entrons donc dans le terminal et nous dirigeons vers tous les guichets des compagnies, installés les uns à côté des autres. Dès notre arrivée, un employé nous demande si nous allons à Otavalo. Pratique, même plus besoin de chercher ! Nous lui achetons deux tickets (2.5 par personne) pour le bus qui démarre dans cinq minutes. Il nous fait aussi payer les tickets (0.25 par personne) pour pouvoir accéder aux quais afin de gagner du temps. Il nous donne notre numéro de quai et nous voilà parti. C'est finalement très simple et pas trop mal organiser tout ça. Arrivé au bon endroit, on nous fait remplir la fiche avec nos noms (qui est déposée à un policier avant de sortir de la ville) et deux minutes plus tard, nous embarquons. En tout et pour tout, nous sommes une vingtaine dans le bus et viennent s'asseoir à côté de nous deux jeunes qui nous disent les trois mots en anglais qu'ils connaissent avec un grand sourire.

Un peu moins de deux heures plus tard, l'assistant du chauffeur crie quelque chose que je ne comprends pas tout de suite. Un des deux jeunes nous demandent si on va à Otavalo et devant notre acquiescement nous dit que c'est ici et qu'il faut descendre. Ici ? C'est le long de la Panaméricaine, cette route longue de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres reliant l'Alaska à Ushuaïa en Argentine et traversant une dizaine de pays. On récupère nos sacs et nous nous mettons en route vers la ville non loin. Un chauffeur propose bien de nous embarquer mais il fait beau et je pense que nous ne sommes pas très loin, nous refusons donc son offre. Mal m'en a pris car quelques centaines de mètres plus loin, alors que je suis en train d'avancer tout en regardant mon plan, je m'écroule lamentablement à cause d'un trou que je n'avais pas vu. Je me relève tout de suite et à première vue, ça va, pas de casse.

Nous finissons par trouver notre AJ, en plein centre de cette ville d'un peu moins de 100000 habitants. Ici, il n'y a quasi que des indiens et une bonne partie des femmes sont encore et toujours en costume traditionnel: une longue jupe bleue sur une autre blanche, une chemise multicolore, des colliers ras du cou en or et un châle bleu ou noir plié sur la tête. Elles côtoient sans problème d'autres personnes habillées de manière "moderne" dans un patchwork étonnant. Pour les hommes, c'est moins flagrant, même si on en croise quelques uns avec un pantalon sombre et large, une grande chemise blanche et un chapeau noir sur la tête (un peu style chapeau melon).

Après avoir pris possession de notre chambre au deuxième étage, nous ressortons aussitôt pour nous rendre dans les bureaux de l'agence Runa Tupari que j'avais contacté avant notre départ. Avec eux, nous allons faire une randonnée le lendemain puis le surlendemain, nous partons dormir pour deux nuits dans une communauté indienne. Enfin, entre les deux nuits, nous repartions en randonnée avec eux dans la région. Le contact était bien passé et passe toujours bien quand nous rencontrons mon correspondant. On se remet d'accord sur tout et nous lui réglons l'intégralité des activités. Rendez-vous est pris pour le lendemain à 7h30 à notre AJ.

Après cela, il est déjà midi et avant d'aller manger, nous allons faire quelques courses pour les prochains jours: biscuits, barre chocolatée pour le sucre en rando, du rhum, ... Ensuite, direction une petite cantine que nous avions repérée sur la place ou nous sommes et proposant des almuerzos différents de ceux que nous avions vu jusque là. Après un excellent repas, je tente de me relever et là, c'est la tuile ! Le pied ou je m'étais blessé ne répond plus, impossible de le poser par terre sans avoir mal, très mal ! Je rentre en boitant sévèrement à l'AJ, galère drôlement en remontant les marches et me pose sur le lit. Malheureusement, au bout d'une grosse heure, la douleur ne fait que s'intensifier et nous n'hésitons pas, direction: l'hôpital public d'Otavalo.
Je redescends toutes les marches sur les fesses car impossible de m'appuyer sur ce pied et on hèle un taxi. Le chauffeur voyant que je ne vais pas bien m'ouvre la portière côté passager et tire le siège à fond pour que je puisse me mettre bien. Il nous conduit sans traîner jusqu'aux urgences tout en voulant savoir ce que j'ai. Comme la plupart des gens jusqu'à présent, par gentillesse, il ira même jusqu'à se garer à moins d'un mètre de l'entrée en zone interdite. C'est là que l'on va commencer à rire !

Quelques personnes attendent là et je m'assied sur une des chaises libres pendant que mon épouse essaye de trouver quelqu'un. Le bâtiment date d'il y a au bas mot une cinquantaine d'années et rien n'est inscrit nul part. Elle finit par trouver l'accueil, en réalité une petite pièce ou se trouve deux infirmiers chargé des admissions, et explique le problème. On me demande directement d'entrer et on commence à me poser toute une série de questions. Par facilité, on avait pensé à embarquer mon passeport mais apparemment, il n'est pas très clair car l'infirmière a beaucoup de mal à calculer mon âge à partir de ma date de naissance. Elle me le fait répéter plusieurs fois jusqu'à être sur qu'on était bien d'accord. Elle a aussi du mal avec mon pays d'origine - la Belgique - que visiblement elle ne connait pas. C'est une autre infirmière qui passe par là qui lui confirme qu'effectivement, ça existe bien ! Cet entretien, entièrement en espagnol (que malheureusement nous ne maitrisons pas encore très bien) car personne dans le corps médical ne parle anglais ici, est assez folklorique. Son assistant prend ma tension plusieurs fois avec des appareils différents comme pour s'assurer qu'elle ne change pas toutes les minutes puis essaye de me faire monter sur une balance. Impossible pour moi de monter une marche et finalement il décide de laisser tomber. A la place, il va me chercher une chaise roulante et m'emmène jusqu'aux urgences proprement dites.

En réalité, le petit hall ou je me trouve ressemble plus à un mouroir avec quelques personnes allongées sur des lits et un personnel médical mort de rire derrière son comptoir. A côté de nous, un homme âgé dans une chaise roulante à l'air complètement à la masse. L'infirmier qui s'était occupé de moi va chercher une grande poubelle et entreprend de couper les ongles des mains et des pieds de cet homme sans qu'on comprenne trop pourquoi. Et là, au milieu de cet hôpital d'une autre époque, nous partons d'un fou rire incontrôlable ! Je suis vraiment curieux de savoir ce que l'on me réserve pour la suite.

Une vieille dame habillée en infirmière mais qui passait le torchon par terre depuis mon arrivée lâche son matériel de nettoyage, empoigne un dossier et s'approche de moi. Apparemment, elle ne fait pas que le ménage ici et se met en tête de me déplacer. Elle doit faire le tiers de mon poids et elle a bien du mal à manœuvrer ma chaise qui en plus n'a pas de pneus, juste des "jantes". Evidemment, ça roule plutôt mal sur du carrelage (d'autant plus qu'il en manque une bonne partie) en faisant un bruit pas très agréable jusqu'à arriver devant un ascenseur. On monte au second étage pour arriver devant un comptoir ou on me demande ce que j'ai. J'explique (grâce à mon petit dictionnaire français - espagnol) que je me suis tordu la cheville et là, grand fou rire des infirmières. Ce n'était pas moi qu'on devait amener ici mais le vieil homme à côté duquel je me trouvais ! La petite dame est bien embêtée car elle doit maintenant me trimballer dans le sens inverse. Je ne peux m'empêcher de me marrer à l'idée de ce qui aurait pu se passer si on ne s'en était pas rendu compte !

De retour dans le hall des urgences sous les rires de tout le personnel mis au courant de l'histoire, on nous fait à nouveau patienter. Devant nous, une vieille dame est priée de se mettre cul nu pour avoir droit à une piqure dans les fesses. C'est drôle et gênant à la fois ! Ca le devient encore plus quand une infirmière s'approche de moi et me fait signe que c'est mon tour. Bon ben ... même tarif pour tout le monde alors et je m'exécute ! Peu de temps après, un médecin vient pour regarder mon pied. Après quelques manipulations, tout va bien il n'y a rien de cassé, même pas une entorse mais il m'oblige à me reposer pendant deux jours. Il me prescrit des antidouleurs à aller chercher à la pharmacie de l'hôpital ainsi qu'une bande (que nous avions déjà avec nous) et me dit que c'est bon, après cela on peut y aller. En effet, dans les hôpitaux publics en Equateur, les soins et les médicaments sont entièrement gratuit !!! Mon épouse se charge d'aller récupérer mes médicaments et spontanément, une femme qui accompagnait son mari se lève et l'accompagne jusqu'au bon endroit. Décidemment, nous tombons vraiment amoureux de ces gens qui ont toujours le geste gentil au bon moment !

Je ressors péniblement de l'hôpital et mon épouse part à la recherche d'un taxi. En attendant qu'elle en trouve un avec l'aide d'une dame qui en avait décidé ainsi, je m'assieds et je réexplique ce qu'il m'est arrivé à la demande des quelques personnes présentes. Quelques minutes plus tard, mon taxi est avancé et de nouveau, la chauffeur tient à savoir ce qu'il m'est arrivé et s'arrange pour se garer juste devant notre AJ. Avant de m'en aller, elle me souhaite de vite me rétablir avec un grand sourire. C'est exactement ce que je compte faire et je remonte péniblement jusqu'à ma chambre que je ne quitterai plus de la journée. Au final, nous serons restés une heure seulement à l'hôpital et nous aurons été pris en charge par des gens charmants. Je ne comprends pas que mon guide du routard ne conseille que des cliniques privées hors de prix alors que des petits hôpitaux comme ceux-là existe.

En attendant, mon épouse repart jusqu'au bureau de Runa Tupari qui seront déjà fermé à son arrivée (plus d'une heure avant ce qui est indiqué sur leur porte). Un numéro de téléphone était noté et nous leur téléphonons tout de suite pour annuler les deux randonnés prévues. Notre contact nous dit OK et demande que nous passions à 10h le lendemain. Je profiterai de la fin de la journée pour me faire chouchouter par mon épouse qui ira même me chercher une pizza à emporter afin que je ne doive pas forcer dessus.
La journée du vendredi ne restera pas dans les annales. Mon pied me fait moins souffrir et je peux à peu près le poser par terre. Mon épouse repartira donc au bureau de Runa Tupari qui acceptera de nous rembourser la randonnée de dimanche mais pas celle d'aujourd'hui ! Il prétend avoir eu des frais et qu'il n'a rien pu annuler ... Mouais, la veille, il nous avait dit qu'il venait nous chercher et que c'était lui notre guide. Pour le coup, la première bonne impression se ternit méchamment car il garde quand même 66 dollars dans sa poche. Mais bon, mon épouse a le bon sens de ne pas faire de scandale car nous avons encore une activité à faire avec son agence et nous tenons à ce que ça se passe bien ...

Ce samedi, c'est jour de marché à Otavalo ! C'est en réalité même plus que ça: c'est le marché des animaux ! Connu dans tout le pays, il draine énormément de monde qui arrive déjà la veille au soir. A 7h, nous sommes dans la rue et nous nous dirigeons à notre aise jusqu'au bout de celle-ci ou se situe le fameux marché. Pour nous y rendre, il faut d'abord traverser une "autoroute" ou deux policiers arrêtent les voitures pour laisser passer les piétons puis enjamber le mur entourant le terrain de foot de la ville afin de couper au plus court. Ce n'est un problème pour personne car tout le monde le fait, jeune et moins jeune, homme et femme et c'est ici que ça commence réellement.

Dès le départ, nous nous retrouvons au milieu de quantités de gros cochons tenus en laisse. Ca grogne dans tout les sens, l'un d'entre eux n'hésitant pas à plus ou moins charger la foule. Il n'est retenu qu'au dernier moment par son propriétaire. Impressionnant tout de même, d'autant plus qu'il y a beaucoup de gens, beaucoup d'animaux, des véhicules qui passent à deux centimètres des gens, le tout dans un capharnaüm ou se mêle les cris de tout ce petit monde ! Nous décidons alors de nous écarter de cette zone et nous dirigeons vers les tentes ou cuisent déjà quantité de plats: des cochons entiers et du poulet le tout servi avec le traditionnel riz. Malgré l'heure matinale, toutes les tables sont déjà occupées. Pas grand chose à voir de ce côté là, nous avançons donc toujours plus loin dans le marché. Ensuite, c'est l'enclos à vache. Un policier ouvre et referme lui-même la grille quand les gens souhaitent passer. J'imagine qu'ils pensent être protégé si toutes les vaches et les taureaux présents se révoltaient mais au bout de quelques minutes, nous ressortons. Outre le fait que l'on circule au milieu de tout ces animaux à corne à peine retenu par un bout de ficelle, ce n'est clairement pas le plus intéressant.

Après avoir acheté des petits beignets de patate douce saupoudré de sucre à une vendeuse ambulante (délicieux !), nous continuons notre exploration. On passe dans un couloir à ciel ouvert ou se sont installés des stands des deux côtés: vêtements, chaussures, oreillers (!), matériel agricole, plomberie, on y trouve les choses les plus incongrues. Mon épouse se prend un jus de fruit frais chez un autre vendeur avant que l'on ne pénètre dans la dernière partie: celle des chiens, des chats (pas pour manger ces deux là, no stress) mais aussi des poules, des coqs et surtout ... des hamsters !!! Ici, le hamster grillé c'est le plat national. Il y en a partout, de toutes les tailles. Un gros hamster vivant coûte 8 dollars, les plus petits en coûte quand même 5. Ce n'est pas pour rien si les Equatoriens considèrent cela comme un repas de fête ! Nous n'avons pas encore eu l'occasion d'en goûter mais on espère ne pas partir d'ici sans en avoir eu l'occasion. L'ambiance est chouette, il y a plus de place aussi, on est moins les uns sur les autres. Après avoir fait le tour des stands et avoir assister à des transactions, nous décidons de faire demi-tour et de nous en aller. Au final, nous serons resté une grosse heure: on a trouvé cela dépaysant mais c'est plus petit que ce à quoi on s'attendait. On est donc content d'y avoir été sans en être bouleversé.

Nous retournons donc en ville, ou le reste du marché a terminé de s'installer. Ici, ce sont des vêtements, de la nourriture et des gadgets. Nous ne nous attardons pas et décidons de nous balader dans le centre. Comme nous n'en avions pas encore eu l'occasion, nous nous rendons sur la plaza Simon Bolivar - la grand place - pour s'installer sur un banc. Comme toute les places dans ces villes de type colonial, le centre est occupé par un grand parc ou les gens prennent le temps de profiter du soleil, de discuter voire de s'embrasser pour les plus jeunes (les amoureux qui s'bécottent sur les bancs publics ...). Nous trouvons un banc libre tout près du centre de la place et nous observons les gens qui passent, repassent. La plupart des femmes sont en costume traditionnel, toujours aussi beau et coloré. Un spectacle est en train de s'installer devant nous et plein d'enfants et d'ados sont là avec des guitares. Les mamans sont en train de recoiffer les jeunes filles, c'est à une véritable tranche de vie à laquelle nous assistons. Néanmoins, malgré le fait d'avoir attendu plus d'une heure, ils n'ont toujours pas l'air décidé à commencer et c'est à regret que nous décidons de nous en aller ... Il est temps pour nous de rentrer à l'AJ pour préparer nos sacs - rendez-vous à midi avec l'agence - non sans avoir été chercher un sandwich pour notre repas de ce midi. Cet te après-midi, nous partons pour deux nuits dormir dans une communauté indienne des "environs" !


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Jour 6 (après-midi) & jour 7: Bienvenue dans une famille Morochos

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Scoob
Il y a 2 années
A midi pile, un chauffeur de taxi s'arrête devant notre AJ ou nous attendions depuis quelques minutes. Il vient vers nous et nous demande si nous sommes bien nous, ce que je ne peux nier. On embarque avec lui dans son pickup pour une petite demi-heure de route, en direction du nord et de la communauté indienne Morochos. Nous traversons d'abord Otavalo, puis le petit village de Cotacachi avant d'emprunter une piste qui monte vers les sommets environnants jusqu'à arriver devant une petite maison en construction. Notre chauffeur nous dépose là avec nos sacs et redémarre aussi vite. On en sera quitte pour se présenter nous-mêmes.

Nous sommes accueillis par une dame d'une quarantaine d'années, en costume traditionnel, qui s'appelle Rosita. Très souriante, elle nous montre notre chambre qui se situe dans une petite cabane dans le jardin. Après nous avoir expliqué le principe d'un interrupteur (...), elle s'en va et nous laisse là. Bon, et on est censé faire quoi maintenant ? Ben apparemment ... rien ! Derrière la porte d'entrée, un petit "règlement" nous indique les choses à savoir comme: ne pas déranger la famille après 21h ou avant 6h, que si on ne leur propose pas de les aider, ils ne viendront pas vers nous et ainsi de suite ... Je dois avouer que sur le moment même, on est un peu décontenancé. On décide alors de prendre notre appareil photo et d'aller faire le tour du propriétaire.

Dès que nous sortons, nous tombons sur la fille de Rosita et ses trois enfants: Sisa, Pangue et la petite dernière dont nous n'avons jamais vraiment compris le nom ... En réalité, après nous avoir dit bonjour, ils repartent à leurs tâches quotidiennes sans se préoccuper une seconde de nous. Dans une cabane très rudimentaire, une très vielle dame (en réalité, la belle-mère de Rosita) fait un feu. A première vue, c'est la qu'elle vit. A ce moment-là, on se demande ce que l'on va bien pouvoir faire pendant une journée et demie chez eux. Vu que la nuit précédente avait été agitée, nous décidons d'aller faire une sieste et d'aviser après ...

