Népal : fêter le prochain Nouvel An… en avril 2073

Népal : fêter le prochain Nouvel An… en avril 2073
Fabrice de Lestang

S’il y a une ville où séjourner dans la vallée de Kathmandu, on vous l’a dit, c’est Bhaktapur. Et s’il y a une période de l’année à privilégier, c’est le Nouvel An népalais qui a lieu en avril (de plus, c’est la période favorable pour envisager un trek). Le nouvel An à Bhaktapur est un moment inoubliable qui restera gravé à jamais dans votre mémoire. Cliché ? Non, pure vérité.

Au Népal, nous sommes en 2073

Avant de vous donner les clés de la fête, sachez qu’en 2016, le Népal entrera dans sa 2073e année, avec 57 ans d’avance sur nous...

Contrairement à notre calendrier, solaire, le calendrier népalais est lunaire. Divisé en 12 mois lui-aussi, il est cependant plus court d’une dizaine de jours. Il faut donc ajouter un mois lunaire intermédiaire tous les 3 ans (un 13e mois en quelque sorte).

Chaque mois lunaire est divisé en deux quinzaines, la quinzaine sombre (défavorable) et la quinzaine claire (favorable), le mois népalais commençant au début de la quinzaine sombre.

Histoire de compliquer un peu, chez les Newar, le mois commence au début de la quinzaine claire, le premier de l’An tombe en octobre ou en novembre et, en 2016, ils entreront dans l’année 1136 !

Bref, pour connaître les dates des fêtes du pays, il faut consulter les almanachs (patro) établis par les érudits hindous, astrologues et pandits. Sachez tout de même que la date du nouvel An népalais sera en 2016 (pardon, en 2073) le 13 avril. Un conseil : réservez d’ores et déjà votre hôtel.

Bhaktapur, en rouge et newar

Bisket Jatra (le nom népalais du nouvel An) dure une semaine entière. Dans les rues, les cortèges se succèdent les uns aux autres, composés de fanfares locales et de groupes de femmes newar qui revêtent leurs plus beaux costumes traditionnels en rouge et noir, pour ne pas dire en rouge et newar...

Mais la grande attraction, c’est le concours de chariots. Deux chariots, l’un énorme, l’autre plus modeste, mais tous deux brinquebalants, transportent chacun un mini-temple où se trouve Bhairava, avatar terrifiant de Shiva, et Ajima, un ensemble de divinités représentant les ancêtres féminins.

Montés sur de grosses roues en bois dotées de plusieurs yeux, ils font l’objet d’un concours entre l’est et l’ouest de la ville. Des deux côtés du chariot, seuls les hommes, joyeux mais souvent éméchés, tirent ensemble sur des cordes en poussant un cri de ralliement (quelque chose comme « à hisser ! ») pour ramener le chariot sur leur territoire.

Le soir, il n’est pas rare que ce dernier rase les murs des maisons et emportent quelques volets ou un poteau électrique ! Un peu de prudence s’impose car, si l’ambiance est globalement bon enfant, il y a parfois des batailles de briques…

Finalement, la foule envahit la vaste esplanade près de la rivière, où un mât de 25 m, objet phallique s’il en est, est érigé dans une pierre yoni, symbole du sexe féminin. Le soir, les jeunes hommes montrent leur courage en grimpant aux cordes accrochées au mât. Le lendemain, on l’abat. L’année nouvelle peut donc commencer et la fête continue...

Fête des couleurs à Thimi

Pendant ce temps, à Thimi, à quelques kilomètres à l’ouest de Bhaktapur, les croyants hindous n’en finissent pas de décorer leurs chars, petits templions recouverts de monceaux de guirlandes colorées et portés à l’aide de deux gros bambous.

Devant chaque autel de rue, on fait sa prière rituelle, la puja, une offrande à base de poudre vermillon, de pétales de fleurs et de riz. Dans un coin, sous un auvent, un couple de prêtres. C’est la femme qui bénit les visiteurs en apposant la traditionnelle tika sur leur front, pâte rouge bien collante entremêlée de grains de riz, qui défie l’apesanteur. Bien sûr, on n’oublie pas de les remercier avec un petit billet.

Ici et là, on croise des vendeurs de ballons cachés par leur aérienne cargaison, une lourde bouteille d’hélium accrochée à leur vélo. D’autres sont armés de bâtons hérissés de dizaines de flûtes en bois formant une sorte de chevelure totalement éclatée.

Mais si l’on vient à Thimi pendant le nouvel An, c’est pour vivre la fête des couleurs. Joli nom et très belle fête, mais pensez à vous habiller avec des vêtements qui ne craignent rien car vous aurez du mal à rentrer immaculé ! Le matin dans la ville basse et l’après-midi dans la ville haute, les jeunes s’aspergent mutuellement de poudre orange et ne ratent pas les touristes…

Gare à vos yeux et à vos oreilles, cette poudre s’infiltre partout ! Un peu comme la joie de vivre et la chaleur humaine du peuple népalais.

Pour en savoir plus

Consulter notre guide en ligne Népal

Lire aussi notre reportage sur la vallée de Kathmandu

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Texte : Fabrice de Lestang

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