Forum Écosse

Retour de 8 jours à la découverte de l'Ecosse

40 réponses

Dernière activité le 20/04/2015 à 04:59

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lol57
Le 15 juin 2014
Bonjour à tous !

Un mois et demi déjà que nous sommes revenus de notre périple écossais : 8 jours, 2 personnes, vol Mulhouse-Edimbourg, location de voiture et hôtels ou B&B réservés de France. Comme toujours, les différents avis, blogs et carnets des internautes m'ont été d'une aide inestimable dans la gestion de ce voyage, merci à tous !

En retour, voici un nouveau carnet avec nos avis et impressions qui bien sûr, n'engagent que nous et serviront peut-être à d'autres.

Notre parcours :
France > Edimbourg nuit 1 Stirling
Stirling > Fort William nuit 2 et 3
Fort William > Portree nuit 4 et 5
Portree > Pitlochry nuit 6
Pitlochry > Edimbourg nuit 7 et 8

Jour 1 : Jeudi 24 avril 2014
De Metz (France) à Stirling (Écosse)

Trois heures pour rejoindre l’aéroport hébergeant Easyjet le plus proche de chez nous. Nous y laisserons notre « titine » personnelle aux bons soins du parking longue durée. Deux heures d’attente avant l’embarquement avec, heureusement, pique-nique et shopping - tiens, ça existe encore les francs suisse - pour passer le temps parce qu’à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, le free-wifi, lui, n’existe pas ! Deux heures de vol, une broutille ! Vingt minutes de retard dues au départ tardif de notre avion à Londres ce matin, dixit our captain. Le temps de passer la douane, passport please, de récupérer les bagages, de remplir les diverses formalités au comptoir de location de voiture, non on ne veut pas de GPS, no thanks aucune assurance complémentaire, sourire crispé des deux côtés, voucher, driver licence, ID and credit card of course, de se rendre au parc automobile, première rando bien fléchée et même abritée - on voit qu’ils ont l’habitude des intempéries ici - de faire la check-list de la voiture, 300 miles au compteur, une carrosserie noire brillante, rutilante (va falloir faire gaffe aux rayures) et … nous voilà partis à la découverte de l’Écosse !

Ouf ! Une destination pas si lointaine de chez nous mais pas si proche que ça non plus ! Les voyages forment peut-être la jeunesse mais les trajets à eux seuls grillent pas mal d’énergie et pas seulement de l’énergie fossile.

Je laisse bien volontiers mon homme s’installer du côté passager, étrangement équipé d’un volant, mais quel drôle de pays ! Boite de vitesse identique mais à passer de la main gauche, rétroviseur en miroir, c’est le cas de le dire. Quelques instants de flottement et on y va. Une fois dans la circulation, ça roule.

Destination Stirling, ville de la Central Belt, où nous avons prévu de passer la nuit. Il est 16h30, le ciel est à dominante bleu, le thermomètre affiche 16°. Non, il ne s’agit en aucun cas d’un défaut de l’équipement électronique de notre Ford quasi neuve ! Incredible ! La M9 est roulante, une bonne demi-heure plus tard, on prend la sortie direction Dollar. Oui, je sais, ce n’est pas la route la plus directe pour Stirling mais j’ai prévu une petite balade du côté de Castle Campbell.

On se gare près du musée. Il est trop tard pour envisager de visiter le château, nous le savions mais j’avais repéré la petite rando Dollar Glen Circuit (voir le site Walkhighlands) donnée en 1h30 à 2h et comme la météo est avec nous … Nous la ferons en 1h30 avec de multiples arrêts photos.

La balade est pleine de charme. Elle grimpe dans la forêt, suit des torrents qu’elle enjambe parfois d’un petit pont de bois, s’attarde au pied d’une cascade, serpente à flanc de coteau et nous mène aux portes du château qui se dresse fier et majestueux dans les rayons mordorés d’un soleil qui décline. Personne aux alentours. Nous sommes seuls, transportés dans l’Écosse médiévale. La lourde porte de bois sertie de ferronnerie, les murs de pierre taillée de la tour qui s’élève, contrastent avec le tapis d’herbe tendre et les touffes de jonquilles qui jouent avec le vent. Atmosphère magique que nous goûterons avec bonheur dans les bois environnants où flottent les fantômes du prédicateur John Knox, de la malheureuse Marie Stuart que nous retrouverons en bien des endroits au cours de notre voyage et, bien sûr, des membres du clan Campbell qui vécurent ici avant de préférer Argyll’s Lodging, dans la vieille ville de Stirling, quelle faute de goût ! Bon, on peut aussi comprendre que l’isolement de la forteresse ne soit pas des plus pratiques au quotidien.

J’ai beaucoup aimé ce premier contact avec l’Écosse et son histoire qui s’était, pour nous recevoir, parée de ses plus beaux atours : fleurs printanières en tapis colorés, fougères naissantes en délicats rouleaux, dégradés de vert tendre, ciel contrasté de bleu, de blanc, de gris sombre, paysage nimbé d’une lumière douce, chaleureuse, jouant entre les branches d’arbres s’éveillant tout juste de leur sommeil hivernal. Le château des Campbell a bien mal porté, ce jour là, son surnom de Castle Gloom. Point de ténèbres en cette soirée printanière. Et les ruisseaux, dont le chant primesautier concurrençait celui des oiseaux, n’avaient pas grand-chose à voir avec les Burn of Care et Burn of Sorrow qui les désignaient, les liant à tout jamais à une indicible mélancolie, peine et chagrin mêlés. Ou alors c’est le temps, dans ses deux sens, qui est prompt à effacer les cicatrices de l’histoire aux yeux du voyageur de passage.

Retour à la voiture direction Stirling que nous traverserons sans nous arrêter, le William Wallace Monument, le fameux Old Bridge, Bannockburn et son mémorial défilent sous nos yeux. Autant de marques d’une histoire sanglante marquée par ses deux héros, William Wallace qui porte dans mon esprit les traits de Mel Gibson et Robert Bruce autrement nommé Robert 1er d’Écosse dont la statue de pierre regardant les Ochils Hills de l’esplanade du château de Stirling, a malheureusement été emprisonnée dans une cage d’acier par notre XXIème siècle soucieux de restauration !

La journée se termine, déjà, longue et courte à la fois. Nous passerons la nuit dans un hôtel de chaîne sans prétention du sud de la ville.



Retour de voyage

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enamor
Il y a 3 années
Merci pour ce premier retour, j'attends la suite avec impatience !!!

Merci pour le début du feuilleton

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calamity jane
Il y a 3 années
J'attends moi aussi la suite avec impatience. Calamity Jane

Deuxième jour

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lol57
Il y a 3 années
Merci à vous, Enamor et Calamity Jane pour votre intérêt. Voilà la suite de notre périple :

Jour 2 : vendredi 25 avril
De Stirling à Fort William via Glencoe (156km)

Lever matinal, l’heure de décalage entre la France et le Royaume-Uni est favorable aux départs précoces sans trop d’effort. On garde le sentiment d’être en vacances. Petit-déjeuner consistant, c’est sans difficultés que je me mettrai au régime écossais, sausages and black pudding en moins. Mon homme, quant à lui, préférera la version sucrée avec, entre autre, le porridge. Le ciel est gris, le sol est gris, l’air est gris, partout le même gris sale, délavé, pas un souffle de vent, juste une fraîcheur bien marquée avec une bonne dose d’humidité. Devant l’hôtel, le livreur est en tee-shirt. Y a pas à dire, les écossais n’ont pas le même sang que nous qui coule dans leurs veines.

On a regardé la météo sur la BBC one Scotland, une habitude qui s’installera vite comme un rituel chaque matin au réveil et les prévisions ne s’avéreront pas trop mauvaises tout au long de notre séjour, du moins à 24 heures. Pour aujourd’hui une dégradation est prévue avec fortes pluies et vent violent en fin de journée. Bienvenue en Écosse !

J’ai prévu de passer la matinée à Stirling. On gare la voiture dans Dumbarton road. Tout le secteur est équipé d’horodateurs, prévoir de la monnaie. Et c’est parti pour notre 2ème circuit du site walkhighlands : Stirling Castle and Gowanhill que nous commencerons directement par upper back walk. Dans un premier temps, la balade reste en dehors de la ville et suit les remparts du château, en lisière de forêt. Des écureuils nous accompagnent. Le chemin grimpe tranquillement.

Arrivés au sommet, nous sommes récompensés par la vue, bon, pas transcendante non plus mais jolie. Il faut dire que dans la grisaille, ça rend sans doute moins bien que sous un rayon de soleil même timide. Pas de rayon lumineux pour nous aujourd’hui. Dans la vallée, Stirling s’étire le long du Forth, au loin, le monument William Wallace et plus loin encore, plus haut, les Ochils Hills, auréolées de brume, promesse d’ailleurs plus sauvages. Il y a aussi 2 vieux canons et la fameuse Beheading Stone qui servait, parait-il, pour les exécutions. Atmosphère joyeuse de rigueur ! Nous continuons jusqu’à l’esplanade du château que nous ne visiterons pas, il faut bien faire des choix, puis descendons dans la vieille ville. Le long de la rue pavée, les bâtiments séculaires invitent à la découverte malgré les travaux en cours qui cassent un peu l’ambiance.

Mon coup de cœur à moi, à Stirling, c’est the Church of the Holy Rude et son cimetière. Située sur une colline qui domine la ville, émergeant d’un écrin de verdure drapé tout autour de ses hauts murs de pierre sombre, elle défie le gris du ciel et de la terre. Le cimetière est tout en courbes, en creux, en bosses, qui ondulent sur les flancs de la colline et partout, c’est un foisonnement de stèles plantées dans le sol, dressées dans les airs, toutes droites ou de guingois, parfois mangées de mousse, parfois blanchies par le vent et la pluie, parfois noircies par le temps qui passe sans atteindre ce lieu, à l’abri des siècles. C’est un endroit spécial où une touffe de jonquille vient souligner soudain la gravure dans la pierre, où un cyprès semble soutenir un monolithe usé. Union de la roche sculptée par la main de l’homme et de la nature prolifique qui célèbre la vie là où l’on enterre les morts. Nul doute que des esprits habitent ces lieux !

J’aurais aimé rester plus longtemps à Stirling, lui consacrer une journée entière peut-être, visiter son château, traîner dans les alentours, me glisser dans l’ombre de ses héros, de ses ennemis. Première frustration que je n’attendais pas là, moi qui suis plus nature que citadine. Mais un autre programme nous attend, nous reprenons la route en fin de matinée.

la suite très bientôt ...

Jour 2 : Glencoe et Glen Etive

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lol57
Il y a 3 années
Suite et fin de la deuxième journée :

Comme on me l’a conseillé, nous passons par Callander, Lochearnhead, Crianlarich et Tyndrum. La route est facile, la circulation très fluide. Le temps reste gris et il bruine de temps en temps. C’est un paysage de campagne qui s’offre à nous et j’avoue ne pas avoir trouvé ce trajet extraordinaire. Beaucoup de champs, beaucoup de moutons, beaucoup d’agneaux même pas sevrés. Leur spectacle est un enchantement. Je trépigne, j’aimerais les prendre en photo mais les endroits pour s’arrêter sont rares et souvent occupés par des poids lourds. Les routes écossaises sont chiches en accotements et le fossé flirte souvent étroitement avec la chaussée. Ce que j’ignore alors, c’est que j’aurais mille occasions de les photographier tout au long de notre séjour qui semble suivre de près la saison de l’agnelage.

On passe Tyndrum, le paysage change. Il n’y a plus de champs, moins de maison, la route s’élève, les arbres se raréfient, remplacés par la rocaille, les lichens, la bruyère séchée, brunie, comme grillée. Les moutons ont disparu, reste la lande immense, désertique, un autre monde, les Highlands. Au tableau de bord, le thermomètre perd plusieurs degrés. Le vent souffle en bourrasque et le ciel nous menace de ses foudres. Chaque arrêt est un combat contre les éléments. On a sorti les écharpes, les bonnets et les gants. Quel contraste avec hier !