Une heure après, le temps s'est dégagé et nous nous sentons plus reposé. Vu que mon pied ne me fait quasi plus mal, nous reprenons contact avec Runa Tupari afin de réserver à nouveau une randonnée pour le lendemain au lac Cuicocha. Pas de problème pour eux, rendez-vous est pris à 8h devant notre hébergement. C'est à ce moment-là que nous voyons deux petites paires d'yeux en train de nous regarder par la fenêtre. Dès qu'ils s'aperçoivent qu'on les a vu, ils se cachent en se marrant comme des baleines puis repassent aussitôt la tête. Le jeu est lancé, ainsi que notre après-midi ! Comme souvent dans ces cas-là, les enfants sont un déclencheur de rencontres, peu importe que l'on ne parle pas la même langue ! Nous sortons à leur rencontre et nous nous présentons. C'est parti pour deux bonnes heures de jeu auxquels nous ne comprenons pas grand chose mais qui les font beaucoup rire. Sisa, l'ainée choisit les jeux pendant que Pangue, le petit frère subit sans dire un mot (du moins au début). La petite dernière suit les deux plus grands sans avoir la moindre idée de ce qu'elle fait là (ce qui nous fait beaucoup rire ... pas bien !). On joue donc pêle-mêle au rugby, au foot, à cache-cache, à une espèce de chat perché et ainsi de suite, tout ça dans de grands rires ! C'est à ce moment-là que le seul homme de la maison arrive: Antonio !

C'est donc le mari de Rosita (et donc le grand-père des petits), un indien qui porte fièrement sa longue tresse noire dans son dos. Heureusement pour nous, il parle un peu anglais ce qui va nous permettre d'en apprendre un peu plus sur lui, sa famille et la communauté. Nous lui expliquons que demain nous nous rendons au lac Cuicocha et il nous dit que c'est avec lui. Bonne nouvelle, Antonio est en réalité guide pour les environs ! Le courant passe plutôt bien avec lui mais les enfants ne sont pas d'accord que l'on ne s'occupe plus d'eux et se refont insistants. Nous partons donc tout les cinq dans le sentier devant la maison qui grimpe jusqu'au "centre" du village.
Partout autour de nous, ce n'est que montagnes et volcans. Le ciel est vraiment bien dégagé maintenant et nous offre de superbes vues sur les environs. Nous prenons quelques photos avant de rentrer à la maison car il est temps pour mon épouse d'aller aider (à sa demande) en cuisine. Je l'accompagne afin de prendre des photos de sa première tâche, à savoir peler des pommes de terre. Problème pour elle, ici on fait ça au couteau très aiguisé et non à l'économe. Je me retrouve donc contraint de le faire moi-même (vive les années scouts !) ! Soit, quelques minutes plus tard, j'ai fini mon ouvrage et part bien vite de la cuisine avant qu'on ne me refile quelque chose d'autre à faire en cuisine. C'est à ce moment-là que je retombe sur Antonio qui me propose d'accompagner ses enfants dans le fond du jardin car ils veulent me montrer la vallée au-dessus de laquelle nous nous trouvons. En fait, tout a malheureusement brulé à cause de jeunes imbéciles sans aucune conscience. C'est d'ailleurs un problème majeur ici en Equateur car même à Quito - la capitale - de petits malins allume des feux pour le plaisir ... C'est dommage et stupide mais bon, on ne changera plus le monde ! S'ensuit alors une séance photos avec les deux gamins qui adorent l'appareil photo. Après chaque clic, ils courent jusqu'à moi pour se regarder sur mon écran. Ca dure comme cela pendant une petite demi-heure avant de revenir vers la maison.

Pendant que j'aide à dresser la table en compagnie des enfants et que mon épouse finit de préparer le repas avec les deux femmes, Antonio joue lui du violon devant son ordinateur portable (!). Quand il a fini avec son violon, c'est de la flute puis de la flute de paon puis encore une autre sorte de flute et ainsi de suite. Ca aurait pu être rigolo ... si il jouait correctement d'au moins un de ses instruments ! Malheureusement, c'est très loin d'être le cas malgré les nombreuses coupes qui ornent une étagère. Il fait en réalité partie d'un groupe de musique andine ... Ca promet si ils jouent tous comme lui ! Le repas sera très classique: soupe de légume en entrée, riz-légumes-viande en plat et un grand verre de jus de fruit frais pour accompagné le tout. Il sera surtout très convivial car nous sommes assis au milieu de la famille. Les enfants font un peu n'importe quoi mais sont finalement assez débrouillard, seul Pangue demandant mon aide pour que je lui coupe sa viande (chose qu'il ferait tout seul en temps normal mais je pense qu'il m'aime bien et voulait que ce soit moi et personne d'autre qui le fasse). Le repas durera près d'une heure au total et après avoir décliné une tasse de café, nous souhaitons bonne nuit à tout le monde et nous partons nous coucher.
Le lendemain matin, après une nuit très bruyante (c'était samedi soir, les indiens ont fait la fête jusqu'assez tard, merci Quiès et ses boules !), nous nous rendons dans la cuisine pour prendre notre petit-déjeuner: œufs, saucisse et pomme de terre au programme pour un repas qui nous tiendra au corps en vue de la matinée prévue.

A 8h pile, un petit 4x4 arrive avec déjà une passagère à bord. C'est une jeune femme suisse qui est diplomate à Cuba et qui est en vacances pour quelques semaines. Très sympa, elle parle outre l'allemand (qui est sa langue natale), l'espagnol, l'anglais, l'italien, le néerlandais et ... le français ! On lie assez vite connaissance avec elle pendant le court trajet qui nous emmène jusqu'à l'entrée de la réserve écologique Cotacachi Cayapas ou va se dérouler notre randonnée. Bonne nouvelle, en Equateur - sur décision du président Correa - les parcs et réserves sont gratuits pour tous ! La moins bonne nouvelle, c'est que nous ne serons pas que nous trois pour la rando: un groupe de sept jeunes hollandais nous accompagne. Ca, on ne l'avait pas vu venir ... Enfin bon, il va falloir faire avec !

Antonio commence par nous expliquer ce en quoi consiste notre marche: 10 kilomètres au programme avec une altitude variant de 3100 mètres à 3450 mètres pour faire le tour du lac Cuicocha par les crêtes. La marche commence directement par une courte mais raide ascension jusqu'à arriver au bord du lac. Son nom peut être décomposé comme suite: "cui" pour hamster et "cocha" pour lac soit le lac aux hamsters en quechua (la langue des indiens de la Cordillère des Andes, depuis la Colombie jusqu'en Argentine). Il est appelé comme cela parce qu'au milieu de ce lac volcanique se trouve deux petits îlots dont l'un ressemblerait à un hamster ... Mouais, il faut beaucoup beaucoup beaucoup d'imagination mais soit, on ne va pas refaire le monde.

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En attendant, pendant deux bonnes heures nous ne ferons que grimper progressivement en longeant le lac. De temps en temps, il disparaît de notre vue et c'est alors le volcan Cotacachi qui nous apparaît. Ce dernier culmine à presque 5000 mètres et est considéré comme endormi et non éteint. Nous avons de la chance car au fur et à mesure de notre progression, les nuages se dissipent à son sommet nous laissant voir sa pointe enneigée. Malheureusement, le rythme imposé par le groupe conjugué à l'altitude font craqué mon épouse lorsqu'elle arrive au sommet. Antonio qui a fait demi-tour lorsqu'il a vu que nous ne le suivions plus propose alors à mon épouse de faire venir le 4x4 jusque là car nous avons rejoint la seule piste carrossable du parc. Epuisée, elle préfère accepter et c'est la mort dans l'âme que nous acceptons sa proposition. Le groupe continuera sans nous mais nous aurons vu le principal, à savoir le lac depuis son plus haut point avec son eau bleue, presque turquoise. Antonio nous laisse là et quelques minutes après notre chauffeur arrive, nous faisant redescendre tout ce que nous venions de gravir. Nous allons attendre le groupe à la fin de la randonnée pendant une grosse demi-heure avant que ceux-ci nous rejoignent. Ils embarquent dans l'autre véhicule et nous redescendons jusqu'au village de Cotacachi pour aller déjeuner dans un restaurant typique pour touriste. Ca sera probablement le plus mauvais repas que nous ferons ici en Equateur mais nous n'avons pas trop le choix ...

Nous rentrerons passé l'après-midi dans la famille mais malheureusement, à notre retour, les membres du groupe sont là à l'attendre pour répéter. Ma pire crainte est confirmée: ils ne savent décidemment pas jouer de la musique, c'est une véritable cacophonie sur super ampli à laquelle nous avons droit. Enervés par ce boucan infernal, mon épouse et moi prenons le parti d'aller nous promener dans le village pendant deux bonnes heures, le temps qu'ils arrêtent de nous casser les oreilles. Le reste de la journée se déroulera de la même manière que la veille avec un repas pris tous ensemble dans la joie et la bonne humeur et vers 21h, nous leur souhaitons une bonne nuit et disons au revoir pour la dernière fois aux enfants. Nous ne les verrons pas demain car nous serons lundi et ils iront à l'école (ici, elle commence à 7h15 mais fini en début d'après-midi). Demain, nous quittons cette région pour nous enfoncer toujours plus au nord, en direction de la Colombie.

Jour 8, Jour 9 & Jour 10: L'exploitation forestière de Bosque de Paz

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Scoob
Il y a 2 années
Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob
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A 8h pile, notre chauffeur arrive devant la maison d'Antonio. Les enfants sont déjà partis avec leur grand-père, nous n'aurons donc pas l'occasion de leur dire au revoir une dernière fois. Rosita et sa fille sont là et c'est elles qui nous accompagneront jusqu'au van venu nous chercher. Nous redescendons alors tout le chemin en direction de Cotacachi, le village le plus proche, d'ou nous pourrons prendre notre bus en direction du nord. Notre chauffeur (qui est aussi l'homme qui nous avait reçu dans son agence et que je n'avais pas reconnu) n'oublie bien évidemment pas de nous réclamer l'argent de la randonnée de la veille (j'ai bien du mal à lui donner tant je ne comprends toujours pas à quoi a bien pu servir notre guide) lorsque nous arrivons au terminal de bus du village. Nous lui disons au revoir sans nous épancher (les services fournis par cette agence sont finalement d'assez mauvaises qualités !) et nous dirigeons vers le terminal ou nous cherchons les guichets des compagnies.

Rien de tout cela ici ! Nous regardons donc les destinations indiquées sur les bus jusqu'à trouver la nôtre: San Antonio de Ibarra, plus communément appelé Ibarra, à une demi-heure de route vers le nord-est en direction de la Colombie. Pour 55 cents par personne, nous pouvons embarquer et à peine trois minutes plus tard, nous démarrons. Pas grand monde au départ de Cotacachi mais au fur et à mesure que nous avançons, le bus se remplit grâce aux nombreux arrêts effectués par notre chauffeur pour charger des passagers. Tout d'abord dans le village même, puis avant de monter sur l'autoroute, puis carrément sur l'autoroute (oui oui, il suffit de s'arrêter avec ses quatre feux clignotants sur la première bande et embarquer ceux qui veulent !). Au final, le trajet qui devait durer une demi-heure nous prendra un peu moins d'une heure car nous n'avons jamais roulé plus de deux minutes sans nous arrêter. Nous ne sommes pas vraiment pressé et il est rigolo de voir toutes ces indiennes en costume traditionnel chargé leurs achats du marché dans les soutes du bus.

Alors que l'on arrive enfin à Ibarra, il faut faire une première constatation: c'est moche ! Du moins ce que l'on en voit maintenant (et ce que l'on en verra par après aussi ...) ! Heureusement, nous n'avons aucunement prévu d'y rester car ce qui nous intéresse est d'y reprendre le plus vite possible un autre bus vers notre destination finale: El Limonal ! Nous arrivons donc dans un grand terminal ou tout les bus sont alignés comme à la parade. La destination que nous cherchons n'est clairement pas la plus recherchée et d'ailleurs rares sont les compagnies qui proposent le trajet en direction de San Lorenzo, une ville sur la côte située à un peu moins de 200 kilomètres de là. Nous finissons malgré tout par dénicher le bon bus et l'on s'adresse au chauffeur. Impossible d'acheter le ticket, il faut ressortir des quais pour aller au guichet. Ne voulant pas nous balader avec nos gros sacs, je laisse mon épouse et tout notre barda sur un banc et passe le tourniquet pour me retrouver dans un grand hall ou toutes les compagnies sont représentées. Je cherche un peu avant de trouver le bon et achète deux places (4.4$ pour deux) avant de revenir vers le quai. Pour pouvoir passer le tourniquet, je dois me fendre de 10 cents supplémentaire afin d'acheter un ticket que l'on valide pour moi. Moins de cinq minutes plus tard, le bus démarre !

Pour la première fois, il y a bien évidemment des passagers dans le bus mais aussi des marchands ambulants. Avant de démarrer, ce sont des vendeurs de journaux ou de bonbons qui passent mais lorsque le bus se met en marche, c'est à un autre style auquel nous avons droit. Le vendeur qui vient d'arriver se met tout à l'avant du bus et commence à haranguer la "foule" que nous sommes, en parlant sans discontinuer. Son discours durera plus de 20 minutes et ce qui en ressort, c'est que grâce au médicament qu'il vend, on peut soigner à peu près tout: du simple rhume à l'addiction à la cigarette en passant par les maux de ventre et le cancer. Ce médicament est tellement efficace qu'il ne comprend même pas ne pas être milliardaire ! Le moment le plus drôle, c'est que lorsque quelques Equatoriens se décident à en acheter, il se remet à parler en proposant maintenant une promotion (style quatre achetés, cinq reçus) ! Est-ce que les gens qui viennent d'en acheter voudrait profiter de la promotion ? Ben, ils se sentent un peu bête donc forcément oui ... Malin le vendeur ! Au bout d'un moment, il se décide enfin à nous quitter, peu après être sorti de la ville (ça a pris du temps car on a du faire le plein du bus avant de partir).

Pendant une heure trente, nous roulons dans un paysage surréaliste, composé de nombreux canyons dans lesquels nous rentrons par un côté et ressortons de l'autre. A chaque village croisé sur cette unique route, qui longe la frontière colombienne à moins de 25 kilomètres de là, des gens descendent et d'autres montent. Nous sommes un peu stressé de rater notre arrêt car rien n'est indiqué et malgré le fait d'avoir demandé à l'assistant de nous prévenir, nous ne sommes que moyennement confiant. Heureusement, nous pouvons à nouveau compter sur la gentillesse des Equatoriens qui, entendant notre destination, se feront un plaisir de nous signaler ou l'on doit s'arrêter c'est à dire à l'entrée de ce minuscule village d'à peine 300 habitants: El Limonal !

Pourquoi sommes-nous ici pourrait-on se demander ? Tout simplement parce que dans mon guide du routard, il parle de Piet et de sa propriété "Bosque de Paz". Piet est un belge qui s'est expatrié en Equateur voici 25 ans et qui est à la tête d'une exploitation de plantes et d'arbres en tout genre. Il propose aussi quelques chambres dans son domaine et j'avais pris contact avec lui voici plusieurs mois. J'avais reconfirmé notre arrivée il y a peu et donc nous voici. Dans notre guide, ainsi que sur son site, il est indiqué que des panneaux indiquent la direction de son domaine, situé à 600 mètres de l'arrêt. Problème: aucun panneau de ce genre ! Heureusement, un 4x4 s'arrête devant moi et le conducteur me demande si j'ai besoin d'aide. Je lui demande si il connait Bosque de Paz, ce à quoi il répond par l'affirmative et propose de nous emmener. Je négocie le trajet pour 1$ avec lui et nous embarquons dans son véhicule datant d'il y a au moins 20 ans. Il rentre alors dans le village pour en ressortir par l'autre côté, sur une piste toute en montée. Heureusement qu'il était là celui-là ! Vu la chaleur et la pente, on serait arrivé complètement lessivé devant la propriété !

Après nous avoir déposé devant une "barrière" composée de trois bambous, il fait demi-tour après avoir empoché son dollar. Après une ou deux minutes à se demander comment appeler le propriétaire, nous remarquons un système de sonnette ressemblant à un triangle (l'instrument, sauf que celui-ci est rond ... ce n'est donc pas exactement comme un triangle !). Je sonne une fois puis deux et arrive un homme, la bonne cinquantaine, assez mince et portant une petite moustache. Nous faisons les présentations en espagnol avant de lui demander si il parle anglais. Heureusement pour nous, c'est le cas même si à ce moment-là, il n'a pas l'air très heureux à l'idée de parler cette langue. Il nous fait donc passer la barrière et nous descendons en direction du bâtiment principal constitué d'une grande terrasse couverte en son centre. C'est la "salle commune", ouverte des deux côtés qu'occupent trois grandes tables et des bancs. Quatre chambres donnent sur celle-ci et à première vue, nous sommes les seuls clients (ce qui nous sera confirmé par la suite et ce jusqu'à la fin de notre séjour ici). Il nous montre la chambre et surtout le balcon privé attenant et nous propose une boisson fraiche. Vu la chaleur étouffante, nous acceptons volontiers de l'eau bien froide (chose assez rare ici en Equateur, les boissons étant la plupart du temps à température ambiante) pendant qu'il prépare en vitesse notre salle de bain et notre lit double (notre chambre compte en plus deux lits simple). Le confort est rudimentaire car à part les lits, il y a un porte-manteau, une table de chevet avec une petite lampe dessus. C'est tout mais finalement c'est plus qu'assez ! La grande fenêtre est composé à moitié de carreaux et l'autre moitié de moustiquaires et sur le rebord, quelques gros insectes morts. Bon, le ménage n'est pas vraiment fait mais les draps sont propres ainsi que les essuies, nous n'en mourrons donc pas.

