Sur les traces des civilisations disparues

20 novembre 2017

Les civilisations disparues : rien de tel pour laisser son imagination vagabonder ! Nourris que l’on est de récits savants, ou plus souvent populaires, nous racontant la destinée généralement tragique de peuples rayés de la surface du monde, on s’émerveille devant les vestiges qu’ils nous ont légués. Certains sont majestueux comme le Machu Picchu, d’autres sont mystérieux, tels que le site de Stonehenge ou la cité d’Angkor.
Voici un petit tour des mondes perdus en 20 étapes qui vous fera voyager à travers la Terre entière.
Civilisations disparues : Amériques
Les Anasazis dans l’Ouest américain, les Aztèques ou les Toltèques au Mexique, les Mayas au Guatemala, les Incas au Pérou… Qui a dit que l’Amérique était le « Nouveau Monde » ?
Les Anasazis : Cliff Palace (Colorado, États-Unis)

Les Anasazis, peuple ancêtre des Pueblos (Hopis, Zuñis…), vécurent dans les États actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, entre les 6e et 14e siècles. Leur nom est une invention des États-Uniens à partir d’un mot navajo signifiant « anciens ».
Ce que l’on devine de leur civilisation vient de recherches archéologiques. Il s’agissait a priori d’une population d’agriculteurs, de chasseurs et d’artisans. Ils nous ont légué des pétroglyphes, dessins gravés dans la roche, ainsi que de nombreux vestiges d’habitats dans le parc national de Mesa Verde.
Le lieu majeur qui se visite est Cliff Palace, village troglodytique niché dans une falaise surmontée d’une végétation verdoyante. On y voit notamment des kivas, fameux espaces circulaires dédiés à des rites spirituels.
Les Aztèques : Mexico-Tenochtitlan (Mexique)

On date du 14e siècle l’implantation des Aztèques, ou Mexicas, sur le site de l’actuelle capitale du Mexique. C’est alors un lac ponctué d’îles et de marécages qui vont être aménagés afin de créer une ville moderne.
Ce peuple, qui a imposé son ordre à ses voisins, va subir le contrecoup de son pouvoir dominateur quand nombre de ces derniers s’allieront aux conquistadors espagnols menés par Hernán Cortés au 16e siècle. Après la chute de la cité, celle-ci fut détruite.
Il n’en subsiste que des ruines, telles que celles du Templo Mayor, un ensemble de bâtiments religieux (dans le centre historique de Mexico). Sur le lac de Xochimilco, on retrouve de petits canaux ornés de jardins flottants qu’appréciaient les Aztèques.
Les Toltèques : Chichén Itzá (Mexique)

Chichén Itzá est l’une des merveilles que l’on ne manque pas de visiter quand on se trouve dans le Yucatán. Cette ville se divise en deux parties, l’une bâtie par les Mayas jusqu’au 10e siècle, l’autre après l’implantation des Toltèques à partir de cette période.
Ce peuple du centre du Mexique a eu beaucoup d’influence sur ses voisins jusqu’au 13e siècle. De la rencontre des deux cultures est née la parfaite pyramide de Kukulcán, également appelée El Castillo, l’un des chefs-d’œuvre qui contribuent à la renommée de Chichén Itzá.
Haute de 30 m, elle est dédiée au Serpent à plumes. Dans cette cité, on peut voir aussi des temples, des terrains de jeu de balle, un observatoire, un cénote sacré, un ossuaire…
Les Mayas : Tikal (Guatemala)

Au nord du Guatemala, près du Mexique, le parc national de Tikal comprend un des sites qui témoignent le mieux de l’importance de la civilisation maya. Au cœur d’une forêt tropicale, les vestiges de cette cité se constituent de temples, de palais et d’autres édifices encore datés d’une longue période allant du 6e siècle avant J.-C. au 10e siècle.
On fait remonter à au moins 4 000 ans la domination des Mayas sur le sud du Mexique, le Guatemala et les régions limitrophes du Honduras et du Salvador.
Ce que l’on sait d’eux, on le doit notamment aux « textes » qu’ils ont laissés, dont le type d’écriture peut être comparé aux hiéroglyphes égyptiens. Bien que soumis par les conquérants espagnols à partir du 16e siècle, leur culture a en partie perduré jusqu’à nos jours.
Caral (Pérou)

