Paris : Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Émile Guimet en Asie

Paris : Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Émile Guimet en Asie
© Musée Guimet, Paris

En partenariat avec le musée national des arts asiatiques - Guimet

Le voyage mène à tout, y compris à la création d’un musée ! C’est ce qu’a fait l’industriel Émile Guimet, qui était un passionné d’art asiatique. Dans l’écrin parisien où sont montrées ses collections, très enrichies depuis sa disparition, l'exposition « Enquêtes vagabondes » nous fait revivre jusqu'au 12 mars 2018 les pérégrinations à travers l'Asie de ce rout’art de la fin du 19e siècle. Une superbe invitation au voyage, à la découverte des origines du formidable musée des arts asiatiques Guimet.

Le Musée national des arts asiatiques Guimet : près de 150 ans d’histoire

Le Musée national des arts asiatiques Guimet : près de 150 ans d’histoire
Émile Guimet et Félix Régamey accompagnés de leurs interprètes et de leur cuisinier © Collection Famille Guimet et musée Guimet, Paris / Image MNAAG

L’histoire du musée Guimet remonte à la fin du 19e siècle. En 1879, l’industriel et grand voyageur Émile Guimet (1836-1918) inaugure à Lyon, sa ville natale, un musée où il présente des pièces qu’il a collectées en Grèce, en Égypte, en Inde, en Chine et au Japon.

Dix ans plus tard, c’est dans le 16e arrondissement de Paris qu’il finit par établir sa collection, dans un bâtiment conçu à cet effet. Peu à peu, cette institution, qui passe dans le giron de l'État en 1927, se concentre sur les arts asiatiques en enrichissant constamment ses collections. Désormais, le 6, place d’Iéna est une adresse incontournable pour les amateurs d’art d’Asie.

Le musée, à la scénographie remarquable, est divisé en plusieurs départements où l'on admire une abondance de peintures, sculptures, céramiques, mobiliers, bijoux ou armes, couvrant plusieurs millénaires d’histoire humaine, marquée par le bouddhisme et l'hindouisme notamment.

À bord de ce beau vaisseau, qui vous accueille avec l'exceptionnelle Chaussée des Géants provenant d'Angkor, vous partez pour l’Asie centrale, l'Afghanistan et le Pakistan, l’Inde, l’Himalaya, la Chine, la Corée, l’Asie du Sud-Est, le Japon. Un sort spécifique est fait aux textiles, qui proviennent principalement d’Inde, de Chine, du Japon et d’Indonésie.

En complément de ses collections permanentes et de ses expositions temporaires, le musée propose des spectacles (musique, chant, danse, théâtre, marionnettes, théâtre d'ombre…), de même que des cycles de projections de films, des ateliers, des conférences....

Et ce n’est pas tout ! À proximité du musée se trouve l’une de ses dépendances, l'hôtel d'Heidelbach, qui recèle des collections d’œuvres japonaises et du mobilier chinois, ainsi qu’un pavillon de thé construit selon les règles de l’art par des charpentiers japonais. Ce lieu, qui dispose d’un jardin japonais (en travaux jusqu’au printemps 2018), présente également des expos temporaires.

Troisième site du musée Guimet, le musée d’Ennery donne à voir la collection d’objets d’art chinois et japonais que le couple d’Ennery constitua à la fin du 19e siècle.

L’exposition « Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Émile Guimet en Asie »

L’exposition « Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Émile Guimet en Asie »
Pont sacré et pont banal à Nikko par Félix Élie Régamey (1844-1907) © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

« Enquêtes vagabondes » nous raconte le grand voyage qui précéda la création du musée Guimet. Le périple commence en 1876 à New York, où Émile Guimet, riche fils de l’inventeur d’un pigment bleu portant son nom, retrouve son ami Félix Régamey, un peintre et illustrateur aux sympathies communardes.

Ensemble, ces jeunes gens partent pour le Japon qui connaît alors une sorte de révolution culturelle sous l’égide de l’empereur Meiji. Les deux Français ont un coup de foudre pour ce pays, Guimet faisant l’acquisition de nombreuses pièces, tandis que Régamey dessine à tour de bras des esquisses qui lui serviront pour peindre des tableaux à son retour.

Ils poursuivent leur voyage en Chine, à Singapour, à Ceylan (actuel Sri Lanka) et en Inde, autant de contrées d’où chacun rapporte des « souvenirs », l’un des objets, l’autre des dessins.

Au cours du voyage, Guimet rencontre des érudits qui l'aident à mieux comprendre les cultures et plus particulièrement les religions d’Extrême-Orient.

Temple de Kiyomizu à Kyoto par Félix Élie Régamey (1844-1907) © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Mathieu Rabeau

L’exposition réunit des dessins et peintures de Régamey, notamment une quinzaine de superbes toiles de grand format, des photographies, des objets et courriers personnels, qui retracent le fabuleux périple des deux hommes. Elle présente également  des œuvres rapportées par Guimet, ainsi que la remarquable reproduction du mandala de Tôji, nommé aussi Panthéon bouddhique, qu’il a fait réaliser. 

L'exposition passionnera les amoureux de l'Asie et, au-delà, des voyages hors normes, en nous faisant prendre la route aux côtés de Guimet, lors de son périple asiatique, mais aussi de ses premiers voyages en Europe et en Égypte. Le parcours d'« Enquêtes vagabondes » conduit naturellement aux origines de l'actuel musée, fruit de ce voyage et de la passion d'un authentique érudit épris des cultures extrême-orientales.

La boucle est bouclée, enfin presque... Car la suite de l'épopée de Guimet se trouve dans les salles du musée, que l'on vous conseille vivement de parcourir au sortir de l’exposition.

Autour de l'exposition

Autour de l'exposition
Chez les musulmans chinois dans la mosquée Huaishengsi à Canton par Félix Élie Régamey (1844-1907) © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Mathieu Rabeau

Plusieurs manifestations sont organisées autour de l'exposition à Paris : 

- Du 3 janvier au 3 février. Cycle de films : « Exotiques ». Les regards de réalisateurs français, américains et allemands sur l’Asie, au début du 20e siècle en collaboration avec la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé : 73, avenue des Gobelins 75013 Paris. Tél. 01 83 79 18 96. 

- Le 20 janvier. « Journée particulière d’Émile Guimet ». Divers événements de 11h à 17h45.

- Le 3 février. Nocturne : « Voyages imaginés ». De 17h à 21h. Avec le collectif des « Soirées dessinées » et le label Tsuku Boshi : performance graphique et création sonore diffusée sur acousmonium, lanternes magiques exotiques…

- Et aussi : visites guidées, visites contées pour les enfants…

 

Monju Bosatsu © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus

Exposition du 6 décembre 2017 au 12 mars 2018 au Musée national des arts asiatiques – Guimet : 6, place d’Iéna 75116 Paris. Tél. 01 56 52 53 00. 

- Ouvert du mercredi au lundi de 10h à 18h.

- Collections et expositions temporaires : 11,50 € (plein tarif), 8,50 € (tarif réduit). Gratuit pour les moins de 18 ans, pour les moins de 26 ans ressortissants de l’Union européenne, pour tous le premier dimanche du mois.

Bon plan : votre billet payant vous permet d’effectuer gratuitement une seconde visite dans les 15 jours qui suivent la première.

- Catalogue coédité par Gallimard et MNAAG, 39 €.

 Autres adresses du musée

- Hôtel d'Heidelbach. 19, avenue d’Iéna 75116 Paris.

- Musée d’Ennery. 59, avenue Foch 75116 Paris.

 

Texte : Routard.com

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