Nous lui demandons alors comment fonctionne la vie ici au jour le jour, sachant qu'il propose sur son site des repas à midi et au soir. Vu que l'heure de midi est déjà passée, nous commençons à avoir faim mais c'est là que nous apprenons la nouvelle: sa femme n'habite plus ici et il ne propose plus de repas à cette heure-ci. Par contre, il veut bien nous accompagner jusqu'au village afin de nous emmener manger un almuerzos (ce petit menu pas cher que l'on sert partout en Equateur) dans une bonne cuisine. On a pas vraiment le choix, nous acceptons donc sa proposition. Il nous demande cinq minutes, le temps d'aller prendre une douche, et nous nous mettons en route. Arrivé au village, nous faisons un détour par l'épicerie car Piet a des achats à faire. Pas de bol, à cette heure-ci, tout est fermé et il ne nous reste plus qu'à rejoindre la grand-route qui descend fortement et ou nous nous sommes arrêtés. La cuisine ou il veut nous emmener est tout en bas de la pente et nous sommes déjà en train de nous imaginer la remonter avec le ventre plein et la chaleur qui nous écrase.

Le repas qui nous est servi est semblable à tous les almuerzos: une soupe en entrée puis du riz, des légumes et du poulet accompagné d'un grand verre de jus de fruit frais (dans ce cas-ci avoine (!) et ananas, un régal !). La grande différence, c'est qu'ici tout est vraiment très bon, notamment le poulet ! Nous payons le repas à Piet (à peine 2$ par personne) et remontons quelques dizaines de mètres derrière lui la côte (mon épouse voulait voir ce qu'il y avait plus bas mais la réponse est: rien !). Il aura donc pris de l'avance sur nous. En même temps, il doit être gonflé à bloc après s'être enfilé trois énormes bols de soupe, son assiette plus une partie de celle de mon épouse !

Lorsque nous arrivons à la propriété, il n'y a personne car Piet est parti faire ses courses. Nous attendons donc une petite dizaine de minutes avant de le voir arriver, son bob tout défraichi sur la tête. Jusque 16h, ça sera repos pour tous, la chaleur étant réellement écrasante. Impossible pour Piet de travailler dans ces conditions là et pour nous d'aller nous balader. Nous devons donc attendre que le soleil tape un peu moins avant d'être convié par Piet a aller visiter sa propriété. Nous acceptons avec plaisir et après avoir enfilé nos grosses chaussures, nous le suivons.

Tout son "jardin" se trouve dans une sorte de vallée au fond de laquelle coule une petite rivière. Des dizaines d'espèces de plantes et d'arbres sont plantées ici: arbres fruitiers de toutes sortes, bambous, herbes afin d'être revendues. Il s'est aussi spécialisé dans la permaculture, qui est en fait un processus permettant d'être très économe en énergie et qui se veut au plus proche de la nature. Pas question ici de plantations bien alignées, il laisse faire la nature et récolte ce dont il a besoin. La balade dure une bonne heure pendant laquelle nous irons jusqu'au bout de sa propriété. Plus loin se trouve les terrains qu'ils visent pour continuer à s'agrandir et dans lesquels nous allons brièvement marcher. Piet se révèle une mine d'informations sur la nature environnante et sur les techniques de plantations. Durant toute notre marche, nous sommes accompagné de son chien Scrapy, de la race delmerca (del mercado - du marché - équivalent du zinneke chez nous en Belgique, un croisé en somme !).

Durant toute cette balade, Piet en profite pour déblayer le sentier à coup de machette ou pour cueillir les citrons qu'il utilisera pour faire notre limonade de demain matin. Lorsque nous sommes de retour à la propriété, Piet me demande si je peux lui filer un coup de main en allant chercher avec lui deux longues perches de bambou que nous devons remonter jusque tout au dessus de sa propriété. J'accepte sans problème mais lorsque c'est fini, je suis complètement trempé ! C'est dingue ce que ça pèse ces affaires là et la côte a remonté est solide. Nouveau détour donc par la douche avant que Piet ne nous serve notre repas.

Au menu, de la soupe de tomate, du pain noir et du fromage accompagné d'un thé à la menthe et anis. Le tout est fait maison et pour qui me connait un peu sait que ce n'est pas ce genre de repas que j'aime manger. Sauf que là, tout est un pur délice et je me ressers plusieurs fois de soupe (pour une fois bien assaisonnée !) ! Au fur et à mesure du repas, l'ambiance avec Piet se relâche et il se révèle d'une compagnie vraiment très plaisante. Après tout cela, il nous propose de visionner le diaporama sur les problèmes écologiques du monde et de l'Equateur en particulier. Très intéressant et assez bien foutu, il nous explique pendant une bonne demi-heure les ravages de la déforestation à travers le monde ainsi que les pistes qu'il souhaite explorer pour remédier à cela. Après cela, il est déjà passé 21h et il nous annonce qu'il va se coucher. Après une journée aussi intéressante, nous décidons de faire pareil !

La nuit fût calme malgré la présence de nombreux moustiques pour qui c'est l'heure de manger. J'en suis quitte pour remettre du produit contre ces sales bestioles en pleine nuit ! Mais un tel silence n'a pas de prix et lorsque le soleil se lève, nous sommes en pleine forme pour attaquer notre journée ! Après un bon petit-déjeuner, Piet nous donne des infos sur ce que nous comptons faire ce matin, à savoir une rando depuis un des points les plus élevés de la région: El Puerto ! Pas question de monter tout là-haut à pied, il nous faudrait des heures sans en plus y trouver un réel intérêt. Il nous propose donc de retrouver son copain José qui habite le village et qui moyennant quelques dollars sera prêt à nous monter au sommet dans son pick-up. Ensuite, nous n'aurons plus qu'à redescendre tout le chemin jusqu'au village. En gros, trois heures de marche en descente permanente ! Ca devrait aller.

Après avoir fini nos préparatifs, nous descendons la piste jusqu'au village afin d'y trouver le fameux José. On trouve effectivement bien un pick-up mais pas l'homme en question. Personne n'a l'air de savoir ou il est mais ce n'est pas grave, le mari de la vendeuse de fruits et légumes est prêt à nous y emmener pour le même prix. Aucune différence pour nous, ça ne sera pas José mais Pablo ! Comme dans la cabine du pick-up il n'y a que deux places, je monte dans la benne couverte et m'assieds bien au fond. Pablo met le moteur en marche et en avant pour une demi-heure de piste bien défoncée qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe ! Etant tout seul sans moyen de communiquer avec mon épouse, j'en profite pour déjà admirer le paysage que nous verrons en redescendant. Ca va être sublime !

Arrivé au sommet, Pablo nous dit que nous sommes arrivés. Effectivement, Piet nous avait parlé d'une école en théorie abandonnée. Sauf qu'en fait, quelques élèves - même pas une dizaine - sont assis à leurs bancs. Dès qu'ils nous aperçoivent, ils nous font tous des signes car on ne doit pas être nombreux comme touristes dans la région (nous n'avons vu que nous depuis deux jours !). De là-haut, on ne voit en fait pas grand chose car la vue est bouchée par une forte végétation. Il faut donc que nous commencions notre descente pour pouvoir admirer l'incroyable enchevêtrement de montagnes et de gorges formant un tableau splendide. Certaines sont complètement nues à cause de feux provoqués par des imbéciles (dixit Piet), les autres sont recouvertes d'une végétation quasi tropicale. Ca forme un patchwork de couleur vraiment étonnant !

Après une dizaine de minutes, nous croisons bien une ou deux maisons avec son lot de chiens, de poules et de fleurs. Même ici, reculé de tout, les maisons sont admirablement fleuries. Par contre, pour la première fois, la dame qui se trouve là ne répond pas à notre salut. Bah, ce n'est pas elle qui va changer ce que l'on pense jusqu'à présent des Equatoriens et de leur formidable accueil !

Pendant donc trois heures, nous descendrons ainsi cette montagne en ayant toujours sous les yeux cet incroyable paysage. Piet m'avait demandé de prendre des photos de son exploitation depuis là-haut afin de pouvoir constater les dégâts du au feu. On cherche un peu pour repérer la bonne habitation (pas évident de se repérer ici !) et ce que l'on voit est assez triste: si l'on excepte son domaine complètement recouvert de végétations, tout les alentours sont brûlés ! Encore plus triste, tout le monde au village sait qui c'est mais la police ne voudrait même pas prendre une plainte éventuelle ... Ca ferait gonfler de la mauvaise manière leurs statistiques ! Et puis d'après Piet, quand bien même l'auteur serait condamné qu'il s'en sortirait avec une tape sur la main ...

Tout ça ne nous empêche quand même pas de profiter d'une rencontre impromptue avec deux chevaux ou bien avec un couple d'aigles qui nous tournent autour prêt à manger nos carcasses. Hé oui, le seul problème de cette rando, c'est le soleil ! Il fait plus de 30 degrés et il n'y a un pas un centimètre carré d'ombre durant la quasi-totalité de la marche. Par trois fois, on se retartine de crème solaire à indice très élevé car on sent que notre peau chauffe et on profite des très rares moments ou le vent souffle un peu pour nous rafraichir. Mais finalement, nous rejoignons sans problème le petit village voisin du notre: Guallupe. Les quelques personnes présentes dans la rue sont en train de prendre le frais grâce à l'ombre de leurs habitations. On voit bien qu'au fond d'eux-mêmes ils se demandent ce qui peut bien nous prendre de faire un effort physique par un tel temps mais ça ne les empêche pas de nous sourire malgré tout.

Arrivé à El Limonal quelques minutes après, il faut prendre une décision concernant notre repas. Il n'est que 11h30 mais nous ne voulons pas remonter chez Piet (le chemin est vraiment escarpé !) pour en redescendre tout de suite après. Nous décidons donc de poursuivre notre descente jusqu'à la petite cuisine de la veille afin d'y manger un nouveau almuerzos ... En fait, ça sera exactement le même que la veille, seul le jus est différent ! Après tout cela, il est midi et nous remontons péniblement pendant une grosse vingtaine de minutes sous le soleil et avec le ventre plein jusqu'au domaine de Piet.

Jusque 16h, ça sera à nouveau repos pour tout le monde. Comme la veille, il est juste impossible de travailler dans ces conditions. Ensuite, Piet nous appelle et nous demande si notre proposition de l'aider tient toujours. Nous lui répondons que bien évidemment et nous nous remettons en tenue pour aller un petit peu jardiner. Nous avons chacun notre tâche: Aurore va devoir arroser un par un la trentaine d'arbres porteur du fruit du dragon pendant que moi, je dois remplir de terre des sachets qui serviront à y mettre de jeunes pousses. Pas le travail le plus intéressant en soi mais si ça peut rendre service alors ma foi, pas de souci. Piet en profite pour discuter un peu avec moi puis prend lui aussi un tuyau d'arrosage pour asperger toutes les pousses déjà prêtes. Ca représente un travail d'une bonne heure avant que je n'aille remplacer mon épouse qui n'a toujours pas fini son arrosage. Quand tout cela est fini, nous sommes trempés tant la chaleur est encore forte et nous sommes obligés de repasser sous la douche !

Le repas du soir sera toujours aussi bon avec une omelette mélangée à du riz et assaisonnée de différentes herbes. Mais il ne nous en faut pas plus et vers 20h, nous souhaitons une bonne soirée à Piet et nous allons nous détendre en regardant un épisode de notre série en cours ...

Après une nuit similaire à la précédente et à un petit-déjeuner tout aussi semblable, nous sommes parés pour attaquer notre dernière journée dans ce cadre incroyable. Nous avions émis l'idée d'aller faire une excursion dans une mangrove mais après en avoir discuté avec Piet, nous aurions du faire cinq heures de bus aller et retour pour nous y rendre. Pas question de passer autant de temps dans les transports (d'autant plus que demain, nous ne ferons que cela !), nous nous rabattons donc sur une autre petite rando sur les conseils de Piet. Il nous griffonne un plan de la marche que nous voulons faire et après avoir mis mon sac sur mes épaules, nous sommes partis !
Pour expliquer cette marche, il faut se rappeler que le domaine de Piet se trouve sur le versant d'une toute petite vallée qui se termine en cul-de-sac. Le fond de cette vallée est recouverte par toutes ses plantations et par une petite rivière mais tout au bout se trouve un minuscule village appelé Luz de America (introuvable sur une carte, j'ai essayé), but de notre rando. Pour nous y rendre, nous pourrions utiliser le sentier qui passe devant le domaine (le village étant au bout de celui-ci) mais ça n'aurait pas beaucoup de sens. Piet nous propose à la place de repartir vers El Puerto et juste après être sorti du village de Guallupe, de bifurquer sur un minuscule sentier. Celui-ci est en fait l'ancien chemin utilisé par les chercheurs d'or de la région (parait-il qu'il y en avait dans cette rivière !). Depuis notre salle commune, on voit sans problème le chemin qui passe de l'autre côté de la rivière, à à peine une cinquantaine de mètre à vol d'oiseau.

Nous repartons donc tout d'abord sur nos traces d'hier et trouvons facilement le départ de ce sentier. Au début, il est même assez large mais très vite, il se rétrécit jusqu'à devenir à peine assez large pour y mettre nos deux pieds l'un à côté de l'autre. Le soleil est déjà bien présent, ainsi que la chaleur écrasante, mais heureusement la végétation est ici beaucoup plus dense, offrant quand même quelques zones d'ombres. Néanmoins, nous sommes quand même complètement en sueur lorsque nous arrivons en vue du village. Mais arrive le moment ou le chemin ... disparait ! A la place, une espèce de talus composé de terre très friable que l'on doit traverser de côté. Mon épouse se trouvant devant moi et étant dans l'incapacité de passer devant elle à cause de l'étroitesse des lieux, elle doit partir en éclaireur. Ca s'écroule pas mal sous nos pieds et nous sommes obligés de nous pencher fortement vers le sommet afin d'éviter de glisser mais au final, ça passe ! oups nous retrouvons alors le chemin, à nouveau plus large par ici.

Nous traversons le minuscule village composé d'une grosse dizaine de maisons assez pauvre sous les yeux plus qu'étonnés des quelques habitants du coin. Nous aurons quand même droit à des bonjours de la part de tout le monde ainsi qu'à des considérations très profonde, du style: "Beaucoup de soleil hin ? Il fait chaud non ?". Ce à quoi nous répondons par des grands sourires qui leurs font plaisir et nous nous quittons bons amis. Au fond du village, un grand tournant permet de repasser sur l'autre versant de la vallée et de revenir vers le domaine de Piet. Quelques femmes sont en train de nettoyer leurs linges dans la rivière et elles aussi nous font signe de loin. Finalement, après 2h30 de marche nous sommes de retour chez Piet.
Il est 11h et nous hésitons sur la marche à suivre. Nous sommes trempés de sueur mais nous avons peur d'avoir difficile à nous remettre en route pour aller manger un bout si nous rentrons maintenant. De plus, les almuerzos commencent déjà à nous sortir par tout les trous donc nous décidons d'aller dans une des petites épiceries du village afin de trouver autre chose à manger. Dans les trois que nous visiterons, impossible de trouver autre chose que du thon en boite que je déteste au plus haut point. C'est donc résigné que nous nous décidons à redescendre jusqu'au restaurant de la veille et à manger le même plat. Heureusement, juste avant d'y entrer, on remarque une minuscule épicerie avec un panneau à l'entrée indiquant qu'elle vend du fromage. Ni une ni deux, nous nous dirigeons vers elle afin d'y acheter de quoi manger ce midi: petits sandwichs, fromage et une petite bouteille de coca ... froid ! Aaaaah il fait du bien celui-là ! On prend aussi des espèces de glaces à l'eau remplie de colorant qui auront comme seul avantage de nous refroidir temporairement. Après cela, il faut regrimper toute cette énorme côte jusqu'à arriver au domaine ou nous pouvons enfin diner et nous reposer ...

Un peu avant 16h, Piet nous propose à nouveau de l'accompagner. La mission, si du moins nous l'acceptons, est de planter deux plants de bananier à l'autre bout de la propriété, non loin de la rivière. Il nous montre d'abord comment récupérer les plants, à partir d'un autre bananier, puis c'est à mon tour de m'exécuter. Rien de compliquer la dedans, la machette passe dedans comme dans du beurre. Nous mettons nos deux plants dans un panier tressé que je passe sur mon dos et Piet prend lui le panier rempli du matériel dont nous aurons besoin. Ensuite, nous remplissons deux grands sacs de jute avec du compost puis nous voilà parti tout les trois jusqu'aux trous qu'il a déjà creusé. Ben, croyez le ou non mais un bananier ... ça se plante comme les autres arbres. J'ai d'abord l'honneur de planter le premier puis mon épouse le second. C'est bien beau tout cela mais il leurs faut de l'eau à ces enfants là. Nous repartons donc en direction de son système d'irrigation afin de dévier une partie de la rivière vers les deux plants. C'est à ce moment là que mon épouse décide d'aller s'empaler la main sur une belle et grosse épine de cinq centimètres. La main en sang, elle est obligée de rentrer à la chambre afin de désinfecter cela. Après m'être assuré que ça irait, je continue la besogne avec Piet. On coupe un arbre, on rentre dans une citerne afin de mettre en place un système de vases communicants puis quand l'eau arrive au bon endroit, on installe des rampes de bambous afin d'amener l'eau exactement ou l'on veut. C'est comme un jeu vidéo, c'est vraiment terrible ! Finalement, au bout de deux heures, Piet est content et propose de rentrer ce que j'accepte avec plaisir. Je suis trempé et piqué de partout mais ça en valait le coup, j'ai appris pas mal de choses aujourd'hui. Ce soir, ce sera un petit repas avant une petite nuit de sommeil. En effet, demain c'est lever à 5h afin de prendre le premier d'une longue série de bus qui doit nous faire traverser la moitié du pays.