Glencoe est une vallée impressionnante, terres brûlées, grillées par le froid, par l’histoire ? Ici, pas un arbre, pas un buisson, pas une fleur, pas une âme qui vive. La végétation semble encore en dormance et pourtant, nous sommes presqu’en mai ! Le paysage évoque les grandes steppes d’Asie centrale, la Patagonie … du mal à y trouver une âme. Une mélancolie certaine s’en dégage, roche noire, torrents argentés, du jaune, du brun, de l’ocre dans une austérité implacable. Tant de dureté, un monde sans pitié où je me sens comme broyée. Et au fond de cette vallée, sur le long ruban d’asphalte qui la déchire, des voitures qui filent comme des ombres, aspirant dans leur sillage des tourbillons d’air glacial.

Nous nous sommes arrêtés le long de l’A82, un peu à l’ouest de King’s House, pour prendre ce fameux Devil’s staircase emprunté par les soldats du général Wade qui travaillaient à la construction de la nouvelle route puis, plus tard, par ceux qui construisirent le Blackwater Dam, encore du noir ! Nous avons eu moins de mérite que d’autres, le temps est resté sec mais cependant bien frais. La montée nous a réchauffés. C’est sympa de prendre un peu de hauteur, un peu de recul sur la vallée mais la vue au sommet … n’en est pas une ! Frustrés de ne pas pouvoir continuer, de ne pas pouvoir poursuivre le chemin jusqu’à Kinlochleven. La descente est plus difficile que l’aller, les pierres roulent sous nous pieds, intérêt d’être bien chaussé. Sur la route, en bas, impression d’être en sursis, les gens roulent comme des fous. Pris dans la circulation, dans le cheminement de tout le monde, la vallée nous échappe un peu. Il faudrait du temps pour qu’elle nous autorise à entrer en son sein, peut-être…

Alors nous décidons de nous échapper à notre tour. Le timing est bon, le vent se calme et les nuages semblent monter d’un cran. Rien de prévu ce soir, à Fort William. On fait demi-tour et on s’enfonce dans Glen Etive, notre première single track road. J’ai lu beaucoup de descriptions pleines d’emphase concernant cette vallée, j’en attendais beaucoup, trop sans doute. Mon imagination a dépassé la réalité. C’est joli, surtout le début. Quelques belles rencontres : 2 biches sur la route.

Ensuite, sentiment mitigé. Des hommes exploitent quelques parcelles de forêt comme des sauvages. Des troncs blanchis dressent leurs échardes blessées vers le ciel au milieu d’un champ de bataille de sciure, d’arbres abattus, tombés, gisant entre des souches sauvagement décapitées. Un carnage ! Au bout, le loch. C’est sale, ça gâche tout. Papiers gras, canettes, restes de pique-nique, de camping sans aucun doute … sauvage, de ceux qui se baladent. Câbles, cordes, et tôles de ceux qui y travaillent. Déception.

Retour sur l’A82, direction Fort William avec encore un petit arrêt pour saluer les trois sœurs. Elles ont la tête dans les nuages, des écharpes sombres de brume épaisse et sale autour de leurs épaules. De longs colliers d’eau en furie descendent de leur cou. Elles sont impressionnantes, belles malgré elles, malgré le poids de l’histoire, terrible, insupportable qui les lie à ce lieu.

Je suis sortie de la vallée de la Coe avec un certain soulagement. Un passage par ici ne peut laisser indifférent. Nul doute que la saison, la couleur du ciel et de la lande, tout comme l’humeur du visiteur joueront sur la perception qu’on peut en avoir. Je reste cependant intimement persuadée qu’il y a, à Glencoe, autre chose que des roches, de la bruyère et des torrents, quelque chose de rude et d’implacable qui pèse comme une chape de plomb sur qui ose s’y aventurer.

Mais revenons à des considérations plus terre à terre. La dépression approche. Quoi d’étonnant dans une ville où il pleut, parait-il plus de 300 jours par an ? Nous avons prévu d’y passer 2 nuits et la première, ce sera pique-nique dans la chambre après ravitaillement au Morrissons du coin. Un campement de luxe, au sec et au chaud !

Si c’était à refaire :

Si c’était à refaire, je consacrerais une journée entière à Stirling et je ne ferais que traverser Glencoe en m’arrêtant simplement aux points de vue signalés. Je laisserais Glen Etive et les diverses randonnées pour un séjour plus long. On ne peut pas, à mon avis, appréhender ce lieu en marchant seulement une heure ou deux. Il faut sans doute plus de temps pour pénétrer ses secrets et goûter ses charmes.

Jour 3 : Glen Nevis

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lol57
Il y a 3 années
Jour 3 : Samedi 26 avril
Fort William, Glen Nevis et la route des îles (175km environ)

Huit heures du matin. Il a plu toute la nuit. Une grosse pluie drue et cinglante qui tambourine aux carreaux et fait naître de grosses flaques luisantes sur le sol irrégulier du parking. Le Ben Nevis est dans les nuages, d’épais nuages noirs, globuleux, qui l’encapuchonnent comme un nouveau-né. Il pleuviote encore pas mal et la température est plutôt fraîche mais la météo est optimiste. On ne cherche pas à comprendre, on y croit, on veut y croire.

Après un solide scottish breakfast accompagné d’un double expresso, on démarre pour Glen Nevis. 30 minutes de route bien jolie malgré la brume. Ici, contrairement à Glencoe, du jaune, du noir, du vert, des bosquets de chênes et de sapins, du rouge même sur les fougères sèches de la saison dernière. Les nombreux moutons qui habitent la vallée ne s’y sont pas trompés, eux non plus. La route serpente, épouse le terrain comme un léger drap de percale, monte, descend, virevolte.

Tout au bout de la route, la balade commence : Glen Nevis and Steall Falls. On s’équipe, version imperméable et on y va. La montée est rapide mais sur des rochers détrempés, moussus, glissants, les pieds presque dans le torrent. Entre les arbres au feuillage encore clairsemé, la rivière qui caracole, des sommets enneigés et au loin, très loin, une toute petite parcelle de bleu dans le ciel délavé, comme une promesse. Voilà, on est en haut. Déjà ! Une vaste prairie fleurie s’ouvre à nos pieds, encerclée, dominée de monts impressionnants.

La cascade est bien là, auréolée de sa célébrité, Harry Potter n’a-t-il pas volé sur son balai magique devant l’écume de ses flots ? Il y a aussi le fameux pont de singe, moins évident en pratique qu’en théorie, surtout à l’arrivée. Sur les câbles d’acier qui ondulent au-dessus de l’eau, un oiseau se moque. Encore un endroit où l’on continuerait bien à marcher droit devant … mais les chemins partent trop loin, trop haut dans la montagne, une autre fois, maybe …

Lors de la descente, les nuages se déchirent, le ciel se dégage de plus en plus. Un rayon de soleil et tout change. Il fait beau, il fait bon, on marche dans le jardin d’Eden. Retour idyllique sur Fort William.

(to be continued)

Devil's Staircase

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calamity jane
Il y a 3 années
Bonjour,Je suis d'accord pour dire que la vue du haut du Devil's Staircase n'en est pas vraiment une (on voit loin ,mais c'est trop dégagé) . La descente sur Kinlochleven est interminable (randonneuse un peu blasée, je ne suis pas une fanatique du West Highland Way, Rannoch Moor mis à part) Personnellement, j'avais été très gênée près de Kingshouse par la présence de la route. Voir passer des camions tue le charme du lieu.Ce n'est pas là que j'ai trouvé l'Ecosse que j'aime. Assez de propos iconoclastes. Il doit falloir s'enfoncer dans les montagnes de Glencoe pour profiter vraiment des lieux et d'une manière générale il faut prendre de la hauteur.
Une exception, le magnifique sentier (un peu sentier balcon, à vrai dire) qui va de Barrisdale à Kinloch Hourn dans le Knoydart, le long du loch de l'Enfer.
Calamity Jane

Jour 3 suite et fin : la route des îles

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lol57
Il y a 3 années
Bonjour Calamity, vos impressions rejoignent donc un peu les miennes, du moins sur Glencoe. La route y est effectivement très (trop) présente. Mais notre passage, bien sûr, fut lui aussi très et trop rapide pour explorer réellement cette vallée ! Je poursuis mon récit :

Jour 3 : suite et fin, la route des îles

On embraye sur the Road to the isles. Premier arrêt pour voir de plus près Neptune’s Staircase, puis un second à Corpach où l’on atteint l’extrémité du canal calédonien avec en prime, une belle vue sur le Ben Nevis, le plus haut sommet du Royaume-Uni qui a daigné, en notre honneur, se dévoiler dans toute sa splendeur puis c’est Glenfinnan.

Quelques centaines de kilomètres au nord-ouest de Stirling, quelques siècles après les Wallace et Bruce, l’histoire nous rattrape en la personne de Bonnie Prince Charlie, le dernier des Stuart, l’éternel jeune prétendant, le révolutionnaire, le jacobite. Ici il est arrivé plein de rêves et d’espoir, d’ici il est reparti brisé, prince déchu. Toute la région porte en elle les traces de son périple, les cicatrices à fleur de peau, des profondes blessures consécutives à son départ. En haut du monument, la statue d’un highlander commémore la levée d’étendard et le ralliement des clans.

Nous dépassons le monument, traversons le pont et prenons à droite pour nous garer sur le petit parking (gratuit - Ah, ces français !) d’où démarre notre deuxième balade de la journée : Glenfinnan Viaduct Trail. Le site de walkhighlands ne lui attribue que 2 étoiles ce que nous avons trouvé totalement injustifié. C’est une balade superbe, à ne pas manquer pour peu que vous disposiez d’une bonne heure et bien plus jolie que l’ascension surpeuplée de la colline derrière le monument : vue archi-classique et bousculade garantie même hors saison. De plus, elle n’est plus du tout boggy puisqu’elle a été équipée très récemment de passerelles de bois dans les passages les plus marécageux. On y atteint très rapidement le pied du célèbre viaduc où la fiction rattrape l’histoire (mais l’histoire ne devient-elle pas elle-même parfois fiction ?) Le héros de JK Rowling y donne la main au héros des jacobites dans un paysage qui mêle sans vergogne le réel et l’imaginaire.

On grimpe ensuite dans les collines, dominant le pont et la vallée, vision de l’aigle sur son territoire vierge, intact, on suit la ligne du loch Shiel profondément encastré, à l’Est, dans de sombres et hautes montagnes, on redescend doucement vers la petite gare avec son wagon restaurant et son musée et on continue, par le bas, jusqu’au célèbre monument.

Cela reste une de nos balades préférées, variée, facile, spectaculaire. Nous n’y avons rencontré personne tandis qu’un peu plus tard, en montant rapidement au point de vue classique, il a fallu jouer des coudes, dans la boue cette fois, avec les occupants d’un ou deux bus chaussés au mieux de converses, au pire, de ballerines ou de sandalettes ! Fous rire garantis mais pas pour tout le monde.

On a passé pas mal de temps dans les environs du loch Shiel, le soleil a allongé notre pause repas puis les nuages sont revenus, donnant à nos photos d’autres reflets. Nous sommes repartis, ponctuant notre route d’arrêts, la petite église de St Mary, le loch Eilt, Prince’s cairn (ouais, bof, celui-là on aurait pu s’en passer) et enfin Casmudarach Beach où nous ferons notre troisième et dernière balade de la journée. Un petit bijou, tellement différent de tout ce que nous avons déjà vu aujourd’hui. Sable blanc, buissons d’ajoncs or, mer changeante allant du gris au turquoise. Dans les dunes, les ajoncs dansent au gré du vent et le petit chemin serpente, gare aux branches pourvues d’épines acérées. On découvre d’étroites criques blotties entre les rochers et au-dessus, juste à côté, des prés d’herbe rase et tendre, comme tondue par les quelques moutons qui s’y prélassent tandis qu’au loin une maison ou deux se cachent à l’orée d’une forêt.