À l’époque où s’élevaient les grandes pyramides d’Égypte, d’autres étaient construites près du littoral pacifique et des actuelles villes de Barranca et Supe. Situées à proximité du village Caral, elles se trouvent parmi les vestiges d’une cité précolombienne datant d’environ cinq millénaires, la plus ancienne d’Amérique que l’on connaisse à ce jour.
Elle s’étend sur un plateau désertique et comprend donc six pyramides à sommet plat, dont la plus haute s’élève à 18 m, ainsi que des places circulaires et des traces d’habitations. Nommé Caral par défaut, le peuple qui a vécu là pendant plus de 1 000 ans reste méconnu.
Les Incas : Machu Picchu (Pérou)

Perché dans les Andes à 2 430 m d’altitude, le Machu Picchu est la destination touristique la plus visitée du Pérou. On comprend pourquoi quand on se trouve sur place.
Environnée de montagnes et de forêts, cette cité a été construite au 15e siècle par les Incas, juste avant leur chute face aux conquistadors espagnols. L’empire de cette tribu guerrière qui assit son autorité sur les peuples de la région andine, de l’Équateur au nord du Chili et de l’Argentine, dura un siècle.
Une partie de Machu Picchu était dédiée à l’agriculture en terrasse, une autre à l’habitation et au culte. On compte deux centaines de constructions qui, bien qu’en ruines, sont évocatrices.
Bon à savoir : le succès de ce site spectaculaire est tel que les visites quotidiennes sont limitées.
Île de Pâques – Rapa Nui (Chili)

Située à quatre milliers de kilomètres de la Polynésie et du Chili, l’île de Pâques est splendidement isolée dans l’océan Pacifique.
D’origine polynésienne, le peuple Rapanui se serait installé là voilà environ deux ou trois millénaires. Il y a développé une culture propre au sujet de laquelle on se pose encore des questions.
La présence de centaines de moai, statues érigées entre les 11e et 17e siècles à des fins cultuelles et dont les plus hautes s’élèvent jusqu’à 20 m, a rendu célébrissime cette terre volcanique et désolée.
Il semble qu’une catastrophe écologique ait frappé l’île au 16e siècle, ses habitants subissant ensuite les effets de la colonisation (esclavage, déportation, épidémie…). Les descendants des survivants cohabitent aujourd’hui avec des Chiliens du continent.
Civilisations disparues : Europe
De Stonehenge au Parthénon, des sites emblématiques du passé et des anciennes civilisations à visiter en Europe.
Stonehenge (Angleterre)

C’est durant la période du Néolithique qu’a été aménagé le site de Stonehenge, dans l’actuel comté de Wiltshire, entre 2800 et 1100 avant l’ère chrétienne.
Il s’agit d’un ensemble mégalithique constitué de cercles de pierres levées, dont on ne connaît toujours pas avec certitude la signification. On penche vers une interprétation le définissant comme un lieu de culte associé à des observations astronomiques, notamment du soleil lors des solstices d’hiver et d’été.
On ne sait pas comment se nommaient le ou les peuples qui ont érigé ce monument préhistorique, ce qui ajoute à son pouvoir fantasmatique. Il attire près d’un million de visiteurs tous les ans.
Lire notre guide sur l'Angleterre
Les Minoens : Cnossos (Grèce)

Le Labyrinthe et le Minotaure, Dédale et Icare… À Cnossos, en Crète, on plonge en pleine mythologie. Le palais qui s’y trouve serait celui du roi Minos et l’un des hauts lieux de la civilisation minoenne, nom dérivé de celui de ce monarque et proposé par l’archéologue Arthur Evans dans les années 1900.
On lui doit d’importantes fouilles sur le site, ainsi que sa restauration-reconstruction (sur certains points contestée). Plusieurs palais se sont succédé ici voilà quelques milliers d’années.
On se promène dans ces vestiges en rêvant à cette société méconnue qui nous a notamment légué de superbes mosaïques.
Les Mycéniens : Mycènes (Grèce)

Mycènes est une cité du Péloponnèse qui a donné son nom à une civilisation dont l’existence s’étendit entre les 17e et 11e siècles avant notre ère.
En ruines, le site comprend cependant des vestiges très évocateurs, tels que sa muraille cyclopéenne (assemblage de grosses pierres que l’on croirait être l’œuvre des fameux géants à un œil décrits par Homère) et ses portes (dont l’une est décorée de deux lionnes sculptées), des cercles de tombes et des tombes monumentales à coupole.
La civilisation mycénienne fut un temps dominante dans la région de la mer Égée. On considère que les Mycéniens ont posé des bases importantes de la culture qui allait se déployer en Grèce par la suite.
La Grèce classique : Parthénon (Athènes)