Comme d'habitude, vous pouvez lire ce récit et bien d'autres sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Jour 14, Jour 15 & Jour 16: Immersion au cœur d’une famille Shuar

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Scoob
Il y a 2 années
Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob
Nous avons rendez-vous avec les deux membres (notre beau-frère et son ami) de notre "team" à 8h au terminal de bus de Baños. Dès que nous nous retrouvons, nous nous mettons en quête du prochain départ à destination de Puyo, à une grosse heure de route. Comme d'habitude, nous n'avons pas à attendre plus de cinq minutes avant de démarrer et ce, malgré le fait que le bus soit quasi vide. Pour aller jusque là-bas, le bus utilise la même route que ce que nous avions fait la veille en vélo. Non seulement, aujourd'hui il fait magnifique mais en plus, on voit presqu'aussi bien qu'en devant pédaler. Mon épouse qui ne nous avait pas accompagné nous nargue un petit peu et nous n'avons comme seule consolation d'avoir fourni un effort pour ce résultat.

Quoi qu'il en soit, une heure quart (et 2$ par personne) plus tard, le bus nous largue le long d'une grosse chaussée en nous disant que le terminal de bus n'est pas très loin, à peine à trois blocs de là. Comme c'est la que nous avons rendez-vous avec Carlos, le chef de la communauté ou nous nous rendons, nous n'avons pas trop le choix que d'y aller. Puyo est aux portes de la forêt amazonienne et déjà la chaleur et l'humidité se font ressentir. A cette heure "matinale", on ne croise personne dans cette petite ville sans réel intérêt si ce n'est sa situation géographique. Après plus d'un quart d'heure de marche, on redemande notre chemin: au moins encore deux blocs. Il s'était bien foutu de nous le chauffeur et ses trois blocs ! Encore plus loin, on repose la question et c'est encore plus loin. Au final, on nous aura fait traverser complètement la ville ! Mais finalement, nous arrivons enfin au petit terminal de bus et commençons à chercher après Carlos.

La veille au téléphone, nous lui avions donné comme indication que je porterais un bandana noir au poignet. C'est donc lui qui a un avantage sur nous, d'autant plus que nous ne savons pas du tout à quoi nous attendre: aura-t-il des plumes et du maquillage (comme on a vu sur des prospectus à Baños) ou sera-t-il habiller moderne ? Après avoir crié plusieurs fois son nom, nous voyons un petit monsieur se présenter à nous. C'est bien Carlos: une cinquantaine d'année, portant chemise et pantalon ainsi qu'une grosse montre, et surtout un sourire qui a l'air de ne jamais vouloir s'en aller de son visage. Après les présentations, il nous demande de bien vouloir l'accompagner jusqu'à une petite épicerie car il doit faire des courses pour nous. Ensuite, le taxi-brousse viendra nous chercher pour nous amener jusque chez lui. Il souhaite aussi que nous le payons tout de suite pour qu'il puisse acheter les marchandises, ce que nous faisons un peu à contrecœur. On peut comprendre qu'il ait besoin d'argent tout de suite (les indiens ne sont pas connus pour être très riche) mais on a toujours un peu peur que les prestations s'en ressentent par la suite. De plus, ce n'est pas prévu et ça nous oblige à sortir une grosse somme d'argent (près de 300 dollars pour nous quatre) de nos cachettes secrètes en pleine ville. C'est à ce moment là qu'arrive un autre indien, plus jeune, plus petit mais surtout taillé comme une armoire à glace et qui nous colle un peu. Notre première impression est qu'on va avoir des ennuis mais en fait pas du tout, c'est Freddy le fils de Carlos accompagné d'une de ses filles. A notre grande surprise, il parle pas trop mal le français et après les présentations, rentre dans la boutique pour aider son père. Nous attendons donc la pendant une bonne demi-heure, se faisant même offrir une bière bien fraîche. C'est fou comme il fait déjà super chaud à cette heure-ci !

Finalement, alors que nous trouvions le temps un peu long, Carlos vient vers nous et dit qu'il a appelé le taxi. Il ne nous accompagne pas car c'est en fait son fils qui sera notre guide durant ces deux jours. On lui demande si avant de partir, on peut trouver du rhum par ici et il nous emmène dans une petite boutique non loin. Rien de tel qu'un bon apéro pour nouer des liens plus rapidement ! Ensuite de quoi, nous embarquons tous dans un pickup, Freddy et sa fille dans la benne tandis que nous nous entassons dans la cabine. Après moins de dix minutes de route, nous entrons déjà dans la forêt. Au début, les habitations ont libérés de grands espaces au milieu des arbres et après un nouvel arrêt (pour acheter de l'agua ardiente - un alcool très fort à base de canne à sucre - que Freddy a l'air de particulièrement apprécié), nous nous enfonçons de plus en plus profondément. La route se transforme en piste et nous commençons à croiser quelques communautés. La nôtre se trouve encore plus loin, encore plus enfoncé dans la forêt jusqu'à arriver ... au milieu de nul part. Notre taxi s'arrête le long d'une rivière et nous débarque avec nos sacs et nos courses. Freddy nous indique que sa communauté est de l'autre côté de la rivière qu'il va falloir traverser sur un pont constitué ... d'un seul tronc d'arbre pas bien épais. Ca passe sans problème pour notre ami et pour moi, c'est un peu plus difficile pour mon épouse et mon beau-frère, tout deux sujets au vertige. Heureusement, Freddy se déplace sur cette mince épaisseur comme si il marchait au milieu d'une autoroute et va faire le trajet en les aidant au maximum. Lorsque tout le monde est passé et que tout le monde s'est chargé des courses, nous n'avons plus que quelques minutes à marcher pour enfin arriver sur un grand espace dégagé ou se trouve plusieurs constructions en bois ...

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Le "bâtiment" principal est la cuisine, qui sert aussi de salle à manger et de pièce de rassemblement ou tout le monde se retrouve. Ouverte sur tout les côtés, on y trouve un plan de travail avec un petit réchaud au gaz, une table pour manger, un foyer ou brule en permanence un feu et des bancs pour que tout le monde puisse discuter. Lorsque les indiens parlent de communauté, c'est en fait une famille (sur plusieurs générations) qui vivent non loin de l'autre et qui ont des salles communes. Après cela, chacun à sa propre maison, située dans un périmètre proche. Nous sommes donc ici dans la famille Warusha, des indiens Shuar, qui il y a moins de vingt ans (d'après eux, on a pas cherché à confirmer) coupait encore des têtes pour les réduire à la manière des Jivaros. En attendant, ce sont des gens tout ce qu'il y a de plus charmant et ils sont une quinzaine à vivre ici, au milieu de la forêt: Carlos et son épouse, Freddy avec sa femme et ses cinq enfants ainsi que d'autres enfants qui si on a bien compris sont eux à Carlos (ça n'a pas été facile de déterminer quels enfants étaient à qui). Il y a aussi Edwin, un gars d'une trentaine d'année profondément handicapé mental et qui est arrivé là sans que personne ne sache vraiment comment et dont la famille s'occupe. Tout le monde nous accueille avec un grand sourire et Freddy se met alors en quête de nous expliquer comment ça va se passer. Concrètement, nous allons tout d'abord manger et ensuite nous irons nous balader dans la forêt secondaire (contrairement à la primaire ou l'homme n'est jamais intervenu) aux alentours. Il nous montre aussi ou nous allons dormir: une cabane au sol pour mon épouse et moi avec un petit lit double recouvert d'une moustiquaire et une cabane en hauteur avec des lits simples pour les deux autres. Nous allons partager notre cabane avec à peu près toutes les poules de la famille car les murs sont fait en palme que les poules ont légèrement défoncés pour pouvoir se mettre à l'abri pour la nuit. On aura beau chercher à les chasser au début, on a bien compris qu'on ne gagnerait pas et nous laissons donc tomber. Bien évidemment, pas de salle de bain, mais la rivière qui coule le long du "village" et qui nous servira à nous laver. En gros, pour nous quatre, un paradis (sans rire) !

En attendant l'heure de manger, nous partirons tout les quatre sur un sentier que Freddy nous a indiqué pour un premier vrai contact avec la forêt et ses occupants. C'est la deuxième fois que mon épouse et moi nous retrouvons dans cette forêt (voir notre voyage en Guyane) mais elle est ici bien différente. Beaucoup plus de végétation au sol, beaucoup moins de gros arbres mais cela reste malgré tout superbe. Pour les deux autres, c'est une première et ils sont émerveillés devant chaque plante un peu bizarre. Nous nous baladerons ainsi pendant une grosse vingtaine de minutes avant de retourner sur nos pas.

Le premier repas qui nous est servi est gargantuesque et tout simplement délicieux. Il ressemble beaucoup aux almuerzos traditionnels d'Equateur mais tout simplement en plus frais et en plus grande quantité: soupe, riz (servi avec une sauce ressemblant un peu à de l'aigre-douce) et poulet. Pendant que nous nous régalons, Freddy nous explique aussi que mardi il nous mettra sur la route pour prendre le bus à 8h. Nous ne sommes pas vraiment d'accord avec cela car nous payons pour une journée complète à chaque fois et il était passé midi lorsque nous sommes arrivés. Il dit que ce n'est pas lui qui décide et qu'il faudra en parler à Carlos. Nous essayons bien d'insister un peu mais sa réponse ne varie pas, nous attendrons donc le retour du chef de famille pour en parler. Nous aurons aussi une longue discussion dont une question qui nous a tous un peu décontenancés: "Quel est la chose la plus importante à vos yeux ?" nous demande-t-il. Notre réponse bateau (l'amour) le fait beaucoup rire. D'ailleurs sa réponse à lui et à sa communauté, c'est cela: le rire ! Ils sont toujours en train de rigoler et ils estiment qu'ils passeront la pire journée du monde si ils n'éclatent pas de rire au moins une fois par jour !

Après tout cela, Freddy va nous chercher des bottes après avoir demandé les pointures à tout le monde. La ou nous allons, nos chaussures de marche ne suffiront pas car nous risquons de nous enfoncer dans ... on ne sait pas trop quoi. Quand tout le monde est prêt, nous repartons sur le sentier que l'on a utilisé avant le repas mais très vite, Freddy nous le fait quitter pour nous enfoncer dans la végétation. Nous nous baladerons ainsi pendant deux heures écoutant les explications de Freddy sur toutes les plantes et arbres que nous croiserons comme par exemple cet arbre donnant une sève que l'on peut utiliser comme vernis à ongle naturel ou des feuilles que l'on peut mâcher en cas de morsure de serpent. Il nous montrera aussi comment se faire des points de suture à partir des pinces de fourmis guerrières que l'on force à mordre à l'endroit voulu puis en lui arrachant le corps, ne laissant que la tête. C'est incroyable, on peut tirer dessus, c'est vraiment comme une agrafe et pour l'enlever, on est obligé d'écarter les pinces. Nous irons voir aussi leur champ de yucca, semblable à de la pomme de terre sucrée et qui constitue la base de leur alimentation. Nous finirons par gravir une dernière colline afin d'avoir une vue incroyable sur la forêt environnante. Au loin, nous pouvons apercevoir la cordillère des Andes et d'énormes nuages en train de se former. D'ici, nous pouvons entendre des roulements de tonnerre, présage d'une éventuelle grosse pluie tropicale. La balade se terminera en redescendant vers la maison de Freddy, située en contrebas de la colline.
Nous avions eu comme surprise à midi de gouter à de grosses fourmis reine grillée, friandise très appréciée ici. Le goût n'était pas mauvais, on aurait dit de la cacahuète salée mais seuls mon épouse et mon beau-frère ont pu réellement apprécié. C'est définitif, les insectes je préfère les observer que de les manger ! Et mon avis est partagé par notre ami. Ici, Freddy s'agenouille et commence à gratter avec la lame de son couteau dans un petit trou. Très vite, il l'agrandit jusqu'à se dégotter une nouvelle fourmi reine qu'il engloutit sans autre forme de cérémonie ... Déjà grillé, c'était limite pour moi, vivante c'est juste pas possible. Par contre, dès qu'il est question de manger des choses bizarres, mon épouse est présente et demande à Freddy de lui en trouver une. Aussitôt dit, aussitôt fait, il lui en présente une bien juteuse à laquelle il enlève la tête (qu'il mangera lui-même). Sans hésiter une seconde, elle la mange puis juste après une deuxième parce que d'après elle, ce n'est pas si mauvais. Mon beau-frère en essayera une mais déclinera la seconde. Freddy pendant ce temps-là continuera à gratter dans la terre et à chaque fois, mangera la reine qu'il trouvera. En fait, il y en a partout autour de chez lui et même chez lui car après avoir été cherché son épouse pour nous la présenter (c'est la seule que nous n'avions pas encore vue), il redescend avec un bol plein de fourmis grillées qu'il mange comme des chips ... en beaucoup plus sain !

Il est un peu plus de 16h quand nous rejoignons les lieux communs ou l'on va pouvoir aller se laver. En effet, la balade en forêt nous a fait énormément transpirer et c'est un réel bonheur que de pouvoir se baigner dans l'eau fraiche de la rivière. C'est aussi ici que nous décidons de prendre un premier verre tout les quatre tout en s'extasiant de tout ce que nous avons déjà vu ! Le reste de l'après-midi verra la première confrontation footbalistique Equateur - Belgique opposant d'un côté trois enfants de la communauté au beau-frère et au copain pour une victoire 1-0 de nos hôtes le tout joué avec un ballon de basket à moitié dégonflé et pied nu.

Au soir, toute la famille se retrouve pour manger tout ensemble. A 18h15, la nuit est complètement tombée et une heure après, à peu près tout le monde est parti se coucher. C'est comme cela ici, on se lève et on se couche avec le soleil avec un rituel bien précis. On déjeune très tôt et on se purge (je vous passe les détails) afin de purifier le corps pour la journée. C'est une autre façon de vivre, à priori plus saine et moins stressante que la notre. D'ailleurs, la seule trace de modernité ici, c'est un bidon ouvert en deux, suspendu à un poteau et ou l'on pose son téléphone pour avoir un semblant de réseau. Pour notre part, on s'en passera volontiers pendant les jours qui viendront ! Avant d'aller se coucher, Carlos (qui est revenu de la ville) a accéder à notre demande en acceptant de nous prendre en charge pour une matinée "supplémentaire" sans frais. Freddy reste bien un peu plus longtemps avec nous, le temps de boire un verre, mais à 20h30 nous sommes seuls éclairés seulement par des bougies et nos lampes de poche. Nous passerons donc la soirée à quatre à boire du rhum en regardant la lune rouge. Il est presque 23h quand nous décidons d'aller nous coucher.

La nuit fût bonne malgré l'imbécile de coq qui s'est mis à chanter à 3h du matin avant de se rendormir. Alors que je me lève, j'ai le réflexe de secouer mes chaussures avant d'y mettre les pieds. Bien m'en a pris, une énorme chenille y avait élu domicile ! On a des poules dans notre chambre et elles ne sont même pas foutues de manger les insectes ... Soit !

A 8h, notre petit-déjeuner nous est servi. Comme les deux repas précédant, il sera énorme et délicieux: un énorme bol de fruits frais suivis d'une grosse omelette ainsi que des tortillas qu'elle cuit au fur et à mesure. Freddy nous conseille de bien manger car nous allons avoir besoin de force pour la grande marche que nous allons faire ce matin. On se fait clairement plaisir mais j'ai quand même peur qu'on ne sache plus avancer après tout cela. Qu'importe, c'est trop bon et on en laisse pas une miette ! Moins d'une demi-heure après, nous sommes tous prêt à suivre Freddy dans la forêt primaire durant les cinq prochaines heures.

Normalement, aujourd'hui, nous devrions voir des animaux. Jusqu'à présent, c'est la seule chose qui nous manque dans ce début de séjour parfait. Pour cela, Freddy nous emmène près d'un "lac" ou vivent toute une famille de caïmans. Malheureusement, toute la journée nous serons maudit, la faute probablement à notre guide qui passe sont temps à les chasser. Nous sommes tous intimement persuadés qu'ils se préviennent tous dès qu'il fait un pas dans la forêt ! Donc, les caïmans, c'est mort ... tout comme le singe que Freddy va poursuivre pendant une dizaine de minutes tout seul et qu'il sera le seul à voir. Pas plus de tarentules dans les arbres ou elles devraient normalement se trouver et certainement pas de serpent, animal le plus dur à trouver. Même les insectes "bizarres" que l'on croisait toutes les deux minutes en Guyane sont ici complètement absent ... Néanmoins, la marche - tout en étant assez physique à cause des montées et descentes assez casse-gueule, de la chaleur et de l'humidité - est super agréable et on a vraiment l'impression que plus personne n'est passé par ici depuis bien longtemps. Quand nous serons à court d'eau, Freddy utilisera sa machette et son couteau pour pratiquer un trou dans un bambou puis à l'aide d'un fin bout de bois creux, nous permettra de boire une eau délicieusement fraiche et sans aucun gout. Nous pourrons aussi nous prendre pour Tarzan grâce à une liane assez solide que Freddy a "aménagé" d'un support (en bois) pour s'asseoir. Grâce à cela, nous pouvons nous balancer à plus de trente mètres du sol au milieu des arbres. Un peu réticent au départ, nous finissons par essayer et à prendre notre pied ! C'est vraiment terrible comme sensation que de "voler" au milieu de la végétation. On en est presque à espérer une autre liane puis une autre pour vraiment pouvoir faire comme Tarzan ! Finalement, après avoir mangé un ananas de la forêt (on tête le jus de gousse que l'on prélève directement sur "l'ananas"), nous finissons par revenir à la rivière ou nous attend Christopher - le fils ainé de Freddy, 14 ans - et deux pirogues pour nous ramener à la communauté située à une grosse vingtaine de minutes de là.