C’est un peu la Bretagne, les Landes, le Pas de Calais et les Caraïbes en même temps, avec à chaque fois quelque chose en plus, quelque chose en moins, c’est l’Ecosse.

Nous poursuivrons encore jusqu’à Mallaig, un petit port qui ne nous a pas charmé, que nous n’avons pas laissé nous charmer ? Fatigués peut-être, par cette longue journée, saturés de trop belles images.

Nous ne dormirons pas ici ce soir car demain c’est dimanche, les ferrys vers l’île de Skye sont rares. Nous prendrons donc la voie des terres plutôt que celle de la mer mais d’abord, retour vers Fort William : 75km sur une route facile avec peu de circulation. Ravitaillement en essence à la station voisine de notre hôtel (pratique) et puis repos. Demain, une longue journée nous attend et pas mal de miles aussi. On ne tient pas à en rater une miette d’autant que la météo est optimiste (utopique ?). Nous ne savons pas encore à quel point !

Si c’était à refaire :

J’essaierai de faire une randonnée plus longue dans Glen Nevis, si le temps est favorable, ce coin nous a vraiment beaucoup plu, une vallée sauvage, intimiste, coquette et secrète qui cache, j’en suis persuadée, ses plus beaux atours. On comprend aisément que de nombreux réalisateurs aient choisi un tel endroit comme cadre de leur film.

Je consacrerais juste une matinée à la route des îles (sans trop traîner, une bonne demi-journée devrait suffire même avec les 2 balades) et j’en profiterais pour passer sur l’île de Skye dans l’après-midi afin d’atteindre la péninsule de Sleat. Ce dernier point est tout à fait gratuit car nous n’avons pas traversé cette péninsule que je ne connais pas. Pour le reste, c’est plutôt un remaniement qu’un véritable changement mais cela aurait permis d’optimiser le timing du voyage et ainsi de diversifier un peu les découvertes. Nous avons en effet un peu regretté de rester dans le même registre tout au long du voyage.

Retour de séjour

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enamor
Il y a 3 années
Un grand merci pour ce retour détaillé, tres agréable à lire grâce à ton ressenti !Cela me rend encore plus impatiente d'y aller ! Encore 15 jours à attendre.
Merci merci :)

J4 : de Fort William à l'île de Skye

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lol57
Il y a 3 années
C'est toujours sympa d'avoir des retours. Merci à toi Enamor de faire (ou plutôt refaire) ce voyage en notre compagnie. Bientôt ton tour, ça approche :-)

Jour 4 : Dimanche 27 avril 2014
De Fort William à Portree (île de Skye) 272km

Dimanche, nous sommes les premiers au petit-déjeuner ! C'est curieux comme on se lève plus facilement en vacances ... Sur l'A82, pas un chat. De larges pans bleus se partagent le ciel avec des zones encore bien sombres. L'air est d'une pureté peu commune, comme lavé par les averses des jours précédents, figé par le froid matinal. Nous longeons le loch Lochy aux rives boisées puis le plus humble loch Oich avant de bifurquer vers l'Ouest à Invergarry. Petite grimpette sinueuse pour atteindre le loch Garry.

Les arbres sont restés dans la vallée, le paysage se dégage, s'ouvre vers de plus grands espaces. J'ai l'impression que c'est maintenant seulement, que nous entrons dans les Highlands. Peu ou pas d'habitations. Nous enchaînons avec le loch Loyne, le loch Cluanie, tous pareils, vastes étendues d'eau et pourtant tous différents. L'horizon recule, les vallées s'étirent à l'infinie et les rayons du soleil créent des reliefs d'ombre et de lumière du plus bel effet sur les pentes rocheuses des montagnes qui se couvrent d'or. Immobile, la surface de l'eau scintille sous leur caresse.

Inutile de préciser, je pense, que j'ai aimé cette route. Dans mes préparatifs, obnubilée par la star, la vedette incontestée de tous, l'île de Skye, je l'avais juste oubliée. Un trajet un peu long, nécessaire. En ce dimanche matin, elle m'a rattrapée, emprisonnée, ensorcelée. Nous nous sommes souvent arrêtés aux différents points de vue pour mieux goûter l'atmosphère de ces lieux mais le meilleur restait à venir ...

A l'extrémité ouest du loch Cluanie commence Glen Shiel, une douzaine de miles enchanteurs, un vrai coup de cœur. Du col, la route redescend doucement vers l'ouest pour rejoindre le loch Duich (celui où se situe Eilean Donan Castle). Là, les montagnes s'avancent pour former un défilé majestueux, les Five Sisters of Kintail au nord et au sud, la South Glen Shiel Ridge.

Là, il y a plusieurs centaines d'années, les espagnols ont combattu les anglais aux côtés des highlanders, encore les révoltes jacobites. Nous autres français avions, une fois n'est pas coutume, fait la paix avec nos british ennemis traditionnels. Les Ibériques nous ont remplacés auprès de nos alliés de cœur. Bien mal leur en a pris : attendant en vain des renforts qui avaient sombré en mer, impuissants à résister à la flotte anglaise et à son artillerie qui n'hésitèrent pas à bombarder le château de Dornie 3 jours durant, ils rencontrèrent, en ce lieu si enchanteur qu'est Glen Shiel, la terrible armée anglaise. Une bataille perdue d'avance. Heureusement ils ont, semble-t-il, réussi à s'enfuir profitant d'un épais brouillard. Nous n'avons pas eu la moindre brume à Sgurr na Ciste Duibhe (le pic des espagnols) mais j'ai pourtant cru voir, comme un message venu tout droit du passé, la silhouette sombre et furtive de quelques uns de ces "hombres" courant la montagne.

La vallée s'arrête au village de Shiel Bridge où commence (oui, encore), un nouveau loch, de mer celui-ci, le loch Duich. Qu'il est beau sous le soleil soudain éclatant, resplendissant entre les pentes couvertes d'ajoncs dorés. C'est à peine croyable, on fait quelques miles de plus, on perd un peu d'altitude, on se rapproche de la mer et la végétation change, luxuriante, éclatante, du vert décliné dans toutes ses nuances, du jaune or, orangé, des fuchsias en bouton prêts à exploser, des jonquilles, primevères et que sais-je encore, un cortège printanier qui défile sous nos yeux.

Malgré nos arrêts à répétition, nous n'avons pas pris trop de retard sur le programme et mon homme semble apprécier les single track roads. Ni une, ni deux, je lui en propose une en option, recommandée par un forumeur connaisseur (merci Iain) qui a très bon goût. A Inverinate, nous quittons la route principale pour prendre à droite le chemin des écoliers, direction Carr Brae. C'est une toute petite route qui s'élève parmi les fermes, domine le loch et d'où l'on plonge sur les monts du Kintail et le Mam Ratagan de l'autre côté.

Trois ou quatre miles de promenade bucolique avec des vues époustouflantes et, à l'approche de Dornie, juste avant de rejoindre la grand route, un paysage de carte postale où trône, les pieds dans l'eau sur son petit îlot, Eilean Donan Castle. Né à nouveau de ses cendres au tout début du XXème siècle.

Et puis, il y a Kyle of Lochalsh et son très controversé pont, ouvert en 1995. Je n'avais lu que des horreurs le concernant. Aujourd'hui, arrivant de l'Est, sous le soleil, nous l'avons trouvé aérien et gracieux, s'intégrant fort bien au paysage environnant, aux collines fleuries, aux petites maisons blanches, aux bateaux de pêche mollement bercés par une houle légère.

(Je m'arrête là pour ce soir, je suis décidément trop bavarde mais promis, demain, je le passe ce pont ;-) )

Route des îles

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calamity jane
Il y a 3 années
Bonjour,Je suis d'accord pour dire que Mallaig, malgré la vue sur Eigg ,Rum et Skye n'est pas ce qu'il y a de mieux (trop de constructions qui manquent de charme), mais je pense que la route des îles mérite beaucoup plus d'une demie journée, si on explore systématiquement toutes les criques et les montagnes et lochs qui sont situés au Nord, théâtre des aventures de Bonnie Prince Charlie.
Le loch Morar mérite d'être remonté jusqu'au petit col qui le sépare du magnifique loch Nevis et permet d'accéder à Tarbet.
Je trouve par ailleurs que l'apparition d'Eigg et Rum entre Arisaig et Morar est une véritable apparition onirique.
Il ne faut pas oublier d'autre part que Mallaig est le port où l'on peut embarquer non seulement pour Skye, mais pour Inverie dans le Knoydart et pour les Small Isles , Rum ,Eigg, Canna ,Muck, destinations très intéressantes et à l'écart du tourisme de masse.
Je connais le glen Shiel vu d'en haut(j'en ai laissé des photos) , ayant randonné dans un secteur jadis parcouru par Bonnie Prince Charlie et les Red coats. La rive du loch Duich opposée à Eilean Donan Castle offre des vues magnifiques. Rejoindre le loch Hourn par le mam Ratagan serait vraiment intéresssant. Le loch Hourn est vraiment un de mes lochs préférés. Toute le région comprise entre le glen Shiel et la route des îles ,même si elle n'est pas aisée à parcourir, est très intéressante.
Calamity Jane

Des choix à faire

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lol57
Il y a 3 années
Bonjour

Je ne voulais pas être restrictive en disant que la route des îles est faisable en 1/2 journée. Il y a, c'est certain, mille choses à explorer dans ses environs et j'avais lu, avant de partir de très alléchantes propositions concernant les small isles, ou le bateau pour Tarbet etc ...

Cependant, je me trouve dans la situation d'une touriste de base qui ne connait pas du tout l'Ecosse et y fait son 1er parcours. Dans ce cadre, je ne souhaitais pas me fixer dans une région et l'explorer au maximum mais plutôt avoir un échantillonnage de ce que l'Ecosse pouvait offrir. C'est dans ce cas précis que, je pense, on peut se suffire d'une demi-journée pour cette route, juste pour une mise en bouche qui laissera certainement un petit goût de "reviens-y" ;-)

En ce qui concerne la rive opposée au loch Duich, nous y sommes allés, en revenant de Skye (seulement jusqu'au point de vue de mam Ratagan, timing oblige) la météo était moins favorable, la vue était très jolie mais manquait ce petit quelque chose qui pare soudain la réalité d'une autre dimension. Ces impressions particulières sont si fragiles, si personnelles, si multifactorielles qu'il est bien difficile de les pointer sur une carte. Heureusement, nous en rencontrons tous au détour d'un chemin, pas toujours prévues mais à chaque fois magiques. La magie n'est pas dans les guides touristiques ;-)
laure

Jour 4: Skye, Neist Point, Dunvegan et Coral Beach

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lol57
Il y a 3 années
Nous voilà sur Skye. Les kilomètres, euh ... les miles défilent, Kyleakin, Broadford que nous traversons sans nous arrêter jusqu'à Sligachan. Première impression décevante. Peu de relief, peu de végétation. Notre premier contact avec l'île peine à nous séduire. La lande à perte de vue, la mer qui prend le relai, plate, immobile. Tout change en s'approchant de Sligachan, les Black Cuillins dominent un paysage sévère. De leurs origines volcaniques, elles conservent la noirceur de la cendre et s'imposent dans un univers dépouillé d'herbe rase et de roches. On y retrouve un peu, je trouve, l'ambiance de Glencoe, mais l'horizon plus ouvert et surtout le soleil lui épargne le côté sinistre tout en conservant cette domination altière qui impressionne immanquablement.

Et puis il y a le vieux pont et sa légende. Cette princesse tombée de cheval, défigurée, reniée par son fiancé. Cette fée ou sorcière - qui sait vraiment ? - lui rendant sa beauté, gratifiant la rivière de pouvoirs magiques. Y plonger son visage sept secondes garantirait beauté et jeunesse éternelle. Oui, nous nous sommes prêtés au jeu, charmés par ce conte venu d'autres temps jusqu'à notre monde beaucoup plus pragmatique, retournant, pour quelques instants éphémères, au temps des highlanders qui maniaient la claymore comme on manie aujourd'hui le crayon ... la souris !?