Couvrant le sommet de la colline de l’Acropole à Athènes, le Parthénon est le monument emblématique de la période classique de la civilisation de la Grèce antique (5e et 4e siècles avant J.-C.). C’est l’époque de la mise en place de la démocratie, des penseurs comme Socrate, Platon ou Aristote, ainsi que d’un important développement de différentes formes d’art...
Édifié au 5e siècle avant J.-C., sous Périclès, le Parthénon était un temple dédié à la déesse Athéna. Ensuite, il a été transformé en église, en mosquée ou encore en poudrière, laquelle explosa au 17e siècle.
Au 19e, des Britanniques raflèrent de nombreuses sculptures qui ornaient le bâtiment. Celui-ci reste cependant l’imposant témoin d’une culture qui nourrit le monde depuis plus de deux millénaires.
Les Étrusques : Tarquinia (Italie)

Les traces laissées par les Étrusques abondent en Italie, dans le Latium, la Toscane, l’Ombrie ou l’Émilie-Romagne. Ils ont développé leur propre civilisation à partir du 9e siècle avant J.-C. au sein de cités-États fédérées.
Agricole, artisanale, militaire, artistique… Elle brilla sur tous les plans et eut une grande influence sur ses voisins et concurrents, les Romains, qui finirent par absorber ce peuple au terme d’un millénaire d’existence.
Parmi les sites étrusques les plus remarquables figure la nécropole de Tarquinia (Latium) qui présente de nombreuses tombes, épousant pour certaines les formes que prenaient les habitations étrusques. Beaucoup sont peintes : Tomba del Cacciatore, Tomba della caccia e della pesca…
Les Romains : Pompéi (Italie)

En 79, l'éruption du Vésuve a dévasté la cité de Pompéi, ainsi que celle de Herculanum, notamment. On fait remonter sa création par le peuple Osque vers le 8e siècle avant notre ère. Elle fut ensuite soumise à des influences diverses : grecque, étrusque, samnite puis romaine.
Environnée de terres fertiles et bénéficiant d’une fructueuse proximité avec les eaux de la Méditerranée, Pompéi était prisée des riches Romains. Le jour fatidique, après avoir subi les effets destructeurs du volcan, elle finit rapidement recouverte de cendres.
Toute la population n’a pu fuir, comme l’ont démontré de nombreuses campagnes de fouilles. On a retrouvé en effet un millier de corps comme statufiés.
La visite de la ville en ruines, près de Naples, est impressionnante : des rues, des maisons, des boutiques, un forum, un amphithéâtre, des thermes, des temples, des fresques…
Civilisations disparues : Afrique et Asie
Les Carthaginois, les Pharaons, les Troyens, les Nabatéens… De grandes civilisations à redécouvrir à travers des sites archéologiques d’exception.
Les Carthaginois : Carthage (Tunisie)

Fondée par des colons phéniciens au 9e siècle avant J.-C., la cité de Carthage est devenue la rivale de Rome en Méditerranée grâce à sa puissance commerciale et militaire, ainsi que sa culture originale qui mélangeait des influences orientales et berbères autochtones.
C’est au terme de plusieurs guerres dites puniques que la civilisation carthaginoise finit par être anéantie au 2e siècle avant J.-C. Les vainqueurs romains rebâtirent une nouvelle ville qui fut elle-même successivement conquise par les Vandales, les Byzantins puis les Arabes, lesquels l’abandonnèrent et favorisèrent sa voisine Tunis.
La visite de ce lieu mythique et de ses environs fait découvrir des vestiges des différentes périodes qu’a connues Carthage.
Lire notre guide sur la Tunisie
L’Égypte des Pharaons : Memphis (Égypte)

Memphis a été la capitale de l’Ancien Empire, période située entre 2800 et 2100 avant notre ère.
C’est l’époque durant laquelle s’impose en Égypte le pouvoir des pharaons et que se met en place une importante administration, que se développe l'écriture hiéroglyphique et que l’on construit les pyramides de Saqqarah et de Gizeh, ainsi que le Sphinx. Autant de sites qui, comme Memphis, se trouvent dans le delta du Nil, près du Caire.
Les vestiges de la ville se composent d’éléments datant de toute l’Antiquité, notamment des ruines de temples, tels que celui qui était dédié à Ptah, ou des statues comme celles, monumentales, de Ramsès II.
L’Empire aksoumite : Aksoum (Éthiopie)

S’étendant dans la province du Tigré et bordé par la mer Rouge, l'empire aksoumite a prospéré grâce au commerce avec Rome, Byzance, l’Afrique et l’Inde entre le 1er et le 6e s.
Il adopta le christianisme durant le 4e, comme le prouve la présence d’églises à Aksoum, ou Axoum, et dans ses environs. On y trouve aussi des tombes royales, des ruines de palais, ainsi que monuments étonnants. Il s’agit d’obélisques ou stèles monolithiques, qui peuvent atteindre deux dizaines de mètres de hauteur.
Après le déclin de l’empire, notamment dû à l’expansion de l’Islam qui coupa ses routes commerciales, la ville d’Aksoum a poursuivi son existence et est restée un lieu symbolique important sur les plans religieux et historiques pour les Éthiopiens.
Lire notre guide sur l'Éthiopie
Les Troyens : Troie (Turquie)