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Je monte avec notre ami et Christopher tandis que mon épouse, le beau-frère et Freddy prenne la deuxième. Ils avanceront bien plus vite que nous sur cette rivière au lit très bas grâce à l'expérience de notre guide. Notre conducteur a bien évidemment moins d'expérience et moins de force pour nous pousser lorsque la pirogue se retrouve bloquer, faute de niveau suffisant. Le seul souci à cette courte balade fluviale est la présence en nombre de moustiques mais nous finirons par arriver entier (et sans être tombé une seule fois à l'eau !) sur la petite plage de galet ou l'on se lave, juste à temps pour un autre énorme repas.

Après un temps de repos (mis à profit par certains pour dormir), Freddy nous propose de nous initier au tir à la sarbacane. Il en a une mesurant un bon deux mètres et il vient de tailler les projectiles durant le repas. Il les a aussi entourés d'un peu de coton afin de les maintenir droite dans la sarbacane et c'est parti pour une démonstration. Ce n'est en soit pas difficile car il suffit de souffler fort d'un seul coup pour que ça parte à une dizaine de mètres sans souci. Le problème est d'arriver à viser la petite cible que Freddy nous a donné (un fruit grand comme deux pommes) et ça, ce n'est pas si évident que cela malgré un deux sur quatre de mon beau-frère et de moi. Freddy nous laisse alors en compagnie de Christopher avec qui nous improvisons un match international, nous éloignant à chaque manche. Je finirais (en toute modestie) par être sacré grand champion de la sarbacane ! Ensuite de quoi, la revanche du match de foot de la veille redémarre avec cette fois un changement: moi à la place de notre copain qui fait une sieste prolongée. Verdict: une nouvelle défaite, cette fois 10 à 8 mais nous nous serons bien battus tout en rigolant avec eux. C'est incroyable, ces gosses sont d'une résistance sans pareil, nous fonçant dessus comme des brutes sans jamais avoir l'air de souffrir de voler au tapis à chaque fois (il ne faut pas oublier que le plus grand d'entre eux fait trente centimètres et 50 kilos de moins que moi !).

Après nous être lavés (décidemment, qu'est ce qu'il fait chaud ici !), nous prendrons un nouveau excellent repas (pâte au poulet !) en compagnie de la famille. C'est incroyable de voir comme les deux couples (Carlos et sa femme, Freddy et la sienne) ont l'air proche et amoureux, toujours collé l'un à l'autre. Pour une raison inconnue, on les imagine un peu macho mais c'est tout le contraire en réalité ! Les enfants en profitent pour faire leurs devoirs puis tout le monde va se coucher, nous laissant à nouveau seul. Cette fois, nous n'avons plus rien à boire et après une longue discussion, nous décidons d'aller nous coucher. C'est que la marche de ce matin nous a tous bien crevé et nous avons hâte de nous reposer !

Même heure, même endroit pour prendre notre (déjà !) dernier petit-déjeuner en Amazonie. Encore une énorme assiette de fruits mais cette fois accompagnée d'une sorte de très très gros pancake que l'on peut tartiner de confiture. C'est excellent mais encore plus bourratif que la veille ! Un quart d'heure après la fin du petit-déjeuner, nous sommes tous prêt avec notre sac à dos sur le dos. Nous devons dire au revoir à tout le monde maintenant car seul Freddy va nous accompagner durant cette dernière matinée. C'est un peu le cœur serré que nous allons quitter cette merveilleuse communauté que je ne peux que conseiller (d'ailleurs, je vais leur faire un peu de pub, rendez-vous sur http://www.ecoiwia.com/ ) d'aller découvrir ! Point de cinéma ici (ils ne s'affublent pas de plume pour faire plaisir aux touristes) mais une vraie famille unie et adorable, prête à beaucoup pour les voyageurs qui leur auront fait confiance.

Freddy nous emmènera cette fois à travers de grands champs (on dirait du maïs mais je doute que ce soit cela), traversant par ci par là une autre communauté (comme par exemple celle ou se trouve l'école ou vont ses enfants à qui nous iront dire au revoir) puis un énorme pont de singe jusqu'à rejoindre la route ramenant à Puyo. Pour l'instant, un pickup nous attend afin de nous emmener à l'exact opposé de la ville, en direction du domaine du chaman local.

Avant cela, le pickup nous dépose devant un lac ou l'on peut observer deux petits caïmans que Freddy a appeler en jetant des bâtons dans l'eau et en produisant un bruit bizarre avec sa bouche. Ils ne s'approcheront pas à moins d'une dizaine de mètres de nous mais nous pourrons malgré tout bien les observer. Ensuite, c'est le domaine du chaman que nous rencontrerons officiellement maintenant (en réalité, nous l'avions croisé un peu plus tôt) et avec qui nous échangerons sur la cérémonie de l'ayahuasca (cérémonie ou l'on prend des plantes hallucinogènes après une préparation très rigoureuse en compagnie du chaman). Nous boirons aussi une bière bien fraiche avant d'aller faire le tour de son domaine paradisiaque, au bord d'une énorme rivière. Dans son jardin, nous arriverons à voir des perroquets (dont un magnifique ara), des singes, une grosse tortue aquatique (que Freddy aura été chercher dans une espèce d'étang, en slip et avec un masque) qui se débattra comme un diable contre Freddy ainsi que deux boas (appartenant au chaman mais loin d'être réellement apprivoisé) que nous pourrons tous manipuler.

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Après tout cela, nous disons au revoir au chaman et à sa famille avant de remonter dans le pickup direction un mirador situé non loin. Ce n'était pas vraiment prévu mais vu le peu de temps qu'il nous reste, nous sommes obligés d'utiliser les services de ce "taxi" que nous devons à chaque fois payer. Tout comme ce mirador ou nous grimperons pour une vue imprenable sur la forêt et la rivière, quelque cent mètre plus bas. Ici, nous aurons l'occasion de voir un bébé tarentule que Freddy aura déloger de son nid situé dans une poutre du mirador. Nous pourrons aussi nous tester face à la liane ultime qui nous permettra de nous balancer à 100 mètres du sol ! Sensation garantie, d'autant plus que la sécurité n'est pas vraiment leur souci. Malheureusement, tout cela va très vite et il est déjà l'heure de repartir pour Puyo ... A la base, nous devions prendre un bus pour rentrer mais le copain de Freddy propose de nous y emmener moyennant finance. C'est finalement à peine plus cher que le bus et beaucoup plus rapide, nous acceptons donc. Le chauffeur étant probablement saoul propose à notre ami de prendre le volant, chose qu'il accepte avec plaisir. Je me retrouve donc avec mon beau-frère dans la benne sur une piste d'assez bonne qualité jusqu'à arriver en ville ou nous disons au revoir à Freddy, le cœur un peu lourd.

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Au terminal, nous prenons le premier bus en direction de Baños ou nous allons tout les quatre passer une dernière soirée ensemble. Durant le trajet, nous devrons constamment garder l'œil ouvert car deux drôles de types se placent derrière nous et nous jettent constamment des regards. C'est malheureusement une réalité en Amérique du Sud, beaucoup de vols sont à déplorer, notamment dans ce moyen de transport très populaire. Finalement, nous n'aurons aucun souci à rejoindre la ville et à retourner à notre AJ.
Nous sommes cette fois loger dans une belle grande chambre et nous récupérons nos gros sacs à dos que nous avions laissé sous leur garde. Après avoir pris une rapide douche (froide !!), je ressors laissant mon épouse seule. Elle ne voulait pas nous accompagner dans notre dernière sortie ensemble car elle était trop fatiguée. Je la comprends sans problème car pour ma part, je me serais bien passé d'aller à nouveau nous balader ! Mais comme je m'étais engagé vis à vis de notre ami à l'accompagner et qu'en plus j'avais envie de profiter de ces derniers moments ensemble, nous sommes repartis (avec tout le groupe avec qui nous avions fait la fête quelques jours plus tôt) en direction d'une cabane située dans les montagnes environnantes: la Casa del Arbol.

Pour s'y rendre, nous prenons un taxi (ou nous avons pu monter à cinq !) qui pour dix dollars nous emmènera tout en haut d'une route qui grimpe sévèrement. Arrivé à destination, nous payons le dollar qui nous permet d'accéder à une sorte de prairie offrant une vue majestueuse sur les environs. Malheureusement, de gros nuages nous empêcheront de voir le coucher de soleil et seul la balançoire suspendue au dessus du vide nous fera un peu rire. Mais après la liane que nous avons faite ce matin, celle-ci nous paraîtra bien fade et seule les pitreries de notre ami leur donneront un intérêt. Finalement, nous prenons le dernier bus qui nous ramène à Baños.
J'y retrouve mon épouse et nous partons tout les quatre pour manger un dernier repas ensemble: poulet frite au menu (vraiment très bon !) puis achat de rhum pour une dernière soirée d'anthologie avec tout le groupe. Après nous être fait viré de devant notre AJ par l'employé ronchon, puis du parc par des policiers (qui font leur devoir) on se retrouve dans un bar ou des parties de kicker endiablés se joueront: je fais équipe pour ma part avec un petit équatorien à l'aspect un peu bizarre tandis que mon épouse fait elle équipe avec un canadien rencontré plus tôt et ressemblant à s'y méprendre à Tony Parker ! Il sera plus de deux heures du matin quand nous dirons au revoir à tout le monde et que nous rentrerons nous coucher ...

Baños aura finalement été le lieu de superbes rencontres, d'activités incroyables et surtout de souvenirs à jamais gravé dans nos cœurs !


Ce récit ainsi que bien d'autres agrémentés de nos photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Jour 17, Jour 18 & Jour 19: Cuenca et Guayaquil

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Scoob
Il y a 2 années
La veille, nous étions allé nous coucher tard en oubliant purement et simplement de mettre un réveil. Il est donc presque 8h du matin quand j'ouvre un œil et que je me lève en catastrophe ! En effet, un trajet d'une dizaine d'heure nous attend pour rejoindre la ville de Cuenca, nettement plus au sud. On gagne du temps en ne sachant pas prendre de douche, l'eau étant glacée, on boucle nos sacs un peu à l'arrache et on se précipite à la réception pour faire le check out. Gros problème pour l'employé: il doit nous rendre 4.1$ et bien évidemment, comme presque toujours ici, ils n'ont pas un cent en monnaie. Je m'arrange alors pour qu'il doive me rendre 5$ en lui refilant toutes mes petites pièces mais il n'a qu'un billet de dix. Je tente bien de plaisanter en lui disant que ça me convient mais il a du oublier son humour et fouille tout ces tiroirs à la recherche d'une solution. Ca dure presque dix minutes son cinéma mais je ne suis pas disposé à lâcher, par principe ! C'est à ce moment là que notre beau-frère rapplique, espérant encore nous trouver la pour nous dire au revoir. La veille, la soirée avait été mouvementée et nous n'avions pas eu l'occasion de s'embrasser car maintenant, c'est sur, nos chemins ne se croiseront plus durant ce voyage ... C'est lui qui va prendre le billet de dix et aller le changer lui-même en rue, chose que l'employé jugeait impossible. On peut finalement partir sans trop de regret de cette AJ ou beaucoup de choses se seront plus ou moins mal passée avec le personnel. Soit !

Arrivé au terminal tout proche, nous cherchons brièvement le bon bus qui doit tout d'abord nous emmener en direction de la ville d'Ambato. Comme d'habitude, c'est d'une simplicité enfantine et pour deux dollars, nous pouvons grimper à bord. Nous disons bien évidemment au revoir à notre beau-frère et c'est le cœur gros que nous nous séparons: nous aurons vraiment passé d'excellents moments en sa compagnie et nous avons hâte de le revoir ! C'est parti pour une grosse heure de car jusqu'à l'arrêt appelé Mayorista d'où nous pourrons prendre un bus qui cette fois partira dans la bonne direction: Cuenca. Arrivé à cet arrêt, on nous débarque en réalité le long d'une sorte d'autoroute que nous devons traverser en courant au milieu des voitures. De l'autre côté, un gars nous fait signe de ne pas traîner car le bus est déjà presque parti et finalement pour dix (!) dollars par personne, nous voilà parti en direction de la troisième plus grosse ville (après Guayaquil et Quito) du pays. Rien de spécial à raconter sur ce trajet de plus de 7h30 qui n'en finit pas et il est passé 17h quand nous arrivons enfin au terminal.

Un taxi va nous emmener pour deux dollars jusqu'à l'AJ que j'avais réservée dans le centre historique. C'est une grosse structure et après un repas franchement pas terrible, nous aurons droit à un cours de salsa jusque 21h30 dans le patio, juste devant notre chambre. Quand enfin ça s'arrête, nous pouvons constater qu'il n'y avait ... personne ! Le DJ s'est fait plaisir en mettant sa musique à fond juste pour lui !

Le lendemain, nous allons profiter de la matinée pour aller découvrir le centre historique de cette ville. Après le petit-déjeuner servi à l'AJ (bof bof), nous partons en direction du musée du panama que beaucoup de gens conseillent. C'est en effet dans les villages environnants qu'est fabriqué ce chapeau emblématique porté par une importante partie de la population (et non pas au Panama, comme on pourrait le croire !). Nous avions aussi l'idée de nous en offrir un et c'est apparemment à cette adresse que l'on pourra trouver le meilleur rapport qualité/prix. A 9h pile, heure d'ouverture, nous nous présentons face à la petite galerie située à deux rues de notre AJ. En fait de musée, on y montre quelques outils utilisés pour fabriquer ces couvre-chefs presque entièrement créer à la main. En effet, seule la forme finale sera faite grâce à une presse, tout le tressage (à partir de fibres d'une sorte bien spécifique de palmier) est entièrement manuel. Par contre, la boutique est réellement impressionnante et il y a une quantité de choix. Nous commençons donc par essayer à peu près tous les modèles existant jusqu'à sélectionner chacun le notre. Un blanc avec une bande noire pour mon épouse et un noir avec une bande noire pour moi. Sauf que celui que j'ai sélectionné est légèrement abimé et je refuse de le prendre. Pas de problème, si je repasse dans une heure on va m'en recouper un à l'identique (elle me montre alors une base déjà finie) et on me propose de choisir le bandeau. C'est ok pour moi, mon épouse achète déjà le sien et nous voilà reparti en ville.

L'avantage ici à Cuenca, c'est que tout le centre historique se parcoure très facilement à pied, les distances n'étant franchement pas importante. Nous passerons par acquis de conscience dans une autre fabrique mais il n'en fabrique que des blancs. Allez, celui que j'ai choisi me plait énormément, je ne vais donc pas y passer la journée ! Nous irons donc nous balader jusqu'au parque Calderon, le cœur de la ville, encerclé par deux cathédrales (l'ancienne devenue trop petite et la nouvelle) et de magnifiques bâtiments aux arcades formant des couloirs abrités tout le long de la place. Architecture typique de ces villes coloniales, nous avons quand même l'impression que toutes ces places cherchent à rivaliser de beauté et on ne se lasse pas de déambuler dans ces jardins fleuris ou nombre d'Equatoriens flânent et discutent par petits groupes.

Nous rentrerons aussi brièvement dans l'énorme (et pas franchement très esthétique) nouvelle cathédrale ou a lieu une messe. C'est incroyable de voir autant de monde assister à l'office avec caméra qui retransmet en direct sur des télés pour ceux qui sont le plus éloigné de la nef. Des jeunes filles en uniforme (type école) sont là pour accueillir avec un grand sourire et un "buenos dias" enjoué toute personne pénétrant dans l'édifice. Mais nous ne nous attarderons pas trop, ne voulant pas passer pour des voyeurs et nous ressortons aussi vite, non sans regretter un peu de ne pas avoir pu prendre en photo l'énorme autel tout en or.

Nous continuons ensuite à déambuler dans ces rues remplies de vieux bâtiments, entrant ici et là dans une église, avant de repartir à la fabrique récupérer mon panama. A l'heure pile, il est prêt et il est parfait ! Nous pouvons donc tout les deux déambuler sous le soleil sans crainte d'attraper une insolation et en ressemblant (presque) à des Equatoriens digne de ce nom.

Pour les étrenner, nous descendons non loin de la par une rampe d'escalier jusqu'au Rio Tomebamba - rivière séparant le centre ancien de la nouvelle ville - et sa promenade aménagée. Du côté duquel nous sommes, de vieux bâtiments reconvertis en restaurant avec petite terrasse font face à l'énorme université se trouvant de l'autre côté. Beaucoup d'étudiants sont là pour profiter de l'ombre offerte par les nombreux arbres plantés là. Sur les murs, quelques œuvres de street art sont là pour rappeler l'importance du panama dans la région. Ca ne dure pas très longtemps mais la promenade est vraiment agréable et arriver au Puente (pont en espagnol) Roto, nous reprenons une rampe d'escalier jusqu'à revenir dans la rue.

Avec tout cela, il est déjà l'heure de manger et nous décidons de retourner à notre AJ pour redemander ou se trouvait la rue ou on peut manger de bons almuerzos (conseillé la veille par l'employée de l'AJ qui nous avait accueilli). C'est tout près, dans la rue Honorato Vasquez (entre Hermano et Mariano) que nous trouvons un super bon restaurant colombien proposant un menu très bon marché et d'excellente qualité et de super bonnes tortillas. Un véritable régal pour 6 dollars pour nous deux !