Notre route continue, encore, vers le nord et l'ouest, longeant la côte. La mer, les lochs, les îles, les péninsules qui s'avancent et reculent, le rivage découpé, se mêlent et s'emmêlent. Nous roulons vers la péninsule de Duirinish.

Notre but : Neist point. Il faut vouloir atteindre ce lieu à l'extrême ouest de l'île. Les routes s'y rétrécissent, s'y croisent, s'y perdent, montent, descendent, tournent et virevoltent. Peu de panneaux indicateurs, peu d'habitations. Ici, les moutons sont plus nombreux que les hommes.

Et le temps s'étire autant que notre chemin, parait interminable. Quand soudain tout s'arrête, l'asphalte, la terre : Neist Point est là. Le bout du monde. La suite, ce sera à pied.

Une descente bien sentie, qu'il faudra évidemment remonter, puis plus douce le long de cette langue de terre qui semble vouloir avaler la mer. Le suspens est maintenu jusqu'à la fin. Le phare et son impressionnante corne de brume apparaîtront après un virage inscrit dans une mise en scène bien calculée. Et bien sûr les moutons, brebis et agneaux, comme une marque de fabrique. On peut encore continuer à marcher au bord des falaises même si le long tapis de ciment gris déroulé jusqu'ici ne poursuit pas plus loin. Ensuite, il faudra reprendre le même chemin, à pied, puis en voiture, pour rejoindre la civilisation, c'est à dire la route à double voie - quel luxe - qui nous conduira à Dunvegan Castle.

Le château de Dunvegan n'est ni le plus grand, ni le plus célèbre, ni le plus beau sans doute mais il est mon préféré. Nous avons visité le parc et la forteresse, demeure des chefs du clan MacLeod depuis 800 ans. Trente générations s'y sont succédées et cela lui confère une identité presque palpable. Nous sommes accueillis après le pont de pierre, dans le grand hall d'entrée, au pied d'un bel escalier de marbre, par un homme élégamment vêtu qui nous explique, dans un anglais académique au rythme volontairement ralenti, le déroulement de la visite. C'est un plaisir pour nos neurones peu entraînés à la langue de Shakespeare malmenés de surcroît par l'accent écossais. Nous sommes, ici, les invités des MacLeod (bon, des invités payants tout de même) et nous entrons dans leur intimité. L'histoire de leur famille se décline dans les pièces, les objets, les tableaux, portée par des légendes inouïe, le fairy flag, la coupe de Dunvegan ... La machine à remonter le temps est en marche, réalité historique et contes d'autres époques se mêlent étroitement. Un blason familial, une devise inscrite dans la pierre : Hold Fast ont traversé les siècles s'imposant jusque dans le deuxième millénaire. Ce château n'est pas juste un château, c'est une demeure ancestrale. Son but n'est pas l'exposition mais le partage. Enfin, c'est ainsi que je l'ai ressenti et apprécié.

J'en oubliais le parc qui descend jusqu'au loch Dunvegan sur plus de 2 hectares, luxuriant et méticuleusement entretenu, décliné en différents jardins au thème changeant. Des cascades, des fleurs à profusion, tantôt ordonnées, tantôt dans un savant désordre, émergeant des pièces d'eau, se cachant derrière des murets de pierre sèche, des arbres surprenants, des sous-bois accueillants. Ce parc est un florilège, une valse de Strauss, une envolée de jupons multicolores se reflétant sur le parquet bien ciré d'une salle de bal.

Le ciel est trop bleu, l'air est bien trop doux pour songer à clore cette journée alors nous poursuivons, nous enfonçant un peu plus encore dans ce doigt de terre brandi vers le nord. Claigan marque la fin de l'asphalte. Sur le parking, quelques voitures et un panneau d'information concernant Coral Beach. Le chemin commence de l'autre côté de la "kissing gate" - une bien jolie appellation - longe le loch Dunvegan et nous conduit tranquillement à cette fameuse plage.

Ici pas de petites criques ou d'ajoncs en fleurs mais une vaste étendue, blanche comme une mer de sel qui s'étire en arc de cercle face aux îles de Lampay et Isay, soulignée d'un côté par le vert tendre des pâturages qui s'élèvent à perte de vue et de l'autre par le bleu azur de la mer qui clapote à ses pieds. Corail rouge, Maërl, algues desséchées, minuscules coquillages, peu importe l'origine de ces étranges granulés blancs, cette plage si lumineuse sous les rayons du soleil qui descend lentement, étonne au cœur des Hébrides intérieures auxquelles elle s'intègre pourtant parfaitement. Et lorsque l'on monte sur la petite colline juste en arrière, d'un seul regard, on englobe Stein et la péninsule de Waternish.

Nous arriverons à notre hôtel aux environs de 20h, fourbus, grisés de soleil et d'air marin, pour assister au sunset sur les Cuillins (mais pas au repas, dernier service à 20h30) avec les petits bateaux de pêche qui dansent dans le port devant les maisons colorées.

Si c'était à refaire :

Je referais la même chose, exactement la même chose malgré les kilomètres et les heures de route. Cette journée reste dans nos mémoires comme une magnifique balade (et ballade) poétique. Attention cependant, nous avons eu des conditions de route exceptionnelles et je pense qu'un tel parcours peut se révéler pesant si Dame météo se montre capricieuse. Mais l'itinéraire reste facile à moduler sur place suivant le contexte.

(Demain, la péninsule de Trotternish ...)

Jour 5 : la péninsule de Trotternish, part I

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lol57
Il y a 3 années
J5 : Lundi 28 avril 2014
De Portree à Portree : péninsule de Trotternish

Lundi matin. Le jour s'est levé sur Portree qui hésite entre brume et soleil. Nous apprendrons lors de notre retour, en fin de journée, que le brouillard l'a emporté. Skye ne porte pas en vain son surnom d'île des brumes. Nous consacrerons la journée entière à la péninsule de Trotternish. Peu de kilomètres mais un programme qui reste, malgré tout, assez dense.

Notre première étape nous conduit sur le parking en bas de la randonnée de l'Old Man of Storr. Il est tôt et pourtant, quelques voitures sont déjà garées. A notre retour, il sera plein à craquer. La rançon du beau temps sans doute. Un bus arrive, s'arrête, dépose son lot de randonneurs. Nous sommes donc quelques groupes à attaquer la montée en même temps mais heureusement, selon le rythme de chacun, la file s'étire rapidement. Il y a, par ici, bien assez d'espace pour ne pas se bousculer.

Nous traversons en premier lieu la zone sauvagement défrichée dont on parle beaucoup sur le web. Un spectacle de désolation qui me fait hurler intérieurement. Quel massacre ! J'étais pourtant prévenue, l'endroit est bien connu. Ce que j'ignorais par contre, c'est qu'il en existait beaucoup d'autres du même type dans les Highlands. Quelques piquets, du fil de fer barbelé et des rangées de pins droits, serrés, aux épines d'un vert noir comme la nuit, poussent vers le ciel dessinant dans les collines avoisinantes des formes sombres aux côtés trop réguliers. Les miles défilent et ce sont les mêmes piquets, les mêmes barbelés qui délimitent cette fois une zone de friche, cimetière d'un massacre orchestré par l'homme, mise à mort des géants verts au nom de l'exploitation forestière.

On traverse le secteur d'un pas lourd, les yeux tournés vers des ailleurs plus lointains, les APN rangés au fond des sacs à dos. Puis le chemin s'élève sur des pentes à l'herbe rase, aux roches éparses, dominé par l'arête acérée qui se rapproche doucement. Storr et son vieil homme nous regarde progresser lentement à sa rencontre, silhouette sombre et massive. En-dessous, au-delà de la vaste lande ouverte, la côte nord de Skye, plus loin, on devine l'ombre de l'île de Raasay. La côte ouest de la Grande-Bretagne et Applecross ne seront pas visibles aujourd'hui. Le temps est brumeux et le rivage se perd entre ciel et mer.

Nous ne ferons pas la totalité de la randonnée décrite sur WH. Nous nous contenterons de monter un peu plus haut que Old Man et the Needle. Arrivés à la barrière, au pied d'un impressionnant pierrier, alors que le chemin (si l'on peut dire) bifurque plein ouest, nous ferons demi-tour, nous accordant juste quelques détours dans les formations rocheuses.

La balade est belle, les falaises impressionnantes, la vue spectaculaire mais ... car il y a un mais ... cette arête rocheuse qui s'étire vers le nord me laisse sur ma faim. Cet endroit que le magazine Geo qualifie de beauté brute et envoutante ne m'a pas ensorcelée. Sans doute que cette brume de beau temps en avalant les reliefs et voilant l'horizon a émoussé son charme. Le vieil homme me semble tout ratatiné au pied de sa montagne !

Si c'était à refaire :

nous ferions la randonnée en entier, en commençant encore plus tôt ou en programmant moins de choses dans la journée ou alors nous ne la ferions pas du tout, juste un coup d'œil, clic-clac, c'est dans la boite, on passe à la suite. A vouloir trop en faire, on fait souvent mal. Je croyais avoir fait des choix, pour aujourd'hui, ce n'était pas les bons.

En retournant vers la voiture, nous avons croisé une foule de personnes qui commençaient l'ascension. Les vastes étendues colonisées par une multitude de petites fourmis colorés ! Au moins, nous avons évité cela.

Départ motorisé le long de la côte et arrêt obligatoire à Kilt Rock. Un grand parking, un jeune homme en kilt qui joue de la cornemuse, des gens qui se promènent le long d'une palissade grillagée et la cascade, tout comme sur les photos. Sans commentaire. On repart.




La péninsule de Trotternish, part II

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lol57
Il y a 3 années
Direction Quiraing :

La côte, la côte et soudain, virage à gauche. La route retient son souffle, creuse son ventre, plus qu'une seule voie. Tournant le dos à la mer, on s'envole vers le ciel et je reste bouche bée. C'est une immensité sauvage qui nous avale et nous conduit aux tréfonds de son âme. Uig par the Quiraing. Jusqu'au col, sans même descendre de voiture, j'ai été conquise par la beauté grandiose de ce paysage déployé autour de nous. Oublié Storr, la brume qui étouffe, la foule qui piétine, les fantômes des arbres sectionnés, bonjour Quiraing !

Peu importe l'heure et le temps que ça prendra, nous décidons de faire la randonnée dans son intégralité. Donnée en 3 à 5 heures, nous mettrons 3h30, pauses photos et goûter incluses.

Quiraing, en gaélique Cuith-Raing, en vieux norrois Kvi Rand, en français "pli rond" - tout de suite c'est moins flatteur - c'est le jurassique, les dinosaures, moins 200 millions d'années, des coulées de basalte sur des terrains sédimentaires de grès et de pélite qui glissent, glissent et glissent encore. Et la roche sombre se déchire et les blocs effondrés dérapent lentement vers la mer, basculant vers l'est ou l'ouest en une chute inéluctable, dessinant des paysages spectaculaires. C'est le processus à l'origine de toute la péninsule de Trotternish mais à Quiraing seulement, il se poursuit encore. Sous nos pieds, la terre vibre et frémit, remodelant sans cesse son esquisse inachevée, endommageant la route d'accès qui chaque année doit être réparée.

J'ai adoré Quiraing, loin, bien loin devant the Storr.