L’histoire de Troie et de ses habitants que nous connaissons est en majeure partie légendaire. On en fait mention dans la mythologie grecque et dans l’Iliade, d’Homère, bien sûr.
Selon ce récit, la cité fut conquise après un long siège mené par une coalition venue de l’autre côté de la mer Égée, Ulysse et un groupe de guerriers provoquant sa chute en y pénétrant à l’intérieur d’un cheval en bois considéré comme une offrande de leurs ennemis par les Troyens.
Ces événements se seraient déroulés vers le 13e siècle avant notre ère dans une ville qui se trouve à l’ouest de l’actuelle Turquie, près de Çanakkale. Son origine remonterait à environ cinq milliers d’années.
Les recherches archéologiques ont déterminé l’existence d’au moins neuf cités successives, la dernière datant de la période romaine. Ont été mis au jour des vestiges de remparts, de palais et de divers autres bâtiments.
L’empire babylonien : Babylone (Irak)

Deux milliers d’années : c’est ce qu’a duré l’empire babylonien pendant l’Antiquité. Il sera particulièrement puissant au 6e siècle avant notre ère, sous le règne de Nabuchodonosor II. Il développa sa propre civilisation en héritant d’abord de celles de Sumer et d'Akkad. Elle fut très florissante : écriture, institutions, religion, agriculture, artisanat, commerce…
Son déclin fut irrémédiable peu de temps après la mort d’Alexandre le Grand dans les murs de sa capitale située sur l'Euphrate en Mésopotamie. Des murs qui ont fait l’objet de restaurations et de reconstructions (palais, murailles…) durant le régime de Saddam Hussein, travail qui a suscité nombre de critiques.
En revanche, les mythiques jardins suspendus de Babylone ont disparu à jamais…
Les Nabatéens : Pétra (Jordanie)

Pétra est célèbre pour ses impressionnantes façades monumentales taillées dans la roche de parois montagneuses en adoptant un style mélangeant les influences orientale et hellénistique.
Cette cité a été fondée à la fin du 8e siècle avant J.-C. par les Édomites, peuple supplanté ici au 6e siècle avant J.-C. par les Nabatéens. Ces derniers, des Arabes, ont fait de la ville une étape obligée pour les caravaniers commerçant entre les contrées du Moyen-Orient et celles de la Méditerranée.
Pétra devint romaine au 2e siècle, puis byzantine au 4e, avant de décliner peu à peu. Sont entre autres à voir le temple Qasr al-Bint, un théâtre romain, le monastère Deir et le tombeau La Khazneh, chef-d’œuvre le plus connu où s’illustra Indiana Jones au cinéma…
Lire notre guide sur la Jordanie
Vijayanâgara (Inde)

Le royaume de Vijayanâgara s’est étendu dans tout le sud de l’Inde du 14e au 16e siècles. Il tira de ses terres des ressources qui firent le succès de son commerce, aussi bien avec ses voisins qu’avec l’Extrême-Orient et l’Occident, via les comptoirs portugais de Goa. Sa capitale éponyme se situait sur le plateau du Dekkan, dans l’actuel État du Karnataka, à Hampi.
De confession hindoue, le royaume s’est effondré face aux attaques de sultanats musulmans, et la ville fut dévastée. On peut cependant en voir de nombreux et beaux vestiges, dont des palais et des temples tels que ceux de Vithala et de Virupaksha, lequel est doté d’un haut gopura qui exprime la majesté de ce site.
L’empire khmer : Angkor (Cambodge)

400 km² : c’est la superficie totale d’Angkor, ensemble de constructions situé dans un environnement forestier au nord du Cambodge. Un héritage laissé par l'empire khmer.
Plusieurs capitales ont été successivement bâties ici du 9e au 15e siècles. Leurs vestiges donnent notamment à voir de somptueux temples hindouistes et bouddhistes riches en sculptures, dont les plus célèbres sont Angkor Wat, Banteay Srei ou le Bayon.
Ils manifestent le très haut niveau architectural des Khmers, ainsi que leur sens aigu de l’urbanisme à travers des routes ou encore des canaux, bassins, réservoirs… Au plus fort de son influence, ce peuple domina le Cambodge, des parties de la Thaïlande, du Laos et du Vietnam.
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