L'après-midi sera consacrée à l'écriture de l'article sur l'Amazonie qui me prendra beaucoup de temps et pour se reposer. Au soir, nous retournons dans ce restaurant colombien pour y manger cette fois un morceau de viande avec des frites, tout aussi bon qu'à midi ! Une chanteuse viendra bien faire un peu de bruit à la fin de notre repas mais rien d'exceptionnel et vers 19h30, nous rentrons à notre AJ afin de profiter de l'happy hour et des cocktails à 2.5$. Mouais, on se contentera d'un mojito chacun, la qualité n'étant franchement pas au rendez-vous. Au soir, ça sera série sur le pc afin de bien récupérer de nos dernières journées bien éprouvantes !

Après une nuit difficile (je me suis fait mal au dos sans trop savoir comment), il est 7h du matin quand nous sommes dans la rue à la recherche d'un endroit conseillé par notre guide du routard pour y déjeuner. Nous nous rendons dans la rue mais pas impossible de trouver l'établissement. Un homme tentera bien de nous aider en nous envoyant trois rues plus loin mais je suis sur de ne pas m'être trompé. Effectivement, il n'y aura rien à l'endroit indiqué ni nul part ailleurs à cette heure-ci ... On rentre donc à l'établissement et je décide de revérifier sur internet l'adresse exacte pour constater que le Banana's Café est ... définitivement fermé ! C'est ça le problème quand on utilise pas la dernière version de son guide papier et nous sommes donc obligé de nous rabattre sur le petit-déjeuner de l'AJ. Contre quelques dollars, nous pouvons l'agrémenter d'œufs sur le plat (très bon) et de fromage (pas bon) afin d'avoir quelques choses dans l'estomac. Après cela, nous retournons dans notre chambre afin de finir nos sacs et de partir chercher un taxi qui doit nous emmener au terminal des bus.

Dans la rue, le premier taxi essaye de me soutirer 3$ (contre deux, deux jours avant) et je tente de négocier. Il veut bien diminuer de cinquante cents mais je l'envoie promener et voyant que je ne changerais pas d'avis, il accepte les deux dollars. Quelques minutes plus tard, nous sommes face au guichet d'une compagnie proposant le trajet à huit dollars (!) par personne pour Guayaquil. Comme c''est le même prix partout, nous achetons nos tickets, puis nous payons les dix cents supplémentaires pour accéder aux quais (heureusement que nous avions la monnaie exacte car la machine refuse les autres pièces !) et à peine cinq minutes plus tard, nous démarrons pour un trajet annoncé en quatre heures. Il nous faudra finalement trois heures trente pour franchir le col qui va nous permettre de sortir provisoirement de la Cordillère des Andes dans laquelle nous nous trouvons depuis presque trois semaines et nous enfoncer dans les plaines côtières en direction de la plus grosse ville du pays.

La réputation de cette ville est malheureusement très mauvaise et nous ne souhaitons pas avoir de problème. Nous cherchons donc la borne ou nous pouvons demander un taxi sécurisé (de nombreux cas d'agressions DANS les taxis avec la complicité du chauffeur sont recensés) et nous embarquons avec le fils spirituel de Michel Vaillant en direction de la chambre d'hôte ou j'avais réservé. Par sécurité, nous fermons de l'intérieur les portes du taxi et sommes sur nos gardes: on n'est jamais trop prudent ! Une vingtaine de minutes plus tard, le chauffeur nous largue au coin d'une rue et nous montre un bâtiment à moitié en ruine, nous disant que c'est là. Mouais, effectivement c'est la bonne adresse mais je suis quand même surpris de l'aspect extérieur. Je frappe à la grille et arrive une dame et son fils qui me propose de nous emmener jusqu'aux appartements ou nous devons loger, à une rue de là. Très bizarre tout cela, nous le suivons en restant sur nos gardes. Il nous fait alors entrer dans un immeuble guère mieux que le premier et nous fait monter jusqu'au deuxième étage ou nous attend une jeune femme et son copain. Ils sont désolés mais les appartements sont hors service suite à un problème d'inondation (mouais, je vais faire semblant de te croire !). A la place, ils nous proposent pour moins cher de dormir dans une chambre d'ami mais vu la gueule de la pièce, on préfère refuser. Heureusement, le couple est charmant et propose de nous prêter leur ordinateur afin de réserver ailleurs. Je réserve donc une chambre dans l'hôtel ou nous devons dormir dans une semaine à notre retour des Galápagos et ils proposent aussi de nous appeler un taxi. Malgré l'ambiance un peu glauque des lieux, le couple est vraiment sympa et quand même pas mal embêter de ce qui se passe. Nous leur disons au revoir et quelques minutes plus tard, nous arrivons devant notre hôtel ou le réceptionniste est un peu surpris de nous voir arriver: normal, la réservation date d'il y a moins de dix minutes et il ne l'avait même pas encore vue ! L'après-midi servira à faire quelques conversations Skype et a écrire cet article.

Demain, direction l'aéroport pour y prendre un vol direction: les Galápagos !


Ce récit et bien d'autres agrémentés de leurs photos sur http://aetaenvoyage.wordpress.com

Jour 20 à Jour 26: Galápagos, du mythe à la réalité ...

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Scoob
Il y a 2 années
Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob
Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob
La journée commence très mal ce samedi: à peine sommes-nous sortis de l'hôtel pour monter dans le taxi réservé par le réceptionniste que mon épouse tombe exactement pour la même raison que moi plutôt dans notre séjour: une petite rampe pour descendre facilement sur la route et un gros sac sur le dos ... "Heureusement", elle ne s'est fait mal "qu'au" coccyx et peut donc continuer à se déplacer (même si ça a l'air horriblement douloureux !) !

Un gros quart d'heure plus tard, nous débarquons de notre gros 4x4 assez luxueux (5$ le trajet, comme un taxi normal ...) devant les portes de l'aéroport de Guayaquil. Alors que j'avais déjà vu avec surprise sur le net que tout les vols étaient à l'heure jusque-là, je constate sur les écrans que c'est toujours le cas. Je ne peux décemment pas y croire, il y a toujours quelque chose de bizarre avec les avions en Amérique du Sud ... En attendant, nous nous présentons au guichet de la TAME (compagnie aérienne équatorienne) afin de nous faire enregistrer. Impossible de le faire en ligne, systématiquement, on me demandait de contacter le service client ... en espagnol. Le seul risque à ne pas l'avoir fait serait qu'il ne reste plus de place contigüe et dans le pire du pire des cas: un surbooking ! Rien de tout cela pour nous, nos tickets sont imprimés mais nous ne pourrons les avoir que quand nous aurons été présentés nos sacs au service Quarantaine !

Les règles concernant l'entrée aux Galápagos sont "strictes": comme c'est un écosystème protégé et très fragile, il est strictement interdit d'y emmener des produits organiques. Cela va des produits frais aux chaussures de marches trop sale. Afin d'éviter cela, le gouvernement oblige de passer ses bagages à un simple rayon X supplémentaire pour la modique somme de ... 20$ par personne ! En échange, on nous remet une carte contenant toutes nos infos personnelles que nous devrons présenter une fois arrivé sur place et on nous met un autocollant autour de nos sacs afin de signaler qu'ils ont bien été contrôlés ... Le business commence !

Munis de ce papier, nous pouvons enfin récupérer nos tickets d'embarquement et faire enregistrer nos sacs à dos. Ensuite, nous nous présentons au contrôle sécurité (re-passage aux rayons X mais sans payer cette fois) pour finalement arriver dans le hall d'attente. Notre vol décolle dans une grosse demi-heure mais pour l'instant, aucune porte n'est annoncée. En attendant, nous prenons un petit-déjeuner qui contrairement à d'habitude sera bon mais qui comme d'habitude sera très cher: 2.5$ pour une bouteille d'eau de 50cl !Ensuite, je m'approche des pistes pour constater à ma grande surprise que le seul avion de la TAME visible sur la piste est à hélice ! Cool, nous n'avons jamais eu l'occasion de faire un vol avec ce type d'avion ! Malheureusement, ça ne sera pas encore pour cette fois, cet avion servant à un autre vol que je n'avais pas repéré ... Quinze minutes avant l'heure théorique d'embarquement, un premier message nous annonce que notre avion n'atterrira qu'à l'heure ou nous étions censé décoller. Ca m'aurait étonné ! Nous patientons donc calmement jusqu'à l'heure dite pour effectivement voir arriver l'avion. Le temps de débarquer les passagers ainsi que leurs affaires (plus d'une demi-heure !), un nouveau message nous annonce que l'avion a un problème technique et que nous ne savons pas quand ni si nous allons décoller ... De mieux en mieux ! Finalement, après encore une demi-heure, on nous annonce que nous pouvons embarquer ... Enfin, nous allons découvrir ces îles aux noms qui font rêver !

Pendant une heure trente, nous volons sans souci et alors que nous ne sommes plus qu'à une vingtaine de minutes de notre destination, le commandant de bord nous annonce que suite à un problème électrique, nous devons faire demi-tour pour retourner sur ... Quito à plus de deux heures de vol ! C'est une blague ou bien quoi ? Mais effectivement, l'avion amorce un grand virage sur sa droite et nous voilà dérouter vers la capitale équatorienne ... Heureusement que le vol n'est pas fort rempli et que nous avons pu nous installer aux sorties de secours, nous sommes donc plutôt bien assis. C'est à ce moment-là que nous rencontrons Maxime, un jeune français qui voyage seul en Amérique du Sud, qui engage la conversation avec nous. D'après ce que les hôtesses de l'air ont expliqué à certains passagers, nous ne savons pas encore si oui ou non nous aurons un avion aujourd'hui pour notre destination finale ... Super, je sens qu'on va perdre une journée !!! En attendant, la discussion continue et se révèle très agréable.

Arrivé à Quito, nous avons la "bonne" surprise de constater qu'un avion a déjà été affrété et qu'il n'y a qu'à transférer les bagages et les passagers pour repartir. C'est déjà cela, on arrivera malgré tout aujourd'hui, il n'y aura que quelques aménagements à prévoir dans notre planning. Par contre, le ton monte légèrement entre certains passagers et l'hôtesse responsable quand à un éventuel dédommagement pour le temps perdu. Nous aurons droit au final à ... un jus de pomme (même pas bon ...) ! Finalement, vers 13h, notre avion peut enfin décoller !

Deux bonnes heures plus tard, nous atterrissons enfin sur la petite île de Baltra au nord de l'île de Santa cruz, la plus touristique des Galápagos. La première chose à faire est de passer la "douane" et surtout de s'acquitter de la taxe d'entrée: 100$ par personne, juste pour avoir le droit d'y mettre un pied ! Bon, c'est pas ça, on était au courant mais ça fait quand même un peu mal ... Nous avons ensuite droit, après avoir récupéré nos bagages, à un nouveau contrôle sanitaire ainsi qu'à un questionnaire à remplir avant d'enfin sortir de l'aéroport ! De la, une navette gratuite nous attend pour nous amener jusqu'au canal séparant les deux îles, à dix minutes de là. Il faut ensuite s'acquitter d'un dollar par personne pour monter sur le bateau et effectuer les cinq minutes de traversée qui nous emmène sur l'île principale puis prendre un autre bus (payant cette fois, 2$ par personne) qui en 45 minutes nous fait enfin arriver à Puerto Ayora, seule localité de l'île.

A première vue, je dois avouer que je suis un peu septique ... Le port ou le bus nous a déposé est très beau, assez moderne mais pour la partie de la ville que nous avons traversée pour arriver jusqu'ici, c'était loin d'être le cas: des maisons à moitié en ruine, des chemins pas toujours très propre, ... bref loin de l'image de carte postale que l'on peut se faire de l'île et encore moins en mettant un prix pareil ! Maxime (avec qui nous nous sommes mis d'accord pour faire à peu près notre semaine aux Galápagos ensemble) et moi abandonnons mon épouse sur un banc face à l'océan pour partir vers l'office du tourisme. Objectif: se renseigner sur le prix des traversées inter-îles en bateau car nous avons le projet de partir de Puerto Ayora dès demain matin. Problème, il est 16h passé et le bureau ferme à ... 12h ! Un papier nous indique que nous devons nous rendre au bureau municipal, en face, mais celui-ci est tout autant fermé ... Bon, tant pis, on laisse tomber et on retourne rejoindre mon épouse. En chemin, nous nous arrêtons afin que Maxime puisse demander le prix d'une chambre dans un hostal en face du port puis nous nous arrêtons dans une agence de voyage afin d'obtenir le renseignement concernant les traversées. Nous tombons sur une jeune femme un peu paumée qui peut juste nous dire de manière précise que la traversée, c'est 30$ par personne et par trajet !!! Ca commence à chiffrer tout cela et on a pas encore payer le logement, la nourriture et les éventuelles activités ... Quoi qu'il en soit, nous retournons rejoindre mon épouse et nous repartons tout les trois.

Maxime se prend sa chambre (la notre était réservée à l'avance sur internet) puis nous nous rendons à nouveau à l'agence de voyage. Nous avons cette fois affaire à un homme qui nous explique que le prix est non-négociable (c'est un prix officiel), qu'il y a deux départs par jour (7h et 14h) et qu'au matin, la traversée est plus calme dans ce sens là. Gros avantage en passant par une agence, nous ne sommes pas obligés de dire quand on souhaite revenir, il suffit de lui envoyer un mail un ou deux jours avant pour qu'il nous inscrive. Nous devons malgré tout déjà payer (disons que c'est normal) les deux trajets mais c'est une bonne chose de faite ! Pour la forme, il essaye bien de nous convaincre que nous allons nous ennuyer pendant quatre jours sur l'Isla Isabela et que nous devrions reprendre un autre trajet vers la troisième île habitée (encore 30$ par personne et par trajet) mais je suis sur de mon coup. En plus, on revient quand on veut et si vraiment ça devait être le cas, nous aviserons.

A ce moment-là, nous laissons Maxime car nous devons à notre tour aller prendre possession de notre chambre. Seul petit souci, notre guesthouse est légèrement en dehors du centre, à une quinzaine de minutes à pied et avec nos gros sacs et la chaleur, nous sommes moyennement motivés. Heureusement, un service de pickup taxi fonctionne assez bien et pour un dollar, celui-ci nous y emmène en quelques minutes. La propriétaire n'est pas la mais nous a laissé un mot et la clé, nous n'avons donc besoin que de quelques minutes pour tout déposer et repartir illico sur le port rejoindre Maxime. C'est qu'il commence à être l'heure du repas et avec tout ça, nous n'avons rien pu mangé à midi, nous sommes donc affamé !

Quinze minutes plus tard, nous revoilà sur cette digue ou nous retrouvons Maxime en train de discuter avec la propriétaire de son hostal et un vieux monsieur souriant. Il est en train de se renseigner sur les activités pas trop chère à faire sur l'Isla Isabela ou nous nous rendons le lendemain. Plaucio (c'est le nom du vieux monsieur) habite sur cette ile et nous conseille toutes sortes de choses à faire et propose que l'on vienne dormir chez lui, près de l'embarcadère (10$ par nuit, vraiment vraiment pas cher pour les Galapagos). Maxime est intéressé mais nous avons déjà une réservation que nous ne pouvons plus annuler, ça sera donc sans nous ...

Nous partons ensuite tout les trois manger un morceau dans une rue à deux blocs du port ou toutes des échoppes sont alignées et ou on a bloqué la route en y installant des tables et des chaises. C'est ici que nous trouverons un bon menu à cinq dollars (contrairement au port ou pour un plat de pâte, ils en demandent vingt !!!) et après une rapide balade au port ou nous croiserons des phoques endormis sur la jetée - qui ne lèveront même pas la tête tant ils sont protégés des frasques des êtres humains - nous reprenons un nouveau taxi pour aller nous coucher. Soyons clair, à ce moment-là, le Paradis coute très cher et n'est pas encore tout à fait en vue !

Après une nuit d'assez bonne facture, nous nous apprêtons sans trainer car nous avons un bateau à prendre. Il est donc 6h30 quand nous nous mettons en route vers le port, nos sacs sur le dos et sur le ventre. On tente bien d'attraper un taxi "one dollar" pour gagner un peu de temps mais le seul que nous croiserons à cette heure trop matinale (pour des Galapagosiens (ça se dit ça ?)) est déjà occupé et ne va apparemment pas dans cette direction. Nous arrivons devant l'agence, un quart d'heure à l'avance, et un couple de japonais attend déjà avec leur enfant d'à peine trois ans. Ensuite, un autre couple puis encore un autre et finalement nous sommes une grosse quinzaine à attendre que quelqu'un s'occupe de nous. Arrive finalement un homme, pas vraiment agréable, qui nous demande de le suivre jusqu'au port et nous demandant de ne pas traîner. Arrivé sur place, on nous met sur le côté pendant que nous observons une grande file de touriste en train d'embarquer sur des petits bateaux-taxis les amenant jusqu'à de plus gros bateau. Le temps passe et rien ne se passe jusqu'à l'arrivée d'un autre groupe, mis à l'écart eux aussi. Un homme passe et leur distribue une étiquette rose à coller sur son t-shirt. Maxime et moi en recevons une aussi car nous nous étions mis non loin pour observer des pélicans plonger dans l'eau afin de pêcher. Nous comprenons leur erreur, ce groupe fait une excursion d'une journée vers l'île d'Isabela tandis que nous utilisons le bateau comme un taxi. Nous nous faisons à moitié engueulés et on nous demande d'aller nous remettre dans notre groupe ... on s'exécute !

Il est finalement passé 7h30 quand on nous demande enfin de nous mettre en route vers le quai. Après un nouvel examen de nos sacs (toujours cette quarantaine entre chaque île), nous pouvons embarquer à notre tour sur de petits zodiaques pour effectuer une traversée d'une grosse minute jusqu'à un gros bateau de pêche. A quelques mètres de l'arrivée, notre chauffeur arrête le bateau et réclame les 50 cents par personne qu'il estime mériter. Le business ne s'arrête jamais ici !