Nous avons choisi de faire la balade dans le sens horaire, en partant vers le nord et en attaquant directement par une rude montée. Avantage : la majorité des randonneurs optent pour le chemin du bas, bien tracé, nous étions donc les seuls dans le vaste pâturage qui semblait monter sans fin. Inconvénient : au départ, pas de sentier marqué, il faut traverser la prairie en suivant d'hypothétiques traces de randonneurs ou de bergers, naviguer à vue, longtemps, vers le haut, là où l'herbe semble un peu plus rase, un peu plus clairsemée, en espérant trouver enfin le chemin qui apparait soudain puis disparait, capricieux et joueur. C'est faisable par beau temps, en aucun cas dans le brouillard ou les nuages. Puis on suit le plateau tout en haut, sur le toit du monde. On se croirait presque dans les grandes plaines de l'ouest des USA à une petite nuance près, de l'autre côté la terre tombe dans une impressionnante faille hérissée d'aiguilles rocheuses, de crêtes acérées, d'un surprenant promontoire herbeux, enclos inaccessible, The Table.

On découvre ces plaques détachées, basculées dans ce formidable glissement gigantesque de la terre qui forment Quiraing et on se prend à espérer, debout à quelques mètres à peine du rebord meuble, que quelque soubresaut des tréfonds de la planète ne remette pas la mécanique en route, là, tout de suite.

Les vues sont saisissantes, jamais les mêmes, l'arrière plan somptueux. Puis on entame la descente, en continuant vers le nord et d'autres plissements rocheux nous accueillent, nous entourent, nous avalent. On rejoint alors le chemin du bas, celui qui passe au pied de l'épine dorsale de Quiraing. Il y a des pierriers, des petits lochs blottis dans des bassins de grès gris, des cuvettes d'herbe douce, des montagnes qui ressemblent à des prisons, des murets improbables, des chemins qui se croisent sans jamais la moindre indication, des sentiers à flanc de coteau, des échaliers à escalader, des montées et des descentes qui se succèdent sans fin et c'est juste magnifique. Au fur et à mesure que l'on revient vers le sud-ouest et le parking, on retrouve des marcheurs. D'abord juste quelques uns, chaussures de rando, sac à dos, un sourire, un petit mot, puis un peu plus, en baskets, un regard échangé et enfin la foule, en ballerines ou sandales, bruyants, encombrants, les yeux ailleurs.

Retour à la voiture, les jambes un peu raides, les yeux un peu plus brillants qu'au départ, la tête dans les nuages mais quels nuages ?

On reprend la route en sens inverse pour rejoindre l'itinéraire côtier à l'Est de Trotternish. Je veux voir la pointe tout au nord et Duntulm Castle. Le parcours est banal, 9 miles qui paraissent longs. Les ruines du château le plus hanté d'Ecosse sont bien au rendez-vous mais barricadées derrière des planches et des panneaux d'interdiction. Les falaises sont instables. Nous tournons tout autour. La vue la plus belle est incontestablement celle que l'on a de tout en bas. Aucun fantôme à l'horizon, ni celui de Hugh MacDonald condamné à mourir de soif devant un plat de bœuf salé, ni celui du belliqueux Donald Gorm. Pas plus de manifestations de la malheureuse épouse borgne cloitrée entre les hauts murs de la forteresse par un mari contrarié par son malencontreux accident. La nurse maladroite si tristement célèbre ne s'est pas montrée non plus. Leurs histoires hantent ma mémoire bien plus que cette citadelle abandonnée depuis des siècles. Comment pourrait-il en être autrement en ce lieu isolé, devant ce sombre promontoire rocheux qui pointe avec orgueil sa silhouette menaçante vers le ciel et la mer en une ultime provocation.

J'avais encore prévu un arrêt au Skye Museum of Island Life. Il reste 10 minutes avant l'heure de la fermeture et 2 miles à parcourir. On se dépêche. Nous laissera-t-on encore jeter un rapide coup d'œil? L'arrêt a bien lieu mais juste sur le parking. Un panneau nous annonce une fermeture exceptionnelle à 16h. Pas de regrets.

On fait le tour, on tente de deviner, d'imaginer. Difficile. Nous n'irons pas non plus au Kilmuir cemetery où se trouve la tombe de Flora MacDonald, à jamais liée à la fuite tragique du Prince Charlie. Je préfère, pour une fois, garder la légende intacte loin d'une trop froide réalité.

En lieu et place, je dégaine une dernière balade. Le soleil est déjà bien descendu, la lumière s'est réchauffée et la brume évaporée. Nous irons à Fairy Glen, juste à la sortie de Uig. Le départ de la promenade n'est pas bien loin. Car c'est bien d'une promenade qu'il s'agit, une heure à peine et quasiment pas de dénivelé mais quelle promenade !

Une single track road quitte l'A87 et s'enfile entre les arbres, se glisse dans la vallée, court et ondule de virages en renflements. En lisant les explications de mon guide, je n'ai pas bien compris où aller, où s'arrêter. Pas besoin de plan ni d'indications précises, l'endroit en question est une évidence. La vallée des fées n'est semblable à nulle autre.

Pour les scientifiques, c'est une succession de glissements de terrain suivi d'un épisode glaciaire, un mini Quiraing. Pour ceux qui se laissent porter par l'émotion, c'est une porte au pays des rêves, un décors de conte pour enfant. Tout y est miniature, les collines, les vallées, les arbres plus tordus et plus verts que dans le reste de l'île. Je suis Alice, au pays des merveilles sans le lapin mais avec des moutons. Ici pas de chemin bien défini que l'on suit sagement, on escalade en quelques dizaines de pas les montagnes que l'on redescend en courant dans les herbes folles, on contourne une pièce d'eau hérissée de tiges légères qui ondulent sous le vent, habillée de fleurs aux couleurs pastels. On escalade des rochers, on conquiert des forteresses et on jette, dans des spirales rocailleuses, quelques pièces cuivrées en formulant des vœux.

Si l'eau qui coule sous le vieux pont de Sligachan est censé inscrire à jamais la jeunesse sur un visage, nul doute que l'air qui flotte ici ne confère celle de l'âme.

Il n'y avait personne, dans la vallée des fées. Les rayons du soleil, fatigués d'avoir tant brillé, se posaient sur les reliefs les parant de reflets mordorés tandis que les ombres creusaient de nouveaux vallons. Et le vent, brusquement réveillé, sifflait entre deux éclats de roche des messages codés auxquels répondait, comme en écho, le bruissement des feuilles qui dansaient sur notre passage. Je n'ai pas vu les fées mais je les ai senties, devinées, reconnues, aussi belles et légères que celles de mon enfance.

De retour à l'hôtel, nous étions bien décidés, un petit tour à Portree, un bon restau ...

Une douche chaude plus tard et notre splendide journée a eu raison de nos belles intentions. Un thé, quelques cookies et les fées de Trotternish sont venues bercer notre nuit.

Si c'était à refaire :

La péninsule de Trotternish est un "must-see" mais pas sûr qu'elle réussisse à charmer si l'on se contente de l'observer de la voiture. Il faut donc lui consacrer un minimum de temps et d'efforts ou carrément laisser tomber. Avant de partir, j'avais longuement, et sans succès, cherché qui de Storr ou de Quiraing devait être privilégié. Nous avons donc tenté les deux. Ma préférence va à Quiraing sans hésitation mais bien sûr, ce n'est qu'un avis très subjectif. On peut également, toujours à mon avis, ne pas faire toute la route qui contourne Trotternish au nord mais rejoindre directement Uig de Quiraing. Tous ces ajustements n'ont qu'un seul but, gagner du temps, le nerf de la guerre !

Et demain, nous quittons Skye ...


Glencoe/Nevis

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iff
Il y a 3 années
Je confirme, pour profiter de Glencoe il faut sortir des sentiers battus. Très vite vous vous retrouvez seul dans de superbes paysages de montagnes.

La montée du Ben Nevis est vraiment bien triste comparé à sa superbe vallée. Rien que la route qui traverse ce glen est magnifique surtout au primtemps.

Jour 6 : de Portree à Pitlochry via Elgol

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lol57
Il y a 3 années
Bonsoir iff, nous sommes donc du même avis, Glencoe, soit la traverser rapidement en se contentant des points de vue, soit s'y attarder plus longuement et tenter une randonnée en s'éloignant de la route.

Je poursuis avec le jour 6 (la fin approche !)

J6 : Mardi 29 avril 2014
De Portree à Pitlochry (Elgol et Eilean Donan Castle) 314km

Ce matin, la brume a enveloppé Skye mais il ne s'agit pas, cette fois-ci, de la légère brume bleutée qui profite du moindre souffle de vent pour glisser le long des pentes ou s'accrocher aux arêtes rocheuses. Aujourd'hui, c'est une brume grise, sale et épaisse qui envahit l'espace, absorbant la lumière et pesant sur la mer.

On boucle les sacs. Nous quittons les Highlands. Ce soir, nous dormirons à Pitlochry. Pas mal de route au programme. La première question du jour est : aller ou ne pas aller à Elgol ? J'avais prévu ce détour - une bonne heure aller/retour rien que pour le trajet - uniquement s'il faisait beau. Il ne fait ni beau ni vraiment mauvais. On diffère la décision jusqu'à notre arrivée à Broadford. Le plafond est assez haut et je veux voir, au loin, des tonalités plus claires. Ah, les yeux de la foi ! Allez, on prend au sud-ouest la B8083, encore une single track road. Je n'ai lu que des commentaires dithyrambiques sur ce coin.

La route traverse la lande, rejoint le loch Slapin, le longe vers le nord sur sa face Est puis vers le sud sur sa rive Ouest. Quelques bateaux de pêche sur l'eau, beaucoup de travaux routiers sur la terre, je ne suis pas sous le charme. C'est long et assez banal. Je me sens enfermée, étouffée dans cette enclave sur laquelle se resserre peu à peu des collines rocailleuses. La mer entre dans les terres et le rivage avance, l'emprisonne en son sein. Ici, sur l'étroit ruban d'asphalte, coincés entre terre et mer, on est pris en otage. Et la brume en rajoute, descend comme un couvercle, nouvelle dimension d'une prison à ciel ouvert.

Heureusement la route s'échappe, s'élève, se lance à l'assaut de la péninsule de Stathaird. Il y a, parait-il, un peu au sud de Kilmarie, un magnifique point de vue mais il faut, pour l'atteindre marcher presque 2 miles sur une pente sévère. Nous n'aurons pas le temps et puis, avec tous ces nuages ... On redescend sur Elgol. Drôle de village, des maisons dispersées qui s'étirent à flanc de colline au-dessus du port qui apparait soudain. Un hangar, des containers, des tas de gravats, quelques bateaux, qu'est ce que c'est moche ! C'est un cri du cœur, spontané, imprévisible. Le loch Scavaig est à nos pieds, the mouth of the Cuillin, l'île de Soay que l'on devine, plus loin tout est grisaille.

Nous tournons le dos à Elgol, empruntons le sentier qui longe la côte. Les minutes passent, les pas s'enchainent et rien ne change. Le gris omniprésent, les mêmes montagnes implacables et sévères, la mer d'huile, immobile, comme dans l'attente, griffée d'une blessure rectiligne au passage d'un bateau de visiteurs qui laisse échapper, dans le silence de l'air épais comme un mauvais porridge figé, les borborygmes d'un commentaire touristique aux accents étrangers. Pas un oiseau, pas un lapin, pas même un mouton, tous se taisent, tous se terrent en ce lieu qu'on dirait presqu'hanté.

C'est soulagés que nous prendrons le chemin en sens inverse. Entre Elgol, les Cuillins et moi, c'est une rupture consommée.

Skye est maintenant derrière nous. Nous nous garons à Eilean Donan Castle que nous n'avions vu que de loin à l'aller. La visite du château est un retour brutal à la civilisation. Il est joli, ce château, touristique certes mais charmant avec ses vieilles pierres, ses lanternes et ses recoins. Les petits films historiques, projetés à même le mur - en français s'il vous plait - font apparaitre des personnages tout droit sortis des livres d'histoire qui nous content leur déboires. C'est fascinant et très instructif. On est happé par l'atmosphère, le ton et les propos de ces hologrammes venus du passé. Les salles sont toutes meublées, peut-être un peu trop parfois mais la visite est agréable. On se perd entre les étroits passages et les escaliers en colimaçon, on s'amuse d'un costume ou d'une table garnie sur un air de cornemuse, on traîne sur les remparts venteux, on s'exclame d'un cachot découvert au détour d'une coursive. Ce château est un jeu. Pour l'apprécier, il faut sans doute aller puiser dans son âme d'enfant et effacer d'un main insouciante quelques invraisemblances. J'ai aimé me promener dans ce donjon jouet qui ne ressemble à nul autre.

