Interviews de voyageurs. Illustration : © James Thew / Fotolia

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Charlotte et Antoine – Lever de Rideau

Un tour du monde à la rencontre des enfants, c’est l’histoire de Charlotte et Antoine du blog Lever de Rideau, deux journalistes, 12 pays traversés et des belles rencontres, le mot « solidarité » prend tout son sens !

Photo : © Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Avec les enfants de l’école Wen He, à Shanghai, en Chine.

Pourquoi se lancer dans l’aventure d’un tour du monde et en plus avec un angle solidaire ?
À la fin de nos études, nous avions tous les deux envie de partir pour un voyage au long cours avant d’entrer sur le marché du travail. Pour autant, nous n’envisagions pas de nous lancer dans une aventure sans lui donner du sens. Pour l’un comme pour l’autre, il n’était pas question de partir pour un an de vacances. Nous voulions profiter de cette année hors des sentiers battus pour apprendre, mais surtout pour nous rendre utile. C’est donc d’un commun accord que nous avons décidé de donner une dimension solidaire à notre voyage. Et nous ne l’avons pas regretté un seul instant !

Comment avez-vous sélectionné les pays et les organismes ?
Comme beaucoup de tourdumondistes, nous souhaitions découvrir l’Asie et l’Amérique Latine, des destinations où il est relativement facile de voyager avec des petits budgets. Nous avions en tête une liste plus ou moins exhaustive de pays en fonction des envies de chacun. Antoine voulait, par exemple, absolument découvrir la Chine, tandis que les incontournables de Charlotte avaient plutôt pour noms « Inde » ou « Argentine ». Mais nous sommes surtout partis en sachant que nous laissions la porte ouverte à de nouvelles destinations. En voyage, on ne sait jamais de quoi le lendemain sera fait et, en général, de nombreuses occasions inattendues se présentent en cours de route ! Nous en avons ainsi saisi certaines en ajoutant à notre itinéraire la Birmanie, le Brésil et la Bolivie, qui n’étaient pas prévus au départ.
Concernant les organismes, nous voulions absolument rentrer en contact avec l’un d’entre eux avant le grand départ. Le seul moyen, à nos yeux, de rendre concret notre projet. Notre choix s’est porté sur La Chaîne de l’Espoir, une association remarquable qui soigne des milliers d’enfants dans plus de 30 pays dans le monde. Nous leur avons parlé de notre idée de reportages vidéo et écrits, et ils y ont tout de suite adhéré. Nous avons convenu ensemble que nous nous rendrions dans un premier temps dans leurs antennes d’Inde, de Thaïlande et du Cambodge. Puis, comme ils n’étaient pas présents dans tous les pays que nous avions prévu de visiter, nous avons tout bonnement décidé de dédier notre voyage à leur action et en particulier à leurs petits malades. C’est d’ailleurs ce qui a déterminé le fil rouge de notre voyage : dans chaque pays dans lequel nous nous rendons, nous rapportons aux petits patients de La Chaîne de l’Espoir, des dessins, danses ou chansonnettes. Ils constituent des messages d’espoir et de soutien qui, émanant des quatre coins de la planète, forment à eux tous ce que nous aimons appeler une grande « chaîne de solidarité ».

Notre teaser vidéo :



Concernant les autres organismes, c’est un gros travail d’organisation, qui nécessite une prise de contact bien avant notre arrivée. Nous les trouvons la plupart du temps par le biais du bouche-à-oreille ou encore via les sites internet des ambassades de France dans chaque pays. Nous avons aussi parfois eu la bonne surprise d’être contactés par certaines d’entre elles. La bonne nouvelle, c’est tout de même que les associations dédiées à l’enfance ne manquent pas ; et nous n’avons jamais eu de difficultés à en trouver.

Avez-vous dû renoncer à certains pays pour des raisons de sécurité ?
Oui et non. Jusqu'à présent, le facteur de l'accessibilité des destinations rentrait énormément en compte dans mes choix. Maintenant, je souhaite aller plus loin et franchir une autre étape. Je pars par exemple en Asie à l'automne 2015, et je m'attends à rencontrer quelques difficultés...

Photo : © Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Avec les enfants des bidonvilles de Phnom Penh, au Cambodge.

Êtes-vous en contact avec les ambassades ?
Non, si ce n’est avec leur site internet de temps à autre. Mais on n’hésiterait pas à les contacter en cas de besoin ou de problème. On s’était par exemple inscrit à « Ariane » – la liste qui permet de tracer les ressortissants français dans les pays étrangers – lorsqu’on est partis dans les Annapurnas juste après l’avalanche qui a fait une centaine de morts en octobre dernier.

Une aventure de ce type se prépare combien de temps à l’avance ?
Il nous a fallu six bons mois pour tout mettre en place. Le plus gros du travail a bien sûr été de rentrer en contact avec les associations et de rôder les détails de notre projet. On a aussi passé pas mal de temps à élaborer notre blog avant le départ. Le reste, c’est comme faire ses valises pour des vacances un peu plus longues que la moyenne !

Combien de temps êtes-vous partis ?
Un peu plus de 8 mois.

Comment avez-vous budgété vos dépenses et par quel mode de financement ?
Après s’être un peu renseignés, on a déterminé un budget moyen de 1 000 euros par mois et par personne. On a organisé une collecte sur Kiss Kiss Bank Bank qui nous a rapportée 7 500 euros. À ce titre, on doit dire que nous avons été très étonnés par le nombre impressionnant de personnes qui nous ont généreusement aidées. Nous leur en sommes vraiment reconnaissants. Pour le reste, on avait chacun quelques économies de côté.