S'ensuit alors une traversée de plus de deux heures trente - annoncée comme mouvementée - entre l'île de Santa Cruz et celle d'Isabela ou nous allons passé les quatre prochains jours de notre voyage. Sur le bateau, nombreux sont ceux qui ne se sentent pas très bien (alors que la traversée du matin est apparemment plus facile que celle de l'après-midi), mais personnellement n'étant pas sujet au mal de mer je trouve même cela assez calme. Au bout d'un moment, je trouve le temps horriblement long et j'arrive à somnoler un petit peu jusqu'à être réveillé après m'être cogné la tête contre un montant du bateau. Je n'ai donc plus d'autre choix que de regarder la majorité des gens se décomposer au fur et à mesure que le temps passe. Finalement, il est passé 10h30 quand enfin le village de Puerto Villamil est en vue.

Retour jour par jour de notre périple en Equateur - Scoob
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L'archipel des Galápagos compte une quarantaine d'îles et d'îlots et seulement trois sont réellement habitées. Parmi celle-ci, Isabela ou nous venons d'arriver, est la plus grande mais aussi la moins peuplée et donc la plus sauvage. Habitée par seulement un peu plus de deux milles personnes vivant pour la quasi-totalité dans le village de Puerto Villamil, nous espérons trouver ici plus de calme que sur l'île de Santa Cruz (qui concentre elle la quasi-totalité des habitants des Galápagos) ! Alors que nous arrivons en vue du débarcadère, notre bateau s'amarre et attend l'arrivée d'un bateau-taxi. Dès que celui-ci est prêt, nous embarquons à son bord, laissant quelques passagers ainsi que les sacs qui devront embarquer sur un deuxième taxi. Le même cinéma qu'au début se reproduit: alors que nous ne sommes plus qu'à une vingtaine de mètres du bord, le chauffeur nous réclame cette fois-ci un dollar par personne pour exactement une minute trente de traversée. Tollé à peu près général, tout le monde commence à en avoir marre d'être pris pour des portefeuilles mais que pouvons-nous faire ? Sauter à l'eau ? Nous nous acquittons donc de notre transport et nous débarquons enfin sur le ponton. Mais ce n'est pas fini car après avoir grimpé la petite rampe devant nous amener sur la terre ferme, un nouveau bureau nous réclame cinq dollars de taxe en tant qu'étranger (seulement deux pour les équatoriens) ! Ca commence à faire beaucoup mais nous ne pouvons plus faire demi-tour, on sort donc à nouveau les billets ! Il y a vraiment intérêt à ce que ce soit le paradis annoncé car pour l'instant, c'est surtout la ruine qui est annoncée ...

Premier lot de consolation après avoir récupéré nos sacs, les lieux sont déjà très beau ici. Une petite plage de sable blanc longe le débarcadère et à sa lisière, quelques arbres apportent une fraîcheur bienvenue. Ce n'est pas qu'il fait beau (le ciel est complètement couvert) mais il fait très chaud et nous souhaitions nous poser quelques minutes sur le banc aperçu juste à côté. Sauf que ce ne sera pas possible, la faute à un gros phoque étendu de tout son long dessus. Bon, allez, parce que c'est lui on laisse tomber et on se contente de prendre une photo ! Mais comme, il n'est pas seul, on passe déjà beaucoup de temps à les observer et nous en loupons la navette qui devait nous amener au centre-ville. On est quitte pour faire le trajet à pied tous les trois ! Chance pour Maxime, l'habitation de Plaucio (le vieux monsieur rencontré la veille) se trouve à peine à 300 mètres de là et il en profite pour aller prendre possession de sa chambre avant de nous rejoindre. Galamment, il en profite pour s'emparer du gros sac à dos de mon épouse et nous voilà parti pour le "centre-ville" distant de moins d'un kilomètre.
A peine sommes-nous arrivés au niveau des premières maisons que nous demandons notre chemin. C'est facile, notre hébergement est à une rue de là et à une autre rue de la place du village. Nous trouvons donc sans problème et prenons possession de notre grande chambre. Nous y déposons nos sacs et repartons aussitôt afin de découvrir les lieux et d'essayer d'établir un semblant de programme pour le reste de la journée. Chose étonnante, il n'y a ici que des rues en terre, aucun macadam ne les recouvrant ce qui ne nous empêche pas d'arriver sur la place, comme souvent très arborée. Au centre de celle-ci, un bassin contenant des îlots en plastique montre la géographie de l'archipel des Galápagos. L'idée est belle mais ça aurait plus de gueule si le bassin était rempli d'eau, malheureusement -même si c'est dans une moindre mesure - ici aussi rien n'est vraiment fini. Seuls les restaurants autour de la place ont l'air propre, le reste ayant toujours cette impression de semi-ruine. Nous en profitons pour aller jeter un œil au menu proposé et là, nous tombons des nues: sept dollars pour un almuerzo (qui en vaut deux sur le continent) ! Ca devient de plus en plus dur de profiter de la chance que l'on a d'être ici, il va falloir vite changer notre état d'esprit ! Heureusement, Maxime obtient une info de la part de deux petits vieux assis sur un banc: au marché, non loin de là, il y a des menus à quatre dollars ... C'est déjà mieux, on se dirige donc droit vers là-bas pour y manger un plat à base de riz, de légume et de ... poulpe uniquement cuit grâce à l'ajout de citron vert et d'oignon, le tout accompagné d'un grand verre de jus de fruit de la passion. L'ensemble n'est pas mauvais même si je trouve cela au final un petit peu écœurant.

Après tout cela, nous décidons de repartir vers l'embarcadère car il y a là-bas tout près un endroit ou nous allons pouvoir nous initier au snorkeling: Concha y Perla. C'est le nom d'une petite crique protégée par une digue naturelle faite en pierre de lave, ce qui permet d'y trouver une eau calme et transparente. Il y aurait parait-il moyen de croiser des lions de mers, des tortues et des pingouins. Pour s'y rendre, il faut d'abord aller louer un masque et un tuba (3$) à la petite boutique près du débarcadère puis prendre un petit chemin qui démarre non loin, protégé par une colonie de gros iguanes marin tout noir en train de bruler en plein soleil. Le chemin est en fait une passerelle en bois de quelques centaines de mètres ou se prélassent quelques lions de mer qu'il faut parfois même enjamber tant ceux-ci ne prétendront pas se réveiller de leur sieste. Arrivé au bout du chemin, nous pouvons constater avec joie qu'il n'y a pas grand monde, on va donc pouvoir en profiter. Malheureusement, ça ne sera pas tous ensemble car nous devons toujours avoir quelqu'un qui va surveiller les affaires. Mon épouse se propose gentiment et nous voilà donc parti Maxime et moi pour explorer les fonds marins de cette très belle petite baie. Durant une petite demi-heure, je m'évertuerai à trouver autre chose que des petits poissons cachés dans les récifs mais je ferai chou blanc et je me décide donc à retourner sur le petit ponton pour laisser une chance à mon épouse. Epouse qui durant ce temps là en aura profiter pour discuter avec une jeune irlandaise qui était avec nous sur le bateau nous amenant ici. Le contact a l'air de bien passé et pendant qu'elle part à son tour à la chasse aux petits poissons, je reprend la discussion là ou elle s'était plus ou moins arrêtée en compagnie d'un américain d'une cinquantaine d'années. Un peu après, une autre jeune femme -française celle-ci - arrive en même temps que ma compagne. Elle voyage en compagnie de notre interlocutrice irlandaise (elles se sont rencontrées un peu plus tôt dans leur voyage et ont décidé de faire un petit bout de route ensemble) et comme tout le monde a l'air de bien s'entendre, nous proposons de nous retrouver autour d'un verre, en début de soirée. Proposition acceptée à l'unanimité, rendez-vous est donc pris dans un bar le long de la plage.

En attendant, nous nous séparons tous pour aller se doucher et un peu plus tard, nous retrouvons Maxime pour aller manger un hamburger sur la place principale. Le repas est assez bon même si la patronne n'a pas compris la moitié de notre commande et à l'heure dite (plus ou moins, je me rends compte à quel point je suis moi-même à cheval sur les horaires, à la différence de tout nos compagnons de voyage ...), nous retrouvons nos deux nouvelles rencontres. Nous arrivons à négocier avec la patronne de pouvoir étendre l'happy hour pour pouvoir prendre un cocktail (à 10$ en temps normal !) puis un deuxième mais là, le patron intervient et nous dit qu'il a accepté une fois mais pas deux ... Bon, ils ont déjà été cool, on ne va pas faire d'esclandre mais nous ne restons pas malgré tout. A la place, nous irons acheter des bières dans un des rares commerces ouvert à cette heure-ci (20h tout de même, les restaurants fermant pour la plupart à 21h ...) et nous retournerons sur la plage pour faire plus ample connaissance avant de nous séparer pour aller se coucher.

Le lendemain, nous décidons avec Maxime de partir sur un petit sentier afin d'y voir des tortues Galápagos (les géantes !). Pour ce faire, nous prenons le chemin qui longe la plage de Puerto Villamil jusqu'au "carrefour des iguanes". Sur la droite démarre un sentier qui se transforme assez vite en passerelle au dessus d'une eau fort brune. Il y a en effet au début du chemin une quantité assez impressionnante d'iguanes marins de toutes les tailles mais à notre approche, ces derniers fuient dans tous les sens en nous dégageant un peu le passage. Dans l'eau, nous pouvons en voir un nager avec une agilité déconcertante et à bonne vitesse entourés par toutes sortes d'oiseaux aux becs étrangement longs. Nous continuons ensuite notre chemin jusqu'à arriver à un étang appelé Las Salinas ou nous pouvons observer à une trentaine de mètres d'élégants flamands roses en train de chercher à manger, plongeant leurs longs cous sous l'eau pendant de longues secondes. Le décor est beau et se transforme au fur et à mesure que nous avançons en une espèce de petit bois aux arbres tordus. Pas grand chose à voir par ici et nous finissons par arriver ... à une espèce de petit zoo à tortues. Mouais, on ne s'attendait pas vraiment à cela, on pensait les voir en liberté en venant ici. En attendant, l'entrée est gratuite et cela nous permet d'avoir une première approche avec ces énormes animaux pouvant vivre jusqu'à deux cents ans et protégés ici des touristes imbéciles qui les utilisent comme monture pour faire des photos ... Le petit site est bien conçu avec de grands enclos mais le tout est bétonné et pour le côté naturel, on repassera ... On peut y observer des tortues de tous les âges et de toutes les tailles ainsi qu'une variété à la carapace toute aplatie. Ca souffle, ça craque, ça se grimpe dessus à la vitesse ... d'une tortue et c'est une vraie surprise de constater que ces animaux si placides peuvent faire autant de bruit. Malheureusement, le tour est assez vite fait et nous n'avons plus vraiment de raisons de rester ici, nous faisons donc demi-tour.

Après un repas à l'inévitable marché (le moins cher de l'île, je le répète !), nous allons nous balader le long de la plage ou nous pourrons voir à nouveau de grandes colonies d'iguanes marins ainsi que de superbes crabes à la couleur rouge orangée. Tous fuient (jamais très loin) dès que nous approchons mais ils sont tellement nombreux que ce n'est pas du tout un exploit que de les trouver. Certains acceptent même - uniquement les plus gros - de taper la pose si on s'y prend bien et que l'on arrive doucement à côté d'eux.

Après avoir été faire une sieste et réserver notre excursion du lendemain, nous repartons sur la plage ou nous aurons la bonne surprise de retomber sur nos nouvelles copines accompagnées de deux anglais. J'avais déjà brièvement fait la connaissance de l'un des deux la veille au soir, pendant que je regardais un match de foot féminin sur le petit terrain du village, et le contact passe avec eux aussi tout de suite. Mon épouse et Maxime vont se baigner un petit peu (j'ai bien tenté mais l'eau n'est pas chaude ... oui je sais ce que vous pensez !) pendant que moi je fais connaissance avec ces deux nouveaux voyageurs autour d'un verre de vin (conditionné comme une brique de jus à ... 10$ le litre !). Ensuite, nous retournerons nous doucher avant d'aller manger un bout sur la place en compagnie de Maxime, de Claire (la française) et de Paula (l'irlandaise). Au soir, nous nous retrouverons tous (avec les anglais donc) près du terrain de foot pour écouter de la musique avec une bonne bouteille de rhum. Deux équatoriens viendront se joindre à nous pour discuter avec un Maxime un peu embêté d'être le seul à ne pas parler anglais (mais qui maitrise très bien l'espagnol !) jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller se coucher.

Matinée plutôt cool aujourd'hui car nous n'avons rendez-vous à l'agence qu'à 11h30 pour partir en excursion. Comme c'est une journée un peu spéciale pour nous (nos trois ans de mariage !), mon épouse décide de me faire une petite surprise en me ramenant un énorme morceau de gâteau de la pâtisserie voisine que nous partagerons ensemble. Délicieux !!! Nous profitons de ce temps libre pour passer toute une série d'appels sur skype puis un peu avant 11h, Maxime vient frapper à notre porte pour venir nous chercher.

Au grand bonheur de la femme s'occupant du ménage (qui n'attendait que cela), nous libérons les lieux et nous nous rendons jusqu'à l'agence de voyage située à l'entrée du village lorsque l'on vient du débarcadère. La veille, le contact nous avait semblé assez pro et nous savons qu'en plus Claire, Paula et Mitchell (un des deux anglais) seront de la partie. Sur un groupe de dix, je sens qu'on va bien rigoler ! Avec un petit peu d'avance, nous nous présentons au rendez-vous ou nous remplissons la feuille de présence en attendant les autres. Ils arriveront tous à l'heure pile dans la navette que l'agence met à disposition pour ceux qui logent plus loin dans le village. Avec nos trois compères se trouvent aussi deux autrichiens et une finlandaise (qui voyage ensemble) et une suisse. Ca va nous faire un groupe bien hétéroclite tout ça ! Lorsque tout le monde a essayé son matériel, nous embarquons à nouveau dans la navette pour quelques minutes, le temps d'arriver au débarcadère. Etonnamment, dans le cas d'une excursion, le bateau peut venir s'amarrer directement au ponton et nous n'avons dès lors pas besoin de prendre le bateau-taxi. Nous embarquons alors directement en direction des sites de snorkeling du nom de Los Tuneles.

Dès que le bateau sort du port, nous faisons la connaissance de notre guide - Eduardo - qui dans un anglais impeccable teinté d'un fort accent sud-américain, nous explique le programme de la journée et ce que nous allons normalement voir comme animaux. A l'entendre, nous devrions croiser à peu près tout ce qui existe comme animaux dans l'océan: requins, tortues, hippocampes, poissons, raies et j'en passe. Le premier contact est très bon avec lui et il en profite pour nous présenter le capitaine du bateau (qui est l'époux de la patronne de l'agence de voyage) et qui ressemble étrangement à John Travolta. Il sera secondé par un homme qui dira en tout et pour tout trois mots sur l'ensemble de la journée.

Après quarante-cinq minutes d'une traversée plutôt tranquille et un arrêt très bref face à un îlot de 20m² occupé par quelques lions de mer, nous arrivons à destination. Le premier site ou nous allons faire du snorkeling se trouve non loin de la côte et après avoir enfilé nos combinaisons et écouter les dernières instructions d'Eduardo, nous nous jetons tous à l'eau les uns après les autres. C'est parti pour l'heure la plus magique que nous vivrons ici aux Galápagos ! Durant ce temps là, nous aurons l'incroyable chance de côtoyer au plus près d'immenses tortues marines qui, à moins d'un mètre de nous, continueront leurs repas comme si nous n'existions pas. Ou bien alors de suivre le balais gracieux de deux raies nageant les unes à côté des autres ou encore de plonger sous un énorme rocher afin d'y voir une petite dizaine de requins à pointe blanche -entre 1m50 et 2m tout de même- en train de somnoler à moins de deux mètres de nous (moment très intense aussi celui-là !). Nous ferons aussi la connaissance d'un hippocampe d'une grosse vingtaine de centimètres qui est resté collé sur son rocher ou de voir une pieuvre caché dans un trou. Une des dernières rencontres se fera elle aussi en dessous d'un gros rocher ou nous tomberons nez à nez avec une immense raie camouflée dans le sable qui nous regardera de son œil bleu profond. Lorsqu'il sera temps de remonter sur le bateau, une énorme frustration s'empare de tout le groupe: tous auraient continuer ainsi pendant des heures si ça avait été possible notamment grâce à la présence d'innombrables tortues marines partout autour de nous et dont on ne se lasse pas de les contempler. Il est vraiment très difficile de faire ressentir l'émotion que l'on a lorsque l'on découvre pour la première fois un nouveau monde mais c'est réellement l'impression que nous avons eu durant ce trop court moment.

Néanmoins, notre guide a un programme auquel il doit se tenir et lorsque tout le monde a réembarqué, nous nous remettons en route pour une dizaine de minutes seulement. Nous sommes cette fois légèrement plus loin de la côte et la profondeur a légèrement augmenté: de deux mètres, il doit y avoir maintenant cinq ou six mètres. Pour cette deuxième plongée, il est moins question de voir ici des animaux (quoique nous verrons quand même quelques tortues ainsi qu'un hippocampe) mais plutôt d'aller observer la raison pour laquelle on appelle ce site Los Tuneles. En effet, des arches de pierre sous-marine constellent les lieux donnant l'impression de tunnel minéral. C'est joli mais nettement moins transcendant que ce que nous avons pu observer durant la première plongée et au bout d'une demi-heure, nous remontons à bord et nous pouvons maintenant enlever nos combinaisons. C'est fini pour le snorkeling ... à notre grande tristesse !