Nous avons laissé derrière nous l'île de l'ermite et homme d'église Donan Eigg, devenue place forte puis haut lieu touristique, pris le même chemin qu'à l'aller, toujours avec autant de plaisir, avant de bifurquer vers Pitlochry, une étape sur la route d'Edimbourg.

Nous avons passé une soirée dans ce charmant village, coquet et soigné comme une vieille demoiselle un peu maniaque, où les maisons sont des manoirs et les buissons des bouquets d'artistes posés sur une pelouse déroulée comme un épais tapis de laine. Nous avons marché le long de la rivière Tummel dans les pas de la reine Victoria et dégusté, au fond d'une cour, dans un restaurant douillet, notre premier haggis.

Ici, plus au sud, au pied des monts Grampians, la terre est plus généreuse avec la nature qui explose de toute la force du printemps.

Si c'était à refaire :

Je n'irais pas à Elgol à moins d'avoir du temps pour y marcher plus longuement ou prendre le bateau vers le loch Coruisk. Et surtout, à moins d'avoir un ciel bien dégagé. Je passerais plus de temps dans le secteur de Pitlochry. Distillerie, château, balades, les activités y sont nombreuses et diversifiées et le village mérite bien un séjour d'un, voire deux jours.


Edimbourg part 1

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lol57
Il y a 3 années
J7 : Mercredi 30 avril 2014
De Pitlochry à Edimbourg (114km / 1h30)

La télévision marmonne les nouvelles du matin, nous annonce des pluies torrentielles, du vent, du froid, presque de la neige. Impossible ! Hier encore nous étions en tee-shirt au bord de la rivière. La présentatrice continue, fait état d'un ralentissement sur le Forth Bridge en raison d'un brouillard dense... On préfère regarder par la fenêtre de notre B&B et déguster notre scottish breakfast.

La pluie est apparue sur la route d'Edimbourg ainsi qu'une brume tenace. La température a chuté. La réalité nous a rattrapés. Programme modifié : pas de balade à Arthur Seat qui se perd dans les nuages. Nous n'en verrons qu'une étroite bande d'herbe vert criard et de rochers noirs.

Vestes fermées, gants, écharpe, parapluie, nous nous rabattons sur HOLYROOD PALACE, intéressant avec l'audio guide bien qu'un peu scolaire. On révise l'histoire d'Ecosse d'une manière plutôt sympathique.

Par contre la galerie de la reine et son exposition temporaire auraient pu passer aux oubliettes. En ce moment et jusqu'au 21 juillet, elle concerne la mode vestimentaire sous les Tudor et les Stuart. Audio guide en anglais, expo assez petite, analyse des tableaux un peu longuette ... à réserver aux amateurs avertis.

Mention spéciale à l'abbaye et aux jardins, de toute beauté et qui prennent, par ce temps, une dimension nouvelle. Les piliers de pierre émergent de la brume comme autant de fantômes et les arches dessinent sur l'écrin des nuages qui s'étirent sans fin, d'élégantes courbes minérales tandis qu'au sol, sur la pelouse détrempée, foisonnent fleurs et buissons odorants dans un fouillis savamment ordonné. Je n'aime pas la pluie, je n'aime pas le gris mais force est de constater que cette couleur sied fort bien à cette vieille dame endormie. HOLYROOD ABBAYE est la perle brute, précieuse et remarquable, dans le coffret débordant de joaillerie qu'est la résidence royale.

Un whole tea and an apple pie plus tard, on attaque la vieille ville sous une pluie battante. Le bas du Royal Mile avec Canongate peut être parcouru assez rapidement. Je le trouve bien moins élégant et spectaculaire que la partie haute. Le nouveau parlement, mouais, bof, les goûts et les couleurs ... Par contre, le circuit du guide Lonely Planet, partie haute, vaut le détour. On y emprunte de nombreux closes et wynds, on découvre Victoria Terrace, Herriot Collège, Greyfriard Kirkyard ... A faire même sous la pluie ! Les avantages : peu de monde et une atmosphère moyenâgeuse plus vraie que nature avec la pierre noire des hauts bâtiments qui devient luisante, presque luminescente. Inconvénients : la pluie ... c'est froid est mouillé et les appareils photos ne sont pas équipés d'essuie-glaces (en tout cas pas le mien).

St Gilles nous a laissé une impression mitigée, un extérieur imposant et mastoc, un intérieur lumineux avec des pierres jaunes (peut-être un effet de l'éclairage) et de beaux vitraux. Pas vu la Thistle chapelle, photos interdites sauf ... en payant et boutique de souvenir au milieu de l'église. Ambiance mercantile.

Enfin, Mary King Close où nous nous réfugions, poussés par la pluie, une oreille collée au casque de l'audio guide, l'autre suspendue aux lèvres de notre guide costumé qui ignore superbement les étrangers et leur mauvais anglais, ces cancres qu'on traîne comme un boulet. C'est à faire pour l'ambiance, pour les petites histoires (si vous ne les avez pas déjà lues) mais peut-être pas indispensable. En dehors de 2 ou 3 passages typiques c'est, ni plus ni moins ... une cave. Entre le charme romantique d'une époque qui ne l'était pas pour deux sous et l'esprit cartésien qui nous anime habituellement, difficile de se laisser porter. J'ai personnellement oscillé de l'un à l'autre pendant toute la visite.

La journée se termine par un Fish & Chips divin, sur un coin de table d'un pub bien chauffé. Quelques centaines de calories qui nous ravigotent. Retour à l'hôtel fourbus et toujours trempés. Je commence à mieux comprendre le régime écossais.

Demain, dernière étape à Edimbourg


Suite de séjour

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enamor
Il y a 3 années
Bonsoir lol57,Combien de temps t'a pris la visite d'holyrood palace et de son abbaye ?
Pas trop de monde aux guichets ?
J'attend avec impatience la suite sur Edimbourg, encore bravo et merci pour tes commentaires et pour ton style d'écriture, tres agréables à lire.

Holyrood palace et abbaye

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lol57
Il y a 3 années
BonsoirLa visite de Holyrood palace et de l'abbaye nous a pris 2 bonnes heures. On peut, bien sûr traîner plus ou faire beaucoup plus vite. C'est l'avantage de l'audioguide mais je pense que c'est une bonne moyenne.


Aucun problème aux guichets, personnel nombreux et efficace ! Mais c'était en avril-mai.


Merci pour tes encouragements ;-) la suite (et fin) arrive demain je pense.

Edimbourg part 2

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lol57
Il y a 3 années
J8 : Jeudi 1er mai 2014
Edimbourg

Ici, le 1er mai n'est pas a bank holiday, c'est le premier lundi de mai qui est férié ce qui permet à tous les coups un grand week-end ! Malin non ? Donc tout va bien, pas de vendeurs de muguet au coin des rues, il pleut et il fait froid, tout est normal. La vue de la fenêtre de notre chambre est aussi engageante qu'un jour de Toussaint dans ma Lorraine natale et ce n'est pas peu dire !

Ce matin, après un solide petit déjeuner - bon, ça y est, on s'est définitivement mis au rythme écossais - visite du château. On est sur l'esplanade avant l'ouverture. Erreur ! La place est ventée, balayée par des rafales de pluie glaciale, envahie par des bus de touristes asiatiques à qui l'on n'a pas dit que l'Ecosse s'est au nord, très au nord de l'Europe et qui se ruent sur les marchands ambulants de sweet-shirts et de bonnets. Nous, engoncés dans nos polaires et nos goretex, on rigole ! Pas pour longtemps. C'est mal connaître le pouvoir des averses écossaises qui s'infiltrent dans les moindres interstices, profitent de chaque ouverture, glissent dans toutes les échancrures ! Sac à dos, portefeuille, compter les pounds et les pence, parapluie, billet d'entrée, bon pour l'audio-guide, appareil photo, les rafales de vent, la dame qui cause dans l'hygiaphone et que je n'entends, ne comprends pas, la capuche qui s'envole ... l'entrée au château d'Edimbourg est digne d'une conquête, que dis-je, d'un siège !
Qu'à cela ne tienne, nous partons à l'assaut. C'est grand, c'est immense, on pourrait sans mal y passer la journée mais ce n'est pas notre intention. Nous n'avons que la matinée à lui consacrer alors j'ai opéré une petite sélection préliminaire. D'abord les points de vue, Argyle et Mill's Mount Battery, vite expédiés parce que la vue ... puis prisons of war, une ou deux maquettes, des panneaux, des affiches, des murs griffés, j'ai du mal à rentrer dans l'ambiance d'autant plus qu'un des bus d'asiatiques nous a rejoints bientôt suivi par un groupe d'italiens bruyants. On se sauve sans vergogne, on ruse, on se faufile, notre but : retrouver un peu d'intimité avec ce vieux bastion. Nous verrons en vrac Crown square, impressionnant, le Great Hall, vraiment great, Royal Palace, un peu suranné, le War Memorial, qui à cette heure ressemble un peu à la cour de récréation d'une école primaire, piaillements et courses poursuites en cascade. Et puis il y a aussi St Margaret's Chapel, toute mignonne, Half Moon Battery, désertée par la foule mais pas par le vent, et enfin Mons Meg, THE canon. Au cours de cette visite, quelques déceptions et de très belles surprises dont les Honours of Scotland. Malgré la foule, malgré les vitrines et les gardiens grincheux, l'émotion est là, intacte devant the Stone of Destiny, l'épée et le sceptre, la couronne qui ont traversés les siècles et nous content de terribles histoires, l'Histoire.

Et pour clore la visite ... oui, encore un ... tea & scones. Mais il était mérité et puis, la nouvelle ville nous attend, il faut bien reprendre des forces et emmagasiner un peu de chaleur !

Dehors, la pluie s'est arrêtée. Il règne un froid glacial, une bise qui paralyse le bout des doigts mais c'est mieux. On découvre de nouvelles nuances de gris. Direction New Town. Le Scott Monument nous accueille et il fait son petit effet. Nous n'en monterons pas les 287 marches, trop de nuages à l'horizon.

Derrière, Princes Street, soit disant une des plus belles avenues au monde ! Je suis déçue. C'est un alignement de grandes enseignes, de bâtiments disparates et sans charme, une avenue, des feux, des bus, des voitures qui s'agglutinent dans des odeurs de gaz d'échappement et des lueurs rougeâtres. C'est une avenue comme beaucoup d'autres au monde. Et puis je tourne le dos aux magasins et tout change. A mes pieds, les jardins, arbres, fleurs et verdure. Près du ciel, les hauts murs sombres du château et de la vieille ville avec ses flèches aiguisées qui égratignent le ciel. Du haut de sa modernité un peu froide, Princes Street regarde Old Town.

Nous quittons Princes Street en ignorant superbement ses magasins. On n'est quand même pas venu jusqu'ici pour faire du shopping ! Charlotte Square apparait : un carré d'herbe à peine entretenu bordé de demeures massives et prestigieuses, froides comme le temps, hautaines et dédaigneuses. George Street est dans le même registre. James Craig, le jeune architecte du XVIIIème siècle avait bien peu de fantaisie. Je découvre le style georgien et ne lui trouve pas le moindre charme même si, incontestablement, l'agencement constitue une révolution par rapport au vieil Edimbourg.