Comment avez-vous sélectionné votre bagage idéal (sac à dos, vêtements, matériel spécial ultra-léger…) ?
Avant le départ, on a pas mal traîné sur les forums (celui du Routard notamment ;-)) et les blogs de conseils pour le voyage. On y a glané de précieuses informations relatives à l’équipement et c’est ainsi qu’on a fait l’acquisition de deux sacs « Traveler » de la marque Deuter (qui sont encore en parfait état – quoique un peu plus crasseux ! – après 7 mois de voyage). Après un passage musclé au Vieux Campeur, on s’est aussi doté de polaires et de t-shirts techniques, de serviettes microfibres, de manteaux en Gore-Tex, de pantalons de trek, d’une banane-ceinture et de bien d’autres accessoires dont on ne peut aujourd’hui plus se passer. Mais chose étonnante, finalement, ce qui nous sert le plus c’est un vieux jean confortable et une bonne paire de basket !

Photo : © Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Nos fidèles sac Deuter, toujours en état, bien qu’un peu plus crasseux ! Ici, devant le Machu Picchu.

Comment votre entourage personnel et professionnel a-t-il réagi ?
À vrai dire, très bien ! Nos familles mais aussi nos employeurs de l’époque ont tous été très encourageants. En même temps, un tel projet se situe finalement dans la droite ligne de nos univers professionnels et nous ne pouvions qu’en sortir enrichis sur tous les plans.

Que retirez-vous de cette expérience ?
Énormément de choses évidemment. Nous avons beaucoup appris. Sur les autres, sur le monde, mais aussi sur nous-mêmes. Cette année sur les routes nous a permis de nous renforcer dans nos choix de vie mais aussi dans nos envies professionnelles. Nous avons surtout fait des rencontres inoubliables qui nous ont permis de découvrir que l’homme le plus riche n’est pas celui qui gagne le mieux sa vie, et que ceux qui n’ont rien sont souvent les premiers à offrir tout ce qu’ils possèdent. Quelles que soient les leçons que nous en tirons, nous avons en tout cas l’impression d’en sortir grandis et bien plus ouverts qu’auparavant.

Photo : © Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Avec les filles de l’association TAABAR à Jaïpur, en Inde.

Quels conseils pouvez-vous donner ?
On pourrait vous en donner plein ! Mais les deux plus importants sont pour nous ceux-ci :
À tous ceux qui rêvent d’un long voyage, réfléchissez bien avant le départ à ce que vous souhaitez en faire. Un voyage solidaire ne ressemble en rien à des vacances ; cela demande beaucoup de travail, d’ouverture d’esprit mais parfois aussi d’avoir le cœur bien accroché. Ceux qui rêvent de plages paradisiaques risqueraient fort d’être déçus par la tournure des événements d’une telle aventure. Pour profiter pleinement de l’expérience quelle qu’elle soit, mieux vaut s’être posé les bonnes questions avant le départ !

Ne pas trop prévoir son itinéraire à l’avance. Pour mieux rester ouverts aux occasions qui s’offriront à vous au cours du voyage, mais surtout pour ne pas amenuiser votre potentiel d’émerveillement. À trop rêvasser sur internet devant des photos retouchées, on finit par être déçus par la réalité !

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Sans surprises, ce sont dans les associations que nous avons passé les meilleurs moments. Chacune était une expérience unique en son genre. Mais, alors que notre voyage, touche à sa fin, nous en retenons trois en particulier. En Thaïlande et en Bolivie, car nous avons partagé, pendant 4 jours, la vie des enfants des orphelinats dans lesquels nous nous trouvions. Mais aussi le Brésil, puisque nous avons eu l’occasion de pénétrer au cœur d’une favela de São Paulo et d’en découvrir ses codes, ses complexités, mais surtout ses habitants et leurs raisons d’espérer une vie meilleure.

Photo : © Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Antoine fait la vaisselle avec Jinda, la directrice de la « maison bleue » à Nang Rong, en Thaïlande.

Liens vers les reportages-vidéos d’Antoine

Du Brésil :



De la Bolivie :

Avez-vous une anecdote de voyage ou une rencontre exceptionnelle à partager ?
En écho avec la réponse à la question précédente, un jour qui reste particulièrement ancré dans notre mémoire est celui de la fête des pères, lors de laquelle nous nous trouvions en Bolivie… dans un orphelinat !
Les enfants privés de papas, ont alors décidé d’attribuer ce rôle à Antoine et en ont profité pour le couvrir de cadeaux mais aussi pour le faire participer à différentes épreuves organisées par leurs écoles. On ne peut pas y repenser sans avoir le cœur serré.
En ce qui concerne les rencontres, un homme nous a particulièrement marqué : Assis, un prêtre pas comme les autres qui gère la favela Vila Prudente que nous avons visitée à São Paulo. (ndlr : Pour en savoir plus, nous vous invitons à découvrir l’article de Charlotte à ce sujet en cliquant ici)

Photo : © Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Charlotte et Antoine - Lever de Rideau
Partie improvisée de « Shifumi » dans un temple de Dalat en Birmanie.

On termine par une question portrait chinois : si vous étiez un pays… lequel, et pourquoi ?
Disons… le Brésil ! On n’y a passé que 10 jours, mais on s’y est senti comme chez nous. Terre d’immigration, c’est un pays qui a su s’enrichir de différentes cultures et qui a développé un vrai sens de l’accueil. Avec ses nombreuses merveilles naturelles et les mystères cachés dans sa vaste forêt amazonienne, il recèle un immense potentiel qui ne demande qu’à être exploité.
Mais le plus important : c’est un pays qui aime la vie et ne manque aucune occasion de la célébrer, surtout autour d’un bon churrasco et de quelques verres de caïpirinha !

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Le blog : http://leverderideau.voyage
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