Le bateau repart ensuite en direction d'autres arches afin d'aller marcher dessus et peut-être observer l'un des symboles de l'île: le fou à patte bleue. Avant cela, un excellent repas nous sera servi sur le bateau accompagné d'un thé bien chaud (c'est que durant la deuxième plongée, l'eau s'était bien refroidie) et comme dessert, une énorme part de cake tout aussi bon que le reste. Repas pris au soleil (qui fait enfin son apparition) à l'avant du bateau pour ma part afin de finir de me réchauffer. Lorsque tout le monde a fini de manger, nous débarquons donc sur ces petits îlots "connectés" les uns aux autres. Durant une vingtaine de minutes, nous nous baladerons dessus afin d'y voir ces fameux fous - de gros oiseaux, style petit pélican - aux pattes d'un bleu très prononcé. Le premier que nous croiserons sera occupé à couver son petit de trois semaines et qui ne possède pas encore les caractéristiques de ces ainés. Nous en verrons quelques autres, perché sur des rochers tout proche, accompagné de quelques pingouins (ou serait-ce des manchots, difficile à dire !) à l'allure toujours aussi débonnaire. Le moment fort de cette balade sera surtout la photo de groupe que je propose assis sur une de ces fameuses arches et que Bernardo prendra de nous. Ca fera un super souvenir de cette journée qui pour l'instant est parfaite !
Après cela, il est déjà malheureusement temps de retourner au village, c'est fou comme le temps est passé vite: il est déjà 16h (nous avons mangé très tard ...) ! La traversée du retour se fera dans une ambiance festive avec musique à fond et une petite bouteille d'agua ardiente (l'alcool découvert en Amazonie) offerte par le personnel et que nous nous ferons passé chacun à notre tour. Nous sommes déchainés et vu la bonne ambiance qui règne, le capitaine propose même à ceux qui veulent de venir tenir un peu la barre pour le plus grand bonheur des quelques-uns qui iront. C'est vers 17h que nous remettrons pied à terre et je peux maintenant dire que cette excursion aura détrônée toutes les autres, tout voyage confondu et ce malgré le prix assez élevé demandé (80$ par personne à la base, possibilité de négocier quelques dollars en insistant beaucoup). Dans la navette qui nous ramène à l'agence de voyage, je propose à tout le groupe de se donner rendez-vous à 18h au bar de la plage que nous affectionnons afin de profiter de leur happy hour.

Suggestion acceptée par tous et une grosse heure après, nous nous retrouvons tous (excepté la suisse qui ne viendra jamais) autour d'un excellent cocktail à revivre cette journée unique. A un moment, la lumière s'éteint et arrive la patronne (qui s'occupe de nous à chaque fois depuis le premier jour) avec un petit gâteau surmonté d'une grosse bougie en forme de cœur tandis que des tubes à confettis explosent autour de nous ! Maxime avait été discrètement les prévenir que pour nous, c'était une journée spéciale et nous avons eu droit à cette merveilleuse attention. Venant de quelqu'un que nous ne connaissions pas quelques jours avant, je dois avouer que la surprise est complète et des plus belles (encore merci Max !) ! Nous partagerons tous ensemble l'excellent gâteau et nous reprenons un dernier verre, juste avant la fin du temps réglementaire.

Après tout cela, nous partons à dix (la suisse ayant été remplacée par James, l'autre anglais qui ne nous avait pas accompagné aujourd'hui) pour partager d'immenses pizzas repérées la veille. Pour finir, nous partons acheté des bières au petit "night-shop" avant de nous rendre à un feu de camp ouvert à tous et qui se tient sur la plage, à l'écart du village. Durant cette soirée, un nombre considérable de jeunes américains et équatoriens viennent se mêler à nous pour une ambiance très festive. Le patron en profite pour cuire et partager de savoureux morceaux de crabes, de poissons et de langoustines (le meilleur, ça !) et il est finalement presque minuit quand nous disons au revoir à tout le monde. Nous nous attardons plus à la séparation avec Mitchell qui repart demain et avec qui nous aurons vraiment accroché tandis que nous donnons rendez-vous à Claire et Paula pour un dernier repas ensemble le lendemain midi. Une quinzaine de minutes plus tard, nous sommes dans notre chambre après avoir souhaité la bonne soirée à Maxime. En gros, aujourd'hui aura été une journée magique de A à Z et rien que pour ça, les frustrations des jours précédents peuvent être oubliées !

Aujourd'hui, le programme sera nettement moins chargé car nous n'avons comme ambition que de suivre le conseil de Plaucio (le propriétaire des cabanes ou loge Maxime): nous rendre dans un lieu appelé Campo Duro afin d'y voir des tortues terrestres en liberté. Pour ce faire, deux solution: soit prendre un bus qui passe sur la place à 6h du matin (non merci !) soit prendre un taxi-pickup, solution acceptée à l'unanimité. Nous nous mettons donc en quête d'un véhicule et après avoir écarté le premier qui nous demandait trop cher (il nous a pris pour des américains certainement !), nous trouvons enfin au tarif voulu. C'est donc parti pour une grosse vingtaine de minutes de route en direction du centre de l'île.

Notre taxi nous dépose face à l'entrée du Campo Duro. C'est en réalité un écolodge (sorte de terrain de camping basé sur l'écologie) proposant contre deux dollars d'explorer différents circuits pédestres. Normalement, un ami de Plaucio aurait du être là mais - et je n'en suis évidemment pas surpris - ce n'est pas le cas. Nous partons donc seul à la rencontre des tortues. Pour y aller, nous marchons sur un petit sentier protégé de part et d'autres par des arbres fruitiers (oranger notamment) et par quelques palmiers. L'ensemble est joli mais malheureusement, depuis notre arrivée, une pluie fine s'est mise à tomber gâchant un peu le moment. Nous finissons par arriver en vue d'un ... enclos ! En réalité, les tortues ne sont pas du tout en liberté, elles sont juste dans un milieu beaucoup plus naturel qu'au centre mais malgré tout, toujours derrière une clôture ... La déception est grande car encore une fois, il est impossible de s'approcher de ces animaux si attachants ! Heureusement, le cadre dans lequel elles évoluent est vraiment joli et nous pouvons réussir quelques belles photos malgré tout ! Nous finissons donc le tour de ce grand enclos sous une pluie battante pour revenir au point de départ: un immense bar circulaire et couvert donc le centre est occupé par un énorme arbre. Maxime nous propose de l'accompagner sur le sentier des arbres fruitiers mais nous déclinons et nous lui proposons de l'attendre ici à l'abri le temps qu'il fasse sa balade. Une demi-heure plus tard, il est de retour et nous annonce qu'en fait nous avions fait le circuit sans même nous en rendre compte et qu'il est retourné faire quelques photos (gâchées la première fois par une grosse goutte au milieu de son objectif). Nous demandons ensuite à l'employée présente si elle peut nous appeler un taxi qui arrivera une grosse demi-heure plus tard pour nous ramener au village. Expérience un peu mitigée donc malgré le fait que le cadre est réellement beau, dommage que la pluie se soit invitée et foute un peu en l'air ce moment ...

A midi, nous retrouvons Paula et Claire en train de ... petit-déjeuner ! Nous restons avec elles quelques minutes puis nous leur disons au revoir car elles vont aller ensuite prendre le bateau qui rentre sur Santa Cruz, l'île principale. Quant à nous, nous partons en direction du marché afin d'y manger l'almuerzo traditionnel avant de repartir vers notre hostal. Je dois y checker mes mails car ce matin, j'ai envoyé le message pour demander à pouvoir prendre le bateau le lendemain matin. A ma grande (et mauvaise !) surprise, j'apprends qu'il ne sera pas possible de partir du matin mais uniquement avec le bateau de 15h ! Alors qu'à l'agence (Galapagos Evolution Dreams), l'enfoiré en face de nous nous avait dit que nous pourrions rentrer quand bon nous semble, il semble que maintenant ça ne soit plus possible ! Génial, nous qui voulions nous rendre sur un site bien particulier sur cette île là, notre journée est d'ors et déjà foutue ... Maxime essaye tant bien que mal de discuter pour nous avec le type mais malgré ces: "Je vais voir ce que je peux faire", je n'y crois pas une seconde. Effectivement, quelques heures plus tard, le couperet tombe: nous perdons notre journée de demain ! Durant l'après-midi, nous irons récupérer les photos gratuites (pas de vidéos comme nous le croyions, heureusement que j'avais fait les miennes !) et c'est une mauvaise surprise: elles sont dans l'immense majorité de très mauvaises qualités et je ne pourrais réellement en récupérer que quelques-unes ...

Pour nous consoler, nous irons manger un excellent hamburger au restaurant de la veille tout en buvant une bière tout les trois avant de nous séparer pour ce qui sera notre dernière matinée ensemble. En effet, Maxime reste une journée de plus que nous ici car son vol de retour sur l'Equateur n'est que dimanche ...

Nous nous réveillons un peu morose aujourd'hui car la nouvelle de perdre bêtement une seconde journée (après celle de notre arrivée à cause de l'épisode de l'avion) n'est toujours pas digérée. De plus, nous avons demandé la veille si nous pouvions rester un peu plus tard dans notre chambre que 10h, ce à quoi je m'étais vu opposé un refus catégorique ! Tant pis pour lui, on en profitera donc jusqu'à la dernière minute et à l'heure pile, nous allons rendre la clé et déposer nos gros sacs (qu'ils acceptent malgré tout de garder jusqu'à notre départ). Nous ne sommes que nous deux - Maxime étant parti randonner pour une durée indéterminée- et nous décidons d'aller nous promener à nouveau sur la plage. Le ciel est gris et nous avons finalement hâte de partir d'ici et de rejoindre le Pérou pour oublier cette expédition un peu mitigée aux Galápagos. Au bout d'une heure, nous nous attablons dans notre bar favori pour profiter du wifi gratuit et attendre l'heure d'aller manger. A midi pile, nous nous mettons en quête d'un repas et nous nous décidons pour un sandwich chaud (style croque-monsieur) jusqu'à ce que Maxime apparaisse devant nous. Finalement, il aura marché vite car il doit tout comme nous reprendre le bateau aujourd'hui: un problème d'argent le contraint à revenir plus vite sur Santa Cruz, la petite banque d'Isabela ne pouvant pas l'aider pour son retrait Western Union (sa carte ayant été piratée et de toute façon, il n'y a pas de distributeur sur cette île). Après un rapide coup de fil très désagréable avec le gars de l'agence pour demander à pouvoir repartir aujourd'hui, nous repartons tous les trois récupérer nos affaires avant d'aller attendre au débarcadère l'heure de démarrer.
Notre contact sera la dernière à arriver sur les lieux et après avoir passé l'inspection quarantaine traditionnelle, nous embarquons à bord du bateau-taxi qui nous fait rejoindre un bateau déjà occupé par une quinzaine de personnes. Evidemment, les meilleurs places sont déjà prises et nous devrons nous contenter de celles abritées (donc sans air), serrés comme des sardines. La traversée étant nettement plus mouvementée qu'à l'aller, ça ne pardonne pas et mon épouse sera malade ! Heureusement, le trajet est un tout petit peu plus rapide dans ce sens-ci et au bout de deux heures, nous posons le pied sur la terre ferme !

Après nous être séparé provisoirement le temps d'aller récupérer nos chambres respectives, nous nous retrouvons pour partager un dernier almuerzo puis un dernier verre dans un bar devant la retransmission du match de foot Argentine - Equateur gagné par ces derniers. Grosse joie dans les rues, les gens défilant les uns derrière les autres en klaxonnant dans tous les sens. Juste après avoir dit au revoir à Maxime et lui souhaiter une bonne continuation, nous retombons sur les deux autrichiens et la finlandaise avec qui nous échangeons quelques mots avant d'attraper un taxi pour rentrer à notre hostal. La journée aura été longue et nous allons enfin pouvoir nous coucher !

Dès 5h du matin, Puerto Ayora se réveille ... Aujourd'hui, c'est jour de fête en Equateur (pour une histoire de libération de ville si je ne dis pas de bétise) et la musique se met à résonner à fond à cette heure matinale. Et pas n'importe quelle musique, de la techno bien dure qui reste en tête ! Comme réveil, on a vu plus calme mais bon, c'est comme ça. J'en profite donc pour avancer sur cet article jusqu'à ce qu'il soit l'heure de lever le camp. La veille, j'avais demandé au propriétaire de notre chambre de nous appeler un taxi pour nous rendre à l'aéroport. Aucun problème celui-ci est bien là mais peu avant qu'il n'arrive, j'ai eu la mauvaise surprise d'apprendre que j'avais mal compris le prix la veille: ce n'est pas 8$ mais 18$ !!! Dire que le bus nous en aurait coûté cinq ... C'est râlant mais on ne sait rien y faire, il est déjà presque parti quand nous nous en rendons compte et même en courant, il n'est pas dit que nous aurions pu l'attraper. Une grosse demi-heure plus tard, notre chauffeur nous dépose à l'embarcadère, au bord du canal. Mauvaise surprise, nous ne sommes que nous deux à vouloir faire la traversée et malgré le fait que nos sacs sont chargés à bord, on nous fait bien comprendre qu'on ne partira pas tant qu'il ne sera pas rempli. On a encore deux bonnes heures devant nous donc pas de souci pour nous. Au final, nous aurons perdu notre temps et surtout de l'argent à prendre le taxi mais c'est comme cela, ça arrive encore de faire des erreurs ! Quelques minutes plus tard arrive un autre jeune couple qui comprennent qu'ils vont devoir attendre. Le garçon s'énerve en disant qu'il va rater son vol et il a beau insister, le chauffeur ne veut pas partir. Un peu après, celui-ci arrive vers nous et nous propose de faire la traversée pour nous quatre à non pas un dollar par personne mais deux dollars cinquante. Il me prend pour qui ? On voit bien que de toute façon, il n'y a pas de navette de l'autre côté et que nous attendrons pareil qu'ici. Je refuse donc en bloc malgré le stress montant du jeune qui vient me voir. Je lui demande à quelle heure est son vol et il s'avère que c'est le même que le notre. Je le rassure alors en lui disant que même si on devait arriver dans une heure, il serait encore bien temps. De toute façon, quelques minutes plus tard, quelques équatoriens doivent faire la traversée et nous finissons par démarrer au prix normal. De l'autre côté, nous n'aurons que quelques minutes à attendre avant de voir arriver la navette dans laquelle nous n'avons plus qu'à embarquer et qui nous amène en une dizaine de minutes à l'aéroport. Enfin !

La conversation avec le jeune couple d'anglais (qui sont en route pour deux ans !) s'est prolongée et c'est ensemble que nous nous présentons au check-in. Rien à signaler pour nous deux mais le jeune est appelé dans les bureaux suite à une histoire de quarantaine (encore et toujours !). Il part seul, laissant sa femme dubitative. Gentiment, nous restons à ses côtés jusqu'à avoir plus de nouvelles. Il reviendra quelques minutes plus tard en nous expliquant que les douaniers ont confondus du sable avec du poivre noir ... Ne cherchez pas, ça ne sert à rien ! Par contre, il passera le contrôle de sécurité avec sa bouteille d'eau accrochée SUR son sac sans que ça ne gêne personne ... Les priorités ne sont pas les mêmes partout ! Le vol partira quant à lui à l'heure (miracle !) alors que nous avions entamé une discussion avec une suisse d'une cinquantaine d'année. Il arrivera de même à l'heure (remiracle !) et nos bagages seront bien là (reremiracle !). J'empêche le jeune couple d'anglais de se faire arnaquer par un taxi qui leur demandait quatre dollars pour leur faire parcourir cinquante mètres (le terminal de bus qu'ils cherchaient se trouver coller à l'aéroport) et nous montons à leur place direction notre hôtel non loin de la promenade maritime de Guayaquil.
Durant cette fin d'après-midi, nous en profiterons pour déjà nous enregistrer pour nos vols du lendemain à destination de Lima puis de Cusco au Pérou pour la suite de notre voyage ! En conclusion (très rapide !), l'Equateur est un merveilleux pays qui se suffit à lui-même. Pas besoin d'aller dépenser des sommes folles aux Galápagos pour passer un excellent voyage au contact de gens pour la plupart très chaleureux (notamment dans le nord du pays). Je ne peux que conseiller d'y venir car le tourisme y est encore assez faible et plein de belles choses sont à y découvrir !



Ce récit et bien d'autres à lire sur ma page http://aetaenvoyage.wordpress.com

La suite de ce récit se fera sur le forum du Pérou :-)

Les carnets de voyage de la communauté Routard

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Sabine de routard.com
Il y a 2 années
Bonjour,

Retrouvez ce carnet de voyage et bien d'autres dans notre dossier "Les carnets de voyage de la communauté Routard".

Nous y avons rassemblé les meilleurs carnets de voyage récemment postés par les membres de la communauté de Routard.com : une vraie source d'inspiration pour vos futurs voyages !

Bonne lecture !

Sabine de Routard.com

excellent compte rendu très objectif

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camille33110
Il y a 2 années
Bonjour,
Nous rentrons des Galapagos où nous avons passé quatre jours( 16-20 nov) et sommes totalement d'accord avec vous:pas besoin d'aller y dépenser des sommes folles pour passer un excellent voyage au contact de gens pour la plupart très chaleureux!
Sous le pretexte de préservation faune/flore est organisée une arnaque maximale du touriste, très choquante et pour notre part gachant le circuit precedent!
Pourtant notre âge ne nous permettant plus l'aventure seuls nous pensions minimiser le risque en prenant"voyageurs du monde": il n'en a rien été la mafia locale semblant régner.
De plus au lieu d'Isabella où vous semblez avoir vu concretement des animaux nous n'avons eu que le choix de bartholomé sans faune , le peu rencontré sur Santa Cruz et Puerto Ayora étant loin des photos de reve figurant sur les catalogues, je ne parle pas de la station Darwin =zoo à tortues + 3 iguanes terrestres.
cordialement

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