Nous poursuivons notre itinéraire qui nous emmène plus loin encore au Nord, vers la seconde nouvelle ville. Là, les places s'arrondissent, les rues se courbent. Un buisson, une grille de fer forgé vient rompre la monotonie des bâtiments cossus qui guident nos pas. Un siècle plus tard, il semble que les esprits des bâtisseurs se soient un peu assouplis. Les oiseaux et les écureuils ne s'y trompent pas, colonisant sans vergogne ce nouveau quartier. Pourtant la rigueur persiste. Nous ne pénétrerons dans aucun de ces jolis parcs. Ils sont privés, hérissés de hautes grilles, réservés en exclusivité à des associations de riverains qui détiennent LA clé, y emmène leurs enfants, leur chien, leur tenue de jogging flambant neuve. Aux quidams et aux touristes, les pavés de la rue.

Nous terminons notre tour au pied de Calton Hill. Allez, ça fait un moment qu'on n'a pas monté d'escaliers, ça nous manque presque. Bonne surprise, avec sa pelouse bien verte et ses massifs d'ajoncs, la colline ne manque pas de charme. La vue sur la nouvelle ville et le château est tout simplement splendide (même sans soleil) et de plus en cette fin d'après-midi, Arthur Seat a bien voulu quitter son manteau de brume. Du côté de la mer et du port par contre, encore beaucoup de grisaille. Il faudra revenir ...

Un tour rapide au Museum of Scotland, juste une petite heure avant la fermeture afin d'en goûter l'atmosphère, pleine de promesses et on repart pour New Town où j'ai repéré un petit restaurant bien noté : le Mussel Inn dans Rose St. Ils ne servent que des poissons et des fruits de mer mais cuisinés d'une façon délicieuse alors si vous avez l'occasion, n'hésitez pas, c'est tout petit et très raisonnable côté prix.

Voilà, la dernière soirée s'achève, retour à notre hôtel by night. Demain, rendez-vous à l'aéroport tôt le matin pour un retour à la réalité quotidienne. Bye-bye Scotland

Si c'était à refaire :

Pas de changement sur ces 2 journées à Edimbourg. La ville mérite bien 48h et nous avons pu voir beaucoup de choses. Cependant, je n'y resterais pas plus longtemps même si c'est une jolie ville pleine de trésors à découvrir. Je trouve l'Ecosse plus intéressante pour ses paysages grandioses que pour sa capitale médiévale mais c'est juste mon avis et je me dois de préciser, pour être tout-à-fait honnête que je ne suis pas une adepte des villes ...

fantastique compte rendu de voyage

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Iain-Phadraig
Il y a 3 années
Bonjour lol57, j'ai attendu la fin de la relation de votre périple en Écosseavant de vous faire part de mon admiration pour ce récit plein de sensibilité et de vrai vécu que l'on trouve rarement sur ce forum; je pense que vous avez vraiment ressenti l'Ecosse en émaillant vos commentaires de notions historiques qui échappent à une majorité de visiteurs faute d'intérêt au passé du lieu visité;votre commentaire souvent poétique voire lyrique est aussi influencé par les conditions climatiques vécues; bref un vrai cocktail pour un superbe compte rendu; parcourant l'Ecosse depuis 35 ans et maintenant fixé sur la côté ouest des Highlands, mon intérêt pour l'histoire de ce pays me permet de vous rejoindre dans beaucoup de vos réflexions. Je déplore aussi la route moderne qui parcourt Glencoe et qui ôte un peu à l'envoûtement que ce lieu procure; de même, dans ma région la construction d'une route moderne rapide a deux voies a la place du single track road qui serpentait gentiment le Glen Docherty entre Achnacheen et Kinlochewe a retiré une partie du charme de cette vallée d'où on peut avoir une des plus belles vues sur le loch Marée bien plus beau et heureusement moins connu que le Loch Ness ; j'ai été désagréablement surpris d'apprendre que les rives du loch Etive sont devenues un dépotoir; tout cela est la rançon de la vie moderne pour le meilleur et le pire, mais les Highlands doivent se moderniser ne serait-ce que pour accueillir les hordes touristiques qui amènent leur manne financière à une région dont c'est la ressource première; je vous rejoins dans votre appréciation élogieuse de Glen Shiel et de la région de Cluanie; j'adhère à votre comparaison entre la promenade dans les Quiraings et la grimpette a l'Old Man of Storr que je peux voir(aux jumelles) depuis mon domicile quand le temps s'y prête; j'ai vu d'année en année progresser les travaux de forestage aux pieds de ce pinacle; ils sont maintenant terminés car tout ce qui est exploitable a été abattu; seuls restent debout les troncs inutilisables mais c'est une mauvaise plaie dans le paysage; cependant les personnes qui ont planté ces arbres doivent un jour en retirer des bénéfices; comme vous, je préfère la ballade dans les Quiraings que j'ai conseillée dans un récent post à la place de la montée au Storr qui est réellement prise d'assaut. Pour ma part, je préfère redescendre des Quiraings
vers Staffin et parcourir le nord de Trotternich avec arrêt à Floddigarry et aussi au Musée de Kilmuir qui vaut la visite et qui était fermé plus tôt quand vous avez voulu le visiter; le burial ground de Kilmuir est assez romantique et comporte des tombes autres que celle de Flora, qui ont aussi une histoire pittoresque; Elgol, qui était, il y a encore quelques années un endroit calme ,plein de charme avec la petite école primaire au bord de l'eau est devenue un chantier innommable à cause de la promotion immobilière qui envahit malheureusement certains endroits autrefois superbes. Merci encore pour votre narration et revenez goûter les charmes inépuisables de ce pays. Jean-Pierre

Merci à vous

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lol57
Il y a 3 années
Bonjour
Merci beaucoup, Jean-Pierre pour vos commentaires et vos compliments. Merci aussi pour votre participation active sur ce forum. C'est en partie grâce à vos remarques et vos indications, lues au fil des posts, que j'ai pu émailler notre itinéraire de lieux plus intimistes et orienter nos visites. Ces témoignages en "live" n'ont pas de prix et c'est ce qui me motive quand, à mon tour, je m'attelle à un carnet de voyage.


Je suis heureuse de voir que vous me rejoignez dans beaucoup de mes réflexions. J'avais un peu peur, en livrant mes pensées à l'état brut, de choquer les connaisseurs de ce beau pays mais je tenais à rester honnête.


Comme vous avez pu le constater, je suis bavarde et j'ai bien peur que ces longs textes en rebutent beaucoup. Dommage que l'on ne puisse insérer des photos, cela aérerait et illustrerait mieux les commentaires. Je vois que vous êtes finalement arrivé au bout et j'en suis ravie. J'espère que mon expérience aidera de futurs voyageurs à construire au mieux leur parcours selon leurs désirs et aussi donnera envie d'en connaitre plus sur l'Ecosse où, c'est certain, je reviendrai un jour !


Bonne soirée à vous - Laure

Merci pour ce récit

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calamity jane
Il y a 3 années
Bonjour,J'ai vivement apprécié votre récit , non seulement pour ses indéniables qualités littéraires ,mais parce que vous osez dire ce que vous n'avez pas aimé, sans vous sentir obligée d'afficher une admiration inconditionnelle.
J'espère avoir le plaisir de lire le compte-rendu de vos voyages futurs.
Calamity Jane

Merci ...

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lol57
Il y a 3 années
... pour ces commentaires élogieux. C'est toujours plaisant d'avoir un retour. J'essaie en effet de rester proche de la réalité (ma réalité, donc partiale) dans mes commentaires. Je trouve que c'est plus constructif. Je connais des tas de personnes qui, au retour de leurs vacances, se montrent très "uniformes" : tout il est beau, tout il est magnifique ! Moi, ce n'est jamais comme ça, il y a toujours du + et du - !


Vous parlez de "futurs carnets de voyage". Si vous avez du temps à perdre et que vous vous intéressez à l'ouest des USA, j'ai posté un "vieux" carnet illustré de l'été 2013 ici :
http://voyageforum.com/discussion/retour-impressions-apres-20-jours-ouest-usa-d6270036/


Laure

Conseils pour logements

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dienguam
Il y a 3 années
Bonjour,Un grand merci pour ce récit passionnant et très constructif.
Nous envisageons de partir en famille du 13 au 24 août et je ''inspirerais bien de votre itinéraire.
Seul problème : nous sommes 7 (et oui !!! :-)....) et je ne suis pas sûre d'arriver à nous loger sans nous ruiner.
Qu'en pensez-vous ? Vous pensez que c'est jouable ?
Merci pour vos conseils.

Partir à 7 sans se ruiner

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lol57
Il y a 3 années
Bonjour DienguamPartir à 7, hum, je ne sais pas si je vais vous être d'une grande aide. Nous voyageons à 2 ou à 4, guère plus ;-) et l'Ecosse avec ses pounds n'est pas particulièrement bon marché pour nous autres, français. Cependant, il y a certainement moyen de s'arranger.


Je ne connais pas votre mode de voyage : voiture perso et ferry ou avion ? Camping, hôtels ? Enfants, ados ... Nous, il y a pas mal d'années que nous avons laissé tombé le camping donc de ce côté, je ne vous serai d'aucune aide. Il existe cependant des chaînes hôtelières bon marché et très correctes par exemple Premier Inn que nous avons testées sans mauvaises surprises. On trouve aussi des chambres familiales parfois ... fouiller le net !


Je serais à votre place, je crois que j'essaierais de trouver une ou deux locations à des endroits stratégiques et je rayonnerais autour. Cela permet aussi de cuisiner et d'éviter les restos systématiques, sympas mais plus chers.


Mais août, c'est la pleine saison et ... c'est très très bientôt ! Tenter des simulations pour les trajets et les hébergements (beaucoup de propositions par l'intermédiaire de visit scotland) vous verrez bien si quelque chose correspond à vos souhaits ET à votre budget ...
Bon courage
Préparer un voyage, c'est déjà voyager ! ;-)
Laure

Plus au Nord de l'Ecosse

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calamity jane
Il y a 3 années
Bonjour,J'ai lu avec beaucoup de plaisir votre carnet de voyage aux USA et admiré vos photos ,bien que je me contente volontiers de l'Europe . Quelles belles roches Plus près de chez nous ,et plus modestes, les canyons de la région du Dôme de barrot et le canyon d'Arazas ne sont pas mal cependant, si vous ne connaissez pas.
Mais si vous revenez en Ecosse, je vous recommande de vous intéresser non seulement au loch Hourn et à la baie de Barrisdale, mais à la région comprise entre le loch Carron et Ullapool .( Bonnie Prince Charlie serait venu dans le coin, s'il avait pu trouver un guide pour le conduire jusqu'au bateau français qui l'attendait à Poolewe).Des falaises inquiétantes, celles du Beinn Alligin, du Liathach et du Beinn Eighe entre lesquelles s'insinuent des vallées mystérieuses et les lochs et montagnes perdus à l'Est du loch Maree. La vue du sommet de l'A'Maighdean doit être extraordinaire.
A coup sûr, vous n'y trouveriez pas la foule, et comme l'accès est assez long, vous auriez tout loisir d'y jouir, vraisemblablement bien mouillée, du privilège des seuls marcheurs et des contemplatifs,celui d' observer au fil de heures les changements de lumière qui font le charme des montagnes écossaises.
Calamity Jane

Voyager à 7

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dienguam
Il y a 3 années
Merci pour votre réponse. Nos enfants ont de 6 à 15 ans.
Je pense effectivement que le mieux serait de trouver deux ou trois points de chute d'où nous rayonnerons.
Nous habitons Montpellier donc nous arriverons en avion en profitant des supers tarifs de Ryanair. Et nous louerons une voiture sur place.
Si vous avez des idées de points de chute sympas par rapport à votre périple, je suis preneuse.
Merci beaucoup !

D'autres idées de voyage

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lol57
Il y a 3 années
Bonjour Calamity, vous me donnez d'autres idées de balades alors que j'en ai déjà un certain nombre en tête ;-)Je connais un peu les Alpes (un peu moins les Pyrénées) pour les avoir sillonnées avec tente et sac au dos il y a maintenant pas mal d'années. Avec le temps, je suis devenue paresseuse et mon dos rechigne souvent sous les charges un peu pesantes ! J'en garde d'excellents souvenirs.


