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Ton message, cher skito est "pile poil" dans les réflexions nécessaires à ce sujet.
En effet, il suffit de lire la presse (et c'est valable dans bien des domaines) pour se rendre compte que la lecture des faits est extrêmement variable selon la ligne rédactionnelle.Par exemple aujourd'hui, au sujet des arrestations de manifestantes tibétaines au Népal, pour certains, elles sont un demi-millier, pour d'autres 600, ou 550, et le nouvel obs en compte 120 seulement.Les articles sont assez secs, sans commentaires.
Dans le même temps, les dénonciations du comportement de la dictature birmane deviennent des romans fleuves, pourtant, la situation la aussi est ancienne, et après tout on immagine mal cet état et les zones sinistrées avoir la possibilité de voir s'abattre la nuée de volontaires prêts à bondir depuis la thaïlande, nonobstant le comportement des autorités.
Cette longue digression pour tenter d'expliquer cette constante déformation de la vision de choses qui se passent loin de chez nous et dans des pays de culture différente.
Réagir tous azimuts, puis changer, encore et encore, cela devient une sorte de tremblement interventionniste, presque un bégaiement, tant les causes se suivent, se chevauchent, s'effacent les une, les autres.
Le Darfour est oublié, les otages de colombie, le Tibet n'est encore dans les titres qu' à cause des olympiades prochaines, et d'autres ... sans fin, ni rime, ni raison.
Inventaire de souffrances et de cris,
kaléïdoscope d'images, les journalistes adorent, et les annonceurs encore plus.
Pensons-y en achetant nos céréales et nos sodas, rien n'est gratuit, et les hurlements des torturés de Lhassa, et maintenant de Katmandou et les morts d'ici ou d'ailleurs paient avec leur peau notre abondance.
Notre mauvaise conscience même, n'est pas exempte de voyeurisme ou d'exploitation, la colonisation du moins avait l'excuse de la bonne volonté, "apporter à ces peuples inférieurs les bienfaits de la république" disait Jules Ferry surnommé "le Tonkinois", les résultats sont ce que l'on sait.
Nous avons innoculé un curieux virus à toute la planète, le progrès (en Chine il s'apelle marxisme) et avec lui la démographie galopante, les besoins plus importants et l'envie.
Pauvres de nous, en cinquante ans nous avons déréglé le monde et les mauvaises nouvelles arrivent si vite que nous n'avons plus le temps de réfléchir.
Et si nous avions tort sur toute la ligne, et si nous avions besoin d'exemples de dénuement et d'anti-progrès juste pour voir(encore) si la vie ne serait pas plus intense, plus vraie dans l'inquiètude et sans l'abondance, sans notre orgueil de rois du monde.
Et si nous avions besoin de l'esprit, juste de l'esprit, ça tombe bien, c'est la pentecôte.
En m'excusant d'être long, je t'assure de mes meilleurs sentiments.
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