Les USA, tout du moins dans leur partie ouest, m'ont comblée pour leur côté "grands espaces" que je n'ai jamais trouvé en Europe et j'espère bien approfondir un jour ma connaissance de ces régions.


Cependant, le nord ouest de l'Ecosse reste au programme (quand ? C'est une autre histoire) et je garde soigneusement vos remarques (toujours précieuses) pour construire un futur itinéraire qui comblera nos attentes. L'Ecosse n'est pas très loin et les vol low cost sont une aubaine pour les touristes que nous sommes.


Une petite question : avez-vous déjà visité les Orcades ? Je serais curieuse de connaître votre ressenti à ce sujet ...
Bonne journée à vous

Points de chute

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lol57
Il y a 3 années
Pour rayonner, j'opterais pour Fort William et Skye
Fort William n'a aucun charme mais bénéficie d'un bon équipement à tous points de vue à moindre coût. C'est aussi un endroit stratégique d'où l'on peut programmer de nombreuses activités très diverses : la route des îles avec, en saison, possibilité de balade en bateau sur le loch Shiel puis rando ou vélo le long de ses rives avant le retour ; bateau aussi sur le loch Nevis de Mallaig à Inverinate via Target, une virée qui semble fort sympathique et que nous n'avons malheureusement pas eu le temps d'explorer ; Glen Nevis ; Oban ou Glen Coe qui sont à portée de roues ...


Regardez ce site que vous connaissez peut-être, en cliquant sur la carte de droite, vous aurez un tas d'autres idées de visites et d'itinéraires à la journée :
http://www.undiscoveredscotland.co.uk/


Pitlochry offre aussi pas mal de possibilités d'activités avec, un peu plus au nord le Highland Folk Museum de Newtonmore.


Mais ne tardez pas, les hébergements en août doivent être pris d'assaut ... Peut-être qu'en fouillant un peu, vous trouverez votre bonheur. Il y tellement de B&B dans le coin ...

Bonne recherche

Désolée pour les Orcades

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calamity jane
Il y a 3 années
Bonjour,Je ne connais pas les Orcades, ni l'extrême Nord en général à part Durness .On ne découvre pas très vite un pays à pied...
En revanche, j'envisage, si tout va bien, de reprendre mon exploration des Small Isles (Muck , Eigg, Rum et Canna) , d'où, si le temps est beau, on doit avoir une vue fantastique à la fois sur les Cuillins de Rum et les Blacks Cuillins. Et on n'y est pas dérangé par la foule, c'est le moins qu'on puisse dire.
Pour en revenir aux USA, votre photo de lacs du Yosemite m'a fait penser aux Pyrénées Centrales, région Marcadau-Vallée de Gaube. Je suis une fanatique des Pyrénées françaises et espagnoles (vastes espaces solitaires, souvent pleins de lacs, ou avec de beaux canyons, pour peu que l'on s'écarte un tout petit peu des nids à touristes) ,et des Alpes glaciaires...Suisses, où l'on trouve encore de beaux endroits solitaires. Je viens par ailleurs de découvrir sur internet des paysages qui évoquent vos canyons de l'Ouest, les Bardanas reales espagnoles.
Calmity Jane

Un grand merci pour votre réponse

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dienguam
Il y a 3 années
Un grand merci pour votre réponse. Nous avons finalement trouvé un camping-car disponible et partons sur cette option. Ce sera une première pour nous. Je vais donc étudier un itinéraire possible avec un camping-car, ce qui rend les choses un peu différentes.
Mais nous sommes ravis !

Carnet de voyage

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cupcake1
Il y a 2 années
Bravo pour ce récit très intéressant! Mon conjoint et moi visiterons l'Écosse pour la première fois au début du mois de juin (15 jours) et je me suis fortement inspirée de votre itinéraire. Merci!

Merci ...

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lol57
Il y a 2 années
... d'avoir pris le temps de mettre un petit mot, c'est sympa et toujours agréable de savoir que le temps passé à faire un carnet de voyage sert à d'autres ;-)

En 15 jours, vous allez avoir le temps de bien profiter de ce pays magnifique. Je vous souhaite un excellent séjour !

Un agréable compte-rendu

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Audrey77
Il y a 2 années
Bonjour, bravo et merci pour votre compte-rendu très précis et agréable!
J'ai lu avec attention votre résumé de voyage en Ecosse car nous partons avec mon compagnon pour un premier voyage en Ecosse dans deux jours et nous trépignons d'impatience.
Nous partons 10 jours et nous savons déjà que nous allons regretter de ne pas nous attarder davantage dans certains lieux. Mais comme vous le dites, il faut faire des choix et ce que nous ne verrons pas ou pas assez pourra être l'occasion d'un futur voyage.
Le gros souci du moment est le contenu de la valise: j'ai l'impression à vous lire qu'il faut emmener de tout! J'ai vraiment du mal à me projeter niveau température, surtout que nous sommes limités par le poids des valises. Que me conseillez-vous? (mis à part de ne pas venir en ballerines lol).
Mon autre grande question: avez-vous eu des difficultés à vous mettre à la conduite "à l'anglaise" (ou plutôt ici "à l'écossaise")?
Je n'ai encore jamais conduit en Grande-Bretagne et la perspective de conduire à gauche, le volant à droite me perturbe au plus haut point (j'en rêve la nuit, c'est pour vous dire!). Il faut dire que je serai la seule à conduire, ce qui me met un peu la pression!

Merci encore pour votre compte-rendu fort agréable à lire et qui donne envie de déjà y être!

conduite à gauche

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Iain-Phadraig
Il y a 2 années
Bonjour,
Ce n'est pas tant le fait de conduire à gauche qui est troublant car les Ecossais sont des gens prudents, patients et courtois, mais plutôt le fait d'avoir à changer de vitesse avec la main gauche, surtout si vous décidez d'emprunter les "single track roads" (routes à une seule voie) avec "passing places" (élargissement de la route pour permettre croisements mais aussi doublements) qui sont étroites, sinueuses et souvent escarpées et qui existent encore nombreuses dans les Highlands, Je ne saurais trop vous recommander de louer un véhicule à boîte automatique qui simplifie bien la conduite des non initiés.
Concernant la météo, il fait actuellement grand soleil, mais encore un peu froid avec des résidus de neige sur les sommets. Mais la météo est l'arlésienne dans ce pays et on ne peut rien prévoir; donc emportez dans vos valises des vêtements contre froid et pluie. Bon voyage.

Que mettre dans sa valise ...

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lol57
Il y a 2 années
Bonsoir,

On m'a déjà posé cette question et je me rappelle avoir répondu qu'en Ecosse il faut "faire l'oignon" ;-)

C'est une image un peu curieuse mais tellement vraie : un tee-shirt, un polaire, un coupe vent et ... on met, on enlève, on remet, on retire à nouveau et ainsi de suite ...

Des trucs qui sèchent vite parce que le jeans mouillé en voyage c'est juste ... atroce !

Des gants, ça ne prend pas de place et parfois, on est bien content de les avoir. 

Une écharpe ou un bandeau pour le cou, les oreilles et les cheveux. J'en entends qui rigole mais il y a souvent du vent et moi, j'étais bien contente de les avoir et des lunettes de soleil (si, si, on s'en sert aussi) Pas besoin de beaucoup, juste les bonnes choses et on empile comme un oignon.

Pour la conduite à gauche, on s'y fait très vite, pas de soucis. Au début, c'est un peu déroutant mais le fait d'avoir le levier de vitesse de l'autre côté est un rappel constant. Le danger, quand on redémarre après une pose. S'il n'y a pas de circulation, on a tendance à reprendre les vieux réflexes et à partir sur la voie de droite. Le rôle du passager est alors essentiel. Même s'il ne conduit pas, il doit être vigilant. Donc keep cool ! Tout ira bien !

Bonne découverte de l'Ecosse, vous verrez, vous allez adorer !
Et merci pour les compliments :-)

Précieux conseils!

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Audrey77
Il y a 2 années
Merci Iain-Phadraig pour vos conseils.
Concernant la conduite, je n'ai jamais conduit de véhicule avec boîte automatique mais vous n'êtes pas le premier à me dire que cela facilite en effet la conduite. J'en prends donc bonne note!
Pour le temps, j'avais en effet compris qu'il était aussi difficile de prévoir le temps que l'avenir lol
Mais étant d'un naturel frileux, je vais prévoir les polaires et pulls et jouer les oignons si jamais les températures s'avéraient plus clémentes!
Vous me faites rêver en m'annonçant qu'il reste quelques traces de neige: j'ai hâte de voir ça! L'appareil photo, lui, ne sera pas en vacances!
Encore merci pour vos conseils!

Vive les oignons donc!

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Audrey77
Il y a 2 années
Vous m'avez devancé en postant avant moi!
Je prends note pour le côté oignon!!!!
Tout comme la conduite d'ailleurs: j'ai prévenu monsieur qu'il allait devoir jouer les copilotes de première classe!

Merci à tous pour vos conseils précieux! Je reviendrai vous raconter nos aventures!

A bientôt


,,Bonsoir,

On m'a déjà posé cette question et je me rappelle avoir répondu qu'en Ecosse il faut "faire l'oignon" ;-)

C'est une image un peu curieuse mais tellement vraie : un tee-shirt, un polaire, un coupe vent et ... on met, on enlève, on remet, on retire à nouveau et ainsi de suite ...

Des trucs qui sèchent vite parce que le jeans mouillé en voyage c'est juste ... atroce !

Des gants, ça ne prend pas de place et parfois, on est bien content de les avoir. 

Une écharpe ou un bandeau pour le cou, les oreilles et les cheveux. J'en entends qui rigole mais il y a souvent du vent et moi, j'étais bien contente de les avoir et des lunettes de soleil (si, si, on s'en sert aussi) Pas besoin de beaucoup, juste les bonnes choses et on empile comme un oignon.

Pour la conduite à gauche, on s'y fait très vite, pas de soucis. Au début, c'est un peu déroutant mais le fait d'avoir le levier de vitesse de l'autre côté est un rappel constant. Le danger, quand on redémarre après une pose. S'il n'y a pas de circulation, on a tendance à reprendre les vieux réflexes et à partir sur la voie de droite. Le rôle du passager est alors essentiel. Même s'il ne conduit pas, il doit être vigilant. Donc keep cool ! Tout ira bien !

Bonne découverte de l'Ecosse, vous verrez, vous allez adorer !
Et merci pour les compliments :-)

conduite à gauche

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Iain-Phadraig
Il y a 2 années
Bonjour,
Je vous ai déjà adressé plusieurs messages à ce sujet, mais ils ne passent pas; donc vous allez probablement les recevoir en cascade!
Messages dans lesquels je vous incitais devant votre appréhension à louer de préférence un véhicule à boîte automatique car changer les vitesses avec un levier situé à gauche n'est pas évident pour un(e) continental(e), surtout si vous avez l'intention de parcourir les "single track roads" (routes à une voie) avec passing places (élargissements de la route tous les 200-300m permettant croisements et dépassements; attention de vous arrêter toujour à gauche sur ces endroits car se garer sur la droite trompe les autres usagers et peut créer des accidents; d'autre part il est interdit de stationner sur un passing place car cela gène la fluidité du trafic). Ces routes sont nombreuses dans les Highlands et mènent aux plus beaux sites et font partie du charme de ces régions, mais n'ont pas été conçues pour supporter l'accroissement touristique estival; elles sont étroites, sinueuses, souvent escarpées. donc ne pas avoir à se préoccuper du changement de vitesse permet de se concentrer sur la conduite.
Il fait grand soleil actuellement sur la côte ouest des Highlands, mais avec du vent un peu frisquet et de la neige résiduelle sur les sommets; donc emportez quelques vêtements chauds et aussi pour la pluie, car la météo est l'arlésienne en Ecosse et très difficilement prévisible.
Bon voyage et "failte gu alba"

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